LA QUESTION FONCIÈRE, C’EST PARTI…
5 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Les assises du foncier et du logement ont été solennellement lancées à la salle des congrès d’Ajaccio par Paul GIACOBBI et Maria GUIDICELLI en présence d’un nombreux public.
D’entrée le président du conseil exécutif a situé les enjeux: la question foncière doit être abordée sans tabou, et il y a urgence à trouver à  cette question des solutions opérationnelles car la situation se dégrade dans des proportions inquiétantes.
Il n’a pas nié que la question comportait  à la fois des sujets de nature technique et politiques au sens le plus noble du terme, sans vouloir cadrer le débat d’emblée afin qu’il puisse se dérouler sinon tranquillement du moins jusqu’au bout.
Maria GUIDICELLI quant à elle présentait le dossier sous l’ensemble des aspects esquissés par le président ainsi que le dispositif et le calendrier des opérations.
Ont suivi un cinq autres exposés, un peu longs. Je retiendrai celui d’Alain SPADONI, président de l’ordre notarial corse, pour la passion et l’engagement qu’il a démontré, pour un combat qu’il mène depuis des lustres.
Reste que la situation est apparue, au fil des interventions particulièrement préoccupante:
- la hausse des prix atteint des sommets hors de portée de la majorité des corses,
- la proportion des résidences secondaires enfle dangereusement et se situe largement au dessus de la moyenne nationale pendant que trop d’insulaires ne trouvent pas à se loger,
- le littoral se mite de plus en plus et on commence à manquer de terrains constructibles à proximité des villes pendant que les lotissements grignotent peu à peu les terres agricoles..
- Quand un terrain est reconnu constructible cela se traduit par une plus-value parfois considérable pour son propriétaire. Pourquoi ne pas partager avec la collectivité le bénéfice qu’il en tirera à la vente et alimenter un fond destiné à lutter contre la spéculation..
- Les résidences secondaires, qui représentent plus de 40% du parc de logements sont vides 7 à 8 mois de l’année pendant que les logements vacants sont rares et hors de prix pour les résidents. Pourquoi ne pas les taxer suffisamment pour inciter les propriétaires à les louer à l’année ?
- Nombre de propriétaires de logements dans les zones touristiques les louent d’octobre à juin à des résidents permanents et de juin à  septembre aux touristes. Pourquoi ne pas encadrer cette pratique, au demeurant assez immorale et qui porte tort à l’industrie hôtelière qui paye des taxes et crée des emplois, et inciter leurs propriétaires à les louer normalement..
- La spéculation fait rage dans les zones touristiques les plus recherchées dont les corses, dans l’incapacité de faire face aux prix exorbitants des terrains sont de plus en plus chassés.. Pourquoi ne pas rechercher à définir les conditions à remplir pour pouvoir se rendre propriétaire d’un terrain à bâtir dans une île dont chacun s’accorde à reconnaître qu’elle doit être protégée de la spéculation et préservée d’une nouvelle flambée de violence…
- Le villes s’étendent de plus en plus horizontalement au dépend des terres agricoles dont nous aurons incontestablement besoin lorsque la crise alimentaire mondiale se déchaînera: Pourquoi ne pas commencer à réfléchir à un urbanisme plus vertical dans les agglomérations de Bastia et d’Ajaccio, avant qu’il ne soit trop tard..
Autant de solutions possibles, sinon souhaitables, qui permettraient sans doute d’améliorer la situation sinon de la règler pour partie de manière satisfaisante.
Le problème est que nous n’avons pas aujourd’hui les moyens de mener cette politique parceque nous n’avons pas les compétences pour en décider et à fortiori les mettre en oeuvre.
La sincérité des promoteurs des assises se mesurera, pour ce qui me concerne, à leur volonté d’exiger les modifications institutionnelles de nature à mettre à notre disposition les compétences dont nous avons un urgent besoin.
Tout le reste est littérature…
Au fait, qu’est il advenu des assises du monde rural qui se sont déroulées à grand spectacle l’an dernier?
LA GAUCHE CHERCHERAIT ELLE A BIAISER ?
