Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

LA CORSE LE BRÉSIL ET LA CHASSE AUX TERRES.

La ruée mondiale sur les terres: c’est le titre du rapport de la banque mondiale consacré aux gigantesques programmes d’acquisition foncières agricoles qui se produisent dans les pays du sud depuis quelques années.

L’exemple le plus connu concerne l’île de Madagascar ou le groupe sud coréen DAEWOO avait lancé un programme de prise à bail pour 99 ans de 1,5 million d’hectares de terres destinées à la production de maïs et de l’huile de palme à destination du marché sud-coréen.

Naturellement, et comme on peut s’en douter, le rapport souligne que les populations locales ne sont pas consultées, que les prix offerts sont faibles, et que les organisations concernées font peu de cas du développement local des pays ou ils s’implantent.

Ce seraient ainsi près de 20 millions d’hectares qui auraient été acquis par des investisseurs étrangers, le plus souvent chinois, sud coréens ou saoudiens. Les continents visés par ces acquisitions massives sont essentiellement l’Afrique et l’Amérique latine.

Le Brésil a été le premier à réagir. Cet immense pays de plus de 10 millions de km2, soit plus de 20 fois la France a voulu mettre fin aux acquisitions massives de terres  au Brésil, a modifié la loi foncière et limité à 5000 hectares la possession de terres agricoles par un non brésilien.

Il était en effet temps que le gouvernement du président président Luiz Inacio Lula da Silva réagisse :selon le journal “A Folha de Saõ Paulo”,  les investisseurs étrangers achèteraient en moyenne chaque jour 12km2 de terres agricoles et 5,5 millions d’hectares de terres au total seraient entre les mains de propriétaires non Brésiliens.

Les brésiliens ont ainsi voulu préserver leur “or vert” et chacun s’accorde à considérer leur réaction comme parfaitement saine et justifiée.

Mais au fait, pour les Corses ce sont à la fois les maigres terres agricoles de la plaine orientale dont dispose l’île et les mille kilomètres de cotes qui constituent leur “or bleu”  objet de toutes les convoitises.

Pourquoi donc ne seraient ils pas fondés, aussi légitimement que les brésiliens me semble-t-il, à prendre les dispositions qui permettraient à l’île de ne pas se trouver dans quelques années entre des mains sinon étrangères mais assurément  de moins en moins insulaires..

Encore faudrait il pour cela qu’ils disposent de compétences qui leur permettent d’élaborer des textes ayant dans ce domaine force de Loi.

Du temps ou mes camarades socialistes étaient encore des progressistes nous appelions cela ” le pouvoir d’adaptation législative”: les voilà avec toute la gauche fort démunis aujourd’hui, pour faire face à la vague de la spéculation foncière, pour ne pas avoir eu l’audace d’agir quand il était encore temps…

C’est bien Lionel JOSPIN qui a dit ” oui à l’économie de marché, et non à la société de marché” ? Pour certains, du moment qu’il y a des propriétaires pour vendre la Corse et des acheteurs disposant de suffisamment d’argent pour l’acheter, ou est le problème ?

Ce n’est pas ma façon de voir les choses, et c’est là un point de vue largement partagé. il faut dire que je n’ai pas la religion  du droit de propriété…

Pas de doute: nous aurons dans les semaines et les mois à venir à trancher dans ce débat et il ne faudra pas chercher pour résoudre cette problématique un consensus de façade, mais une vraie majorité progressiste.

SCENE POLITIQUE OU THÉÂTRE D’OMBRES ?

27 février 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction

France 3 Corse a organisé le 21 Février un débat sur les élections territoriales auquel j’étais invité avec Jean BAGGIONI, ancien président du Conseil Exécutif, et Paul Jo CAÏTUCOLI conseiller général de Corse du sud.

L’émission, d’une durée de 45 minutes était animée par Jean Vitus ALBERTINI. Il ne s’agissait pas, naturellement, d’entrer dans la campagne, c’est là le rôle des candidats, mais de prendre un peu de distance avec celle ci pour donner à nos concitoyens un éclairage certes partisan, mais aussi objectif que possible,  sur les enjeux des territoriales.

Pari tenu je crois en dépit des engagements bien connus de chacun des intervenants. Quant à la campagne elle même, force a été de constater, pour chacun d’entre nous, son caractère étonnamment fade atone.

Il faut, à mon avis s’en inquiéter, car lorsque dans une démocratie les citoyens manifestent si peu d’intérêt pour une élection, cela ne présage en général vraiment rien de bon.

Chacun sent bien, au fond de lui même, que les hommes politiques n’ont pas vraiment prise sur les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne, et que la politique n’est  rien d’autre qu’un théâtre d’ombres sur lequel les politiciens se produisent mais que l’essentiel est ailleurs.

C’est d’ailleurs un sentiment répandu bien au delà de la  Corse, ce qui est d’autant plus inquiétant: la crise qui non seulement n’est pas finie mais n’en est, comme le souligne Jacques ATTALI peut être qu’à ses débuts, doit interpeller d’autant plus la gauche.

