Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

LE BRESIL DE LULA

26 décembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, International, Introduction

C’est la veille de Noel que le president brésilien Luis Ignacio LULA DA SILVA a choisi pour s’adresser a la population en lui souhaitant de bonnes fêtes de Noel en forme d’adieu.

Il quittera en effet son poste le premier janvier pour le ceder a Dilma ROUSSEF élue il y a quelques semaines et qui qui acheve la constitution d’un gouvernement que beaucoup jugent ici pléthorique, résultat des compromis passés avec la nébuleuse des partis politiques bresiliens.

Pour cette jeune démocratie, elle a acquis son indépendance en 1822, qui vit sous le régime d’une constitution adoptée en 1988 il faut avouer que s’etre successivement doté du premier président authentiquement ouvrier avec LULA puis d’une femme présidente avec DILMA comme ils l’appellent, ancienne guerillera marxiste, sonne comme une claque á la face de notre démocratie bourgeoise plus ou moins louis philiparde.

D’autant que LULA quitte son poste avec une popularité au zénith, qui frise les 85%. De quoi lá encore donner de l’urticaire á notre président qui rame péniblement aux alentours des 25%.

S’il est adulé au Nordeste, région pauvre dont il est originaire et ou Dilma a obtenu des scores de maréchal, il est plus discuté au sud du Brésil, la région la plus riche.

Tous les brésiliens reconnaissent cependant á LULA d’avoir comtribué a donner au Brésil un statut considérablemet renforcé sur le plan internationnal, oú de puissance régionale il est devenu puissance mondiale avec laquelle il faudra dorénavant compter dans tous les cénacles ou se décide l’avenir du monde.

Ce qui lui est surtout reproché c’est de ne pas avoir lutté contre la corruption, un mal qui ronge les institutions du pays,  á commencer par celle qui regne dans le PPT son propre parti. Ce sera d’ailleurs un des grands défis de la nouvelle présidente dont chacun s’accorde á reconnaitre qu’elle possede le caractere d’une dame de fer.

D’autres defis l’attendent : la reduction des inégalités colossales qui risquent de miner le contrat social que partagent les brésiliens, l’éradication de la criminalité que le gouvernement fédéral et l’Etat de Rio de Janeiro ont entrepris d’attaquer frontalement, le manque criant de grandes infrstructures sans lesquelles le Brésil ne pourra poursuivre durablement son extraordinaire expansion, le systeme éducatif qui reste tres insuffisant au regard des ambitions légitimes du pays.

Pour ma part, j’ai appris á aimer ce pays attachant, et je ne doute pas que, malgré leur complexité il arrivera á les surmonter. C’est en tout cas le voeu que j’adresse á mes amis brésiliens á l’orée de 2011.

LA CORSE LE BRÉSIL ET LA CHASSE AUX TERRES.

26 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

La ruée mondiale sur les terres: c’est le titre du rapport de la banque mondiale consacré aux gigantesques programmes d’acquisition foncières agricoles qui se produisent dans les pays du sud depuis quelques années.

L’exemple le plus connu concerne l’île de Madagascar ou le groupe sud coréen DAEWOO avait lancé un programme de prise à bail pour 99 ans de 1,5 million d’hectares de terres destinées à la production de maïs et de l’huile de palme à destination du marché sud-coréen.

Naturellement, et comme on peut s’en douter, le rapport souligne que les populations locales ne sont pas consultées, que les prix offerts sont faibles, et que les organisations concernées font peu de cas du développement local des pays ou ils s’implantent.

Ce seraient ainsi près de 20 millions d’hectares qui auraient été acquis par des investisseurs étrangers, le plus souvent chinois, sud coréens ou saoudiens. Les continents visés par ces acquisitions massives sont essentiellement l’Afrique et l’Amérique latine.

Le Brésil a été le premier à réagir. Cet immense pays de plus de 10 millions de km2, soit plus de 20 fois la France a voulu mettre fin aux acquisitions massives de terres  au Brésil, a modifié la loi foncière et limité à 5000 hectares la possession de terres agricoles par un non brésilien.

Il était en effet temps que le gouvernement du président président Luiz Inacio Lula da Silva réagisse :selon le journal “A Folha de Saõ Paulo”,  les investisseurs étrangers achèteraient en moyenne chaque jour 12km2 de terres agricoles et 5,5 millions d’hectares de terres au total seraient entre les mains de propriétaires non Brésiliens.

