RASSEMBLEMENT DE FEMU A CORSICA A CORTE
4 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction
Les élus de FEMU A CORSICA à l’assemblée de Corse avaient invité leurs électeurs et au delà toutes celles et tous ceux qui s’estiment interpellés par leur démarche à une présentation du bilan de leur action depuis les dernières élections territoriales.
J’ai assisté à cette journée, importante à plus d’une titre.
Beaucoup de monde, surtout des militants des trois organisations politiques qui forment la coalition électorale en question pour un rassemblement somme toute réussi malgré la période encore peu propice à ce genre de manifestation.
Beaucoup de sérieux aussi chez chacun des élus pour présenter le bilan de leur activité, et bien sûr, celui de l’assemblée de Corse.
Beaucoup de critiques aussi sur la gestion de l’exécutif, qualifiée d’archaïque et de clientéliste par l’essentiel des intervenants. Nombreux grincements de dents également à la lecture de la longue interview de Paul GIACOBBI dans Corse Matin, qualifiée par les principaux responsables de cynique et opportuniste.
Quatre messages importants à retenir de cette journée au delà des comptes rendus de mandat:
Le premier concerne la perspective d’une fusion dans une même organisation des trois formations composant la coalition: le PNC de Jean Christophe ANGELINI, INSEME de Gilles SIMEONI et A CHIAMA. Elle n’interviendra pas.
Le deuxième concerne les rapports avec CORSICA LIBERA: ils seront dans la période qui s’annonce marqués par la détente et la recherche des compromis à partir desquels les deux organisations qui composent la famille nationaliste accéderont au pouvoir à l’assemble de Corse.
La troisième concerne l’ouverture: pas question a affirmé Jean Christophe ANGELINI que les nationalistes se replient sur le bloc identitaire que constitue leur famille politique. FEMU A CORSICA s’ouvrira, je cite ” à toutes celles et à tous ceux qui accepteront de rejeter clairement et définitivement les pratiques claniques et clientélistes”.
La quatrième enfin concerne la vocation de la coalition FEMU A CORSICA: c’est, clairement exprimée par les deux leaders de la coalition, la recherche de la victoire aux élections territoriales de 2014 , la conquête et la prise en main des leviers du pouvoir territorial. La volonté est claire de n’être ni les supplétifs ni les seconds couteaux de quiconque pas plus que de se retrouver “relégués dans un coin du ring”.
C’est à titre personnel, et en tant que porte parole du club politique “La Gauche Autonomiste” que j’ai participé à ce rassemblement.
Comme je l’ai déclaré sur FR3 Corse, je regrette que la gauche, et singulièrement les socialistes, se tiennent à l’écart d’une dynamique qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qui a constitué au cours des années Mitterrand le coeur de leur réflexion et de leur action, pour s’abîmer dans l’archaïsme.
Avec Claude OLIVESI nous avions rédigé et fait voter à la majorité au congrès de Venzolasca de la fédération de Haute Corse du PS de 1988 une résolution demandant que notre île soit dotée d’un véritable statut qui lui permette d’accéder à l’autonomie interne.
Aujourd’hui je persiste et je signe et reste dans les mêmes dispositions d’esprit, en appelant mes camarades et mes amis les plus lucides à réfléchir, en cette période ou se décide l’avenir de la France, à l’avenir de notre île qui ne peut plus s’inscrire, sous peine de graves conséquences pour les générations futures, dans les schémas périmés et les pratiques délétères qui nous ont amenés au bord de l’abîme.
Il faudra, a déclaré Gilles SIMEONI, “que le vainqueur de la présidentielle prenne en compte la notion de peuple corse et permette la définition d’une véritable solution politique, car les idées que nous étions, hier, seuls à porter, sont aujourd’hui celles d’une majorité de Corses”.
Il est de la responsabilité des socialistes de relayer, cette proposition, et de se hisser sans plus attendre à la hauteur que réclame la situation, avant que l’opportunisme et le cynisme de leur principal partenaire ne supplée à leur défaillance et les disqualifie définitivement.
DANS LA TOURMENTE LA FRANCE DOUTE…ET LA CORSE ?
27 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique
Le doute est une plante qui pousse souvent sur les décombres de la puissance. Elle fend le marbre froid des grandes théories et des pouvoirs sans contrepoids.
C’est Jean Christophe RUFFIN qui l’affirme dans une communication lors de la rentrée de l’Institut de France ou il s’exprimait en tant que délégué de l’académie française.
