LES CONTES DU TOURISME INSULAIRE…
3 juillet 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Non, ce n’est ni une faute d’orthographe ni une faute de grammaire: ce n’est pas les  comptes du tourisme que je souhaite évoquer, mais les contes de bonne femme que les premiers  touristes provoquent.
Roland DOMINICI, Hôtelier à Porto Vecchio et président d’un syndicat de professionnels de l’hôtellerie s’est élevé vigoureusement contre l’optimisme qu’il estime excessif du quotidien Corse Matin qui estimait que tous les compteurs étaient au vert en ce début de saison.
Je ne suis naturellement pas compétent pour mesurer la réalité de ces différentes observations, mais j’exprime depuis longtemps des doutes sérieux sur les retombées véritables de l’économie touristique dans notre région.
Bien sûr, il ne me viendrait pas à l’idée de nier  que le tourisme, tel qu’il est pratiqué, soit la première activité économique de notre territoire, ni qu’il génère des flux financiers conséquents.
Je m’interroge seulement sur les secteurs auxquels la “manne touristique” profite vraiment, et ceux pour lesquels elle se traduit par un manque à gagner.
Le premier secteur est  incontestablement les compagnies de transport maritimes et aériennes étant donné le poids que représente le transport dans le budget d’une famille de touristes.
Le second est constitué par les grandes surfaces, ou viennent s’alimenter les clients des campings d’une part et des locations privées d’autre part, qui représentent le plus fort contingent de nos visiteurs.
Le troisième est sans aucun doute le secteur locatif privé, car le revenu qu’il tire de la location aux touristes n’est frappé d’aucun prélèvement.
Quant aux perdants, on peut facilement les déduire de ce qui précède:
Les hôteliers restaurateurs, dont le coefficient de remplissage reste malgré tout relativement faible si l’on excepte la ruée des aoûtiens, et qui subissent de plein fouet les prélèvements sociaux et  fiscaux.
la collectivité insulaire, car les touristes qui louent une  résidences privée utilisent les équipements publics comme ceux qui fréquentent les hôtels et les campings, sans que le collectivité ne perçoive un seul Euro sur les revenus  qu’ils versent pour ces locations.
C”est là une situation parfaitement anormale, dans un pays qui pourchasse à juste titre le travail au noir, mais se montre d’une inexplicable faiblesse avec les revenus perçus au noir.
Il faudra bien que la CTC, par le biais de l’Agence du Tourisme se mette en mesure d’établir enfin des Comptes du Tourisme, et mette à l’étude les moyens de remedier à une discriminaition qui, c’est vrai, n’est plus acceptable.
TRANSPORTS:UN SYSTÈME A BOUT DE SOUFFLE
23 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
CORSICA LIBERA  l’a annoncé clairement: les élus indépendantistes ne voteront pas les mesures proposées par Paul Marie BARTOLI au nom de l’exécutif, en particulier la suppression de “l’aide sociale au passager transporté”.
Sans surprise, car c’est une vieille revendication, ils se prononcent en même temps pour la création d’une compagnie territoriale de transports maritimes à capitaux publics dont ils ont obtenu qu’elle soit mise sérieusement à l’étude.
Je crains que, comme trop souvent chez nous, on ne mette une fois encore la charrue avant les boeufs et que l’on mette sur la table la réponse aux questions que l’on ne s’est pas vraiment posé.
Par exemple: est il raisonnable de continuer à  construire des car-ferries de plus en plus grands, qui ont besoin de ports de plus en plus grands, pour vomir sur nos cotes le  flot des voitures des touristes nécessitant des  réseaux routiers de plus en plus importants, que nous avons de plus en plus de mal à payer et à entretenir avec nos misérables 300 000 habitants permanents ?
Les Iles anglo-normandes, Jersey et Guernesey reçoivent proportionnellement 10 fois plus de touristes que la Corse : il est quasiment impossible d’y emmener sa voiture, ou alors à prix d’or. on y vient pourtant de toute l’Europe et on y loue des voitures à 1 livre par jour soir 0,8 €… Ils sont fous ces anglais, vraiment, à moins que ..
Ou encore : est on vraiment sûrs que l’énorme enveloppe dite “de continuité territoriale” qui était à l’origine destinée à abaisser  le coût de la vie diminue dans l’île ait rempli son office ? et si ce n’est pas le cas, ce qui me parait évident,  comment faire en sorte qu’elle le remplisse enfin ?
