Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

TRANSPORTS: L’HEURE DE VÉRITÉ POUR LA CORSE ?

5 janvier 2012 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction

Pendant des années on a considéré que l’enveloppe de la continuité territoriale pouvait, un peu comme le tonneau des danaïdes être vidée sans trop de soucis car alimentée sans fin par l’Etat. La crise est là pour rappeler les uns et aux autres aux dures réalités et nul doute que dans quelques mois celui ci sera amené sinon à réduire du moins à geler la dite enveloppe.

Cela tombe au plus mal, car pendant ce temps les dossiers épineux s’empilent sur le bureau du président de l’office des transports:

  • Les chemins de fer corses sont entrés de plain pied dans le giron de la CTC avec la création de la société d’économie mixte, sans qu’aucune disposition n’ait été envisagée pour réduire le déficit colossal de cette institution, dont la CTC doit assumer l’essentiel.
  • Air France KLM annonce, selon le quotidien économique “Les Echos son intention de ne plus assurer le traitement de ses vols en escale à compter du 1er avril prochain. Une décision qui, si elle se confirme, obligerait Air Corsica à réembaucher tout ou partie des anciens salariés d’Air France affectés à cette tâche.
  • Air France et Air Corsica , toujours selon “Les Echos” négocieraient avec la CTC une forte augmentation des subventions pour le prochain contrat quadri-annuel, à compter du 1 er avril. Les deux compagnies, qui sont les seules à avoir répondu à l’appel d’offres, auraient demandé au total plus de 100 millions par an, sous peine, là encore, de réduire la voilure.
  • VEOLIA ayant par ailleurs annoncé son intention de se désengager de la SNCM, c’est tout le dispositif régissant le système de transport entre la Corse et le continent qui se trouve complètement chamboulé.
Face à ce qui constitue un défi colossal mais aussi une bonne occasion de réfléchir à une nouvelle architecture des transports extérieurs et intérieurs de l’ÃŽle, force est de constater que ce n’est pas l’imagination qui est au pouvoir et que c’est plutôt au bricolage que s’essaient les responsables en charge de ce dossier.
Personne ne saurait bien sûr rester indifférent au sort des salariés embarqués dans ce qui ressemble de plus en plus à une galère.
Mais rien ne serait pire que de fermer les yeux sur la gravité de la situation et se contenter de poser un emplâtre de plus sur les plaies béantes du système,   pour se retrouver dans quelques années face à une une situation ingérable qui coûterait, socialement et financièrement, les yeux de la tête, plongerait des centaines de salariés dans la précarité et laisserait la CTC exsangue pour longtemps.

LES CONTES DU TOURISME INSULAIRE…

3 juillet 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Non, ce n’est ni une faute d’orthographe ni une faute de grammaire: ce n’est pas les  comptes du tourisme que je souhaite évoquer, mais les contes de bonne femme que les premiers  touristes provoquent.

Roland DOMINICI, Hôtelier à Porto Vecchio et président d’un syndicat de professionnels de l’hôtellerie s’est élevé vigoureusement contre l’optimisme qu’il estime excessif du quotidien Corse Matin qui estimait que tous les compteurs étaient au vert en ce début de saison.

Je ne suis naturellement pas compétent pour mesurer la réalité de ces différentes observations, mais j’exprime depuis longtemps des doutes sérieux sur les retombées véritables de l’économie touristique dans notre région.

Bien sûr, il ne me viendrait pas à l’idée de nier  que le tourisme, tel qu’il est pratiqué, soit la première activité économique de notre territoire, ni qu’il génère des flux financiers conséquents.

Je m’interroge seulement sur les secteurs auxquels la “manne touristique” profite vraiment, et ceux pour lesquels elle se traduit par un manque à gagner.

Le premier secteur est  incontestablement les compagnies de transport maritimes et aériennes étant donné le poids que représente le transport dans le budget d’une famille de touristes.

Le second est constitué par les grandes surfaces, ou viennent s’alimenter les clients des campings d’une part et des locations privées d’autre part, qui représentent le plus fort contingent de nos visiteurs.

Le troisième est sans aucun doute le secteur locatif privé, car le revenu qu’il tire de la location aux touristes n’est frappé d’aucun prélèvement.