Reprise par le quotidien ” Le Monde” elle pose un diagnostic sans concessions sur la perte d’influence de notre pays qu’il rattache tout naturellement à la crise de l’occident.
“D’une nation étatique, écrit-il,guerrière, majoritairement paysanne, chrétienne, impérialiste et messianique, nous sommes passés à une France atteinte dans toutes ces dimensions et qui se cherche souvent dans la douleur.”
L’affaiblissement extrêmement rapide de ce qu’il appelle l’identité nationale-républicaine s’accompagne pour lui d’un affranchissement général de toutes les minorités - sociales, sexuelles, religieuses, régionales…
Il nous appartient naturellement de réfléchir à cette évolution qui ne doit pas nous entraîner à baisser les bras devant le basculement du monde sur son axe auquel nous assistons.
Il faut au contraire considérer cette mutation comme un défi à relever et à gagner afin de nous faire dans le monde qui se dessine une place qui, si elle ne sera pas celle que nous avons occupée, n’en sera pas moins à la hauteur de nos ambitions et de nos potentialités.
Quand je dis nous ce n’est pas seulement en tant que citoyen français, mais en tant que Corse,car nous avons ici aussi de lourds défis à relever, et il est clair que dans la conjoncture qui s’annonce nous ne pourrons pour les affronter compter que sur nous mêmes.
Je me trouvais quelques semaines après l’assassinat de Claude ERIGNAC à Palma de Majorque, pour un colloque sur les TIC. Le soir, au dinner, je me suis retrouvé à une table d’une dizaine de convives de toutes nationalités, en face du ministre de l’économie du gouvernement autonome des Baléares.
Les questions ont naturellement fusé sur l’actualité Corse, et, las de fournir des explications que visiblement aucun des convives n’était en mesure de comprendre, j’ai cru m’en tirer en demandant au ministre majorquain comment cela se passait entre les Baleares et l’Espagne.
“Nous avons, m’a-t-il répondu en me regardant droit dans les yeux le PIB par habitant le plus élevé d’Espagne et le taux de chômage le moins élevé“..
Oui mais, lui ai je rétorqué, comment cela se passe avec l’Espagne ?
Je vous ai répondu, monsieur CARLOTTI, m’a-t-il tranquillement répondu…
J’ai souvent médité sur cette réponse, sur le regard que m’a lancé mon interlocuteur en la formulant, et sur la leçon qu’il a voulu me donner dans une réponse plus que jamais d’actualité.
Cette leçon il nous faut à présent la mettre en pratique, et cela sans tarder, car pendant que la France entre de toute évidence dans une zone de fortes turbulences, la situation de notre île se dégrade quant à elle de plus en plus rapidement et réclame une prise de conscience qui, si elle a commencé à se manifester en mars 2010 n’est pas encore suffisante.
AU NOM DE L’ÉQUITÉ, ET APRES ?
12 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction
C’est en délégation que les élus de l’assemblée de Corse rencontreront le 13 septembre la ministre de la Justice. Au menu l’examen de la situation des détenus corses susceptibles d’être rapatriés dans les prisons insulaires conformément à la promesse aussi ancienne que non tenue de Nicolas SARKOZY.
Disons le tout net: on voit mal la garde des sceaux inviter l’ensemble des présidents de groupes politiques, cornaqués par Paul GIACOBBI et Dominique BUCCHINI sans envisager de leur donner satisfaction, au moins sur le principe, nonobstant les modalités et le calendrier des opérations qui présenteront sans doute plus de difficultés.
A la vérité le problème n’est pas vraiment là, même si pour les familles concernées l’incarcération de leurs proches en Corse représente un vrai soulagement matériel aussi bien que moral.
En réalité, ce qui est vraiment en cause, au delà de cet épisode dont chacun en Corse souhaite qu’il soit réglé dans les meilleures conditions, c’est si l’on doit ou non considérer qu’il s’agit là d’un pas, certes modeste mais cependant réel, vers un règlement définitif de la question corse.
Le président de la République n’est pas forcement en situation de traiter cette question comme elle le mérite: sa côte dans l’opinion n’est pas des meilleures, et la majorité de ses électeurs est plus friande de mesures d’autorité que d’ouverture aux autres.
Il en a pourtant l’occasion avec la discussion au parlement de la réforme des collectivités locales, à laquelle, compte tenu de son statut particulier, la Corse est invitée à réflèchir et à élaborer ses propres propositions.