Ou bien encore : si la concurrence est indispensable pour mettre l’île à l’abri des inévitables dérives du monopole fut il public, est il alors vraiment utile de la subventionner pour le transport de passagers pendant la saison estivale alors qu’elle elle devrait justement jouer pleinement son rôle à ce moment là  ?
Ou bien enfin: si la maîtrise des transports représente toute autre chose que la simple détention de la majorité d’une compagnie maritime ou aérienne, ce dont je suis persuadé, quel usage peut on en faire pour favoriser la production et freiner les importations dans les secteurs ou, visiblement, nos producteurs peuvent  être compétitifs ?
J’aurai l’occasion, avec mes amis du club “La Gauche Autonomiste” de revenir sur cette question et  je partage l’inquiétude des élus indépendantistes quant à l’emprise du groupe VEOLIA en Corse au cas ou la SNCM retrouverait une position monopolistique.
Il ne manquerait plus alors que la multinationale en question remporte en 2011le marché de la gestion des chemins de fer corses, en cas de retrait de la SNCF, pour que nous nous retrouvions, comme je l’avais moi même ecrit il y a quelques semaines, aux temps funeste de la Banque Saint Georges…
CONTINUITE TERRITORIALE: REVENIR AUX FONDAMENTAUX
8 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Paul GIACOBBI aurait donc décidé d’engager l’épreuve de force avec la Corsica Ferries et Mobylines sans que l’on en saisisse vraiment ni l’urgence ni  la véritable raison.
Certes l’artifice que constitue “l’aide sociale au passager transporté” est, rapporté aux termes choisis pour la qualifier,  une aimable plaisanterie, et il aurait de toute façon fallu, un jour ou l’autre, mettre à plat le dispositif d’aide aux compagnies desservant la Corse.
Mais la méthode adoptée, qui consiste à mettre brutalement fin avant terme à un accord conclu par l’assemblée de Corse avec un armateur est, disons le franchement, plus que contestable. Une pétition a été mise en ligne sur le site de Corsica Ferries pour s’y opposer.
A moins qu’il ne s’agisse là d’une petite manoeuvre, d’une simple affaire de gros sous destinée à fournir à la coalition territoriale les moyens de faire face à une situation financière précaire en récupérant une douzaine de millions d’euros par an.. Expédient très sarkosyste au demeurant , à l’instar du non remplacement d’un départ sur deux dans la fonction publique entrepris par le gouvernement FILLON.
Ce n’est pas comme cela que l’on remettra sur les rails une réforme qui a totalement dérapé depuis longtemps et s’est éloignée des objectifs qui lui avaient été fixés au départ.
Il s’agissait d’abord et surtout , il faut le rappeler car cela a été complètement perdu de vue, de réduire le coût de la vie pour les insulaires et de le rapprocher de celui d’une région continentale comparable.
Il s’agissait en même temps, avec une enveloppe financière qui se monte aujourd’hui à près de 250 M€, de donner aux corses les moyens de maîtriser par ce biais les transports extérieurs, fret et passagers.
Aujourd’hui ce sont les compagnies de transports qui font la politique des transports. Et que nous disent elles ?
Nous avons besoin de bateaux de plus en plus grands, faites nous donc des ports de plus en plus importants et aussi des routes capables d’absorber le trafic généré par les vehicules qu’ils vomissent sur vos rivages..Et peu importe que cela ne dure que trois à quatre mois, ce n’est pas notre problème !
Nos entreprises peuvent être mises en danger si vous touchez au dispositif que nous avons peu à peu mis en place grâce à la complaisance de vos élus, alors n’y touchez pas et payez donc sans chercher à comprendre !
Comment pouvons avons nous pu accepter aussi longtemps  que des entreprises qui avouent que leur survie dépend plus ou moins largement des subsides que leur verse la Corse ne soient pas domiciliées en Corse ? La SNCM a son siège social à Marseille et le groupe Corsica Ferries sans doute quelque part entre Gènes et la Suisse.. ?
Comment avons nous pu accepter aussi longtemps qu’un marché aussi transparent que le marché touristique soit aussi largement subventionné alors que la concurrence entre les compagnies maritimes devrait règler à elle seule l’équilibre entre l’offre et la demande et la fixation des prix  ?
A quoi peut bien servir la concurrence, élevée dans notre pays en dogme intouchable, si les compagnies censées se mettre en position de concurrence sont subventionnées ?