Quant aux perdants, on peut facilement les déduire de ce qui précède:

Les hôteliers restaurateurs, dont le coefficient de remplissage reste malgré tout relativement faible si l’on excepte la ruée des aoûtiens, et qui subissent de plein fouet les prélèvements sociaux et  fiscaux.

la collectivité insulaire, car les touristes qui louent une  résidences privée utilisent les équipements publics comme ceux qui fréquentent les hôtels et les campings, sans que le collectivité ne perçoive un seul Euro sur les revenus  qu’ils versent pour ces locations.

C”est là une situation parfaitement anormale, dans un pays qui pourchasse à juste titre le travail au noir, mais se montre d’une inexplicable faiblesse avec les revenus perçus au noir.

Il faudra bien que la CTC, par le biais de l’Agence du Tourisme se mette en mesure d’établir enfin des Comptes du Tourisme, et mette à l’étude les moyens de remedier à une discriminaition qui, c’est vrai, n’est plus acceptable.

LA MÉTHODE DES EMPEREURS CHINOIS

1 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

On raconte que lorsque les empereurs chinois recevaient un courrier à cheval d’une lointaine province où se produisaient des évènements qui le contrariaient, il changeait aussitôt par décret impérial  le nom de la province,  ce qui réglait, sinon pour les administrés, mais sans doute au moins pour lui le problème…

C’est peut être en s’inspirant de cette méthode que le président du conseil exécutif de Corse a décidé que les routes nationales s’appeleraient désormais routes territoriales.

Il n’y aura donc plus de problèmes sur les routes nationales: restera seulement à régler le cas des routes territoriales, ce qui, si l’on en juge par l’état des finances de la CTC, demeure problématique.

Toute plaisanterie mise à part, je n’ai pas le sentiment que la question des transports soit abordée comme il le faudrait.

D’abord, pourquoi distinguer dans la réflexion les transports extérieurs à l’ÃŽle et les transports intérieurs ? Ce n’est pas comme cela que l’on parviendra à rationaliser un système complètement dépassé qui pénalise le développement de la Corse, et qui est basé sur une architecture de transports intérieurs archaïque et un assemblage de liaisons extérieures dont on se rend compte aujourd’hui qu’il ne répond en rien aux interets vitaux de la Corse et des corses.

En fait nos élus se comportent comme si un système transports conçu et mis au point il y a plus d’un siècle était absolument immuable et que toute action dans ce secteur ne pouvait que se borner à y plaquer de temps à autre quelques rustines.

Comme si il était envisageable de continuer à entretenir cinq ports de commerce et quatre aéroports dans une île de 300 000 habitants, dont deux ports de commerce en Balagne, à 15 kilomètres de distance !

Comme s’il était responsable de ne pas mettre d’urgence en chantier un véritable réseau ferré pour relier Bastia à Bonifacio par la côte orientale, avec une bretelle de Porto Vecchio à Ajaccio  et une autre de Bastia à Calvi…

Je parle bien sûr d’un réseau ferré à double voie normale, électrifié et non d’un deuxième “trinighellu” à voie unique qui n’est plus en service que chez nous et quelques pays sous développés…

Au moment ou l’on approche d’un baril de pétrole à 200$ le baril, ou notre réseau routier est saturé et ou sa modernisation aurait un coût considérable tant financier qu’environnemental, comme chacune sait, il est temps de traiter la question des transports comme elle le mérite…

Nos élus ne sont pourtant pas plus stupides que ceux que l’on rencontre dans les autres régions françaises, on dit même qu’ils le seraient moins. Alors pourquoi ce comportement aussi timoré que peu responsable ?

Il y a sans doute plusieurs explications, mais je crois que le cumul des mandats qui affecte la plupart d’entre eux et les empêche de regarder plus loin que le bout de leur mandat y est pour quelque chose.

Le président du conseil exécutif, par exemple, dont chacun s’accorde à dire que c’est un homme intelligent, est parfaitement capable de concevoir cela, et il a en outre aujourd’hui le pouvoir de lancer un chantier de cette importance…

Seulement voilà, il est député, son mandat vient à échéance en 2012, et il rêve d’être un jour ministre.

C’est sans doute pour cela que, campagne électorale oblige, il n’a pas hésité devant les élus de  Balagne,  à recommander, en pure perte, des études supplémentaires sur les conditions d’approche de  l’aéroport de Calvi, dont le déficit structurel a été par plusieurs fois pointé par la Chambre des Comptes de Bastia , et à conforter le port d’ÃŽle Rousse, sans mentionner bien entendu  que dans ces conditions le port de Calvi devrait trouver une autre vocation.

