Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

LES OLIGARQUES

26 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Lectures

Les oligarques: on croyait ce terme réservé à la Russie de POUTINE, mais à la lecture de l’ouvrage des sociologues Michel PINÇON et Monique PINÇON -CHARLOT, enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas SARKOZY, on se rend compte que c’est le même système, ou plutot le même régime qui se met insidieusement en place dans notre pays.

Bouclier fiscal, rabattements et exonérations diverses, dépénalisation du droit des affaires, ou encore connexions entre le président et les grandes fortunes françaises ne sont pour eux que les éléments les plus visibles d’une véritable guerre des classes au service de la nouvelle  aristocratie de l’argent.

Pour la première fois dans notre république, derrière la façade respectable d’une vieille et solide démocratie, se dessine selon les auteurs un tout autre régime, unn régime oligarchique, unn gouvernement des riches pour les riches.

La charge est forte, et les arguments étayés solidement : difficile de ne pas apercevoir, au détour des faits abondamment cités dans ce livre les contours inquiétants d’une France dans laquelle il n’est pas possible de se reconnaître.

Il parait, si l’on en croit les beaux esprits, qu’il n’est pas convenable de pratiquer l’anti-sarkozysme systématique. A la lecture de cet ouvrage je ne vois pas comment on pourrait l’éviter devant la démonstration qui est faite d’un pouvoir complètement soumis à la sphère financière.

Les auteurs ne se contentent pas de décrire la situation, ils esquissent, les solutions , souvent décoiffantes, qui selon eux peuvent éviter à notre pays de s’enfoncer plus avant dans cette dérive et mettre fin au règne de l’oligarchie politique et financière .

Abolir le cumul des mandats politiques, rendre le vote obligatoire, nationaliser les banques et restaurer leur vocation de préteur aux entreprises, interdiction de la titrisation, suppression de la Bourse qui ne sert plus qu’à fabriquer des fortunes et à perdu sa vocation initiale, mise en place d’un impôt progressif prélevé à la source sur tous les revenus du travail et du capital etc…

Enfin, face à la solidarité des puissants qui sont en train de gagner la guerre des classes, ils recommandent que se mette en place un front massif et solidaire qui conteste l’oligarchie dont Nicolas SARKOZY est le représentant politique au sommet  de l’Etat.

Jetant une pierre dans le jardin de l’opposition socialiste, les auteurs estiment que l’oligarchie se ferait très certainement une raison s’il venait à être remplacé par Dominique STRAUSS KAHN…

Un livre à lire et même à dévorer par tous ceux qui n’on aucune envie de mourir idiots…

FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE

27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.

En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.

La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée   entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.

Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.

En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.

Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.

C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.

Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.

A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.

S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.