Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

AU NOM DE L’ÉQUITÉ, ET APRES ?

12 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction

C’est en  délégation que les élus de l’assemblée de Corse rencontreront le 13 septembre la ministre de la Justice. Au menu l’examen de la situation des détenus corses susceptibles d’être rapatriés dans les prisons insulaires conformément à la promesse aussi ancienne que non tenue de Nicolas SARKOZY.

Disons le tout net: on voit mal la garde des sceaux inviter l’ensemble des présidents de groupes politiques, cornaqués par  Paul GIACOBBI et Dominique BUCCHINI sans  envisager de  leur donner satisfaction, au moins sur le principe, nonobstant les modalités et le calendrier des opérations qui présenteront sans doute plus de difficultés.

A la vérité le problème n’est pas vraiment là, même si pour les familles concernées l’incarcération de leurs proches en Corse représente un vrai soulagement matériel aussi bien que moral.

En réalité, ce qui est vraiment en cause, au delà de cet épisode dont chacun en Corse souhaite qu’il soit réglé dans les meilleures conditions,  c’est si l’on doit ou non considérer qu’il s’agit là d’un pas, certes modeste mais cependant réel, vers un règlement définitif de la question corse.

Le président de la République n’est pas forcement en situation de traiter cette question comme elle le mérite: sa côte dans l’opinion n’est pas des meilleures, et la  majorité de ses électeurs est plus friande de mesures d’autorité que d’ouverture aux autres.

Il en a pourtant l’occasion avec la discussion au parlement de la réforme des collectivités locales, à laquelle, compte tenu de son statut particulier, la Corse est invitée à réflèchir et à élaborer ses propres propositions.

Voilà donc face à face les deux protagonistes: l’Etat d’un coté et les corses de l’autre. Il me semble tout à fait dérisoire que l’assemblée de corse puisse se plonger dans un nouveau bricolage institutionnel afin de  combiner sa spécificité avec la réforme nationale.

Le moment est au contraire sans doute venu que la Corse puisse se voir doter des institutions dont elle a et dont elle aura incontestablement besoin dès aujourd’hui  et dans l’avenir pour éviter que son patrimoine et son identité ne passent lentement, mais surement et surtout définitivement à la trappe.

Cela s’appelle l’Autonomie, et cela se négocie, toute proportion gardée bien entendu, comme mon ami Michel ROCARD l’a négocié avec les néo-calédoniens, dans un règlement comme il se doit global et définitif.

Cela demande bien sûr  aux élus toutes tendances confondues de l’assemblée de Corse beaucoup de courage et de volonté de dépassement, et cela demande au gouvernement de la République de retrouver le sens de l’intérêt général.

On pourra certes m’objecter que les conditions ne sont pas réunies d’un coté comme de l’autre, et que la Corse n’a rien à voir avec la Nouvelle Calédonie ou la Polynésie française.

Je n’en suis pas si sûr: les prises de conscience d’une situation ne se programment pas, elle se produisent à un moment donné ou ne se produisent jamais.

Quant à la comparaison de notre île avec les îles lointaines, je rappelle que Pierre JOXE avait souhaité bâtir le statut qui porte son nom sur la base de l’article 74 de la constitution, c’est à dire le socle sur lequel reposent celui des iles en question.

Il ne s’est rabattu sur l’article 72 que devant l’opposition vent debout des parlementaires corses et les réticences  de François MITTERRAND.

J’étais d’accord avec Piuerre JOXE à l’époque, je le demeure aujourd’hui, parce qu’il avait raison et qu’on aurait du l’écouter.

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD…

6 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique

En rangeant les rayons de ma bibliothèque je suis tombé sur un livre qui ne m’avait pas particulièrement impressionné lorsque je l’avais lu, que j’ai feulleté distraitement avant de m’y attarder.