Voilà donc face à face les deux protagonistes: l’Etat d’un coté et les corses de l’autre. Il me semble tout à fait dérisoire que l’assemblée de corse puisse se plonger dans un nouveau bricolage institutionnel afin de combiner sa spécificité avec la réforme nationale.
Le moment est au contraire sans doute venu que la Corse puisse se voir doter des institutions dont elle a et dont elle aura incontestablement besoin dès aujourd’hui et dans l’avenir pour éviter que son patrimoine et son identité ne passent lentement, mais surement et surtout définitivement à la trappe.
Cela s’appelle l’Autonomie, et cela se négocie, toute proportion gardée bien entendu, comme mon ami Michel ROCARD l’a négocié avec les néo-calédoniens, dans un règlement comme il se doit global et définitif.
Cela demande bien sûr aux élus toutes tendances confondues de l’assemblée de Corse beaucoup de courage et de volonté de dépassement, et cela demande au gouvernement de la République de retrouver le sens de l’intérêt général.
On pourra certes m’objecter que les conditions ne sont pas réunies d’un coté comme de l’autre, et que la Corse n’a rien à voir avec la Nouvelle Calédonie ou la Polynésie française.
Je n’en suis pas si sûr: les prises de conscience d’une situation ne se programment pas, elle se produisent à un moment donné ou ne se produisent jamais.
Quant à la comparaison de notre île avec les îles lointaines, je rappelle que Pierre JOXE avait souhaité bâtir le statut qui porte son nom sur la base de l’article 74 de la constitution, c’est à dire le socle sur lequel reposent celui des iles en question.
Il ne s’est rabattu sur l’article 72 que devant l’opposition vent debout des parlementaires corses et les réticences de François MITTERRAND.
J’étais d’accord avec Piuerre JOXE à l’époque, je le demeure aujourd’hui, parce qu’il avait raison et qu’on aurait du l’écouter.
LA CORSE LE BRÉSIL ET LA CHASSE AUX TERRES.
26 août 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique
La ruée mondiale sur les terres: c’est le titre du rapport de la banque mondiale consacré aux gigantesques programmes d’acquisition foncières agricoles qui se produisent dans les pays du sud depuis quelques années.
L’exemple le plus connu concerne l’île de Madagascar ou le groupe sud coréen DAEWOO avait lancé un programme de prise à bail pour 99 ans de 1,5 million d’hectares de terres destinées à la production de maïs et de l’huile de palme à destination du marché sud-coréen.
Naturellement, et comme on peut s’en douter, le rapport souligne que les populations locales ne sont pas consultées, que les prix offerts sont faibles, et que les organisations concernées font peu de cas du développement local des pays ou ils s’implantent.
Ce seraient ainsi près de 20 millions d’hectares qui auraient été acquis par des investisseurs étrangers, le plus souvent chinois, sud coréens ou saoudiens. Les continents visés par ces acquisitions massives sont essentiellement l’Afrique et l’Amérique latine.
Le Brésil a été le premier à réagir. Cet immense pays de plus de 10 millions de km2, soit plus de 20 fois la France a voulu mettre fin aux acquisitions massives de terres au Brésil, a modifié la loi foncière et limité à 5000 hectares la possession de terres agricoles par un non brésilien.
Il était en effet temps que le gouvernement du président président Luiz Inacio Lula da Silva réagisse :selon le journal “A Folha de Saõ Paulo”, les investisseurs étrangers achèteraient en moyenne chaque jour 12km2 de terres agricoles et 5,5 millions d’hectares de terres au total seraient entre les mains de propriétaires non Brésiliens.
Les brésiliens ont ainsi voulu préserver leur “or vert” et chacun s’accorde à considérer leur réaction comme parfaitement saine et justifiée.
Mais au fait, pour les Corses ce sont à la fois les maigres terres agricoles de la plaine orientale dont dispose l’île et les mille kilomètres de cotes qui constituent leur “or bleu” objet de toutes les convoitises.
Pourquoi donc ne seraient ils pas fondés, aussi légitimement que les brésiliens me semble-t-il, à prendre les dispositions qui permettraient à l’île de ne pas se trouver dans quelques années entre des mains sinon étrangères mais assurément de moins en moins insulaires..
Encore faudrait il pour cela qu’ils disposent de compétences qui leur permettent d’élaborer des textes ayant dans ce domaine force de Loi.
