Ma part de vérité - Edition du Lundi 21/05/2012

L’ARGENT SANS MAITRE POUR CHARLES HENRI FILIPPI.

27 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

L’argent sans Maitre, c’est le titre de l’excellent essai que  notre compatriote Charles Henri FILIPPI vient de publier aux éditions Descartes.

L’auteur,  sorti major de l’inspection des Finances, intègre en 1982 le Cabinet de Jacques DELORS, et est élu à la première Assemblée de Corse sur la liste de Prosper ALFONSI sur laquelle nous nous trouvions ensemble.

Proche de Laurent FABIUS, il devient ensuite Directeur du Cabinet de Georgina DUFOIX. Il passe ensuite au secteur privé, dirige la Banque STERN, puis entre au CCF dont il devient  PDG avant de se retrouver  Président du Directoire de la filiale France de la banque britannique HSBC  jusqu’en 2007.

Dans l’essai remarquable qu’il vient de publier il livre une analyse extrêmement pertinente et parfaitement assimilable pour quiconque s’interesse aux questions économiques, des raisons et de la gravité de la crise qui affecte le monde de la finance.

Après avoir rappelé l’histoire de la création monétaire et de la circulation de l’argent, rappelé son rôle dans la création de la croissance, et souligné le compromis entre l’argent et la démocratie à l’origine de  la prospérité des pays occidentaux, il décrit avec précision les mécanismes qui l’ont fait voler en éclat.

Pour lui, la crise que nous traversons est plus qu’une crise financière, économique et sociale. C’est une profonde et brutale rupture politique ou à l’argent socialisé et dispersé, qui canalisait le le  capitalisme  a succèdé l’argent privatisé et concentré.

Un monde ou un millier de milliardaires en dollars concentre une richesse supérieure à ce que possèdent les deux milliards d’humains les plus pauvres de la planète, un monde ou la démocratie est mise en danger par l’accumulation insensée des richesse par une poignée d’oligarches dont la cupidité et l’avidité ne conanissent aucune contrainte.

Un monde ou  le créateur, l’ingénieur ou le manager ont été  effacés par l’actionnaire et où le pouvoir de “faire de l’argent” est passés de l’entrepreneur économique à l’entrepreneur financier et ou l’économie de marché s’est vue remplacée en fait par l’économie de l’argent, où la création monétaire a échappé au banques pour se généraliser dangereusement à une série d’intermédiaires dont le financement de l’entreprise n’était plus l’objectif premier.

Pour en sortir, s’il n’est pas déjà trop tard, il préconise d’abord de redéfinir les contours de la création monétaire, la monnaie bien public ne devant plus être confondue avec l’argent bien privé, et surtout, concevoir et mettre en oeuvre une règlementation rigoureuse car le contrôle de la création monétaire est devenu tout simplement vital pour l’équilibre de la planète.

Ensuite ne plus permettre à quiconque de fabriquer de l’argent au delà de sa contribution au développement économique. Il faut, conclut il, revenir à une économie sociale de marché, qui mette sous tutelle l’argent prédateur tout en laissant s’exprimer l’argent quand il est auteur de progrès: comme le stipule la déclaration des Droits de l’Homme, il faut que cette forme incontournable et essentielle qu’est l’argent ne puisse être véritablement fondée que sur l’utilité commune.

Bref, un ouvrage à lire et à méditer: l’ouvrage d’un brillant technicien mais aussi d’un homme  de gauche chez lequel le souci de l’humain est constant. de la banque et de la finance.

Petite histoire à méditer pour finir: Charles Henri FILIPPI a été battu aux élections municipales de 1983 dans son village de Vescovato par un homme avec un casier judiciaire long comme le bras et qui, comme on dit chez nous ” non sapia mancu fa “O” incu una canna ” .

EMILE ZUCCARELLI FERME ET OUVERT

15 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique

Emile ZUCCARELLI a fait sa rentrée politique à l’émission CUNTRASTU sur France 3 Corse. Le maire de bastia ne s’était guère exprimé ces derniers temps si ce n’est dans les colonnes de Corse Matin pour s’interroger sur le positionnement de Paul GIACOBBI.