Comment se fait il que l’on subventionne les passages touristiques de pleine saison, alors que la demande y reste toujours supérieure à l’offre, au détriment de l’arrière saison ou elle s’effondre ou du transport de marchandises alors que nous supportons ici les coûts souvent exorbitants des grandes surfaces ?
Comment se fait il que la part de l’enveloppe de continuité territoriale au service des productions insulaires soit si réduite alors que ce dispositif pourrait  aider nos producteurs à développer nos territoires et diminuer ainsi notre dépendance à la mono industrie du tourisme de masse ?
Il n’y a  pas de bonnes réponses à un problème donné si on ne pose pas, au préalable, les bonnes questions.. Le dispositif dit ” de continuité territoriale” doit être remis à plat, ses objectifs revus et actualisés, et les dispositifs destinés à les atteindre mis en place, c’est clair.
Mais c’est dans cet ordre, et dans cet ordre seulement que l’on sera en mesure d’y parvenir, certainement pas avec des mouvements de menton et des coups de gueule…
DE PARIS A BONIFACIO LA QUESTION EST POSÉE…
24 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Dans le quotidien LIBÉRATION du samedi 23 octobre un article qui pose un saisissant raccourci entre la situation que vit notre île et celle  que semble-t-il commencent à vivre les parisiens.
Paris est peut être aujourd’hui, avec Londres et New York une des capitales ou les prix des appartements sont devenus exorbitants: s’y loger est aujourd’hui hors de portée de la plupart de nos concitoyens.
Nombre de propriétaires de ces appartements auraient selon le quotidien, trouvé un nouveau filon: au lieu de louer, très cher, leur logement à l’année, ils préfèrent le louer beaucoup plus cher, à la semaine, aux riches touristes américains ou asiatiques.
Occupés à plein temps, certains de ces appartements pourraient ainsi rapporter à leur propriétaire de 4000 à 6000 € par mois…
Il n’est pas exclu bien entendu qu’une partie de ces revenus échappent à l’impôt, puisqu’il suffit d’exiger du locataire de  payer son loyer en liquide pour échapper à tout contrôle…
Conséquence pour les parisiens: moins d’appartements disponibles à la location et naturellement flambée des prix qui atteignent aujourd’hui des sommets.
Le plus rigolo dans tout cela, c’est que  les mêmes parisiens lorsqu’ils achètent un appartement en Corse et le laissent inoccupé 10 mois sur 12 produisent chez nous les effets qu’ils subissent à  présent chez eux.
Peut être cela les aidera t-il  à comprendre que les corses ne sont pas aussi “xénophobes” que certains le prétendent  et que s’ils grincent parfois des dents c’est parce qu’ils subissent cette situation depuis des lustres et qu’ils considèrent qu’elle n’a que trop duré.
Les assises du foncier, si les mots ont encore un sens et si les autorités qui en ont la charge ont vraiment la volonté d’aboutir, sont là pour ça.
Le dernier paragraphe de l’article de LIBÉRATION vaut son pesant de cacahuètes, et je ne résiste pas au plaisir de vous le livrer in extenso:
“Outre les nuisances, les résidents du centre historique déplorent un mitage de Paris semblable à ce qui s’est passé à Venise». Les commerces de proximité (bouchers, poissonniers, fromagers…) disparaissent au profit de restaurants et commerces dédiés aux touristes. Dans ces quartiers, ou l’offre de logements vides se raréfie, les loyers sont au zénith. Les vrais habitants disparaissent, alors qu’apparaît le spectre d’un Paris ville musée”.
Voilà les parisiens qui découvrent ce que nous vivons, et souvent subissons depuis des lustres. c’est sans doute un peu tard, mais, après tout, à  tout pêché miséricorde n’est ce pas ?
PEAK OIL: COMMENT DIT ON EN LANGUE CORSE ?
14 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Nous vivons dans un monde, c’est bien connu, ou le futile, l’à peu près, et l’écume des choses prennent  le plus souvent le pas sur l’important, sur l’essentiel.
Il en va ainsi de tous les évènements qui occupent ces derniers mois, ces derniers jours la une des journaux qu’ils soient parlés , télévisés, ou écrits. A commencer par la crise financière bien sûr mais aussi le grippe A de Roselyne BACHELOT, le feuilleton sud africain de DOMENECH, l’expulsion des Roms, ou bien entendu les affaires WOERTH et BETTENCOURT…
Ainsi va la vie, de crise importante à crise insignifiante, une crise chassant l’autre au rythme des dépêches d’agence.