Du temps ou mes camarades socialistes étaient encore des progressistes nous appelions cela ” le pouvoir d’adaptation législative”: les voilà avec toute la gauche fort démunis aujourd’hui, pour faire face à la vague de la spéculation foncière, pour ne pas avoir eu l’audace d’agir quand il était encore temps…
C’est bien Lionel JOSPIN qui a dit ” oui à l’économie de marché, et non à la société de marché” ? Pour certains, du moment qu’il y a des propriétaires pour vendre la Corse et des acheteurs disposant de suffisamment d’argent pour l’acheter, ou est le problème ?
Ce n’est pas ma façon de voir les choses, et c’est là un point de vue largement partagé. il faut dire que je n’ai pas la religion du droit de propriété…
Pas de doute: nous aurons dans les semaines et les mois à venir à trancher dans ce débat et il ne faudra pas chercher pour résoudre cette problématique un consensus de façade, mais une vraie majorité progressiste.
DES AUTRUCHES A L’ASSEMBLÉE DE CORSE ?
13 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction, Société
Avant hier, en plein coeur d’Ajaccio, un homme a fait l’objet d’une tentative d’assassinat. A la lecture des journaux, on pourrait croire que le scénario de l’opération, digne d’un film noir, se déroulait à Palerme ou à Catane.
Toujours selon la presse insulaire, les autorités considèrent que cette nouvelle affaire serait liée au grand banditisme. Le même presse nous informe que lors de la prochaine session de l’Assemblée de Corse un certain nombre de motions seraient soumises à la sagacité de nos nouveaux élus, toutes plus intéressantes les unes que les autres naturellement.
Je n’en ai pas trouvé, mais je me trompe peut être, qui demande une session extraordinaire consacrée au développement plus que préoccupant, du banditisme dans notre île.
Sauf à considérer que ce phénomène n’a aucune importance pour la Corse et ses habitants, il est tout de même extraordinaire qu’aucun des 51 membres de l’Assemblée n’ait estimé important d’en discuter dans une enceinte dont on nous dit qu’elle doit être le cénacle ou doivent être débattus les sujets les plus importants pour notre société.
En 1986 j’avais demandé au Sénateur François GIACOBBI, Président du Conseil Général de Haute Corse, que soit organisée, au sein de cette assemblée, une session extraordinaire consacrée au banditisme. Elle avait effectivement eu lieu quelques mois plus tard, en présence des autorités judiciaires et policières, et chacun avait pu prendre la mesure d’un malaise qui , depuis et faute de mesures efficaces, a été en s’amplifiant.
Je ne désespère pas qu’un élu de l’Assemblée de Corse décide un jour, et le plus tôt sera le mieux, que la politique de l’autruche n’est décidément pas la bonne , pose le problème à ses collègues et les invite à débattre de ces questions vitales pour l’équilibre de notre société, devant nos compatriotes.
On peut tout de même rêver un peu non …
NOUVELLE CORSE OU NOUVELLE DROITE ?
10 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
Voilà une “Nouvelle Corse” qui ressemble furieusement à “Corse Nouvelle”, le mouvement politique de Philippe CECCALDI. Après sa défaite sans appel aux élections territoriales la droite insulaire connait ainsi le premier épisode de son inévitable recomposition.
La fronde, menée par une équipe de jeunes hommes et jeunes femmes issus de l’UMP ne se limite pas à un conflit de générations, même si il transparait clairement: les promoteurs de la “Nouvelle Corse” entendent repositionner la droite par rapport à la question corse, et c’est très bien ainsi.
Les élections territoriales ont fait l’éclatante démonstration de la totale soumission de l’UMP et du PS insulaires aux diktats de leurs directions parisiennes: au PS, le choix de l’alliance avec Paul GIACOBBI n’est pas venu de la Corse, quand à l’UMP c’est carrément le Président de la République qui a imposé sa méthode, la liste unique, et en arbitré la composition dans le détail…
C’est donc une bonne nouvelle que cette volonté d’émancipation manifestée par les dirigeants de ce nouveau mouvement.
Reste pour eux à faire partager par un électorat conservateur leur vision des évolutions de la société insulaire: ce ne sera pas une mince affaire, d’autant que les crocodiles qui règnent sur le marigot sarkozyste ont encore la machoire féroce.
Ce ne sont apparemment ni la volonté, ni le talent, qui leur manquent. J’ai eu l’occasion de travailler avec Jean Martin MONDOLONI et , même si nous appartenons à des formations politiques opposées, j’ai pu apprécier son énergie et la sincérité de ses convictions.