Interrogé par Jean Vitus ALBERTINI et les journalistes qui l’assistent d’ordinaire, il s’est livré à une analyse particulièrement aiguisée de la situation de la gauche à quelques mois des élections territoriales. Je veux retenir pour ma part ceux de ses propos qui me paraissent essentiels dans son intervention:

  1. l’affirmation claire de son ancrage à gauche, et de celui du du PRG et le refus de tout rapprochement avec le Parti Radical de Jean Louis BORLOO
  2. la préférence nettement formulée pour deux listes à gauche afin que chacune des sensibilités qui la traversent puisse s’exprimer, ou mieux se compter comme il le dit lui même
  3. l’affirmation, répètée, de sa volonté de faire gagner la gauche et de récuser toute alliance avec la droite, en regroupant ses forces au deuxième tour, sur une base programmatique claire.
J’ajoute que je n’ai pas été surpris de la réponse qu’il a apportée à la question que je lui  lui ai posée, en particulier sur la necessité pour la gauche, même si elle obtenait la majorité des sièges à elle seule, de s’ouvrir et d’associer à son action, sur la base d’un  un contrat de mandature, ceux qui on fait un pas décisif en se prononçant pour l’abandon de la violence clandestine.
Reste la question des rapports avec Paul GIACOBBI dont il estime qu’il n’a pas, à ce jour, apporté de réponse suffisament  claire sur ses intentions vis à vis du pouvoir  pour se voir confier par la gauche un rôle éminent.
On ne pourra pas dire que le maire de Bastia n’a pas posé les cartes sur la table, toutes les cartes, y compris les plus biseautées …
Ferme sur les principes, comme je m’y attendais, il s’est montré ouvert au dialogue, ce qui ne m’a pas surpris, et fermement décidé à être un acteur décisif pour que la gauche l’emporte.
Le CUNTRASTU D’Emile ZUCCARELLI

TERRITORIALES: FAIRE SIMPLE POUR GAGNER

10 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Dans un entretien au journal La Corse, Nicolas ALFONSI, Sénateur PRG, ouvre le débat des élections territoriales de 2010 à gauche.

La gestion médiocre de la majorité, ainsi qu’il la qualifie lui même, aurait mérité qu’il soit abordé autrement qu’en fermant pratiquement toutes les portes. Mais enfin, restons positifs en ne retenant que la mise sur la table d’un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, posent problème à commencer par celles qui concernent sinon  la gauche mais plus sûrement le PRG.

Au delà des questions de personnes, qui ne doivent effectivement pas être exagérées, il existe effectivement au sein de la formation qui domine la gauche en Corse deux sensibilités.

Une sensibilité “conservatrice” plutôt que républicaine comme  la qualifie volontiers Nicolas ALFONSI, et une sensibilité “progressiste” . Dans la première se reconnaissent essentiellemnt les amis du Sénateur de Corse du Sud et du maire de Bastia Emile ZUCCARELLI et d’une certaine façon, les communistes corses. Dans la seconde on retrouve la très grande majorité des socialistes corses, les amis du maire d’Ajaccio Simon RENUCCI et ceux du Député de Haute Corse Paul GIACOBBI.

La réforme du mode de scrutin, voulue par la droite et les “conservateurs de gauche” incite à l’union la plus large pour empocher la prime de 9 sièges qui peut assurer à la liste arrivée en tête au second tour la majorité absolue de l’Assemblée de Corse.

Cela n’exclut par conséquent en aucune manière, comme le précise  d’ailleurs le Sénateur de Corse du Sud,  la présence de deux listes de gauche au premier tour.

Cela n’exclut pas plus, de mon point de vue, un élargissement de la majorité élue pour asseoir la meilleure gouvernance possible d’une collectivité mise à mal par la gestion calamiteuse de la droite, d’autant que la prochaine assemblée ne sera élue que pour 4 ans, et que les réformes qu’exige la situation de la Corse réclament que la prochaine majorité soit assurée d’avoir le temps de les mettre en oeuvre.

Encore faut il que soient affichés un certain nombre de préoccupations et  de comportements simples:

  1. Entre les listes de gauche, si elles sont bien basées sur les sensibilités évoquées plus haut, un accord clair et public sur la fusion des listes autour de celle arrivée en tête au premier tour et un pacte de non agression entre les protagonistes, afin d’assurer aux électeurs de gauche que l’élection ne leur sera pas volée une fois de plus et que la Corse ne soit pas livrée pour 4 ans encore à une droite dont on connait le bilan et les projets.
  2. En cas de victoire de la gauche qui lui assurerait au second tour la majorité, forcement réduite, des sièges le souci d’associer au gouvernement de l’île celles et ceux qui auront affiché au cours de la campagne des valeurs et des projets dans lesquels les électrices et les électeurs de gauche, dans leur diversité, se reconnaissent.
Si d’aventure les électrices et les électeurs plaçaient la gauche en situation d’assumer le pouvoir à l’Assemblée de Corse, et que ses atermoiements, ses divisions, la mettaient une nouvelle fois hors jeu, il y a fort à parier que le retour de bâton serait à la mesure de leur  déception pour ceux qui en seraient rendus responsables.
Je reste quant à moi persuadé, comme tous les socialistes, que la raison, et le sens de l’interet général l’emporteront, et que la gauche se retrouvera , quel que soit le scénario électoral, en ordre de bataille à la rentrée.
Je ne veux pas imaginer qu’il en soit autrement et je veux croire que personne à gauche, par mi les responsables, n’est prêt à rejouer le film catastrophe de 2004.

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