DANSER SUR UN VOLCAN
6 février 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Voici donc revenu le temps où les bourses plongent, où les marchés s’affolent et où le principe de réalité s’impose à ceux qui poussant un ouf de soulagement considéraient que la crise était désormais derrière nous.
Il parait que les investisseurs s’inquiètent du très mauvais état des finances de la Grèce, du Portugal , de l’Espagne et de quelques autres pays de l’UE et de l’OCDE. Considérant que la croissance molle de l’Europe n’est pas de nature à  résorber la dette colossale des pays européens, messieurs les investisseurs s’inquiètent pendant que les agences de notation dégradent le note des dits pays.
En 2009, les banques accueillaient avec soulagement les plans de sauvetages et de soutien à l’activité des gouvernements. Il n’y en avait jamais assez pour elles. Des milliers de milliards de dollars ou d’euros ont été en quelques mois injectés par les Etats pour sauver l’économie.
L’effondrement du système bancaire  a été évité mais aucun des problèmes apparus pendant la crise n’a été résolu. La bulle financière a seulement été transférée aux Etats, mais elle est toujours là . Ce sont les Etats, c’est à dire chacun d’entre nous maintenant qui en portent la charge en lieu et place du privé. Privatiser les profits et socialiser les pertes, le rêve capitaliste dans toute sa splendeur est devenu réalité.
En  clair, Les mêmes investisseurs banques, assurances, fonds de placement, qui ont bénéficié des largesses extrêmement couteuses des Etats qui ont dû enrayer l’hémorragie financière de leurs placements  pour le moins hasardeux, se mettent à douter de la capacité de ces mêmes États à assainir les budgets, qu’ils ont largement contribué à plomber.
Que font ils donc pour assainir la situation ? Ils  spéculent là -dessus de plus belle et les enfoncent un peu plus en leur faisant payer leurs emprunts encore plus cher !
Qu’en pense donc notre Président qui est aller pester contre le capitalisme financier à Davos ? Le cynisme des banques atteint là incontestablement un sommet, mais fallait il les renflouer dans la précipitation sans obtenir la moindre garantie comme cela a été fait ?
Mettons nous un moment à la place d’un banquier qui sait désormais qu’il peut engranger des profits mirobolants, mener sa banque à la faillite par des placements aventureux, se trouver sauvé et renfloué par la puissance publique à  laquelle il transfère ses créances pourries, et spéculer ensuite sur l’incapacité de son sauveur à faire face à cette charge !
Pourquoi voulez vous qu’il change de comportement, puisque celui qu’il a adopté à ce jour génère autant de juteux profits sans aucun risque ?

