Ma part de vérité - Edition du Jeudi 09/09/2010

L’EUROPE A LA RAMASSE

J’ai rarement vécu une campagne électorale aussi atone: je ne parle pas de la Corse mais de l’ensemble du pays, voire, si j’en crois la presse étrangère, de l’ensemble de l’Union Européenne.

Il a fallu qu’ils se mettent  à plusieurs pour dégouter les citoyens de l’Union, mais le résultat est là, c’est gagné!

Manuel BAROSO d’abord, le meilleur antidote à l’idée européenne cet ancien gauchiste portuguais recyclé ultralibéral dont l’affligeante et arrogante nullité éclate au point d’en avoir écoeuré Nicolas SARKOZY lui même.

Notre président ensuite, avec sa facheuse habitude de tirer constamment la couverture à lui, d’effacer tout ce qui ne tourne pas autour de son auguste personne, au point de dissuader l’européen le plus convaincu devoter de  peur qu’il ne parvienne un jour à s’emparer du pouvoir d’une Europe Politique qu’il conduirait comme il conduit la France.

Nos gouvernants et les partis politiques ensuite qui n’ont rien trouvé de mieux qu’un soit disant mode de scrutin régionalisé, sensé rapprocher nos concitoyens de leurs députés et qui ont fabriqué des ensembles introuvables ou ils ont multiplié les parachutages de réprouvés du suffrage national.

Les gouvernants de tous les pays d’Europe en suite qui ont été incapables de se mettre d’accord pour que les quelques 300 millions d’européens votent tous le même jour, selon le même mode de scrutin, pour élire leurs parlementaires à Strasbourg, ce qui aurait donné assurément du corps à l’idée européenne.

Et les voilà qu’ils s’inquiètent du taux de participation médiocre qui s’annonce, alors qu’ils l’ont préparé par leur incurie. Un mode de scrutin inepte, soit disant régionalisé ou les candidats locaux à de rares exceptions près ne figurent pas en position éligible, un manque d’engagement des leaders nationaux, un débat inéxistant ! Cherchez l’erreur ?

J’ai été par deux fois candidat au Parlement Européen: en 1979 sur la liste PS-PRG conduite par François MITTERRAND et en 1984 sur le liste socialiste conduite par Lionel JOSPIN. Le mode de scrutin était alors différent puisque la France constituait une seule circonscription, les  listes comptaient 80 candidats, et les leaders nationaux étaient tête de liste.

En 1979 je me trouvais en position 31 sur cette liste et Nicolas ALFONSI en position 46. Mes amis Dominique TADDEI et Louis LE PENSEC alors députés socialistes, sont un peu avant que la liste soit entérinnée par la Convention du PS, venus m’expliquer que Nicolas se serait engagé à adhérer au PS si j’acceptais de permuter avec lui, ce que j’ai accepté bien entendu.

Le PS a obtenu 20 députés. Deux ans plus tard onze d’entre eux , à commencer par le tête de liste devenu Président de la République , se sont trouvés Ministres ou secrétaires d’Etat, et Nicolas ALFONSI s’est retrouvé Parlementaire Européen.

Aux dernières nouvelles il n’a toujours pas adhéré au PS….

LE SARKOZYSME EST MORT: RESTE A L’ENTERRER.

16 février 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique, Société

Nicolas Sarkozy a été  élu sur un programme tout entier bati sur l’idée de la suprématie d’un  modèle social basé sur la réussite individuelle élevée en dogme par une Amérique dont il s’était fait le chantre exalté,  et l’obsolescence du modèle social français, voué aux gémonies.

La rupture avec ce modèle honni était devenu son principal slogan de campagne: il en avait fait sa marque de fabrique et le martelait a chacun de ses meetings, chacune de ses apparitions télévisées. Il fallait alors, à marche forcée, réformer la France à tout crin de manière à ce qu’elle rattrape   le retard qu’elle aurait accumulé pour rejoindre enfin la terre promise du libéralisme avancé.

Oui mais voilà, l’histoire est allée plus vite que lui et le voici pris complètement à contre pied et totalement déstabilisé par l’effondrement de son modèle et le retour en force d’un modèle social-démocrate qu’il avait raillié et pourfendu pendant sa campagne électorale.

Il a ainsi vécu, en accéléré, ce qu’a vécu entre 1981 et 1983 un François MITTERRAND, élu sur un programme rédigé par Jean Pierre CHEVENEMENT, qui préconnisait la rupture en cent jours avec le capitalisme , et qui avec le tournant de la rigueur  a viré au social-libéralisme.

Le Président se trouve dès lors en décalage complet avec un programme qu’il s’obstine encore à décliner mécaniquement à chacune de ses interventions, mais qui ne touche plus une population angoissée devant le retour du  chômage de masse et la montée de la précarité.

La réforme sarkozyste, pour la majorité de nos concitoyens, peut attendre: le sauvetage de leurs emplois et de leurs retraites, lui, ne doit ni ne peut attendre plus longtemps.

Personne ne peut prévoir quel sera le comportement de cet homme imprévisible, politicien jusqu’au bout des ongles et, aujourd’hui comme hier, seulement préoccupé, sans aucun doute, par son destin personnel et sa réelection en 2012.

L’artiste commence cependant à perdre sérieusement la main comme le montrent entre autres son attitude incompréhensible sur la question antillaise ou son déplacement incongru, pour ne pas dire indécent, à Bagdad.

Le Sarkozysme, cet artefact de la politique fait de volontarisme et d’analyses politiques approximatives est bel et bien mort. Reste seulement à savoir si, comme MITTERRAND avait enterré la rupture avec la capitalisme il procèdera lui même à son éxécution en place publique.

Après le tournant de la rigueur opéré par son predecesseur qui sait quel  pirouette nous offrira demain notre multi-Président.