Calvi et ÃŽle Rousse, cela n’échappera à personne, se trouvent dans la circonscription de Corte Calvi…

“Gouverner c’est prévoir”..disait Emile de Girardin. Il  disait aussi “Tout le monde parle de progrès, et personne ne sort de la routine”.

Il faudra bien en sortir un jour de la routine, d’autant que pour appliquer la routine, on n’a pas besoin d’élus, les fonctionnaires suffisent, n’est ce pas ?

LA GAUCHE CHERCHERAIT ELLE A BIAISER ?

26 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Biaiser: c’est à dire selon le dictionnaire ruser, ou encore obliquer, ou bien user de moyens détournés, ou encore louvoyer…

C’est l’impression, parfaitement désagréable que me laissent les récents propos publics des leaders de la gauche à l’assemblée de Corse.

Sur la session extraordinaire que Dominique BUCCHINI a annoncée par exemple , qui serait si j’ai bien compris, consacrée à “la violence”:  on chercherait à noyer le poisson qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

Un collectif de militants de gauche dont je fais partie avait écrit au président de l’assemblée pour lui demander la tenue d’une telle session consacrée au banditisme: c’est selon nous une affaire assez sérieuse, qui affecte profondément le fonctionnement de notre société,  pour qu’on aille au fond des choses et qu’on affronte cette réalité sans fard, et sans tenter d’en dissoudre la triste réalité dans un débat académique.

A moins  que cela en dérange quelques uns, je vais finir par le croire  !

Même constat pour ce qui concerne les assises sur la question foncière. Voilà semble-t-il, si j’en crois les propos du président du Conseil exécutif rapportés hier par  la télévision régionale, cette affaire particulièrement importante et sensible réduite à une question de coût du logement social et d’accession à la propriété par un tour de passe passe particulièrement désagréable.

Je ne sous estime pas cet aspect de la question; nous en avions fait une proposition centrale de la liste que je conduisais en 2004, pendant que d’autres qui s’en saisissent heureusement aujourd’hui, l’ignoraient superbement…

Franchement, s’il en était ainsi je ne vois pas pourquoi on y consacrerait des assises : ce sont là des questions qui peuvent être très sérieusement traitées entre la CTC et l’Etat, et dont l’assemblée de Corse est tout à fait habilitée à traiter et outillée  pour ce faire.

La question foncière dans notre île est une question politique et c’est ainsi qu’elle doit être abordée et traitée. Nous payons encore aujourd’hui les erreurs commises dans ce domaine il y a plus de 30 ans par la SOMIVAC et les apprentis sorciers des premiers gouvernements de la Vème République, et c’est là pour moi une bonne, une excellente raison de ne pas recommencer…

Errare humanum est, perseverare diabolicum parait il.

La gauche est aujourd’hui aux affaires, et, comme tous les hommes et toutes les femmes de gauche je souhaite qu’elle réussisse et remette notre île sur le chemin du progrès économique et social.

Elle n’y arrivera pas en biaisant, elle prendra au contraire le risque de se fracasser sur le mur des réalités….

EDF, LA CORSE, LA CTC… ATMOSPHÈRE ELECTRIQUE.

25 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

La question de la fourniture par EDF des moyens nécessaires à la Corse en énergie est vraiment une question électrique , voire explosive…

Dernier épisode, la “sortie” de Maria GUIDICELLI à propos des déclarations de Michèle RIVASI, députée Europe Ecologie au parlement de Strasbourg lors de la séance d’hier de l’assemblée de Corse.. Et ce n’est probablement pas fini.

la querelle porte essentiellement sur la  sécurité d’approvisionnement des zones non interconnectées, les ZNI, qui concerne  la Corse  et les DOM TOM

Passons sur les débats d’experts avec lesquels, de toute façon, rien n’est jamais acquis, d’autant que les experts en question n’échappent hélas pas plus que quiconque aux pressions des lobbys qu’ils soient économiques ou idéologiques.

Il reste que la Corse a raison de se préoccuper de son approvisionnement en énergie et prêter la plus grande attention à trois paramètres incontournables: la sécurité des approvisionnements, la qualité du courant électrique fourni aux usagers, et enfin le coût de l’énergie.

La sécurité des approvisionnements passe bien sûr  par la diversification des sources de production, et en particulier le recours aux énergies renouvelables et par la pérennité des fournisseurs.

la qualité du courant fourni aux usagers dépend quant à elle pour la plus grande part de l’interconnection du réseau insulaire avec les réseaux européens, qui n’est pas aujourd’hui satisfaisante. Si Maria GUIDICELLI a raison de souligner que notre classement en ZNI nous garantit des prix plus réduits, elle a tort de négliger le facteur qualité car il pèse lourdement sur l’attractivité de notre île pour les entreprises de pointe.

