RASSEMBLEMENT DE FEMU A CORSICA A CORTE
4 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Les élus de FEMU A CORSICA à l’assemblée de Corse avaient invité leurs électeurs et au delà toutes celles et tous ceux qui s’estiment interpellés par leur démarche à une présentation du bilan de leur action depuis les dernières élections  territoriales.
J’ai assisté à cette journée, importante à plus d’une titre.
Beaucoup de monde, surtout des militants des trois organisations politiques qui forment la coalition électorale en question pour un rassemblement somme toute réussi malgré la période encore peu propice à ce genre de manifestation.
Beaucoup de sérieux aussi chez chacun des élus pour présenter le bilan de leur activité, et bien sûr, celui de l’assemblée de Corse.
Beaucoup de critiques aussi sur la gestion de l’exécutif, qualifiée d’archaïque et de clientéliste par l’essentiel des intervenants. Nombreux grincements de dents également à la lecture de la longue interview de Paul GIACOBBI  dans Corse Matin, qualifiée par les principaux responsables de cynique et opportuniste.
Quatre  messages importants à retenir de cette journée au delà des comptes rendus de mandat:
Le premier concerne la perspective d’une fusion dans une même organisation des trois formations composant la coalition: le PNC de Jean Christophe ANGELINI, INSEME de Gilles SIMEONI et A CHIAMA. Elle n’interviendra pas.
Le deuxième concerne les rapports avec CORSICA LIBERA: ils seront dans la période qui s’annonce marqués par la détente et la recherche des compromis à partir desquels  les deux organisations qui composent la famille nationaliste accéderont au pouvoir à l’assemble de Corse.
La troisième concerne l’ouverture: pas question a affirmé Jean Christophe ANGELINI que les nationalistes se replient sur le bloc identitaire que constitue leur famille politique. FEMU A CORSICA  s’ouvrira, je cite ” à toutes celles et à tous ceux qui accepteront de rejeter clairement et définitivement les pratiques claniques et clientélistes”.
La quatrième enfin concerne la vocation de la coalition FEMU A CORSICA: c’est, clairement exprimée par les deux leaders de la coalition, la recherche de la victoire aux élections territoriales de 2014 , la conquête et la prise en main des leviers du pouvoir territorial. La volonté est claire de n’être ni les supplétifs ni les seconds couteaux de quiconque pas plus que de se retrouver “relégués dans un coin du ring”.
C’est à titre personnel, et en tant que porte parole du club politique “La Gauche Autonomiste” que j’ai participé à ce rassemblement.
Comme je l’ai déclaré sur FR3 Corse, je regrette que la gauche, et singulièrement les socialistes, se tiennent à l’écart d’une dynamique qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qui a constitué au cours des années Mitterrand le coeur de leur réflexion et de leur action, pour s’abîmer dans l’archaïsme.
Avec Claude OLIVESI nous avions rédigé et fait voter à la majorité au congrès de Venzolasca  de la fédération de Haute Corse du PS de 1988 une résolution demandant que notre île soit dotée d’un véritable statut qui lui permette d’accéder à l’autonomie interne.
Aujourd’hui je persiste et je signe et reste dans les mêmes dispositions d’esprit, en appelant mes camarades et mes amis les plus lucides à réfléchir, en cette période ou se décide l’avenir de la France, à l’avenir de notre île qui ne peut plus s’inscrire, sous peine de graves conséquences pour les générations futures, dans les schémas  périmés et les pratiques délétères qui nous ont amenés au bord de l’abîme.
Il faudra, a déclaré Gilles SIMEONI, “que le vainqueur de la présidentielle prenne en compte la notion de peuple corse et permette la définition d’une véritable solution politique, car les idées que nous étions, hier, seuls à porter, sont aujourd’hui celles d’une majorité de Corses”.
Il est de la responsabilité des socialistes de relayer, cette proposition, et de se hisser sans plus attendre à la hauteur que réclame la situation, avant que l’opportunisme et le cynisme de leur principal partenaire ne supplée à leur défaillance et les disqualifie définitivement.
RIFIFI AU CONSEIL GÉNÉRAL DE HAUTE CORSE
19 avril 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Hyacinthe MATTEI, conseiller général PS d’Île Rousse, député suppléant de Paul GIACOBBI a été débarqué brutalement de la présidence de la commission des finances du CG2B.
Lâché par ses “amis” socialistes et apparentés, exécuté par le nouveau président Joseph CASTELLI, qui n’a semble t-il pas trouvé  dans son emploi du temps cinq minutes pour lui signifier son éviction et lui fournir une explication.
Passablement meurtri, Hyacinthe MATTEI n’a pas mâché ses mots pour dénoncer “le système”. Bien sûr on peut toujours objecter qu’il a attendu d’en être victime pour le dénoncer: il n’empêche que c’est la première fois qu’un homme du sérail, particulièrement bien informé sur les pratiques en vigueur au conseil général met ainsi les pieds dans le plat.
Issu d’une famille de bergers d’ASCO, Hyacinthe est un homme au caractère bien trempé. Sans doute n’avait il pas l’échine assez souple pour certains: ils n’ont probablement pas fini d’entendre parler de lui.
Il aurait été au demeurant intéressant de savoir ce qui lui était reproché. Peut être de ne pas avoir voté Paul GIACOBBI en 2010, de ne pas accepter sans broncher les agissements du “cabinet noir” du président, ou encore d’avoir une facheuse tendance à demander à tout bout de champ des explications au lieu de la fermer et d’encaisser ses subventions sans trop chercher à comprendre ?
