Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

L’AUSTERITE POUR DEMAIN ? A LA RIGUEUR…

Notre Président n’est pas content, mais alors pas du tout … Figurez vous que la presse a le culot de parler de rigueur en commentant le plan de réduction des dépenses qu’il aurait quant à lui plutôt tendance à baptiser “plan vertueux de sortie de crise”.

A l’Élysée comme à Matignon ou à l’UMP c’est la même rengaine: la rigueur c’est quand on combine la réduction des dépenses et l’augmentation des impôts… Soit, admettons et faisons simplement trois observations:

Première observation:  simultanément à la réduction des dépenses publiques le gouvernement envisage de supprimer les “niches fiscales”. Selon le journal “Le Monde” En 2010, on en recense 468 au total, selon l’annexe qui leur est consacrée dans le projet de loi de finances. Un chiffre qui tend à grimper chaque année, puisqu’on en comptait “seulement” 418 en 2003…

Toujours selon “Le Monde” au total, les fameuses niches représentent 74,788 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat. Une somme  supérieure au produit de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers, qui était de 51,8 milliards d’euros en 2008.

Conclusion: si elles étaient effectivement supprimées, ce dont personnellement je doute fort, les feuilles d’impôts d’une bonne partie de nos compatriotes deviendrait sacrément salées !

Si ça n’est pas de la rigueur je veux bien manger ma carte du PS et la prendre  à l’UMP….

Deuxième observation:  Alors que la reprise reste fragile, les politiques d’austérité, baptisées pour la circonstance  « politiques de sorties », risquent de la tuer dans l’oeuf. La chute de l’activité consécutive à la réduction des dépenses publique entrainera la chute  des recettes fiscales et pourra creuser davantage  les déficits.

Et s’il avait fallu, au contraire suspendre le pacte de stabilité et  restructurer la dette grecque ? Les banques y auraient certes laissé quelques plumes, mais l’activité serait restée soutenue.

Imaginons, par contre, ce qui se produirait si les “plans de rigueur” dont les objectifs seront pour certains états très durs à tenir, n’étaient atteints par aucun des Etats membres dans les délais qui leur sont fixés ?

Troisième observation: Il y a seulement quelques semaines le gouvernement s’offusquait à l’idée que l’on puisse mettre en doute “la signature” de la France, et s’en tenait à sa politique de relance de l’économie - tiens, au fait, ou en est le “Grand Emprunt” de SARKOZY-GUAINO - avant de faire un superbe tête à queue et de se lancer dans la réduction urgente et brutale de la dépense publique.

Comment le croire, dans ces conditions, lorsqu’il s’offusque que l’on puisse lui pêter l’intention d’augmenter les impôts ?

Si gouverner c’est prévoir, comem disait Napoléon, il y a au moins trois ans que ce pays n’et plus gouverné…

PAQUET FISCAL: BASTA CUSI !

Le Parti Socialiste vient de  lancer une pétition pour l’abrogation du paquet fiscal. Vous trouverez après l’introduction qui suit le lien qui vous permettra de la signer.

“La France traverse la plus grave crise économique et sociale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Loin de prendre la mesure de la situation, le gouvernement n’a toujours pas adopté le plan de relance dont notre pays a besoin. 

Le bouclier fiscal adopté par la majorité UMP-Nouveau Centre dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste qui accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des Français. 

Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. Tous les Français se sentent menacés, trop souvent même frappés, sauf quelques dizaines de milliers qui restent protégés. Le déficit budgétaire atteint plus de 100 milliards d’Euros et l’Etat français continue, avec son bouclier fiscal, à verser à quelques privilégiés des chèques d’une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros. Le chômage explose et l’Etat français continue de subventionner les heures supplémentaires par rapport aux embauches. 

La Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise ; en France, l’UMP s’accroche désespérément à son « paquet fiscal » et s’enferre dans l’inaction.

C’est pourquoi nous demandons la suppression du « paquet fiscal », ce qui permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français et sortir la France de la crise.”

Signer la Pétition

Notre Président est vraiment exceptionnel. Malgré la gravité de la crise, malgré le fait que des millions de français vont être “volens nolens” amenés à serre la ceinture il refuse de revenir, ne fut ce que temporairement, sur une mesure qui, déjà injuste, devient aujourd’hui carrément scandaleuse.

Motif invoqué, ou plutôt proclamé avec cette arrogance typiquement sarkozyste: je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts!

Voilà donc un capitaine qui prend la mer par temps calme, sur une mer d’huile, toutes voiles déployées, et qui, lorsque survient une terrible tempête qui secoue le navire et menace de l’envoyer  par le fond refuse de réduire la voilure au prétexte qu’il avait promis de foncer toutes voiles dehors et n’entend pas trahir sa promesse !

Un raisonnement qui sous tend son attitude vis à vis des rémunérations obscènes de certaisn dirigeants d’entreprises du CAC 40. Il est pourtant simple de dissuader les patrons rapaces de réclamer de somptueux bonus: utiliser le “rabot fiscal” c’est à dire les laisser faire et taxer les bonus à 90% . Mais, notre Nicolas national a promis de ne pas augmenter les impôts: alors pas question.

Comprenen qui pourra. Quand à moi, il y a un moment que j’ai compris que l’obstination paranoïaque de notre Président nous mène droit dans le mur.