Quand au coût de l’énergie, si l’on veut bien se projeter sur les 30 ou 50 prochaines années, il est hautement probable qu’il connaîtra des hausses considérables compte tenu de la raréfaction de la ressource pétrolière concomitante avec  la montée en puissance de la consommation des nations asiatiques. De ce point de vue en tout cas,les débats enflammés sur le gaz naturel du  GALSI, fuel lourd ou fuel léger n’ont aucune incidence..

Dans les années 1985 à 1990 déjà la question de l’approvisionnement déchaînait les passions. Il s’agissait alors de choisir entre la connexion au réseau européen, à travers le câble Italie-Corse (le fameux câble ICO) et la construction de la centrale du Vazzio.

Je m’étais prononcé, pratiquement seul parmi les élus de l’assemblée de Corse,  pour la câble ICO, pour des raisons que l’on comprend sans doute mieux aujourd’hui avec les débats sur les nuisances et la  disparition des centrales obsolètes.

La CGT EDF, quant à elle, plaidait pour la construction de la centrale au Vazzio, allant même jusqu’à suggérer une variante: la construction d’une centrale à charbon à Aléria, sur le domaine de Casabianda !

J’avais compris alors que quel que soit le respect que l’on doit porter à un syndicat, surtout pour des militants de gauche comme moi, il ne faut jamais oublier que la vocation du syndicat est d’abord et surtout la défense des intérêts des salariés.

Il arrive heureusement, le plus souvent, que cette défense recouvre celle de l’intérêt général, mais cela n’a rien d’automatique et de systématique.

J’ai beaucoup d’estime pour Maria GUIDICELLI, et je considère qu’elle  est  l’un des conseillers exécutifs les plus actifs les plus efficaces et les plus sérieux. Elle accomplit pour l’instant un sans faute dans l’exécution de son mandat.

Je n’ai bien sûr aucun conseil à lui donner, et je pense qu’elle n’est pas femme à se laisser instrumentaliser par quiconque. Mais, sait on jamais…

LA QUESTION FONCIÈRE ? UNE VRAIE QUESTION POLITIQUE

18 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Pour répondre à la nécessité de lutter contre la spéculation immobilière, l’assemblée de Corse a décidé d’organiser à la rentrée des assises consacrées à cette question.

C’est indiscutablement une affaire essentielle, et l’ouverture d’un vaste débat est effectivement indispensable. Encore faut il que l’on se mette bien d’accord, au préalable, sur ce dont on va débattre, faute d’aboutir comme trop souvent à des déconvenues.

L’encyclopédie Wikipedia nous explique: dans le langage courant, “spéculation immobilière” est une expression péjorative, relative à des opérations présentées comme abusivement profitables car réalisées pour un prix inférieur au prix « normal » du marché, par des opérateurs ( promoteurs, agents immobiliers,banque, responsables politiques…) dont l’honnêteté est implicitement ou explicitement mise en doute.

Le président de la République, qui comme on sait a réponse à tout et parle trop souvent avant de réfléchir, et le conseil exécutif de la CTC, ont en quelque sorte clos le débat avant même qu’il soit ouvert en préconisant la mise en place d’un Office Foncier.

Il me semble que c’est une erreur, et qu’avant de discuter de la pertinence et de l’efficacité des outils à mettre en oeuvre pour combattre  les effets de l’emballement du marché immobilier dans notre île, il vaut mieux nous mettre d’accord sur l’objectif politique visé.

S’il s’agit simplement de mettre quelques cataplasmes sur les scandales provoqués ici ou là par un marché foncier en folie, pas besoin de grande messe. Il ne manque pas, dans la panoplie des instruments destinés à atténuer les méfaits du libéralisme , de dispositifs adaptés plus ou moins efficaces.

S’il s’agit par contre d’éviter, sur une beaucoup plus grande échelle, les ravages et les déchirures  que la Corse a connu lorsque la spéculation s’est déchaînée sur les terres agricoles avec l’arrivée des rapatriés d’Afrique du nord, alors c’est une affaire d’une toute autre envergure qui réclame une réponse autrement plus ambitieuse.

C’est sous cet éclairage  que l’on doit à mon sens poser le problème si l’on veut se donner une petite chance de le traiter avec efficacité et en garantir le succès sur la durée: ce n’est pas une simple affaire de technique administrative  c’est un vrai problème politique qui réclame une réponse politique.