Intitulé ” La déchéance politique” ce livre paru en 1997 m’est en effet apparu curieusement d’actualité. Ecrit par Michel BASSET, qui fut entre 1986 et 1995 responsable des budgets publicitaires de l’UDF, il constitue une des charges les plus virulentes qu’il m’ait été donné de lire contre le régime de la Vème République avec “Le coup d’Etat permanent” de François MITTERRAND, et “la machine à trahir” de mon ami Arnaud MONTEBOURG.

Pour l’auteur, la Constitution de 1958 a engendré, je cite,  ”un état de non-démocratie qui a favorisé le narcissisme et le carriérisme de dirigeants politiques sans scrupule, dépourvus de moralité et d’humanité“.

J’ai adhéré à la Convention pour la VIème République et je regrette profondément que le PS n’ait pas eu le courage de franchir de rubicon et de remettre les institutions de la République dans le champ de la démocratie.

Ségolène ROYAL en Aout 2006 s’était engagée à la fète de la Rose de Frangy en Bresse ou Arnaud MONTEBOURG l’avait invitée, à mettre en oeuvre les idées de la convention, et c’est pour cela que nous l’avions soutenue. On connait la suite..

Reste que mes camarades socialistes pourraient payer très cher le fait d’avoir sous estimé les effets particulièrement dangereux  des mefaits conjugués du sarkozysme et des institutions de 1958.

Affaibli, rejeté par une partie de son électorat Nicolas SARKOZY n’en dispose pas moins de toute la panoplie des outils dont la Vème République a doté ses présidents, et il en usera et très certainement  en abusera  sans aucun scrupule pour se maintenir au pouvoir.

Les prochaines semaines et les prochains mois comptent pa suffisamment d’échéances pour lui permettre de faire la seule chose qu’il sache véritablement faire, se mettre en scène , faire de l’esbrouffe et exploiter sans vergogne le moindre fait divers: réforme des retraites, remaniement ministériel, loi sur la burqua, politique de sécurité, présidence du G20…Nous allons assurément froler l’overdose médiatique .

Pour ne pas avoir l’avoir compris la gauche pourrait se trouver contrainte à s’égosiller sans succès devant le  tombereau d’initiatives que déversera l’Elysée, au risque de rendre définitivement  illisible la seule chose qui importe vraiment aux français: une politique de rechange au sarkozysme encore à inventer.

YVAN COLONNA: LA COUR DE CASSATION DIT LE DROIT

1 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction

J’avais eu l’occasion de poster sur ce même blog un papier intitulé Justice ou vengeance d’Etat ou j’écrivais entre autres “Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…”

En accordant une nouvelle chance à Yvan COLONNA, la  Cour de Cassation aura hier donné à la Justice elle même  une nouvelle chance de réparer les dégâts que le catastrophique procès en appel avait occasionnés.

La raison d’Etat avait pesé sur les derniers procès:  la Cour devant laquelle il est appelé à comparaitre à nouveau, composée de magistrats professionnels, se trouvera  volens nollens dans la même situation.

Le président de la République l’avait désigné comme coupable dès son interpellation, comme il avait désigné Dominique de VILLEPIN dans l’affaire Clearstream: avec la décision de la Cour de Cassation il vient d’encaisser une deuxième claque, ce qui devrait, enfin, calmer ses ardeurs à instrumentaliser la Justice à son profit.

Il appartiendra donc aux magistrats appelés à rejuger Yvan COLONNA d’oublier la raison d’Etat, car elle n’a rien à faire dans un prétoire, du moins dans une démocratie, et de juger le prévenu en fonctions des faits.

L’intime conviction des juges, même si elle a naturellement son importance, ne doit en aucun cas servir de paravent à une justice qui serait dictée par la raison d’Etat.