Les brésiliens ont ainsi voulu préserver leur “or vert” et chacun s’accorde à considérer leur réaction comme parfaitement saine et justifiée.

Mais au fait, pour les Corses ce sont à la fois les maigres terres agricoles de la plaine orientale dont dispose l’île et les mille kilomètres de cotes qui constituent leur “or bleu”  objet de toutes les convoitises.

Pourquoi donc ne seraient ils pas fondés, aussi légitimement que les brésiliens me semble-t-il, à prendre les dispositions qui permettraient à l’île de ne pas se trouver dans quelques années entre des mains sinon étrangères mais assurément  de moins en moins insulaires..

Encore faudrait il pour cela qu’ils disposent de compétences qui leur permettent d’élaborer des textes ayant dans ce domaine force de Loi.

Du temps ou mes camarades socialistes étaient encore des progressistes nous appelions cela ” le pouvoir d’adaptation législative”: les voilà avec toute la gauche fort démunis aujourd’hui, pour faire face à la vague de la spéculation foncière, pour ne pas avoir eu l’audace d’agir quand il était encore temps…

C’est bien Lionel JOSPIN qui a dit ” oui à l’économie de marché, et non à la société de marché” ? Pour certains, du moment qu’il y a des propriétaires pour vendre la Corse et des acheteurs disposant de suffisamment d’argent pour l’acheter, ou est le problème ?

Ce n’est pas ma façon de voir les choses, et c’est là un point de vue largement partagé. il faut dire que je n’ai pas la religion  du droit de propriété…

Pas de doute: nous aurons dans les semaines et les mois à venir à trancher dans ce débat et il ne faudra pas chercher pour résoudre cette problématique un consensus de façade, mais une vraie majorité progressiste.

NOËL AU BRESIL AVEC SARKO ?

22 décembre 2008 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, International, Introduction

Je l’apprends à l’instant: Sarkozy va passer Noël au Brésil, sans doute à Rio de Janeiro…Nous serons donc en même temps au Brésil. Naturellement pas au même endroit: je serai pour ma part sur la plage de Jureïa quelque part au sud de Saö paulo, et lui probablement dans une des luxueuses résidences de la famille Bruni Tedeschi.

Je n’ai pas voté pour lui, et je ne le voterai pas non plus en 2012. je n’apprecie pas plus aujourd’hui son bilan, ni ses méthodes, que je n’appréciais son programme présidentiel. Et, de toute façon, l’homme, qui n’est pas dépourvu de qualités, est décidemment trop agité pour moi…

Ce qui se passe aujourd’hui au Parlement en est la parfaite ilustration. L’inextinguible soif d’action de cet homme est sidérante: on a parfois l’impression qu’il éprouve une véritable angoisse dès qu’il ne se passe pas dans notre pays quelque chose dont il est à l’origine…La belle énergie qu’il manifeste devient inquiétante quand elle tourne à la frénésie.

Je me réjouis naturellement de cette visite au Brésil, puissance émergente de première importance, qui représente aujourd’hui un sud américain sur deux, et qui, après des années de dictature militaire est enfin sorti de son isolement pour prendre se juste place parmi les grandes nations.

La France appuie sa candidature au Conseil de Sécurité, et se trouve très souvent à ses cotés dans les négociations avec l’OMC. 

La coopération franco brésilienne a pris ces dernières années un nouveau tour, incontestablement positif, et l’amitié franco-brésilienne se porte bien.

L’Union Européenne représente plus de 25 % des exportations du Brésil, raison de plus pour que cette coopération se renforce et tant mieux si cette coopération renforcée se réalise sous l’égide de Nicolas Sarkozy, Président en exercice de l’UE.

Clémenceau avait emmené, et 1912 une mission parlementaire française au Brésil. Rapportant ses travaux devant le Parlement, et n’ayant visiblement pas bien compris ce pays, il avait employé à la fin de son discours une  de ces phrases caustiques dont il avait le secret: “ le Brésil est un pays d’avenir, et il le restera.”

Je suis très heureux que ce jugement hatif se trouve aujourd’hui démenti avec le déplacement d’un Président Français.

Â