Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

MONTEBOURG : LA GAUCHE DECOMPLEXEE

20 décembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique

Arnaud MONTEBOURG s’est porte candidat aux primaires dont il a ete le principal promoteur et organisateur. Je connais bien Arnaud MONTEBOURG, nous avions avec beaucoup d’autres dont Vincent PEILLON, Benoit HAMON et Julien DRAY fonde le NPS, le Nouveau Parti Socialiste, courant de pensee qui a helas explose lors du congres du Mans  du PS.

C’est un homme de conviction et il en a fait a plusieurs reprises la demonstration, dane la lutte contre les paradis fiscaux, ou la promotion de la VIeme Republique, ou encore la traduction de Jacques CHIRAC devant la cour de Justice de la Republique bloquee ppar Lionel JOSPIN.

Il a publie recemment un livre, intitule des idees et des reves, ou il expose son projet pour la France et la necessite pour le PS et la gauche de presenter une veritable alternative au capitalisme financier et pour substitutier au libre echangisme le juste echangisme, et ou il  enonce100 propositions pour entamer la longue marche qui doit y conduire.

Dans sa derniere intervention televisee, sur  la chaine d’information en continu Itele, il developpe sa vision de la France, de l’Europe de la gauche et de la politique. Il prend aussi courageusement et clairement ses distances avec la direction du PS dans les Bouches du Rhone et ses pratiques detestables.

Je vous invite a l’ecouter.

Je fais confiance a Arnaud MONTEBOURG et j’apprecie sa maniere d’envisager, de pratiquer la politique et de s’engager dans l’action: je suis heureux qu’il se soit decide a se lancer dans le combat des primaires, je l’accompagnerai dns cette bataille comme je l’ai accompagne dans bien d’autres

 

E LA NAVE VA: AINSI VA LA CORSE…

7 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction

C’est en classant un tombereau d’archives personnelles que je n’avais pas encore trouvé le courage de trier et de classer que je suis tombé sur ce document: un courrier adressé par M° Michel PIERUCCI, à l’époque maire de Corte, à “ses électeurs” votant par correspondance, et daté du 14 février 1978.

C’était  à l’occasion des élections législatives de mars 1978. J’étais le candidat du PS, militant pour que la Corse soit dotée d’un statut particulier, pendant que le sénateur François GIACOBBI également candidat pour le MRG y était violemment opposé.

Il y a dans ce courrier particulièrement édifiant un véritable condensé des ravages que le clanisme et le clientélisme ont pu causer et continuent hélas de causer à la Corse.

  • L’appel d’un élu se revendiquant clairement de  la droite à voter pour un candidat se réclamant, quant à lui, officiellement de la gauche, en laissant entendre aux électeurs concernés qu’en fait il serait plutôt au centre droit…
  • La justification de cet appel, clairement considéré comme un échange de services avec le candidat qui, une fois élu, se serait engagé à arroser la commune de Corte  d’argent public…
  • La touche cynique enfin, en considérant que le candidat en question étant réputé être de toute façon élu, autant lui apporter son concours et en retirer les bénéfices… Ne parlons même pas de la contradiction entre le premier paragraphe de la lettre, qui appelle “en conscience” à rejeter la gauche, et l’appel à voter pour un des candidats qui s’en réclame…

En définitive c’est Pierre PASQUINI, maire RPR d’Ile Rousse qui a été élu: en effet, les militants socialistes réunis à Corte au lendemain du premier tour m’ont demandé, devant l’opposition farouche et réitérée de François GIACOBBI au statut particulier  que nous réclamions pour  la Corse, de ne pas donner de consignes de vote pour le second tour, ce que j’ai fait, avec mon suppléant Paul LAILY.

Aujourd’hui les corses ont compris ce que le statut particulier mis en oeuvre par Gaston DEFFERRE en 1982 , et complété par Pierre JOXE en 1989 leur a conféré comme avantages dans de nombreux domaines, et l’ensemble des dirigeants politiques, à commencer par les plus acharnés à le combattre, se sont adaptés à la situation.

Le contexte électoral a-t-il quant à lui changé dans les mêmes proportions ? Rien n’est moins sûr, et les conditions dans lesquelles s’est déroulé le premier tour des territoriales l’illustre aussi bien que le courrier de Michel PIERUCCI il y a trente deux ans…

Il faudra encore beaucoup de travail et de patience en perspective aux corses  pour entrer dans le XXIème siècle…

LA ROCHELLE : UN BOL D’AIR RAFFRAICHISSANT. ET APRES ?

1 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Introduction, Politique

J’ai adhéré au PS en 1976 et j’ai assisté  à nombre de congrès, ou se décide l’essentiel, et j’y ai appris entre autres que les décisions s’élaborent et se prennent plus souvent dans les coulisses que devant les délégués.

