YVAN COLONNA: LA COUR DE CASSATION DIT LE DROIT
1 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction
J’avais eu l’occasion de poster sur ce même blog un papier intitulé Justice ou vengeance d’Etat ou j’écrivais entre autres “Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…”
En accordant une nouvelle chance à Yvan COLONNA, la Cour de Cassation aura hier donné à la Justice elle même une nouvelle chance de réparer les dégâts que le catastrophique procès en appel avait occasionnés.
La raison d’Etat avait pesé sur les derniers procès: la Cour devant laquelle il est appelé à comparaitre à nouveau, composée de magistrats professionnels, se trouvera volens nollens dans la même situation.
Le président de la République l’avait désigné comme coupable dès son interpellation, comme il avait désigné Dominique de VILLEPIN dans l’affaire Clearstream: avec la décision de la Cour de Cassation il vient d’encaisser une deuxième claque, ce qui devrait, enfin, calmer ses ardeurs à instrumentaliser la Justice à son profit.
Il appartiendra donc aux magistrats appelés à rejuger Yvan COLONNA d’oublier la raison d’Etat, car elle n’a rien à faire dans un prétoire, du moins dans une démocratie, et de juger le prévenu en fonctions des faits.
L’intime conviction des juges, même si elle a naturellement son importance, ne doit en aucun cas servir de paravent à une justice qui serait dictée par la raison d’Etat.
Le doute qui pèse sur la culpabilité d’un prévenu, quel qu’il soit, doit profiter à l’accusé, qu’il soit poursuivi dans le cadre de l’assassinat d’un Préfet ou de n’importe lequel de nos concitoyens. L’oublier reviendrait en l’espèce à ouvrir, pour l’avenir de la Justice, une porte que des générations de magistrats républicains ont maintenue dans notre République soigneusement fermée aux manoeuvres du pouvoir exécutif.

