Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

POUR UN PLAT DE LENTILLES…

18 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Politique

La fusion des listes étant réalisée, la gauche est en situation de remporter les élections territoriales en Corse comme le laissaient prévoir les différents sondages depuis plus de six mois.

La seule question qui sera tranchée dimanche est l’ampleur de la victoire, en même temps que l’ampleur de la défaite pour la droite et Camille de ROCCA SERRA ainsi que de la percée des deux listes nationalistes.

J’avais  déclaré, lors d’un CUNFRONTI le 1er novembre dernier, qu’au cas ou la gauche partirait désunie, l’apport du PS serait décisif pour la liste à laquelle il choisirait de s’associer.

C’est effectivement ce qui s’est passé: l’appui du PS a conféré à Paul GIACOBBI un avantage important tout en le blanchissant du soupçon d’être sarko-compatible qui lui collait aux basques.

On pouvait penser que le renvoi d’ascenseur serait à la hauteur de la courte échelle que les socialistes ont ainsi fait au Député de Corte Balagne.

La lecture de la liste d’union de la gauche laisse apparaitre qu’en définitive seuls deux socialistes seront élus: Emmanuelle DE GENTILI qui se retrouvera à l’exécutif, et Jean Charles ORSUCCI qui, entre parenthèses se trouvait déjà sur la liste de Paul GIACOBBI en 2004 et non sur la liste officielle de son parti.

Deux élus sur vraisemblablement 35 si tout se déroule correctement, on ne peut pas dire que ce soit  un soutien cher payé.

GAUCHE : UNE BALLE DANS LE PIED ?

22 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Les électrices et les électeurs de gauche attendaient de leurs dirigeants qu’ils tirent les leçons de la défaite de 2004 aux élections territoriales et qu’ils s’unissent dès le premier tour pour mettre fin à 26 ans de règne de la droite à l’Assemblée de Corse.

Je suis, comme eux, déçu qu’ils s’en soient montrés incapables, et je redoute, comme eux que le cauchemar de 2004 ne se reproduise.

J’ai répondu aux questions que Corse Matin m’ a posées dans son numéro de ce jour . Je vous laisse comme d’habitude juges de la pertinence de mes interrogations.

Q1/Que vous inspire l’éclatement de la gauche ?

J’avais déclaré à « Cuntrastu » le 1er novembre que la gauche gagnerait les territoriales à condition de ne  pas se tirer une balle dans le pied. C’est fait, et c’est une immense déception pour moi, comme pour les électrices et les électeurs de gauche qui redoutent que la machine à perdre se soit remise en route.

La question aujourd’hui est moins  de chercher à savoir qui a appuyé sur la gâchette  que  de s’attacher  à soigner et si possible guérir la fracture que la balle a causée. C’est en tout cas la seule préoccupation qui gouvernera mon attitude dans cette élection.

Q2/A-t-elle compromis ainsi ses chances jugées importantes de remporter les élections 

Bien entendu, même si tout n’est pas perdu pour autant: la compétition entre les listes de gauche va les conduire à exagérer leurs désaccords pour séduire l’électorat de gauche ce qui n’est certainement pas le meilleur moyen de faciliter le rassemblement au deuxième tour.

Q3/Dans ces conditions qu’attendez vous aujourd’hui des leaders de la gauche ?

D’abord qu’ils n’oublient pas que l’élection à L’Assemblée de Corse ce n’est ni le tiercé ni le quarté, mais que c’est une affaire sérieuse qui engage l’avenir de dizaine de milliers de femmes et d’hommes qui comptent sur la gauche pour changer leur vie.

Ensuite qu’ils s’engagent clairement, dès leur entrée en campagne à tout mettre en Å“uvre pour faire en sorte qu’au deuxième tour les listes de gauche fusionnent et lui permettent de remporter la majorité des sièges.

Le soir du 14 mars prochain la gauche sera sans doute arithmétiquement en situation de gagner. Ne pas transformer ce résultat en victoire le 21 ne constituerait rien d’autre qu’une trahison que nos électeurs ne pardonneront, à juste titre, à personne.

Q4/Les divergences sont elles à ce point fortes entre les listes de gauche qu’elles peuvent empêcher tout rapprochement?

Certainement pas ! Il y a bien plus de différences entre socialistes, communistes, verts et pourquoi pas modem, et pourtant ils vont probablement renvoyer Nicolas Sarkozy  à sa mairie de Neuilly et à ses amis de la Jet Set, et gouverner la France ensemble en 2012….