Je n’ai par contre jamais éprouvé le besoin d’assister aux journées de La Rochelle ou il se passe en réalité rarement quelque chose de décisif pas plus en 2010 qu’auparavant.

J’ai apprécié le discours offensif de Martine AUBRY à La Rochelle , même si j’ai regretté qu’elle n’ait pas déclaré sa candidature aux primaires, pratique nouvelle qui n’est en définitive due, il ne fut pas l’oublier, qu’à un défaut de leadership clair au PS après le congrès de Reims…

D’abord parce que je pense et j’ai toujours pensé que le (la) premier(e) secrétaire choisi(e) par les militants doit être leur candidat(e) naturel(le) aux responsabilités, comme c’est d’ailleurs le cas dans tous les partis socialistes ou socio-démocrates de l’union européenne. Cela n’exclut pas, naturellement, que d’autres candidatures puissent s’exprimer.

Ensuite parce que je n’ai jamais sous estimé les dérives consécutives à l’acceptation par mes camarades socialistes des institutions de la Vème République et partant de l’élection au suffrage universel, qui pollue la vie politique, rend fous les responsables politiques, et qui dote le  président élu de pouvoirs qui en font un quasi potentat comme Nicolas SARKOZY en  fait depuis trois ans la démonstration.

Je partage largement le jugement porté sur le PS par Gerassimos MOSCHONAS professeur de sciences politiques à  l’Université Panteion-Athènes: “Le PS est historiquement un parti inconstant électoralement (et pour une large part idéologiquement), marqué par la bataille des chefs (en raison de la logique présidentielle du système politique de la Ve République). Il est toujours capable du meilleur comme du pire, toujours prêt à s’effondrer et toujours prêt à rebondir. Cela fait partie de la spécificité du socialisme français alternant les moments de crise et les moments de renaissance“.

Nous sommes incontestablement au commencement de l’un de ces mouvements de renaissance: il reste à présent au PS à faire le choix de société qui s’impose et qui ne peut être pour moi, quel que soit le candidat issu des primaires, le social libéralisme auquel il a trop longtemps sacrifié au gouvernement.

Certes Nicolas SARKOZY est affaibli et  le gouvernement FILLON est aujourd’hui plus encore qu’hier  une véritable  pétaudière pendant que  l’UMP tangue dangereusement,  mais il n’est pas encore défait.

Rien de serait pire que de se laisser porter par la vague des mécontents qui gonfle de jour en jour, sans prendre la peine d’élaborer et présenter aux français une offre politique  sérieuse et réaliste, mais surtout crédible, ce qui ne veut pas dire soumise à la “pensée unique” qui inspire trop souvent nos techno-socialistes.

Alors que la crise économique et sociale menace de s’amplifier, rien ne serait pire que de faire l’impasse sur les réformes indispensables au retour de  la confiance des français dans la politique: mis à plat et refonte d’une fiscalité injuste et opaque, passage à la VIème République pour mettre un terme aux dérives monarchiques de la Vème et redonner aux jeunes le gout de la politique, relance de l’Europe politique et sociale, remise en ordre de marche de notre système éducatif à bout de souffle, lutte sans concession contre le chômage première des insécurités…

Chaque jour apporte son lot de sondages qui mettent en avant les candidats potentiels d’opposition à Nicolas SARKOZY. Dans moins de 20 mois il est possible que cette volonté sondagière se traduise dans les urnes: mieux vaut qu’elle soit alors manifeste une  adhésion à l’autre France invoquée par Martine AUBRY, et ne se résume pas à un rejet du président sortant.

Les difficultés qui attendent notre pays réclament que la politique qui sera proposée à nos concitoyens suscite la plus large adhésion possible, car le gouvernement qui héritera de la désastreuse gestion sarkozyste en aura le plus grand besoin pour redresser la France, au plan financier sans doute, mais plus encore au plan social et moral.

NOUVELLE CORSE OU NOUVELLE DROITE ?

Voilà une “Nouvelle Corse” qui ressemble furieusement à “Corse Nouvelle”, le mouvement politique de Philippe CECCALDI. Après sa défaite sans appel  aux élections territoriales la droite insulaire connait ainsi le premier épisode de son inévitable recomposition.

La fronde, menée par une équipe de jeunes hommes et jeunes femmes issus de l’UMP ne se limite pas à un conflit de générations, même si il transparait clairement: les promoteurs de la “Nouvelle Corse” entendent repositionner la droite par rapport à la question corse, et c’est très bien ainsi.