Dominique TIBERI, une autre victime du “système” aujourd’hui dénoncé par MATTEI, m’avait confié que le “cabinet noir” avait programmé sa défaite, ce qui s’est effectivement produit: il est vrai qu’il est expert comptable Dominique, et qu’il avait sans doute de ce fait une tendance fâcheuse à poser lui aussi trop de questions..
Il est remplacé, au sein de la “majorité départementale” par un authentique homme de droite, sans que personne ne trouve à redire, surtout pas les socialistes qui ont courageusement abandonné leur “camarade”en rase campagne. Avec des amis comme ça, MATTEI n’a pas besoin d’ennemis.
A moins que Paul GIACOBBI, que le conseiller général d’ÃŽle Rousse accuse d’avoir été à la manoeuvre dans son exécution, ne considère que la perspective de la victoire de la gauche lui ouvre un boulevard aux législatives et qu’il estime pouvoir se passer du soutien de son suppléant ? Inch Allah..
Quoiqu’il en soit cette affaire jette un éclairage cru sur les pratiques moyenâgeuses en vigueur au CG2B, même si ce ne constitue un “scoop” pour personne.
Le plus drôle c’est que simultanément à cette démonstration féroce de pratiques clanistes on assiste à un festival de mains tendues et de courbettes de la part du président du conseil exécutif de Corse en direction de la famille nationaliste…
Bon, chacun ses contradictions n’est ce pas ?
J’avais cru comprendre que la vocation historique  de cette famille est de débarrasser notre île de ces pratiques afin de la mettre sur le chemin du développement, mais cela a du échapper au président, forcement.
GAUCHE : UNE BALLE DANS LE PIED ?
22 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Les électrices et les électeurs de gauche attendaient de leurs dirigeants qu’ils tirent les leçons de la défaite de 2004 aux élections territoriales et qu’ils s’unissent dès le premier tour pour mettre fin à 26 ans de règne de la droite à l’Assemblée de Corse.
Je suis, comme eux, déçu qu’ils s’en soient montrés incapables, et je redoute, comme eux que le cauchemar de 2004 ne se reproduise.
J’ai répondu aux questions que Corse Matin m’ a posées dans son numéro de ce jour . Je vous laisse comme d’habitude juges de la pertinence de mes interrogations.
Q1/Que vous inspire l’éclatement de la gauche ?
J’avais déclaré à  « Cuntrastu » le 1er novembre que la gauche gagnerait les territoriales à condition de ne pas se tirer une balle dans le pied. C’est fait, et c’est une immense déception pour moi, comme pour les électrices et les électeurs de gauche qui redoutent que la machine à perdre se soit remise en route.
La question aujourd’hui est moins de chercher à savoir qui a appuyé sur la gâchette que de s’attacher à soigner et si possible guérir la fracture que la balle a causée. C’est en tout cas la seule préoccupation qui gouvernera mon attitude dans cette élection.
Q2/A-t-elle compromis ainsi ses chances jugées importantes de remporter les électionsÂ
Bien entendu, même si tout n’est pas perdu pour autant: la compétition entre les listes de gauche va les conduire à exagérer leurs désaccords pour séduire l’électorat de gauche ce qui n’est certainement pas le meilleur moyen de faciliter le rassemblement au deuxième tour.
Q3/Dans ces conditions qu’attendez vous aujourd’hui des leaders de la gauche ?
D’abord qu’ils n’oublient pas que l’élection à L’Assemblée de Corse ce n’est ni le tiercé ni le quarté, mais que c’est une affaire sérieuse qui engage l’avenir de dizaine de milliers de femmes et d’hommes qui comptent sur la gauche pour changer leur vie.
Ensuite qu’ils s’engagent clairement, dès leur entrée en campagne à tout mettre en Å“uvre pour faire en sorte qu’au deuxième tour les listes de gauche fusionnent et lui permettent de remporter la majorité des sièges.
Le soir du 14 mars prochain la gauche sera sans doute arithmétiquement en situation de gagner. Ne pas transformer ce résultat en victoire le 21 ne constituerait rien d’autre qu’une trahison que nos électeurs ne pardonneront, à juste titre, à personne.
Q4/Les divergences sont elles à ce point fortes entre les listes de gauche qu’elles peuvent empêcher tout rapprochement?
Certainement pas ! Il y a bien plus de différences entre socialistes, communistes, verts et pourquoi pas modem, et pourtant ils vont probablement renvoyer Nicolas Sarkozy  à sa mairie de Neuilly et à ses amis de la Jet Set, et gouverner la France ensemble en 2012….
Alors je dis à ceux qui seraient tentés de s’abîmer dans la contemplation de leur nombril de bien réfléchir, et surtout de penser un peu plus à la Corse et un peu moins à leur destin personnel qu’il soit local ou national !
Q5/Et vous Vincent Carlotti qui aviez présenté un liste en 2004 vous resterez simple observateur ?
Vous faites bien de le rappeler : nous l’avions intitulée « Socialistes, à Gauche, pour la Corse » : avouez que c’est un slogan de circonstance par les temps qui courent ?
Ceux qui nous avaient fait confiance peuvent compter sur moi pour être présent dans cette élection et pour mettre en avant cette position, sous une forme ou une autre, dans les jours et les semaines qui viennent.

