LA POTION DU DOCTEUR STRAUSS KAHN A LA GRECE
4 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Le moment approche ou il faudra que mes camarades socialistes abordent franchement les problèmes que finira par leur poser l’éventuelle candidature de Dominique STRAUSS KAHN à l’élection présidentielle.
Pour ma part je sais que, s’il est candidat aux primaires, je ne voterai pas pour lui: naturellement, si il en sort vainqueur je je voterai et ferai campagne pour qu’il soit élu et que nous renvoyons SARKOZY à ses chères études…
D’abord, et pour être clair, je sens de plus en plus la moutarde me monter au nez lorsque je parcours la presse ou un certain nombre de beaux esprits et de “faiseurs d’opinion” nous expliquent chaque jour que Dominique est “incontournable” et que personne d’autre à gauche ne peut battre le président sortant.
Je milite depuis assez longtemps au PS pour me souvenir que les mêmes, ou leurs prédécesseurs, expliquaient que ce ringard de MITTERRAND était bon pour la réforme et que seul Michel ROCARD etc..etc..On connait la suite.
Ensuite je ne pense pas qu’il soit l’homme de la situation et à tout le moins qu’il puisse incarner pour les femmes et les hommes de gauche le tournant que doivent, à mon sens prendre les socialistes, en France comme en Europe, pour tourner définitivement le dos au social-libéralisme qu’il représente, volens nolens aux yeux de beaucoup de nos concitoyens.
La potion amère que le FMI, dont il est directeur général, s’apprête à administrer au peuple grec, même si on peut considérer que celui ci l’a bien cherché en cautionnant trop longtemps une corruption ou chacun trouvait en définitive son compte, n’est certainement pas de nature à me faire changer d’opinion.
Ministre des finances du gouvernement de Lionel Jospin, c’est lui qui amis en place la baisse du taux supérieur de l’impôt sur le revenu au profit des très hauts revenus, la défiscalisation des stock-options et la  privatisation à marche forcée des services publics.  Je ne me souviens pas qu’il ait fait part un jour du moindre regret à cet égard.
Cela fait tout de même beaucoup pour un candidat à la candidature de la gauche unie en 2012 non ?
L’ALLEMAGNE ET LA MAISON EUROPE: DESAMOUR OU UN PEU PLUS ?
29 avril 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Madame MERKEL n’est pas une femme pressée, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle l’avait déjà manifesté durant la crise financière ou elle avait mis plus d’un mois et demi de plus que les autres pays de l’Union à admettre qu’un plan de relance était indispensable.
Pour ce qui concerne l’aide à la Grèce, ce pays qui s’illustre régulièrement l’été par ses incendies de forêt dévastateurs et qui est en train de mettre le feu à l’euro, même scénario: madame la Chancelière traine les pieds et affole les marchés. Même le placide Michel BARNIER s’énerve et prédit une nouvelle crise à nos portes.
Il faut dire que les allemands, auxquels les gouvernements imposent depuis sept ans une cure d’austérité qui n’est pas sans rappeler les purges à base d’huile de foie de morue administrées naguère aux enfants , répugnent à juste titre à payer pour un pays, la Grèce, qui a honteusement triché pour dissimuler, avant que n’éclate la vérité, l’ampleur de ses déficits.
Une campagne aux relents de xénophobie malodorante et violente est d’ailleurs menée par les tabloïds qui donne la mesure de l’exaspération des allemands, mais aussi, et c’est sans doute plus grave, d’un sentiment anti-européen diffus qui est en train d’envahir une partie de l’opinion publique et déborde sur les cénacles politiques.
Une frange des économistes d’outre Rhin commence à suggérer que la Grèce pourrait, si ce n’est devrait, quitter l’Eurogroupe et retrouver la drachme, sa monnaie millénaire. Outre le coup de tonnerre que cette décision entrainerait dans le ciel européen, elle mettrait le peuple grec dans une situation qui justifierait non pas une aide financière mais carrément une aide humanitaire.
Avec une dévaluation de fait de plus de 50% de leur monnaie les grecs verraient en effet leur pouvoir d’achat réduit d’un jour à l’autre dans des proportions voisines…Imaginez la suite.
On peut se demander si cette suggestion tout de même assez irresponsable, ne recouvre pas le désir, plus ou moins inavoué d’une partie de la classe politique allemande de voir sortir de la zone Euro, non pas la Grèce, mais l’Allemagne elle même, qui retrouverait ainsi son Mark dont elle n’a vraiment jamais complètement admis l’abandon par Helmut KOHL…
Impensable bien sûr, si l’Allemagne comptait comme Chancelier, un homme ou une femme d’État: mais que penser d’une Angela MERKEL qui, face à une crise d’une telle ampleur garde son Å“il bleu fixé, non pas sur l’avenir de l’Europe, mais sur l’horizon des prochaines élections régionales qu’elle craint de perdre ?