Les élections territoriales ont fait l’éclatante  démonstration de la totale soumission de l’UMP et du PS insulaires aux diktats de leurs directions parisiennes: au PS, le choix de l’alliance avec Paul GIACOBBI n’est pas venu de la Corse, quand à l’UMP c’est carrément le Président de la République qui a imposé sa méthode, la liste unique, et en arbitré la composition dans le détail…

C’est donc une bonne nouvelle que cette volonté d’émancipation manifestée par les dirigeants de ce nouveau mouvement.

Reste pour eux à faire partager par un électorat conservateur leur vision des évolutions de la société insulaire: ce ne sera pas une mince affaire, d’autant que les crocodiles qui règnent sur le marigot sarkozyste ont encore la machoire féroce.

Ce ne sont apparemment  ni la volonté, ni le talent, qui leur manquent. J’ai eu l’occasion de travailler avec Jean Martin MONDOLONI et , même si nous appartenons à des formations politiques opposées, j’ai pu apprécier son énergie et la sincérité de ses convictions.

Contrairement à une idée assez largement répandue, je ne pense pas que le fait de ne pas disposer d’un “fief électoral”  constitue un handicap. La base sur laquelle  s’est opérée la redistribution des cartes du 21 Mars dernier en a apporté, s’il en était besoin, la démonstration éclatante.

A suivre, incontestablement…

POUR UN PLAT DE LENTILLES…

18 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Politique

La fusion des listes étant réalisée, la gauche est en situation de remporter les élections territoriales en Corse comme le laissaient prévoir les différents sondages depuis plus de six mois.

La seule question qui sera tranchée dimanche est l’ampleur de la victoire, en même temps que l’ampleur de la défaite pour la droite et Camille de ROCCA SERRA ainsi que de la percée des deux listes nationalistes.

J’avais  déclaré, lors d’un CUNFRONTI le 1er novembre dernier, qu’au cas ou la gauche partirait désunie, l’apport du PS serait décisif pour la liste à laquelle il choisirait de s’associer.

C’est effectivement ce qui s’est passé: l’appui du PS a conféré à Paul GIACOBBI un avantage important tout en le blanchissant du soupçon d’être sarko-compatible qui lui collait aux basques.

On pouvait penser que le renvoi d’ascenseur serait à la hauteur de la courte échelle que les socialistes ont ainsi fait au Député de Corte Balagne.

La lecture de la liste d’union de la gauche laisse apparaitre qu’en définitive seuls deux socialistes seront élus: Emmanuelle DE GENTILI qui se retrouvera à l’exécutif, et Jean Charles ORSUCCI qui, entre parenthèses se trouvait déjà sur la liste de Paul GIACOBBI en 2004 et non sur la liste officielle de son parti.

Deux élus sur vraisemblablement 35 si tout se déroule correctement, on ne peut pas dire que ce soit  un soutien cher payé.

JE N’IRAI PAS JETER MANUEL VALLS AUX CHIENS

Voilà, c’est dit: je ne rejoindrai pas la cohorte de ceux qui se livrent avec délectation au lynchage de Manuel VALLS.  Je connais Manuel depuis longtemps, il a comme  chacun des qualités et des défauts, je ne partage pas certains de ses positionnements politiques, mais je pourrais le dire de chacun des dirigeants de mon parti comme chacun pourrait  le dire de moi en Corse, et dieu sait si quelques uns ne s’en privent pas.

Ce que je sais c’est qu’il n’est pas raciste, et pas plus xénophobe: comme le rappelle un de ses contempteurs il est lui même un catalan, fraîchement issu de l’immigration espagnole, un de ceux qui ont si bien réussi leur parcours de l’intégration républicaine.

Ce que je sais c’est qu’il est le maire d’Evry et que ce doit être une sorte de sacerdoce que de s’occuper de cette agglomération sans âme sortie du cerveau enfièvré des urbanistes des premiers âges du gaullisme aménageur, ou fleurissent les ghettos ethniques sur fond de misère sociale.

De sa Ville il dit  sur son Blog “Loin des fracas de la politique, des convulsions d’un PS qui tarde à s’adapter à ce qu’est la vraie vie, oui j’irai me ressourcer et marcher ce week-end dans cette ville que j’aime. Une ville ouverte qui, si elle a des difficultés – comme beaucoup d’autres communes –, a la volonté farouche de s’en extirper en affichant le meilleure d’elle-même, c’est-à-dire sa diversité“.

Il serait par ailleurs à l’aile droite du PS dit on complaisamment. Et alors ? Il y a dans toute organisation politique une aile droite et une aile gauche: même à l’UMP parait il.