26 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Biaiser: c’est à dire selon le dictionnaire ruser, ou encore obliquer, ou bien user de moyens détournés, ou encore louvoyer…
C’est l’impression, parfaitement désagréable que me laissent les récents propos publics des leaders de la gauche à l’assemblée de Corse.
Sur la session extraordinaire que Dominique BUCCHINI a annoncée par exemple , qui serait si j’ai bien compris, consacrée à “la violence”:  on chercherait à noyer le poisson qu’on ne s’y prendrait pas autrement…
Un collectif de militants de gauche dont je fais partie avait écrit au président de l’assemblée pour lui demander la tenue d’une telle session consacrée au banditisme: c’est selon nous une affaire assez sérieuse, qui affecte profondément le fonctionnement de notre société,  pour qu’on aille au fond des choses et qu’on affronte cette réalité sans fard, et sans tenter d’en dissoudre la triste réalité dans un débat académique.
A moins  que cela en dérange quelques uns, je vais finir par le croire  !
Même constat pour ce qui concerne les assises sur la question foncière. Voilà semble-t-il, si j’en crois les propos du président du Conseil exécutif rapportés hier par  la télévision régionale, cette affaire particulièrement importante et sensible réduite à une question de coût du logement social et d’accession à la propriété par un tour de passe passe particulièrement désagréable.
Je ne sous estime pas cet aspect de la question; nous en avions fait une proposition centrale de la liste que je conduisais en 2004, pendant que d’autres qui s’en saisissent heureusement aujourd’hui, l’ignoraient superbement…
Franchement, s’il en était ainsi je ne vois pas pourquoi on y consacrerait des assises : ce sont là des questions qui peuvent être très sérieusement traitées entre la CTC et l’Etat, et dont l’assemblée de Corse est tout à fait habilitée à traiter et outillée  pour ce faire.
La question foncière dans notre île est une question politique et c’est ainsi qu’elle doit être abordée et traitée. Nous payons encore aujourd’hui les erreurs commises dans ce domaine il y a plus de 30 ans par la SOMIVAC et les apprentis sorciers des premiers gouvernements de la Vème République, et c’est là pour moi une bonne, une excellente raison de ne pas recommencer…
Errare humanum est, perseverare diabolicum parait il.
La gauche est aujourd’hui aux affaires, et, comme tous les hommes et toutes les femmes de gauche je souhaite qu’elle réussisse et remette notre île sur le chemin du progrès économique et social.
Elle n’y arrivera pas en biaisant, elle prendra au contraire le risque de se fracasser sur le mur des réalités….
LA QUESTION FONCIÈRE ? UNE VRAIE QUESTION POLITIQUE
18 août 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Pour répondre à la nécessité de lutter contre la spéculation immobilière, l’assemblée de Corse a décidé d’organiser à la rentrée des assises consacrées à  cette question.
C’est indiscutablement une affaire essentielle, et l’ouverture d’un vaste débat est effectivement indispensable. Encore faut il que l’on se mette bien d’accord, au préalable, sur ce dont on va débattre, faute d’aboutir comme trop souvent à des déconvenues.
L’encyclopédie Wikipedia nous explique: dans le langage courant, “spéculation immobilière” est une expression péjorative, relative à des opérations présentées comme abusivement profitables car réalisées pour un prix inférieur au prix « normal » du marché, par des opérateurs ( promoteurs, agents immobiliers,banque, responsables politiques…) dont l’honnêteté est implicitement ou explicitement mise en doute.
Le président de la République, qui comme on sait a réponse à tout et parle trop souvent avant de réfléchir, et le conseil exécutif de la CTC, ont en quelque sorte clos le débat avant même qu’il soit ouvert en préconisant la mise en place d’un Office Foncier.
Il me semble que c’est une erreur, et qu’avant de discuter de la pertinence et de l’efficacité des outils à mettre en oeuvre pour combattre  les effets de l’emballement du marché immobilier dans notre île, il vaut mieux nous mettre d’accord sur l’objectif politique visé.