Les corses ont en effet le sentiment que de manière diffuse c’est un peu la même situation qui se reproduit aujourd’hui sous leurs yeux, dont l’évolution s’accélère, et  dont ils apprécient chaque jour un peu plus les conséquences pour l’avenir de leur communauté.

Oublier que ce qui touche à la terre est en Corse une question particulièrement sensible qui comporte une dimension particulière que l’on ne retrouve aujourd’hui dans aucune autre région française serait une grave erreur, et  une faute contre l’histoire.

Imaginer qu’elle pourra trouver une solution sans que l’on repose sérieusement la question d’une nouvelle évolution institutionnelle, question devenue inexplicablement tabou , n’est ni réaliste ni sérieux.

N’en déplaise aux esprits forts qui considèrent ce débat comme définitivement clos, il faudra bien se résoudre à l’ouvrir à nouveau, plus vite sans doute que ne l’auraient souhaité ceux qui se sont constamment élevés contre le particularisme insulaire , dès lors que l’on veut vraiment que ces assises aboutissent à un résultat tangible.

VOUS AVEZ DIT CONFIANCE ?

18 juin 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Même si la calamiteuse affaire de la désignation du président du conseil de surveillance de la CCM n’entrainera pas une rupture de la coalition de gauche aux commandes de la CTC, il est clair semble-t-il qu’il y aura un avant et un après le 14 mai 2010 à gauche et que la confiance n’y est plus.

Dans un communiqué au ton extrêmement sévère, Paul Antoine LUCIANI et Jean Charles ADAMI s’élèvent, à juste raison, sur les “allégeances clanistes et les manipulations électoralistes” qui ont amené à écarter Michel STEFANI du poste de responsabilité qui avait été promis au groupe communiste de l’Assemblée de Corse.

Je n’ai pour ma part aucune raison d’en douter. Connaissant bien Dominique BUCCHINI pour lequel j’ai beaucoup d’estime et une grande amitié, je ne le vois pas s’avancer sur ce terrain s’il n’avait obtenu de Paul GIACOBBI un engagement clair et net.

On doit, plus sérieusement, s’interroger sur les raisons qui ont pu conduire Paul GIACOBBI à préférer un transfuge de la droite insulaire fraichement rallié, à un allié solide dont l’appartenance à la gauche , pas plus que la fidélité à ses alliances ne saurait être discutée.

Serait ce une dette, une promesse imprudente,  à honorer envers un homme ralliant GIACOBBI alors même que son épouse siègeait avec Camille de ROCCA SERRA et dont il est prudent de fixer la fidélité dès lors que la coalition ne dispose que de 24 voix sur 51 ?

Faut il y voir les prémisses d’un futur renversement d’alliance ou à minima un signal donné à la droite pour signifier que le président de l’exécutif, s’il s’est allié au PS , n’en reste pas moins un homme libre d’appartenance ?

Après tout, la coalition qu’il a mis au point et dirigée au conseil général de Haute Corse ne compte aucun communiste mais compte par contre nombre d’élus se réclamant de la droite sarkozyste…

Les élus communistes considèrent, à juste titre, que l’on a vu à l’oeuvre  des pratiques d’un autre âge qui ne marquaient en aucune façon le changement que la gauche incarnait.

Ils seraient bien inspirés de se rappeler la savoureuse formule de Francis BLANCHE qui disait ” il aurait mieux valu penser le changement que changer le pansement”…

ATTENTION AU BOOMERANG

2 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Le feuilleton du remaniement ministériel naguère concocté par NIcolas SARKOZY touche à sa fin. Le stratège de l’Elysée semble cette fois s’être pris les pieds dans le tapis . Comme  à chaque fois avec lui c’est le lampiste qui paye les pots cassés puisque la responsable du couac du site internet de Matignon est passée a la trappe.

Je suis quant à moi intimement convaincu que Paul GIACOBBI n’aurait  de toute façon pas accepté le marché de dupes qui lui était proposé. Plus qu’à ses mérites et à ses talents, incontestables, c’est à la possibilité qui était offerte à la droite de conserver la CTC qu’il aurait dû, aux yeux de l’opinion, cette insigne faveur.

En outre, Président d’une des 22 Régions Françaises   ne confère-t-il pas de nos jours bien plus de satisfactions que d’occuper le  40 ème strapontin  d’un gouvernement par essence ephémère ?