Alors je dis à ceux qui seraient tentés de s’abîmer dans la contemplation de leur nombril de bien réfléchir, et surtout de penser un peu plus à la Corse et un peu moins à leur destin personnel qu’il soit local ou national !

Q5/Et vous Vincent Carlotti qui aviez présenté un liste en 2004 vous resterez simple observateur ?

Vous faites bien de le rappeler : nous l’avions intitulée «  Socialistes, à Gauche, pour la Corse » : avouez que c’est un slogan de circonstance par les temps qui courent ?

Ceux qui nous avaient fait confiance peuvent compter sur moi pour être présent dans cette élection et pour mettre en avant  cette position, sous une forme ou une autre,  dans les jours et les semaines qui viennent.

TERRITORIALES: FAIRE SIMPLE POUR GAGNER

10 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Dans un entretien au journal La Corse, Nicolas ALFONSI, Sénateur PRG, ouvre le débat des élections territoriales de 2010 à gauche.

La gestion médiocre de la majorité, ainsi qu’il la qualifie lui même, aurait mérité qu’il soit abordé autrement qu’en fermant pratiquement toutes les portes. Mais enfin, restons positifs en ne retenant que la mise sur la table d’un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, posent problème à commencer par celles qui concernent sinon  la gauche mais plus sûrement le PRG.

Au delà des questions de personnes, qui ne doivent effectivement pas être exagérées, il existe effectivement au sein de la formation qui domine la gauche en Corse deux sensibilités.

Une sensibilité “conservatrice” plutôt que républicaine comme  la qualifie volontiers Nicolas ALFONSI, et une sensibilité “progressiste” . Dans la première se reconnaissent essentiellemnt les amis du Sénateur de Corse du Sud et du maire de Bastia Emile ZUCCARELLI et d’une certaine façon, les communistes corses. Dans la seconde on retrouve la très grande majorité des socialistes corses, les amis du maire d’Ajaccio Simon RENUCCI et ceux du Député de Haute Corse Paul GIACOBBI.

La réforme du mode de scrutin, voulue par la droite et les “conservateurs de gauche” incite à l’union la plus large pour empocher la prime de 9 sièges qui peut assurer à la liste arrivée en tête au second tour la majorité absolue de l’Assemblée de Corse.

Cela n’exclut par conséquent en aucune manière, comme le précise  d’ailleurs le Sénateur de Corse du Sud,  la présence de deux listes de gauche au premier tour.

Cela n’exclut pas plus, de mon point de vue, un élargissement de la majorité élue pour asseoir la meilleure gouvernance possible d’une collectivité mise à mal par la gestion calamiteuse de la droite, d’autant que la prochaine assemblée ne sera élue que pour 4 ans, et que les réformes qu’exige la situation de la Corse réclament que la prochaine majorité soit assurée d’avoir le temps de les mettre en oeuvre.

Encore faut il que soient affichés un certain nombre de préoccupations et  de comportements simples:

  1. Entre les listes de gauche, si elles sont bien basées sur les sensibilités évoquées plus haut, un accord clair et public sur la fusion des listes autour de celle arrivée en tête au premier tour et un pacte de non agression entre les protagonistes, afin d’assurer aux électeurs de gauche que l’élection ne leur sera pas volée une fois de plus et que la Corse ne soit pas livrée pour 4 ans encore à une droite dont on connait le bilan et les projets.
  2. En cas de victoire de la gauche qui lui assurerait au second tour la majorité, forcement réduite, des sièges le souci d’associer au gouvernement de l’île celles et ceux qui auront affiché au cours de la campagne des valeurs et des projets dans lesquels les électrices et les électeurs de gauche, dans leur diversité, se reconnaissent.
Si d’aventure les électrices et les électeurs plaçaient la gauche en situation d’assumer le pouvoir à l’Assemblée de Corse, et que ses atermoiements, ses divisions, la mettaient une nouvelle fois hors jeu, il y a fort à parier que le retour de bâton serait à la mesure de leur  déception pour ceux qui en seraient rendus responsables.
Je reste quant à moi persuadé, comme tous les socialistes, que la raison, et le sens de l’interet général l’emporteront, et que la gauche se retrouvera , quel que soit le scénario électoral, en ordre de bataille à la rentrée.
Je ne veux pas imaginer qu’il en soit autrement et je veux croire que personne à gauche, par mi les responsables, n’est prêt à rejouer le film catastrophe de 2004.