Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

EN CHUTE LIBRE SARKOZY LACHE UN PEU DE LEST

4 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

La démission de deux membres du Gouvernement est tombée dans le ciel lourd d’un été caniculaire. Certes Alain JOYANDET et Christian BLANC avaient défrayé la chronique et le Canard Enchainé s’était  largement étendu sur leurs frasques respectives.

Le Président de la République avait laissé entendre qu’il envisageait, devant la dégradation de la la situation du gouvernement FILLON, un important remaniement en Octobre. Il faut croire que la situation a été jugée particulièrement critique pour que deux fusibles, de toute manière assez insignifiants  dans le dispositif gouvernemental sautent ainsi aujourd’hui.

Voici donc l’homme de la “rupture” réduit à se livrer à de misérables manoeuvres politiciennes pour rétablir une situation devenue pour lui et son équipe gouvernementale particulièrement périlleuse, comme l’aurait fait un vulgaire Jacques CHIRAC.

Avec une impopularité qui frise les 75 %, notre président a perdu de sa superbe, et ce ne sont pas les succès de l’équipe de France de football qui vont lui permettre de redorer un peu son blason maculé par un certain nombre d’affaires.

Dans sa situation il vaudrait mieux pour lui, et surtout pour notre pays, qu’il s’inspire pour une fois de son prédécesseur, et de son conseiller Dominique de VILLEPIN, en dissolvant l’Assemblée Nationale et en appelant le peuple à lui confirmer ou lui retirer sa confiance dans les urnes.

C’est en tout cas ainsi que l’on procède dans les démocraties parlementaires lorsque une crise politique d’importance menace. Mais il est vrai qu’en Sarkoland on n’est plus vraiment en démocratie n’est ce pas ?

LE SARKOZYSME EST MORT: RESTE A L’ENTERRER.

16 février 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique, Société

Nicolas Sarkozy a été  élu sur un programme tout entier bati sur l’idée de la suprématie d’un  modèle social basé sur la réussite individuelle élevée en dogme par une Amérique dont il s’était fait le chantre exalté,  et l’obsolescence du modèle social français, voué aux gémonies.

La rupture avec ce modèle honni était devenu son principal slogan de campagne: il en avait fait sa marque de fabrique et le martelait a chacun de ses meetings, chacune de ses apparitions télévisées. Il fallait alors, à marche forcée, réformer la France à tout crin de manière à ce qu’elle rattrape   le retard qu’elle aurait accumulé pour rejoindre enfin la terre promise du libéralisme avancé.

Oui mais voilà, l’histoire est allée plus vite que lui et le voici pris complètement à contre pied et totalement déstabilisé par l’effondrement de son modèle et le retour en force d’un modèle social-démocrate qu’il avait raillié et pourfendu pendant sa campagne électorale.

Il a ainsi vécu, en accéléré, ce qu’a vécu entre 1981 et 1983 un François MITTERRAND, élu sur un programme rédigé par Jean Pierre CHEVENEMENT, qui préconnisait la rupture en cent jours avec le capitalisme , et qui avec le tournant de la rigueur  a viré au social-libéralisme.

Le Président se trouve dès lors en décalage complet avec un programme qu’il s’obstine encore à décliner mécaniquement à chacune de ses interventions, mais qui ne touche plus une population angoissée devant le retour du  chômage de masse et la montée de la précarité.

La réforme sarkozyste, pour la majorité de nos concitoyens, peut attendre: le sauvetage de leurs emplois et de leurs retraites, lui, ne doit ni ne peut attendre plus longtemps.

Personne ne peut prévoir quel sera le comportement de cet homme imprévisible, politicien jusqu’au bout des ongles et, aujourd’hui comme hier, seulement préoccupé, sans aucun doute, par son destin personnel et sa réelection en 2012.

L’artiste commence cependant à perdre sérieusement la main comme le montrent entre autres son attitude incompréhensible sur la question antillaise ou son déplacement incongru, pour ne pas dire indécent, à Bagdad.

Le Sarkozysme, cet artefact de la politique fait de volontarisme et d’analyses politiques approximatives est bel et bien mort. Reste seulement à savoir si, comme MITTERRAND avait enterré la rupture avec la capitalisme il procèdera lui même à son éxécution en place publique.

Après le tournant de la rigueur opéré par son predecesseur qui sait quel  pirouette nous offrira demain notre multi-Président.