LE BONHEUR EN CHIFFRES POUR DEMAIN ?
17 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Joseph STIGLITZ, prix Nobel d’économie, vient de remettre à Nicolas SARKOZY le rapport que celui ci lui avait demandé sur les instruments de mesure de la prospérité.
Cet américain, qui a été conseiller de Bill CLINTON, est connu pour ses positions progressistes. Dans un de ses livres intitulé  ” Un autre Monde, contre le fanatisme du marché” qui avait connu un énorme succès, il réclamait que soit mise en place à l’échelel planétaire une régulation qui évite les excès et les dérives du libéralisme.
A l’origine c’est la pertinence de la mesure de la santé économique d’un pays par le PIB qui est en cause. Le Produit Intérieur Brut est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et services dans un pays donné au cours d’une année donnée par les agents résidant à l’intérieur du territoire national.
Le problème est qu’il est apparu progressivement que cet indicateur ne refletait que très imparfaitement la réalité des économies : la croissance économique dont il donne la mesure n’intègre en effet en rien la destruction des stocks de richesses naturelles qu’elle entraine, sans que le calcul du PIB en tienne compte.
C’est ainsi par exemple que le PIB prend en compte les biens et les services objet de dépenses de la part de l’Etat, sans que l’on ne puisse mesurer vraiment la valeur de la “production” des services de l’Etat. Autrement dit, plus l’Etat dépense, bien ou mal, plus le PIB, censé mesurer la richesse de la Nation, augmente.
Si l’on prend soin de mesurer la production d’une entreprise, rien n’est mis en oeuvre pour prendre en compte les conséquence sur la même production du stress ou des mauvaises conditions de travail.
De la même façon, et de manière un peu caricaturale, on pourrait affirmer que lorsque des intempéries détruisent la forêt des Landes, rien ne permet d’en mesurer l’impact sur la richeses de la Nation, alors les travaux de restauration, de reconstruction des immeubles dévastés, vont donner un coup de fouet au PIB.
Reste à trouver un système qui arrive à mesurer, en quelque sorte, le bonheur d’une nation, seule richesse véritable si l’on veut bien réfléchir un peu. Gageons que ce n’est pas demain la veille que nous en verrons la publication!
C’est un peu comme chez nous, en Corse, quand on prétend mesurer la contribution du tourisme à la richesse de notre ÃŽle sur le seul critère de l’augmentation du chiffre de la fréquentation. On compte ainsi les passagers auxquels il arrive , comme  vous et moi, de voyager l’été,  les italiens qui ne font que traverser la Corse pour se rendre en Sardaigne, et ceux qui voyagent pour affaires.
On se garde bien, par contre, de mettre au point les instruments qui permettraient de mesurer la dépense des touristes, quantitativement et qualitativement. Peut être par crainte de découvrir que lorsque l’on soustrait du budget d’un mémage de touristes le transport, financé pour partie par le contribuable,  et les dépenses d’alimentation, dont on sait que les deux retournent pour une bonen partie sur le continent, il y aurait de quoi mettre à mal le modèle économiqyue du tourisme insulaire.
Comme dirait un de mes excellents amis statisticien émérite: la statistique est la forme supérieure du mensonge…