Le doute qui pèse sur la culpabilité d’un prévenu, quel qu’il soit,  doit profiter à l’accusé,  qu’il soit poursuivi dans le cadre de l’assassinat  d’un Préfet ou de n’importe lequel de nos concitoyens. L’oublier reviendrait en l’espèce à ouvrir, pour l’avenir de la Justice, une porte que des générations de magistrats républicains  ont maintenue dans notre République  soigneusement fermée aux manoeuvres du  pouvoir exécutif.

LA DROITE EXTREME ET L’EXTREME DROITE

Serge Portelli

Un débat dont l’opportunité est plus que discutable a été ouvert par Eric BESSON. Toujours attentif à aller au devant des désirs de son maître, comme tous les nouveaux convertis il en fait une tonne.

Il y a, il y aura, sans doute beaucoup à dire sur ce débat dont BESSON clame à loisir qu’il est destiné à tuer l’extrême droite fut ce au prix de faire de la droite républicaine de DE GAULLE, de POMPIDOU et de GISCARD D’ESTAING la droite extrême de Nicolas SARKOZY et consorts.

Car enfin, comme monsieur BESSON n’envisage sans doute pas, en tuant l’extrême droite d’assassiner les lepenistes, il faudra bien qu’ils trouvent refuge quelque part.. Et ou donc iraient ils sinon dans cette antre nauséabonde qui fut naguère le gaullisme et qui glisse de jour en jour vers la droite extrême qui perce chaque jour un peu plus dans les paroles et surtout les actes du Président de la République.

Les dernières déclarations du Président de la République dans son désormais célèbre discours aux agriculteurs aux accents vichystes ne laissent aucun doute persister sur les intentions perverses du pouvoir et de son zélé ministre de l’identité nationale.

Cliquez ICI pour prendre connaissance du texte de Serge PORTELLI

Téléchargez le documentportelli

Serge PORTELLI est magistrat, Vice Président du Tribunal de Paris: c’est un vrai magistrat indépendant, de la race de ceux que notre Président rêve chaque jour de mettre au pas, et il le prouve dans ce billet de son blog que je vous laisse méditer, et, surtout, diffuser largement.

Quand à l’inéffable BESSON, je vous laisse le plaisir d’écouter la vidéo suivante, ou monsieur BESSON cognait sur SARKOZY, non sans pertinence d’ailleurs, le 14 Janvier 2007.

Cliquez ICI pour voir la vidéo.

SARKOZY PRIS EN FLAGRANT DELIT DE DUPERIE

Je ne croyais pas si bien dire en écrivant le billet d’hier et en le titrant ” Capable de tout”. Notre Président vient d’illustrer mon propos de belle manière.

L’incendie provoqué, à juste titre par l’incroyable désignation de son fils n’ayant pas été éteint par les barons de l’UMP, ni par la tout aussi incroyable intervention de Madame PARISOT, la sémillante patronne des patrons, venue ajouter sa perle au déluge de flagorneries, voilà que notre zorro national s’est vu obligé de voler au secours du fiston.

Ce type - j’ai beaucoup hésité à employer cette expression pour citer le Président de la République même si, après tout, ce n’est jamais que sa propre façon de s’exprimer, ce type donc ne doute vraimlent de rien.

Jugez en plutôt. S’exprimant sur la création des lycées en 1802, qui signifiait, selon lui, la fin des privilèges de la naissance, il déclarait solennellement : “Cela voulait dire : désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.”

CLIQUEZ ICI vous trouverez ses propos rapportés par LE POINT, toujours aussi péremptoires.

Encore plus fort: ECOUTEZ LE et dites moi franchement si vous n’en concluez pas que notre Président nous prend vraiment pour des C…

A l’éclairage de la promotion de Monsieur Dauphin, on ne peut que conclure que de deux choses l’une:

  • Ou bien le Président SARKOZY n’a pas lu le discours qu’on lui a préparé pour la circonstance
  • Ou bien il l’a bien lu et il n’en a rien à foutre et se moque des français comme de ses premières couches culottes.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais quant à moi, j’opte sans hésiter pour pour la deuxième hypothèse.