Le Président du Conseil Général est une pièce maitresse dans le dispositif de conquête par la gauche du pouvoir territorial, et il peut, n’en déplaise à ses détracteurs, légitimement prétendre à succèder à Ange SANTINI.

La gauche ne peut, une fois de plus, une fois de trop sans doute, s’abandonner aux poisons délicieux mais délétères de la division. Elle  doit simplement se rendre à l’évidence:  si l’élection territoriale se déroule sur deux tours, c’est justement pour qu’au premier tour s’expriment les différences, et il en existe bien sûr à gauche,  et qu’au deuxième se rassemblent les familles  politiques.

Reste qu’il faudra, lorsque le rideau tombera, mesurer les dégats collatéraux de cette aventure. Paul GIACOBBI ne devrait pas s’en tirer trop mal: après tout jouir de la faveur du Prince sans l’avoir pour autant sollicitée ne constitue pas un handicap dans une île à laquelle ces faveurs ont toujours été mesurées, bien au contraire.

Je n’en dirais pas autant de messieurs Camille de ROCCA SERRA et Ange SANTINI, car enfin, au moment ou ils solliciteront les suffrages de nos concitoyens, d’aucuns ne manqueront sans doute pas de se demander s’il est vraiment prudent de confier les destinées de la Corse à des hommes que le Président de la République n’a pas jugés dignes de figurer dans son gouvernement, préférant même s’adresser au plus sévère de leurs opposants…

J’en connais un certain nombre qui ne manqueront pas de le rappeler…

QUEL BROUET BALLADUR VA-T-IL SERVIR A LA CORSE ?

14 janvier 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Edouard BALLADUR a été chargé par le chef de l’Etat de préparer la réforme des collectivités locales. Ce dernier a levé un coin du voile lors de sa dernière conférence de presse: il souhaite la fusion des Départements et des Régions, et la fusion de certaines régions entre elles.

L’ancien Premier Ministre recopit donc beaucoup d’élus ces derniers temps. C’est ainsi qu’ont été reçus par la commission Paul GIACCOBBI, Président du Conseil Général de Haute Corse, Jean Jacques PANUNZI, President du Conseil Général de Corse du Sud, et les deux élus présidant la CTC, Camille de ROCCA SERRA et Ange SANTINI.

Si les deux Présidents des Conseils Généraux ont clairement fait connaître leur hostilité à la disparition des institutions départementales, leurs collègues de la CTC ont donné leur accord pour cette réforme.

Ange SANTINI, demandant que le Président du Conseil Exécutif puisse être élu au suffrage universel, comme dans la Sardaigne voisine, Camille de ROCCA SERRA se bornant pour sa part  à souhaiter le retour au droit commun des Régions pour ce qui concerne l’exécutif de la CTC.

Tous ont exigé, et ce n’est pas là une surprise, la modification du mode de scrutin de l’Assemblée de Corse.

Quant à la réforme elle même, les quelques informations dont on dispose ne laissent rien augurer de bon. Le Président de la République, qui à son habitude a sorti cette réforme de son chapeau sans jamais l’avoir évoquée dans sa campagne, ne se fait sans doute guère d’illusions sur la possibilité de faire voter une loi organique par le Congrès ou il est minoritaire, pas plus que de gagner un referendum sur un sujet qui n’interesse en rien les français.

Aussi a-t-il concocté une sorte de bouillie pour les chats qui pourrait être approuvée sans trop de problèmes par l’Assemblée nationale ou il peut s’assurer une majorité, même courte, de godillots.

Pour aller à l’essentiel: la carte des cantons serait revue en profondeur, et le nombre de cantons ruraux considérablement réduit. Les élections dans ces nouvelles circonscriptions cantonales se dérouleraient au scrutin uninominal en zone rurale et à la proportionnelle en zone urbaine. 

Les élus ainsi désignés dans les Départements exerceraient les compétences dévolues à la Région dont leur Département est membre, et siègeraient donc avec leurs collègues des autres Départements, et les compétences dévolues au Département ou ils ont été élus ou ils se retrouveraient avec ceux de leurs collègues élus dans le même Département.

Au cas ou une telle réforme serait appliquée en Corse elle constituerait une double regression. D’abord parcequ’elle signerait l’arrêt de mort de la reconnaissance de la spécificité de l’ÃŽle  la fin du Statut Particulier, ensuite par ce qu’elle se traduirait par un fantastique retour en arrière en consacrant le mode de fonctionnement claniste inspiré de celui des Conseils Généraux.

 

 

Â