D’ailleurs c’est quoi l’aile droite du PS ? Il fut un temps ou l’on faisait déjà ce mauvais procès aux amis de Michel ROCARD dont Manuel et moi étions, pendant qu’autour de François MITTERRAND gravitait une cour , pour ne pas dire une basse cour, qui a rejoint, depuis, CHIRAC puis SARKOZY sans aucun état d’âme.

Il serait enfin ambitieux: accusation portée, naturellement pas des gens dépourvus de toute ambition et totalement dévoués à l’intêret général n’est ce pas ?

Laissons les caractères du PS s’exprimer franchement, Manuel est sans contexte l’un d’entre eux, plûtot que de les excommunier à la première occasion.

Lui et quelques autres ont des choses à dire, ils peuvent parfois blesser, ou même choquer, mais ils posent souvent les bonens questions. Discutons des réponses qu’il y apportent, et, si elles ne nous conviennent pas, rejettons les, mais laissons les s’exprimer.

Ecouter l’autre  n’est ni partager ni approuver, mais c’est sans aucun doute possible la première pierre de la refondation qui s’impose.

JUSQU’OU IRA ERIC BESSON ?

Membre de la Direction Nationale du PS, en charge de l’économie, proche de François HOLLANDE, Eric BESSON avait, on s’en souvient, rallié Nicolas SARKOZY dès le lendemain du premier tour et avait fait une entrée aussi tonitruante que remarquée à la tribune du candidat qu’il avait combattu quelques jours auparavant.

Entré au Gouvernement sur un strapontin, il reçoit aujouird’hui une double promotion en succèdant à Brice HORTEFEUX à la tête d’un ministère phare du sarkozysme, et en intègrant l’état major de l’UMP.

Sacré parcours tout de même: pour en juger il faut se souvenir que BESSON avait commis, avant de quitter en fanfare le PS un ouvrage intitulé ” Les inquiètantes ruptures de Mr Sarkozy”. 

Avec le recul la lecture de certains passages est vraiment savoureuse. Aujourd’hui en charge de la l’immigration il écrivait alors:  ”En supprimant ou en restreignant fortement les principaux dispositifs de régularisation, Nicolas Sarkozy se prive des outils permettant une régularisation au fil de l’eau et évitant ainsi les régularisations de masse. En d’autres termes, Nicolas Sarkozy fabrique des sans-papiers, lui qui prétend lutter contre l’immigration clandestine !»

ET sur l’immigration choisie chère à son mentor : “On peut tout d’abord contester la pertinence d’une telle politique qui consiste à favoriser l’installation professionnelle en France des diplômés étrangers de niveau au moins égal au master et qui octroie une carte de séjour “compétences et talents”Au lieu de faciliter la circulation des étrangers par l’octroi de visas à entrées multiples, cette politique favorise l’installation définitive en France et participe au pillage des élites des pays en développement».

Pour la politique d’intégration il n’est pas en reste lorqu’il écrit: “C’est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au « modèle républicain » d’intégration. De ses lacunes ou de ses échecs –malheureusement incontestables- il veut profiter pour non pas réformer ce « modèle », pour le rendre plus efficace, mais pour le démanteler. On verra plus loin, citations précises à l’appui, en dépit de ses dénégations récentes que le modèle que le patron de l’UMP a en tête est communautariste et confessionnel”.

Sur le même registre, il continue en affirmant: “le bilan du « ministre en charge des cultes » est lourd de menaces pour l’avenir : non content de mettre à mal la loi de 1905 et les fondements de la « laïcité à la française », Nicolas Sarkozy aura pactisé avec les islamistes de l’UOIF, favorisé l’ascension médiatique de Tarik Ramadan, fait preuve d’une étrange bienveillance à l’égard des sectes allant jusqu’à recevoir en grande pompe l’un des prosélytes le plus célèbre de l’église de Scientologie, l’acteur Tom Cruise

Nicolas SARKOZY auquel on prète quelques défaut possède au moins une qualité: il sait pratiquer le pardon des offenses.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, il suffit de télécharger l’ouvrage , la lecture en est d’autant plus savoureuse aujourd’hui.

BESSON n’est pas le seul socialiste à avoir retourné sa veste, comme chacun sait. mais il est le seul, sans pour autant exonérer les autres, qui soit allé aussi loin pour complaire à son maitre.

Il lui sera difficile de faire mieux que ses prédécesseurs transfuges socialistes Marcel DEAT ou Jacques DORIOT ? Ce dernier, adhérant à 18 ans à la SFIO il rallie la IIIe Internationale en 1920 et réalise une carrière remarquable au sein du PCF jusqu’à devenir candidat au poste de secrétaire général. Après la défaite, il se prononce pour la collaboration et soutient le maréchal Pétain. 

L’avenir nous le dira..