FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE
27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.
En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.
La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée  entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.
Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.
En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.
Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.
C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.
Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.
A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.
S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.
LA POLITIQUE LE NEZ FIXE SUR LE NOMBRIL
28 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Europe, International, Introduction
E la Nave va…vogue le navire: c’est ainsi que Frederico FELLINI  a appellé un de ses plus beaux films, un récit désespéré  sur la mort, et sur le naufrage de l’art.
Ainsi va l’Europe, et ainsi va la France, pourrait on dire en écho en lisant les nouvelles - mauvaises- du jour. C’est la Corée du Sud, un petit pays d’Asie qui a gagné le marché du siècle, 40 milliards de dollars, que constitue la construction et l’exploitation des centrales nucléaires d’ABU DHABI et non la France d’AREVA qui se considère pourtant comme la première puissance au monde dans ce domaine.
Ainsi va l’Europe effacée à Copenhague par la Chine et les Etats Unis, incapable de présenter un front uni et cohérent . Ainsi va aussi la France de SARKOZY, tapant de ses petits poings  sur la table comme un enfant gâté pour se faire entendre dans l’indifférence générale.
Au moment ou c’est au niveau de notre continent que doivent de prendre collectivement les décisions qui s’imposent avant que son déclin ne soit irréversible on ne trouve rien de mieux que nous servir un débat affligeant sur l’identité nationale, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire aujourd’hui.
La France avait besoin d’un homme d’Etat à sa tête dans cette période cruciale. Elle a aujourd’hui à sa tête  un politicien sans envergure qui continue de penser que s’agiter est agir et que l’art de la manipulation, ou il excelle, est la marque d’un grand politique.
Ainsi va la La Corse enfin, qui n’est, disons le franchement, pas mieux lotie. Le chômage y fait des ravages, la pauvreté y est solidement ancrée, les inégalités battent des records ? Sans doute, mais pas suffisamment pour émouvoir nos politiciens entièrement accaparés par leurs chicayas et le nez obstinement fixé sur leur nombril.
Ainsi va la Corse: du moins tant que la France aura les moyens de se payer la danseuse n’est ce pas? Nous aurons, rassurez vous, largement l’occasion d’en reparler.

