INVITE DU CLUB DE LA PRESSE DE RCFM.
30 janvier 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
J’ai répondu le lundi 24 Janvier à l’invitation du club de la Presse de RCFM lancée par Pierre Louis ALESSANDRI animateur de cette émission d’une cinquantaine de minutes et accompagné de deux de ses confrères, Joseph Guy POLETTI de CORSICA - 24 Ore, et Jean Vitus ALBERTINI de FR3.
On trouvera au bas de cet post les indications permettant d’écouter cette émission.
La première partie de l’émission a porté sur l’actualité, que nous étions invités à commenter. Pour ma part je suis essentiellement intervenu pour m’étonner, rejoint en cela par les journalistes, de l’inexplicable  silence de la classe politique sur les attentats qui ont frappé deux commerces tenus par des maghrébins à Ajaccio, d’autant que quelques jours auparavant plus de 300 personnes avaient manifesté leur soutien à un entrepreneur ajaccien de leurs amis.
Sur la médiatisation de l’interpellation publique du maire de CONCA, Jean Vitus ALBERTINI a fait observer que’elle  avait occulté le vrai problème: la mise en évidence par la justice que dans un investissement immobilier programmé sur le territoire de cette commune apparaissaient des individus appartenant au grand banditisme, évidence que cette intervention pertinente m’a évité  d’évoquer , mais sur laquelle on aura sans aucun doute à revenir.
La deuxième partie de l’émission était consacrée à la création du club politique “ La gauche autonomiste” ses orientations et son intervention dans la sphère publique.
La vocation du club , comme il est clairement indiqué dans sa charte fondatrice, est de contribuer à la mise en place d’un Front Progressiste destiné à mettre fin au système clientéliste dont les électeurs ont clairement signifié en Mars 2010 qu’il n’en voulaient plus et dont les représentants, à droite comme hélas à gauche, auront laissé notre île désarmée face  difficultés qui l’attendent dans un monde en pleine mutation.
Nous ne sommes pas un parti politique de plus, et nous n’entendons pas le devenir: nous n’en entendons pas moins  mettre sur la table les questions qui nous semblent devoir être mises en débat afin, précisemment, de préparer notre ÃŽle à affronter les défis qui l’attendent.
Nous avons donné le ton, en incitant les élus de la Corse à débattre des ravages que la banditisme et l’affairisme provoquent en Corse. Même si nous n’en attendions pas vraiment de résultats immédiats il en est résulté une prise de conscience indispensable pour progresser dans la recherche des solutions.
Nous continuerons, de la même façon, en provoquant les débats qui s’imposent sur les questions qui le méritent car notre avenir en dépend, et dont ceux qui ont à charge leur résolution ne parlent pas:
- la démographie, par exemple, et la politique migratoire qui la sous tend, car dans 30 ans nous serons la région la plus vieille de France et que s’exerce une pression migratoire que personne ne se préoccupe de mesurer pas plus que de canaliser à défaut de la contrôler…
- la politique des transports qui a complètement dérivé de son objectif initial: baisser le coût de la vie dans l’ÃŽle, au bénéfice des compagnies qui nous dictent leur loi sans vergogne,
- le financement de la CTC qui ne peut plus continuer à dépendre à plus de 90% des subventions de l’Etat ou de l’Union Européenne quand chacun sait que la crise financière des Etats va les réduire considérablement,
- la question foncière dont chacun mesure enfin l’importance et dont on sait bien qu’elle ne peut être résolue que lorsque notre île se mettra en mesure d’arracher les moyens d’élaborer les lois qui pourront s’y opposer sans attendre plus que le parlement français le fasse, car chacun sait qu’il ne le fera pas.
- la question politique enfin, car comment peut on continuer à affirmer qu’elle ne se pose pas quand 10% du corps électoral s’est prononcé librement pour une formation politique indépendantiste soutenant ouvertement l’emploi de la violence clandestine ?
- en téléchargeant ici le logiciel gratuit Real Player, si vous n’en disposez pas
- en cliquant ensuite ici pour écouter l’émission.
LA CORSE LE BRÉSIL ET LA CHASSE AUX TERRES.
26 août 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
La ruée mondiale sur les terres: c’est le titre du rapport de la banque mondiale consacré aux gigantesques programmes d’acquisition foncières agricoles qui se produisent dans les pays du sud depuis quelques années.
L’exemple le plus connu concerne l’île de Madagascar ou le groupe sud coréen DAEWOO avait lancé un programme de prise à bail pour 99 ans de 1,5 million d’hectares de terres destinées à la production de maïs et de l’huile de palme à destination du marché sud-coréen.
Naturellement, et comme on peut s’en douter, le rapport souligne que les populations locales ne sont pas consultées, que les prix offerts sont faibles, et que les organisations concernées font peu de cas du développement local des pays ou ils s’implantent.
Ce seraient ainsi près de 20 millions d’hectares qui auraient été acquis par des investisseurs étrangers, le plus souvent chinois, sud coréens ou saoudiens. Les continents visés par ces acquisitions massives sont essentiellement l’Afrique et l’Amérique latine.
