L’EUROPE A LA RAMASSE
9 mai 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Europe, Introduction, Politique
J’ai rarement vécu une campagne électorale aussi atone: je ne parle pas de la Corse mais de l’ensemble du pays, voire, si j’en crois la presse étrangère, de l’ensemble de l’Union Européenne.
Il a fallu qu’ils se mettent  à plusieurs pour dégouter les citoyens de l’Union, mais le résultat est là , c’est gagné!
Manuel BAROSO d’abord, le meilleur antidote à l’idée européenne cet ancien gauchiste portuguais recyclé ultralibéral dont l’affligeante et arrogante nullité éclate au point d’en avoir écoeuré Nicolas SARKOZY lui même.
Notre président ensuite, avec sa facheuse habitude de tirer constamment la couverture à lui, d’effacer tout ce qui ne tourne pas autour de son auguste personne, au point de dissuader l’européen le plus convaincu devoter de  peur qu’il ne parvienne un jour à s’emparer du pouvoir d’une Europe Politique qu’il conduirait comme il conduit la France.
Nos gouvernants et les partis politiques ensuite qui n’ont rien trouvé de mieux qu’un soit disant mode de scrutin régionalisé, sensé rapprocher nos concitoyens de leurs députés et qui ont fabriqué des ensembles introuvables ou ils ont multiplié les parachutages de réprouvés du suffrage national.
Les gouvernants de tous les pays d’Europe en suite qui ont été incapables de se mettre d’accord pour que les quelques 300 millions d’européens votent tous le même jour, selon le même mode de scrutin, pour élire leurs parlementaires à Strasbourg, ce qui aurait donné assurément du corps à l’idée européenne.
Et les voilà qu’ils s’inquiètent du taux de participation médiocre qui s’annonce, alors qu’ils l’ont préparé par leur incurie. Un mode de scrutin inepte, soit disant régionalisé ou les candidats locaux à de rares exceptions près ne figurent pas en position éligible, un manque d’engagement des leaders nationaux, un débat inéxistant ! Cherchez l’erreur ?
J’ai été par deux fois candidat au Parlement Européen: en 1979 sur la liste PS-PRG conduite par François MITTERRAND et en 1984 sur le liste socialiste conduite par Lionel JOSPIN. Le mode de scrutin était alors différent puisque la France constituait une seule circonscription, les  listes comptaient 80 candidats, et les leaders nationaux étaient tête de liste.
En 1979 je me trouvais en position 31 sur cette liste et Nicolas ALFONSI en position 46. Mes amis Dominique TADDEI et Louis LE PENSEC alors députés socialistes, sont un peu avant que la liste soit entérinnée par la Convention du PS, venus m’expliquer que Nicolas se serait engagé à adhérer au PS si j’acceptais de permuter avec lui, ce que j’ai accepté bien entendu.
Le PS a obtenu 20 députés. Deux ans plus tard onze d’entre eux , à commencer par le tête de liste devenu Président de la République , se sont trouvés Ministres ou secrétaires d’Etat, et Nicolas ALFONSI s’est retrouvé Parlementaire Européen.
Aux dernières nouvelles il n’a toujours pas adhéré au PS….