Jusqu’à ce que une information en provenance d’Allemagne remette les pendules à l’heure et nous rappelle brutalement que la seule formidable crise qui nous menace vraiment est celle de notre approvisionnement en pétrole.
C’est l’armée allemande qui a sonné le tocsin, dans une note parue sur le site internet du SPIEGEL et reprise par l’hebdomadaire Marianne.
Selon les estimations du think-tank allemand, le “peak oil”, c’est à dire le moment ou les ressources pétrolières commenceront à se raréfier sur le marché et  entameront de toute façon leur déclin, doit se produire autour  des années 2011-2012.
L’étude, plus qu’alarmante, pose en même temps la question de la survie de la démocratie à l’occasion de la déflagration que produirait auprès des peuples de nos régions la perspective de manquer de pétrole. Elle évoque en particulier la possibilité d’émergence de gouvernements extremistes et, dans les cas extrêmes, des conflits ouverts.
La fin du pétrole n’est pas susceptible d’être appréciée par calcul des probabilités. En effet elle n’est pas probable, elle est certaine…
Reste que l’on ne peut être que confondu devant l’impréparation de cette redoutable échéance par les sociétés occidentales.
Il y a pourtant belle lurette que La Fontaine avait prévenu les cigales que nous sommes de ce qui pourrait leur arriver: nous voilà obligés de constater que nous serons “fort dépourvus quand la crise sera venue”…
Naturellement notre île ne sera pas épargnée par les convulsions attendues: outre que nous dépendons comme tout le monde du pétrole pour à peu près 90% des objets manufacturés qui nous sont familiers, il est absolument  indispensable à la production de quasiment 100 % de l’énergie électrique dont nous avons besoin.
Par ailleurs dans une région ou l’automobile règne sans partage et ou les transports en commun sont pour ainsi dire inexistants il est certain que les restrictions prévisibles en matière de carburants  frapperont durement nos concitoyens et au premier rang les ruraux.
Enfin la dépendance croissante de notre économie au tourisme fera, dans ce contexte, de véritables ravages: qui dit pétrole rare, et donc carburants chers, dit explosion des coûts de transport et donc des budgets touristiques des ménages de nos contrées..
Raison de plus pour se mettre sans tarder à réfléchir à cela et à élaborer les “plan B” qui peuvent nous permettre, à l’horizon de 30 ans, d’absorber au mieux le choc de la conflagration qui s’annonce.
Paradoxalement, pour une fois, la faible taille de notre population pourrait s’avérer être un atout et non un inconvenient.
Mais pour cela il faudrait d’abord que nos élus, et la population, acceptent de remettre en cause les schémas de raisonnement qui ont fonctionné juqu’à aujourd’hui, et qui ne fonctionneront plus à plus ou moins brève échéance. Pas facile, j’en conviens, mais pas impossible.
Un exemple ? Au lieu de s’acharner à développer un réseau routier  dédié essentiellement au trafic automobile mettons nous  au travail pour développer le réseau ferroviaire et les transports en commun, nettement plus économes et plus autonomes en carburant.
Un autre exemple ?  Au lieu de brader les terres agricoles pour aligner des bungalows qui risquent de ne jamais  trouver de clients, préservons et développons une agriculture de proximité car elle risque fort de produire moins cher que les pays éloignés ou l’on s’approvisionne aujourd’hui…
La CTC serait en tout cas bien inspirée de mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un Institut de Prospective qui se consacre entièrement à cette tâche essentielle: je ne crois pas en effet qu’une administration traditionnelle soit”câblée pour cela”.
Gouverner, disait Napoléon qui s’y connaissait, c’est prévoir ! Attendons donc…
UN COURANT D’AIR FRAIS SOUFFLE A L’ATC
2 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Il y a quelque chose de raffraichissant dans les évènements qui semblent traverser aujourd’hui une Agence du Tourisme de la Corse engluée dans un pesant conformisme depuis des années.
La présidente de l’agence, Vanina PIERI est en passe semble-t-il d’y imprimer de belle façon sa marque. Je n’en veux pour preuve que la décision d’installer un stand de la Corse à la Fête de l’Huma.