S’il s’agit simplement de mettre quelques cataplasmes sur les scandales provoqués ici ou là par un marché foncier en folie, pas besoin de grande messe. Il ne manque pas, dans la panoplie des instruments destinés à atténuer les méfaits du libéralisme , de dispositifs adaptés plus ou moins efficaces.
S’il s’agit par contre d’éviter, sur une beaucoup plus grande échelle, les ravages et les déchirures  que la Corse a connu lorsque la spéculation s’est déchaînée sur les terres agricoles avec l’arrivée des rapatriés d’Afrique du nord, alors c’est une affaire d’une toute autre envergure qui réclame une réponse autrement plus ambitieuse.
C’est sous cet éclairage  que l’on doit à mon sens poser le problème si l’on veut se donner une petite chance de le traiter avec efficacité et en garantir le succès sur la durée: ce n’est pas une simple affaire de technique administrative  c’est un vrai problème politique qui réclame une réponse politique.
Les corses ont en effet le sentiment que de manière diffuse c’est un peu la même situation qui se reproduit aujourd’hui sous leurs yeux, dont l’évolution s’accélère, et  dont ils apprécient chaque jour un peu plus les conséquences pour l’avenir de leur communauté.
Oublier que ce qui touche à la terre est en Corse une question particulièrement sensible qui comporte une dimension particulière que l’on ne retrouve aujourd’hui dans aucune autre région française serait une grave erreur, et  une faute contre l’histoire.
Imaginer qu’elle pourra trouver une solution sans que l’on repose sérieusement la question d’une nouvelle évolution institutionnelle, question devenue inexplicablement tabou , n’est ni réaliste ni sérieux.
N’en déplaise aux esprits forts qui considèrent ce débat comme définitivement clos, il faudra bien se résoudre à l’ouvrir à nouveau, plus vite sans doute que ne l’auraient souhaité ceux qui se sont constamment élevés contre le particularisme insulaire , dès lors que l’on veut vraiment que ces assises aboutissent à un résultat tangible.
JUSTICE OU VENGEANCE D’ETAT ?
12 mars 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Société
Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…
Je ne suis pas juriste, et devant le cirque judiciaire qui se produit sous mes yeux depuis trop longtemps déjà je dois dire que je ne le regrette pas vraiment.
Il n’empêche que je me suis laissé dire que, dans notre système judiciaire, le doute doit sans conteste possible profiter à l’accusé.Â
Ce n’est pas l’impression que donne la Cour d’Assises dont la conviction visiblement bien arrêtée est que Yvan COLONNA est bien le coupable, et que le procès n’est rien d’autre qu’une sorte de rituel obligé, de cérémonial incontournable, dont l’issue est de toute façon toute tracée depuis qu’un certain Ministre de l’Intérieur l’avait décrèté.
Je ne serais pas vraiment surpris que les magistrats décident demain de poursuivre le procès sans accusé ni avocats: ils ont visiblement tellement hate d’en finir  et de renvoyer l’accusé purger sa longue peine au fond d’un cachot.
Dieu merci, la peine de mort a été supprimée dans notre pays, car n’en doutons pas, ils l’auraient de la même façon envoyé à la guillotine, à moins que ne les retienne, au moment de prononcer la sentence, les mésaventures du Juge de Georges BRASSENS avec le Gorille !
Une chose est sure en tout cas: le tribunal poursuivre le procès sans accusé ni avocats de la défense, il peut l’expédier vite fait bien fait dans les 24 heures si cela lui chante.
Yvan COLONNA retournera alors en prison sans avoir pu bénéficier du doute qui s’est installé n’en déplaise au tribunal dans ce procès.
Mais ce doute là , il habite désormais chaque Corse: en son âme et conscience il n’a pas fini de le tarauder. Il se pourrait même que se reproduise ainsi sous nos yeux la source de fractures,  et de tensions futures qui a naguère produit tant de drames.
L’avenir nous le dira, comme il nous dira sans doute si, pour ne pas désavouer un certain Ministre de l’Intérieur, il aura fallu que la République se laisse aller à condamner un innocent, en se faisant l’instrument d’une vengeance d’Etat. Souhaitons que le prix qu’elle aurait alors accepté de payer n’en soit pas trop lourd poue elle et pour nous.
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