LE NEZ DANS LE GUIDON…
21 octobre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Tous ceux qui sont montés un jour sur un vélo savent que la manière la plus sûre de sa casser la figure c’est de conduire le nez sur le guidon.
C’est la même chose en politique quand on conduit les affaires le nez sur la prochaine élection sans se préoccuper de ce qui pourrait bien advenir ensuite.
C’est le sentiment que me donne l’attitude de Nicolas SARKOZY en ce moment: au lieu de chercher avec l’Allemagne le juste compromis, il a entamé un bras de fer dont j’ai tout lieu de croire qu’il le perdra, dans le seul but, à mon avis, d’en tirer en cas de victoire un avantage decisif face à François HOLLANDE.
A coté de cela les problèmes du monde s’accumulent dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont particulièrement préoccupants, et qu’ils devraient réclamer l’attention des gouvernements: le notre bien sûr, mais aussi ceux des principaux pays.
Pas besoin, pourtant, d’aller demander des comptes aux gouvernements de la planète, il suffit d’observer ce qui se passe chez nous.
La sécheresse, par exemple, qui sévit sévèrement aujourd’hui dans notre île:  un phénomène climatique dont  chacun s’accorde à dire que dans les 30 ans qui viennent, à cause du réchauffement climatique il se reproduira de plus en plus frequemment, car le climat de notre île se rapprochera progressivement de celui que connait aujourd’hui l’Afrique du Nord.
l’Office Hydraulique se prépare t-il à affronter cette situation ? La CTC a-t-elle mis à l’étude  la collecte et le stockage sous terrain des eaux pluviales pour limiter l’évaporation des lacs de barrages ? Ou sont les mesures d’économie dans les zones irrigables de la plaine orientale ?
Rien de tout cela, en tout cas à ma connaissance. Bien au contraire, puisque la CTC  envisage froidement de développer les golfs, dont l’entretien entraîne une consommation d’eau incompatible avec les perspectives climatiques qui nous attendent !
La politique des transports, un autre exemple. Air France KLM, sur laquelle s’appuie la CCM dont elle est par ailleurs actionnaire, est aujourd’hui en grande difficulté et s’apprête à mettre en oeuvre un plan de dégagement des effectifs qui touchera la Corse, jusqu’ici épargnée, en attendant, peut être de se désengager de ce partenariat.
la SNCF quant à elle a fait savoir qu’elle n’est plus intéressée par la gestion des chemins de fer Corse, et, poussée dans ses retranchements par le gouvernement, elle présente une offre financière dissuasive.
En cas de désengagement comment espérer que les CFC, outrageusement déficitaires, seraient longtemps viables, et pourquoi n’a t-on pas mis à l’étude l’ouverture d’une ligne Bastia-Bonifacio qui, elle serait rentable, garantirait l’emploi des cheminots et réduirait le rôle du transport routier qui asphyxie nos routes durant la saison estivale ?
Au cas, que j’espère improbable, ou l’un et l’autre des concessionnaires s’avérerait effectivement défaillant, une alternative sérieuse est elle à l’étude ?
Les finances des collectivités enfin.
Chacun mesure aujourd’hui a quel point la France et l’Union Européenne sont surendettées, et les conséquences que cela entraînera pour les finances de nos collectivités, elles mêmes très endettées, et donc pour la situation économique de notre île, les collectivités étant le principal donneur d’ordre pour les entreprises insulaires des secteurs qui font la prospérité toute relative de la Corse.
Ou sont les programmes d’économies, et d’ailleurs les véritables possibilités d’économies, dans une île ou le clientélisme est le sport préféré des élus ? Ou sont les politiques de relance d’une économie dont la dépendance au tourisme risque, dans la conjoncture qui se présente, de devenir tragique ?
J’aurai hélas l’occasion de revenir sur ces questions, et quelques autres, car elles vont se trouver dans les semaines et les mois qui viennent au coeur de l’actualité, dans une ÃŽle ou le chômage explose, et ou les inégalités se creusent de jour en jour.
Si gouverner c’est prévoir, alors c’est simple; en Corse, pas plus qu’en en France,  nous ne sommes gouvernés.
PEAK OIL: COMMENT DIT ON EN LANGUE CORSE ?
14 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Nous vivons dans un monde, c’est bien connu, ou le futile, l’à peu près, et l’écume des choses prennent  le plus souvent le pas sur l’important, sur l’essentiel.
Il en va ainsi de tous les évènements qui occupent ces derniers mois, ces derniers jours la une des journaux qu’ils soient parlés , télévisés, ou écrits. A commencer par la crise financière bien sûr mais aussi le grippe A de Roselyne BACHELOT, le feuilleton sud africain de DOMENECH, l’expulsion des Roms, ou bien entendu les affaires WOERTH et BETTENCOURT…
Ainsi va la vie, de crise importante à crise insignifiante, une crise chassant l’autre au rythme des dépêches d’agence.
Jusqu’à ce que une information en provenance d’Allemagne remette les pendules à l’heure et nous rappelle brutalement que la seule formidable crise qui nous menace vraiment est celle de notre approvisionnement en pétrole.
C’est l’armée allemande qui a sonné le tocsin, dans une note parue sur le site internet du SPIEGEL et reprise par l’hebdomadaire Marianne.
Selon les estimations du think-tank allemand, le “peak oil”, c’est à dire le moment ou les ressources pétrolières commenceront à se raréfier sur le marché et  entameront de toute façon leur déclin, doit se produire autour  des années 2011-2012.