Contrairement à une idée assez largement répandue, je ne pense pas que le fait de ne pas disposer d’un “fief électoral” constitue un handicap. La base sur laquelle s’est opérée la redistribution des cartes du 21 Mars dernier en a apporté, s’il en était besoin, la démonstration éclatante.
A suivre, incontestablement…
SCENE POLITIQUE OU THÉÂTRE D’OMBRES ?
27 février 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction
France 3 Corse a organisé le 21 Février un débat sur les élections territoriales auquel j’étais invité avec Jean BAGGIONI, ancien président du Conseil Exécutif, et Paul Jo CAÏTUCOLI conseiller général de Corse du sud.
L’émission, d’une durée de 45 minutes était animée par Jean Vitus ALBERTINI. Il ne s’agissait pas, naturellement, d’entrer dans la campagne, c’est là le rôle des candidats, mais de prendre un peu de distance avec celle ci pour donner à nos concitoyens un éclairage certes partisan, mais aussi objectif que possible, sur les enjeux des territoriales.
Pari tenu je crois en dépit des engagements bien connus de chacun des intervenants. Quant à la campagne elle même, force a été de constater, pour chacun d’entre nous, son caractère étonnamment fade atone.
Il faut, à mon avis s’en inquiéter, car lorsque dans une démocratie les citoyens manifestent si peu d’intérêt pour une élection, cela ne présage en général vraiment rien de bon.
Chacun sent bien, au fond de lui même, que les hommes politiques n’ont pas vraiment prise sur les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne, et que la politique n’est rien d’autre qu’un théâtre d’ombres sur lequel les politiciens se produisent mais que l’essentiel est ailleurs.
C’est d’ailleurs un sentiment répandu bien au delà de la Corse, ce qui est d’autant plus inquiétant: la crise qui non seulement n’est pas finie mais n’en est, comme le souligne Jacques ATTALI peut être qu’à ses débuts, doit interpeller d’autant plus la gauche.
S’il est clair aujourd’hui que l’opinion commence à réaliser que Nicolas SARKOZY peut être battu en 2012, la gauche n’en est pas pour autant assurée d’avoir pour elle la durée indispensable au redressement d’un pays mis à mal par les improvisations sarkozystes , si elle ne remet pas profondément en question son rapport aux femmes et aux hommes susceptibles de lui accorder leur confiance.
De ce point de vue, les questions que pose Jacques JUILLARD, l’un des intellectuels les plus écoutés à gauche, méritent, en particulier du Parti Socialiste, des réponses aussi urgentes que précises sur ses orientations et le fond de la politique qu’il entend engager.
Devant les difficultés qui nous attendent, ce n’est pas l’alternance qu’il faut aux français pour sortir des années Sarko, mais une offre politique alternative qui ouvre à leurs enfants de nouveaux horizons.
A cet égard nous sommes en Corse devant le même défi: la droite peut être battue le 21 Mars prochain, c’est pour moi une évidence, à condition bien sûr que les leaders politiques de gauche se montrent responsables, et qu’ils proposent une vraie alternative aux errements de la droite insulaire.
Sur ce point, il va nous falloir attendre, car ce n’est pas pour l’instant, de toute évidence , la principale préoccupation de ses responsables.
LA POLITIQUE LE NEZ FIXE SUR LE NOMBRIL
28 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Europe, International, Introduction
E la Nave va…vogue le navire: c’est ainsi que Frederico FELLINI a appellé un de ses plus beaux films, un récit désespéré sur la mort, et sur le naufrage de l’art.
Ainsi va l’Europe, et ainsi va la France, pourrait on dire en écho en lisant les nouvelles - mauvaises- du jour. C’est la Corée du Sud, un petit pays d’Asie qui a gagné le marché du siècle, 40 milliards de dollars, que constitue la construction et l’exploitation des centrales nucléaires d’ABU DHABI et non la France d’AREVA qui se considère pourtant comme la première puissance au monde dans ce domaine.
Ainsi va l’Europe effacée à Copenhague par la Chine et les Etats Unis, incapable de présenter un front uni et cohérent . Ainsi va aussi la France de SARKOZY, tapant de ses petits poings sur la table comme un enfant gâté pour se faire entendre dans l’indifférence générale.
Au moment ou c’est au niveau de notre continent que doivent de prendre collectivement les décisions qui s’imposent avant que son déclin ne soit irréversible on ne trouve rien de mieux que nous servir un débat affligeant sur l’identité nationale, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire aujourd’hui.