Le Brésil a été le premier à réagir. Cet immense pays de plus de 10 millions de km2, soit plus de 20 fois la France a voulu mettre fin aux acquisitions massives de terres  au Brésil, a modifié la loi foncière et limité à 5000 hectares la possession de terres agricoles par un non brésilien.
Il était en effet temps que le gouvernement du président président Luiz Inacio Lula da Silva réagisse :selon le journal “A Folha de Saõ Paulo”,  les investisseurs étrangers achèteraient en moyenne chaque jour 12km2 de terres agricoles et 5,5 millions d’hectares de terres au total seraient entre les mains de propriétaires non Brésiliens.
Les brésiliens ont ainsi voulu préserver leur “or vert” et chacun s’accorde à considérer leur réaction comme parfaitement saine et justifiée.
Mais au fait, pour les Corses ce sont à la fois les maigres terres agricoles de la plaine orientale dont dispose l’île et les mille kilomètres de cotes qui constituent leur “or bleu”  objet de toutes les convoitises.
Pourquoi donc ne seraient ils pas fondés, aussi légitimement que les brésiliens me semble-t-il, à prendre les dispositions qui permettraient à l’île de ne pas se trouver dans quelques années entre des mains sinon étrangères mais assurément  de moins en moins insulaires..
Encore faudrait il pour cela qu’ils disposent de compétences qui leur permettent d’élaborer des textes ayant dans ce domaine force de Loi.
Du temps ou mes camarades socialistes étaient encore des progressistes nous appelions cela ” le pouvoir d’adaptation législative”: les voilà avec toute la gauche fort démunis aujourd’hui, pour faire face à la vague de la spéculation foncière, pour ne pas avoir eu l’audace d’agir quand il était encore temps…
C’est bien Lionel JOSPIN qui a dit ” oui à l’économie de marché, et non à la société de marché” ? Pour certains, du moment qu’il y a des propriétaires pour vendre la Corse et des acheteurs disposant de suffisamment d’argent pour l’acheter, ou est le problème ?
Ce n’est pas ma façon de voir les choses, et c’est là un point de vue largement partagé. il faut dire que je n’ai pas la religion du droit de propriété…
Pas de doute: nous aurons dans les semaines et les mois à venir à trancher dans ce débat et il ne faudra pas chercher pour résoudre cette problématique un consensus de façade, mais une vraie majorité progressiste.
CORSICA LIBERA AU COEUR DE LA DONNE POLITIQUE
9 août 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
Raisonnant comme souvent à l’emporte pièce Nicolas SARKOZY a visiblement eu tort d’estimer que les indépendantistes n’étaient plus au centre du jeu politique en Corse. Pierre POGGIOLI n’a pas manqué de le souligner dans son intervention le 8 Août à Corte. Les dirigeants de Corsica Libera ont en effet tout lieu de se féliciter du succès de ces journées internationales qui ont été  incontestable pour le mouvement de Jean Guy TALAMONI.
Si les élections territoriales ont consacré la famille nationaliste comme le vrai vainqueur de la consultation, elles ont, on l’oublie à mon sens un peu vite, mis en lumière qu’un peu plus de 10% des électeurs s’étaient prononcés pour une formation revendiquant clairement l’indépendance de l’ÃŽle.
La revendication indépendantiste s’est ainsi trouvée à la fois objectivement renforcée et en même temps banalisée, ce qui confère à ses dirigeants une responsabilité nouvelle dont les journées de Corte leur ont visiblement  permis de prendre la mesure.
J’avais déclaré lors de l’émission CUNTRASTU du 1er novembre 2009 que je ne trouvais rien de choquant à ce qu’un corse puisse revendiquer l’indépendance pour son île étant donné son histoire, le caractère et la force de son identité.
La République française étant ce qu’elle est c’est sans doute là une vision iconoclaste, mais le socialiste et européen convaincu que je suis a observé ses camarades du PSOE espagnol gouverner une des plus grandes régions d’Europe, la Catalogne, avec les indépendantistes catalans pendant 10 ans sans en perdre pour autant leur âme.
C’est cependant  lors des assises sur la question foncière que Corsica Libera et les nationalistes dans leur ensemble pourront véritablement mesurer si leurs idées avancent vraiment au coeur de la population insulaire.
Je reviendrai bien sûr sur ce dossier car il est fondamental. Encore ne faut il pas se tromper d’enjeu en bornant la réflexion à un montage technocratique visant à réguler les prix du foncier en bord de mer.
Il s’agit en effet, bien plus que cela, il s’agit d’un choix de société et du choix du modèle de développement que nous souhaitons pour notre île, bref, d’une vraie question politique.
C’est pour cela qu’il est à la fois vain et  contreproductif de chercher sur cette question un consensus, car les bons sentiments qui généralement commandent les consensus ne valent rien quand le moment vient d’appliquer les décisions prises.
Il faut, au contraire, rechercher une majorité pour prendre les décisiosn politiques qui s’imposent: une majorité progressiste.
Je n’apprécie pas particulièrement les choix politiques de Paul GIACOBBI, ce n’est pas un secret. Je le crois néanmoins capable de courage politique sur ce dossier qui réclame audace et imagination: l’avenir me dira si je me suis trompé.

