Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

YVAN COLONNA: LA COUR DE CASSATION DIT LE DROIT

1 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction

J’avais eu l’occasion de poster sur ce même blog un papier intitulé Justice ou vengeance d’Etat ou j’écrivais entre autres “Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…”

En accordant une nouvelle chance à Yvan COLONNA, la  Cour de Cassation aura hier donné à la Justice elle même  une nouvelle chance de réparer les dégâts que le catastrophique procès en appel avait occasionnés.

La raison d’Etat avait pesé sur les derniers procès:  la Cour devant laquelle il est appelé à comparaitre à nouveau, composée de magistrats professionnels, se trouvera  volens nollens dans la même situation.

Le président de la République l’avait désigné comme coupable dès son interpellation, comme il avait désigné Dominique de VILLEPIN dans l’affaire Clearstream: avec la décision de la Cour de Cassation il vient d’encaisser une deuxième claque, ce qui devrait, enfin, calmer ses ardeurs à instrumentaliser la Justice à son profit.

Il appartiendra donc aux magistrats appelés à rejuger Yvan COLONNA d’oublier la raison d’Etat, car elle n’a rien à faire dans un prétoire, du moins dans une démocratie, et de juger le prévenu en fonctions des faits.

L’intime conviction des juges, même si elle a naturellement son importance, ne doit en aucun cas servir de paravent à une justice qui serait dictée par la raison d’Etat.

Le doute qui pèse sur la culpabilité d’un prévenu, quel qu’il soit,  doit profiter à l’accusé,  qu’il soit poursuivi dans le cadre de l’assassinat  d’un Préfet ou de n’importe lequel de nos concitoyens. L’oublier reviendrait en l’espèce à ouvrir, pour l’avenir de la Justice, une porte que des générations de magistrats républicains  ont maintenue dans notre République  soigneusement fermée aux manoeuvres du  pouvoir exécutif.

JUSTICE OU VENGEANCE D’ETAT ?

12 mars 2009 par Vincent CARLOTTI  
Prsent dans A la Une, Corse, Introduction, Société

Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…

Je ne suis pas juriste, et devant le cirque judiciaire qui se produit sous mes yeux depuis trop longtemps déjà je dois dire que je ne le regrette pas vraiment.

Il n’empêche que je me suis laissé dire que, dans notre système judiciaire, le doute doit sans conteste possible profiter à l’accusé. 

Ce n’est pas l’impression que donne la Cour d’Assises dont la conviction visiblement bien arrêtée est que Yvan COLONNA est bien le coupable, et que le procès n’est rien d’autre qu’une sorte de rituel obligé, de cérémonial incontournable, dont l’issue est de toute façon toute tracée depuis qu’un certain Ministre de l’Intérieur l’avait décrèté.

Je ne serais pas vraiment surpris que les magistrats décident demain de poursuivre le procès sans accusé ni avocats: ils ont visiblement tellement hate d’en finir  et de renvoyer l’accusé purger sa longue peine au fond d’un cachot.

Dieu merci, la peine de mort a été supprimée dans notre pays, car n’en doutons pas, ils l’auraient de la même façon envoyé à la guillotine, à moins que ne les retienne, au moment de prononcer la sentence, les mésaventures du Juge de Georges BRASSENS avec le Gorille !

Une chose est sure en tout cas: le tribunal poursuivre le procès sans accusé ni avocats de la défense, il peut l’expédier vite fait bien fait dans les 24 heures si cela lui chante.

Yvan COLONNA retournera alors en prison sans avoir pu bénéficier du doute qui s’est installé n’en déplaise au tribunal dans ce procès.

Mais ce doute là, il habite désormais chaque Corse: en son âme et conscience il n’a pas fini de le tarauder. Il se pourrait même que se reproduise ainsi sous nos yeux la source de fractures,  et de tensions futures qui a naguère produit tant de drames.

L’avenir nous le dira, comme il nous dira sans doute si, pour ne pas désavouer un certain Ministre de l’Intérieur, il aura fallu que la République se laisse aller à condamner un innocent, en se faisant l’instrument d’une vengeance d’Etat. Souhaitons que le prix qu’elle aurait alors accepté de payer n’en soit pas trop lourd poue elle et pour nous.