S’il est clair aujourd’hui que l’opinion commence à réaliser que Nicolas SARKOZY peut être battu en 2012, la gauche n’en est pas pour autant assurée d’avoir pour elle la durée indispensable au redressement d’un pays mis à mal par les improvisations sarkozystes , si elle ne remet pas profondément en question son rapport aux femmes et aux hommes susceptibles de lui accorder leur confiance.

De ce point de vue, les questions que pose Jacques JUILLARD, l’un des intellectuels les plus écoutés à gauche, méritent, en particulier du Parti Socialiste, des réponses aussi urgentes que précises sur ses orientations et le fond de la politique qu’il entend engager.

Devant les difficultés qui nous attendent, ce n’est pas l’alternance qu’il faut aux  français pour sortir des années Sarko, mais une offre politique alternative qui ouvre à leurs enfants de nouveaux horizons.

A cet égard nous sommes en Corse devant le même défi: la droite peut être battue le 21 Mars prochain, c’est pour moi une évidence, à condition bien sûr que les leaders politiques de gauche se montrent responsables, et qu’ils proposent une vraie alternative aux errements de la droite insulaire.

Sur ce point, il va nous falloir attendre, car ce n’est pas pour l’instant, de toute évidence , la principale préoccupation de ses responsables.

TERRITORIALES: FAIRE SIMPLE POUR GAGNER

10 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique

Dans un entretien au journal La Corse, Nicolas ALFONSI, Sénateur PRG, ouvre le débat des élections territoriales de 2010 à gauche.

La gestion médiocre de la majorité, ainsi qu’il la qualifie lui même, aurait mérité qu’il soit abordé autrement qu’en fermant pratiquement toutes les portes. Mais enfin, restons positifs en ne retenant que la mise sur la table d’un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, posent problème à commencer par celles qui concernent sinon  la gauche mais plus sûrement le PRG.

Au delà des questions de personnes, qui ne doivent effectivement pas être exagérées, il existe effectivement au sein de la formation qui domine la gauche en Corse deux sensibilités.

Une sensibilité “conservatrice” plutôt que républicaine comme  la qualifie volontiers Nicolas ALFONSI, et une sensibilité “progressiste” . Dans la première se reconnaissent essentiellemnt les amis du Sénateur de Corse du Sud et du maire de Bastia Emile ZUCCARELLI et d’une certaine façon, les communistes corses. Dans la seconde on retrouve la très grande majorité des socialistes corses, les amis du maire d’Ajaccio Simon RENUCCI et ceux du Député de Haute Corse Paul GIACOBBI.

La réforme du mode de scrutin, voulue par la droite et les “conservateurs de gauche” incite à l’union la plus large pour empocher la prime de 9 sièges qui peut assurer à la liste arrivée en tête au second tour la majorité absolue de l’Assemblée de Corse.

Cela n’exclut par conséquent en aucune manière, comme le précise  d’ailleurs le Sénateur de Corse du Sud,  la présence de deux listes de gauche au premier tour.

Cela n’exclut pas plus, de mon point de vue, un élargissement de la majorité élue pour asseoir la meilleure gouvernance possible d’une collectivité mise à mal par la gestion calamiteuse de la droite, d’autant que la prochaine assemblée ne sera élue que pour 4 ans, et que les réformes qu’exige la situation de la Corse réclament que la prochaine majorité soit assurée d’avoir le temps de les mettre en oeuvre.

Encore faut il que soient affichés un certain nombre de préoccupations et  de comportements simples:

  1. Entre les listes de gauche, si elles sont bien basées sur les sensibilités évoquées plus haut, un accord clair et public sur la fusion des listes autour de celle arrivée en tête au premier tour et un pacte de non agression entre les protagonistes, afin d’assurer aux électeurs de gauche que l’élection ne leur sera pas volée une fois de plus et que la Corse ne soit pas livrée pour 4 ans encore à une droite dont on connait le bilan et les projets.
  2. En cas de victoire de la gauche qui lui assurerait au second tour la majorité, forcement réduite, des sièges le souci d’associer au gouvernement de l’île celles et ceux qui auront affiché au cours de la campagne des valeurs et des projets dans lesquels les électrices et les électeurs de gauche, dans leur diversité, se reconnaissent.
Si d’aventure les électrices et les électeurs plaçaient la gauche en situation d’assumer le pouvoir à l’Assemblée de Corse, et que ses atermoiements, ses divisions, la mettaient une nouvelle fois hors jeu, il y a fort à parier que le retour de bâton serait à la mesure de leur  déception pour ceux qui en seraient rendus responsables.
Je reste quant à moi persuadé, comme tous les socialistes, que la raison, et le sens de l’interet général l’emporteront, et que la gauche se retrouvera , quel que soit le scénario électoral, en ordre de bataille à la rentrée.
Je ne veux pas imaginer qu’il en soit autrement et je veux croire que personne à gauche, par mi les responsables, n’est prêt à rejouer le film catastrophe de 2004.

MONTEBOURG APPELLE à SOUTENIR AUBRY

3 novembre 2008 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Introduction

Arnaud MONTEBOURG soutient martine AUBRY au Congrès de Reims avec FABIUS et les amis de DSK. 

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