L’étude, plus qu’alarmante, pose en même temps la question de la survie de la démocratie à l’occasion de la déflagration que produirait auprès des peuples de nos régions la perspective de manquer de pétrole. Elle évoque en particulier la possibilité d’émergence de gouvernements extremistes et, dans les cas extrêmes, des conflits ouverts.
La fin du pétrole n’est pas susceptible d’être appréciée par calcul des probabilités. En effet elle n’est pas probable, elle est certaine…
Reste que l’on ne peut être que confondu devant l’impréparation de cette redoutable échéance par les sociétés occidentales.
Il y a pourtant belle lurette que La Fontaine avait prévenu les cigales que nous sommes de ce qui pourrait leur arriver: nous voilà obligés de constater que nous serons “fort dépourvus quand la crise sera venue”…
Naturellement notre île ne sera pas épargnée par les convulsions attendues: outre que nous dépendons comme tout le monde du pétrole pour à peu près 90% des objets manufacturés qui nous sont familiers, il est absolument  indispensable à la production de quasiment 100 % de l’énergie électrique dont nous avons besoin.
Par ailleurs dans une région ou l’automobile règne sans partage et ou les transports en commun sont pour ainsi dire inexistants il est certain que les restrictions prévisibles en matière de carburants  frapperont durement nos concitoyens et au premier rang les ruraux.
Enfin la dépendance croissante de notre économie au tourisme fera, dans ce contexte, de véritables ravages: qui dit pétrole rare, et donc carburants chers, dit explosion des coûts de transport et donc des budgets touristiques des ménages de nos contrées..
Raison de plus pour se mettre sans tarder à réfléchir à cela et à élaborer les “plan B” qui peuvent nous permettre, à l’horizon de 30 ans, d’absorber au mieux le choc de la conflagration qui s’annonce.
Paradoxalement, pour une fois, la faible taille de notre population pourrait s’avérer être un atout et non un inconvenient.
Mais pour cela il faudrait d’abord que nos élus, et la population, acceptent de remettre en cause les schémas de raisonnement qui ont fonctionné juqu’à aujourd’hui, et qui ne fonctionneront plus à plus ou moins brève échéance. Pas facile, j’en conviens, mais pas impossible.
Un exemple ? Au lieu de s’acharner à développer un réseau routier  dédié essentiellement au trafic automobile mettons nous  au travail pour développer le réseau ferroviaire et les transports en commun, nettement plus économes et plus autonomes en carburant.
Un autre exemple ?  Au lieu de brader les terres agricoles pour aligner des bungalows qui risquent de ne jamais  trouver de clients, préservons et développons une agriculture de proximité car elle risque fort de produire moins cher que les pays éloignés ou l’on s’approvisionne aujourd’hui…
La CTC serait en tout cas bien inspirée de mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un Institut de Prospective qui se consacre entièrement à cette tâche essentielle: je ne crois pas en effet qu’une administration traditionnelle soit”câblée pour cela”.
Gouverner, disait Napoléon qui s’y connaissait, c’est prévoir ! Attendons donc…
LA LECON D’ECONOMIE DE GUILLAUME GUIDONI
26 octobre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Les animateurs du magazine “Cuntrastu” diffusé chaque semaine sur FR3 Corse avaient invité dimanche 25 Octobre un jeune économiste, Guillaume GUIDONI, pour faire le point de la situation économique de la Corse et esquisser les solutions qui pourraient s’offrir à notre île dans les années à venir.
Cette émission, qui s’inscrit dans une série d’entretiens consacrés aux élections territoriales de 2010 avait, au départ, le grand avantage de marquer une pause dans les entretiens plus politiques qui précédaient, inévitablement empreints de cette langue de bois qui prédomine tout particulièrement quand la situation est confuse voire insaisisable.
Je n’ai pas été  déçu. Le jeune Polytechnicien originaire d’Ascu, économiste de marchés dans une grande multinationale, connait parfaitement les fondamentaux de l’économie insulaire, et il a su, dans les cinquante minutes que compte l’émission, répondre sans détour aux questions des journalistes, et faire en même temps oeuvre de pédagogue en trouvant les mots qui ont sans doute permis aux téléspectateurs les moins avertis de comprendre et situer les enjeux.
Guillaume Guidoni a créé et il anime un site WEB particulièrement intéressant consacré à l’économie de l’ÃŽle  ou l’on peut trouver données et surtout analyses sur la conjoncture comme sur le moyen et long terme.
Après avoir dressé un tableau intelligent et objectif de la situation économique de la Corse  il a, à la demande des journalistes, esquissé les pistes que selon lui la Corse devrait emprunter sans trop tarder pour avoir une chance sérieuse de ne pas se trouver rapidement aux prises avec de sérieuses difficultés.
Avec Emmanuelle de Gentili, et mes camarades de l’Union Régionale du Parti Socialiste, nous avions organisé fin avril à Bastia un séminaire sur les questions économiques. Chargé de préparer ce séminaire j’avais sollicité trois économistes indépendants, n’appartenant pas au PS, en leur laissant carte blanche pour faire le travail qui leur était demandé.
Guillaume GUIDONI était l’un d’entre eux, et nous avions particulièrement apprécié le travail qu’il nous avait livré.
Les conclusions de ce séminaire seront versées, le moment venu, à la contribution que le PS entend apporter au programme économique de la gauche pour les prochaines élections territoriales.
Vous trouverez en cliquant ICI le site WEB de Guillaume Guidoni
et vous pourrez visionner en cliquant ICI le “Cuntrastu” qui lui a été consacré

