Ma part de vérité - Edition du Jeudi 09/09/2010

L’ARGENT SANS MAITRE POUR CHARLES HENRI FILIPPI.

27 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

L’argent sans Maitre, c’est le titre de l’excellent essai que  notre compatriote Charles Henri FILIPPI vient de publier aux éditions Descartes.

L’auteur,  sorti major de l’inspection des Finances, intègre en 1982 le Cabinet de Jacques DELORS, et est élu à la première Assemblée de Corse sur la liste de Prosper ALFONSI sur laquelle nous nous trouvions ensemble.

Proche de Laurent FABIUS, il devient ensuite Directeur du Cabinet de Georgina DUFOIX. Il passe ensuite au secteur privé, dirige la Banque STERN, puis entre au CCF dont il devient  PDG avant de se retrouver  Président du Directoire de la filiale France de la banque britannique HSBC  jusqu’en 2007.

Dans l’essai remarquable qu’il vient de publier il livre une analyse extrêmement pertinente et parfaitement assimilable pour quiconque s’interesse aux questions économiques, des raisons et de la gravité de la crise qui affecte le monde de la finance.

Après avoir rappelé l’histoire de la création monétaire et de la circulation de l’argent, rappelé son rôle dans la création de la croissance, et souligné le compromis entre l’argent et la démocratie à l’origine de  la prospérité des pays occidentaux, il décrit avec précision les mécanismes qui l’ont fait voler en éclat.

Pour lui, la crise que nous traversons est plus qu’une crise financière, économique et sociale. C’est une profonde et brutale rupture politique ou à l’argent socialisé et dispersé, qui canalisait le le  capitalisme  a succèdé l’argent privatisé et concentré.

Un monde ou un millier de milliardaires en dollars concentre une richesse supérieure à ce que possèdent les deux milliards d’humains les plus pauvres de la planète, un monde ou la démocratie est mise en danger par l’accumulation insensée des richesse par une poignée d’oligarches dont la cupidité et l’avidité ne conanissent aucune contrainte.

Un monde ou  le créateur, l’ingénieur ou le manager ont été  effacés par l’actionnaire et où le pouvoir de “faire de l’argent” est passés de l’entrepreneur économique à l’entrepreneur financier et ou l’économie de marché s’est vue remplacée en fait par l’économie de l’argent, où la création monétaire a échappé au banques pour se généraliser dangereusement à une série d’intermédiaires dont le financement de l’entreprise n’était plus l’objectif premier.

Pour en sortir, s’il n’est pas déjà trop tard, il préconise d’abord de redéfinir les contours de la création monétaire, la monnaie bien public ne devant plus être confondue avec l’argent bien privé, et surtout, concevoir et mettre en oeuvre une règlementation rigoureuse car le contrôle de la création monétaire est devenu tout simplement vital pour l’équilibre de la planète.

Ensuite ne plus permettre à quiconque de fabriquer de l’argent au delà de sa contribution au développement économique. Il faut, conclut il, revenir à une économie sociale de marché, qui mette sous tutelle l’argent prédateur tout en laissant s’exprimer l’argent quand il est auteur de progrès: comme le stipule la déclaration des Droits de l’Homme, il faut que cette forme incontournable et essentielle qu’est l’argent ne puisse être véritablement fondée que sur l’utilité commune.

Bref, un ouvrage à lire et à méditer: l’ouvrage d’un brillant technicien mais aussi d’un homme  de gauche chez lequel le souci de l’humain est constant. de la banque et de la finance.

Petite histoire à méditer pour finir: Charles Henri FILIPPI a été battu aux élections municipales de 1983 dans son village de Vescovato par un homme avec un casier judiciaire long comme le bras et qui, comme on dit chez nous ” non sapia mancu fa “O” incu una canna ” .

UN MINISTRE VRAIMENT GONFLE!

Il y en a qui sont vraiment gonflés: gonflés de leur importance le plus souvent, mais de plus assez gonflés pour prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.

Ainsi, Laurent WAUQUIEZ Ministre UMP du Travail qui s’étrangle d’indignation à l’annonce par le groupe TOTAL de la supression de 555 postes de travail dans le département production. Scandale dit-il, et il a raison, pour un Groupe qui affiche 14 Milliars d’euros de profits en 2008.

Mais voilà un homme qui, il y a quelques mois, n’avait pas de mots assez durs pour une gauche qui selon lui manquait  de réalisme et de bon sens au point d’ignorer que la libre entreprise est l’alpha et l’omega du progrès économique et social, et que tout ce qui pouvait entraver cette liberté était au mieux inconscent et au pire criminel !

Le voilà, donc converti, comme son maître à penser Nicolas SARKOZY, à la lutte contre la capitalisme financier et tous ces patrons voyous qui etc..etc..

Faut il lui rappeler que, dans le système devant lequel il s’est prosterné jusqu’à ces dernières semaines, la seule, l’unique loi qui compte c’est la “maximisation des profits” et que l’effectif d’une entreprise ne saurait constituer rien d’autre qu’une  ”variable d’ajustement” dont “la libre entreprise” doit pouvoir user sans entrave.

Il est déjà très difficile de voir le spectacle des difficultés dans lesquelles s’enfonce aujourd’hui notre pays, et la détresse des plus démunis: mais supporter de plus les fumisteries et l’effarante hypocrisie des gens qui nous gouvernent aujourd’hui, là, c’est vraiment insuportable!

Un bon millier de nantis recoivent en ce moment, en application de la Loi dite du paquet fiscal que le Gouvernement de Monsieur WAUQUIEZ a fait voter par ses godillots au Parlement, des chèques du trésor dont le montant dépasse parfois les 250 000 €.

Pendant ce temps des paquets de chômeurs viennent grossir les rangs des sans ressources: alors, Monsieur le Ministre, s’il vous plait, un peu de dignité, fermez là!