De quoi bien sûr faire grincer des dents à tous ceux qui voient dans cette manifestation un rassemblement de “pumataghi” le couteau entre les dents:  Stéphanie GRIMALDI future responsable de l’UMP en Haute Corse, qui s’était déclarée en mars dernier horrifiée devant la perspective de voir les communistes au pouvoir, va sans doute appeler le peuple des hôteliers et des restaurateurs à  descendre dans la rue…
J’avoue que cette décision me réjouit, et j’y vois un symbole  de très bonne augure. D’autant que, n’en déplaise à quelques esprits chagrins, elle est en même temps parfaitement susceptible de produire de bons résultats en terme de fréquentation de notre île, car la fête de l’Huma a une résonance qui dépasse de loin ce que représente le PC  dans notre pays.
Plus important encore, il semble que Vanina PIERI ait, la première, pris la mesure des sommes énormes engagées chaque années par les Agences et Offices pour commander études et prestations extérieures.
Il y a naturellement  un certain nombre de questions où il peut être pertinent de faire appel à des compétences dont on ne dispose pas. Lorsque les agences et les offices ont été installés  on disposait de deux possibilités:
- ou bien mettre en place des équipes réduites et utiliser la sous traitance extérieure
- ou bien recruter, et ne sous traiter que ce qui ne peut être produit par les salariés de ces organisations.
LE BONHEUR EN CHIFFRES POUR DEMAIN ?
17 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Joseph STIGLITZ, prix Nobel d’économie, vient de remettre à Nicolas SARKOZY le rapport que celui ci lui avait demandé sur les instruments de mesure de la prospérité.
Cet américain, qui a été conseiller de Bill CLINTON, est connu pour ses positions progressistes. Dans un de ses livres intitulé  ” Un autre Monde, contre le fanatisme du marché” qui avait connu un énorme succès, il réclamait que soit mise en place à l’échelel planétaire une régulation qui évite les excès et les dérives du libéralisme.
A l’origine c’est la pertinence de la mesure de la santé économique d’un pays par le PIB qui est en cause. Le Produit Intérieur Brut est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et services dans un pays donné au cours d’une année donnée par les agents résidant à l’intérieur du territoire national.
Le problème est qu’il est apparu progressivement que cet indicateur ne refletait que très imparfaitement la réalité des économies : la croissance économique dont il donne la mesure n’intègre en effet en rien la destruction des stocks de richesses naturelles qu’elle entraine, sans que le calcul du PIB en tienne compte.
C’est ainsi par exemple que le PIB prend en compte les biens et les services objet de dépenses de la part de l’Etat, sans que l’on ne puisse mesurer vraiment la valeur de la “production” des services de l’Etat. Autrement dit, plus l’Etat dépense, bien ou mal, plus le PIB, censé mesurer la richesse de la Nation, augmente.
Si l’on prend soin de mesurer la production d’une entreprise, rien n’est mis en oeuvre pour prendre en compte les conséquence sur la même production du stress ou des mauvaises conditions de travail.
De la même façon, et de manière un peu caricaturale, on pourrait affirmer que lorsque des intempéries détruisent la forêt des Landes, rien ne permet d’en mesurer l’impact sur la richeses de la Nation, alors les travaux de restauration, de reconstruction des immeubles dévastés, vont donner un coup de fouet au PIB.
Reste à trouver un système qui arrive à mesurer, en quelque sorte, le bonheur d’une nation, seule richesse véritable si l’on veut bien réfléchir un peu. Gageons que ce n’est pas demain la veille que nous en verrons la publication!
C’est un peu comme chez nous, en Corse, quand on prétend mesurer la contribution du tourisme à la richesse de notre ÃŽle sur le seul critère de l’augmentation du chiffre de la fréquentation. On compte ainsi les passagers auxquels il arrive , comme  vous et moi, de voyager l’été,  les italiens qui ne font que traverser la Corse pour se rendre en Sardaigne, et ceux qui voyagent pour affaires.
On se garde bien, par contre, de mettre au point les instruments qui permettraient de mesurer la dépense des touristes, quantitativement et qualitativement. Peut être par crainte de découvrir que lorsque l’on soustrait du budget d’un mémage de touristes le transport, financé pour partie par le contribuable,  et les dépenses d’alimentation, dont on sait que les deux retournent pour une bonen partie sur le continent, il y aurait de quoi mettre à mal le modèle économiqyue du tourisme insulaire.
Comme dirait un de mes excellents amis statisticien émérite: la statistique est la forme supérieure du mensonge…