La France avait besoin d’un homme d’Etat à sa tête dans cette période cruciale. Elle a aujourd’hui à sa tête un politicien sans envergure qui continue de penser que s’agiter est agir et que l’art de la manipulation, ou il excelle, est la marque d’un grand politique.
Ainsi va la La Corse enfin, qui n’est, disons le franchement, pas mieux lotie. Le chômage y fait des ravages, la pauvreté y est solidement ancrée, les inégalités battent des records ? Sans doute, mais pas suffisamment pour émouvoir nos politiciens entièrement accaparés par leurs chicayas et le nez obstinement fixé sur leur nombril.
Ainsi va la Corse: du moins tant que la France aura les moyens de se payer la danseuse n’est ce pas? Nous aurons, rassurez vous, largement l’occasion d’en reparler.
LE BONHEUR EN CHIFFRES POUR DEMAIN ?
17 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Economie, Introduction
Joseph STIGLITZ, prix Nobel d’économie, vient de remettre à Nicolas SARKOZY le rapport que celui ci lui avait demandé sur les instruments de mesure de la prospérité.
Cet américain, qui a été conseiller de Bill CLINTON, est connu pour ses positions progressistes. Dans un de ses livres intitulé ” Un autre Monde, contre le fanatisme du marché” qui avait connu un énorme succès, il réclamait que soit mise en place à l’échelel planétaire une régulation qui évite les excès et les dérives du libéralisme.
A l’origine c’est la pertinence de la mesure de la santé économique d’un pays par le PIB qui est en cause. Le Produit Intérieur Brut est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et services dans un pays donné au cours d’une année donnée par les agents résidant à l’intérieur du territoire national.
Le problème est qu’il est apparu progressivement que cet indicateur ne refletait que très imparfaitement la réalité des économies : la croissance économique dont il donne la mesure n’intègre en effet en rien la destruction des stocks de richesses naturelles qu’elle entraine, sans que le calcul du PIB en tienne compte.
C’est ainsi par exemple que le PIB prend en compte les biens et les services objet de dépenses de la part de l’Etat, sans que l’on ne puisse mesurer vraiment la valeur de la “production” des services de l’Etat. Autrement dit, plus l’Etat dépense, bien ou mal, plus le PIB, censé mesurer la richesse de la Nation, augmente.
Si l’on prend soin de mesurer la production d’une entreprise, rien n’est mis en oeuvre pour prendre en compte les conséquence sur la même production du stress ou des mauvaises conditions de travail.
De la même façon, et de manière un peu caricaturale, on pourrait affirmer que lorsque des intempéries détruisent la forêt des Landes, rien ne permet d’en mesurer l’impact sur la richeses de la Nation, alors les travaux de restauration, de reconstruction des immeubles dévastés, vont donner un coup de fouet au PIB.
Reste à trouver un système qui arrive à mesurer, en quelque sorte, le bonheur d’une nation, seule richesse véritable si l’on veut bien réfléchir un peu. Gageons que ce n’est pas demain la veille que nous en verrons la publication!
C’est un peu comme chez nous, en Corse, quand on prétend mesurer la contribution du tourisme à la richesse de notre Île sur le seul critère de l’augmentation du chiffre de la fréquentation. On compte ainsi les passagers auxquels il arrive , comme vous et moi, de voyager l’été, les italiens qui ne font que traverser la Corse pour se rendre en Sardaigne, et ceux qui voyagent pour affaires.
On se garde bien, par contre, de mettre au point les instruments qui permettraient de mesurer la dépense des touristes, quantitativement et qualitativement. Peut être par crainte de découvrir que lorsque l’on soustrait du budget d’un mémage de touristes le transport, financé pour partie par le contribuable, et les dépenses d’alimentation, dont on sait que les deux retournent pour une bonen partie sur le continent, il y aurait de quoi mettre à mal le modèle économiqyue du tourisme insulaire.
Comme dirait un de mes excellents amis statisticien émérite: la statistique est la forme supérieure du mensonge…
SUR ALTA FREQUENZA
12 juin 2009 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Non classé, Politique
Alta Frequenza la radio qui persiste et résiste à la puissance du service publique de radio, m’avait invité il y a deux ans a une émission nommée ” a palisa” . Le jeu consistait cette fois à revenir deux ans après pour faire le point sur le discours tenu à l’époque par rapport au temps passé et aux évènements présents.
Je me suis prèté volontiers au jeu de cette nouvelel invitation, et je vous laisse le soin d’en apprecier ou non le résultat en écoutant les trois podcasts suivants correspondant aux trois phases de l’émission.

