BATAILLE DE CHIFFONNIERS A L’ASSEMBLÉE DE CORSE.
25 juin 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
Selon le quotidien Corse Matin de ce jour, les élus de la majorité territoriale  à l’assemblée de Corse de sont disputés comme des chiffonniers sur un sujet qui n’en vaut vraiment pas la peine, l’implantation du siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse.
La précédente assemblée de Corse s’était, il est vrai, distinguée quant à elle par une homérique dispute pour donner un nom au dernier ferry mis à l’eau par la SNCM !
Cela promet de sérieux  crépage de chignons lorsque viendront en discussion les sujets les plus brulants comme la réforme institutionnelle, la question foncière ou la politique de transport, et, en tout état  de cause cela donne de cette majorité, et plus généralement de l’assemblée d’ailleurs une image déplorable.
Cela éclaire d’un jour cru la véritable nature des ” groupes politiques” qui composent la majorité. Mis à part le front de gauche de Dominique BUCCHINI dont la liste est pour l’essentiel composée de militants politiques, la composition des autres ne pouvait conduire qu’à ce piètre spectacle.
Ce qu’on appelle groupes politiques, il faut le dire franchement, ne sont en fait que des groupes d’intérêt locaux cornaqués par un leader politique dans lequel ils se reconnaissent, et auxquels ils reconnaissent assez d’influence pour servir la leur.
La liste de Paul GIACOBBI, par exemple, comptait 41 élu cantonaux ou municipaux, dont un important contingent d’élus se réclamant au plan national  de la droite libérale, sur 51 candidats. Il s’agissait d’engranger le maximum de voix possibles et peut importait ce qu’il pourrait en résulter par la suite.
Quand on embarque autant d’élus locaux sur une liste d’une assemblée dont le caractère politique est pourtant avéré, il ne faut pas s’étonner qu’à la première décision qui pourrait mettre en cause au près de leurs electeurs la défense de leur pré carré, ils partent dans tous les sens.
Si l’on ajoute à cela les bisbilles historiques, et parfois hystériques, entre bastiais et ajacciens, le spectacle, à défaut du résultat est garanti.
Le Club politique “La Gauche Autonomiste” avait diffusé, il y a quelques jours un communiqué..prémonitoire, que je livre à votre appréciation.
Rendez vous donc le 27 juillet a fini par décider un Paul GIACOBBI sans doute excédé. Pas très glorieux…
LA GAUCHE CHERCHERAIT ELLE A BIAISER ?
26 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Biaiser: c’est à dire selon le dictionnaire ruser, ou encore obliquer, ou bien user de moyens détournés, ou encore louvoyer…
C’est l’impression, parfaitement désagréable que me laissent les récents propos publics des leaders de la gauche à l’assemblée de Corse.
Sur la session extraordinaire que Dominique BUCCHINI a annoncée par exemple , qui serait si j’ai bien compris, consacrée à “la violence”:  on chercherait à noyer le poisson qu’on ne s’y prendrait pas autrement…
Un collectif de militants de gauche dont je fais partie avait écrit au président de l’assemblée pour lui demander la tenue d’une telle session consacrée au banditisme: c’est selon nous une affaire assez sérieuse, qui affecte profondément le fonctionnement de notre société,  pour qu’on aille au fond des choses et qu’on affronte cette réalité sans fard, et sans tenter d’en dissoudre la triste réalité dans un débat académique.
A moins  que cela en dérange quelques uns, je vais finir par le croire  !
Même constat pour ce qui concerne les assises sur la question foncière. Voilà semble-t-il, si j’en crois les propos du président du Conseil exécutif rapportés hier par  la télévision régionale, cette affaire particulièrement importante et sensible réduite à une question de coût du logement social et d’accession à la propriété par un tour de passe passe particulièrement désagréable.
Je ne sous estime pas cet aspect de la question; nous en avions fait une proposition centrale de la liste que je conduisais en 2004, pendant que d’autres qui s’en saisissent heureusement aujourd’hui, l’ignoraient superbement…
Franchement, s’il en était ainsi je ne vois pas pourquoi on y consacrerait des assises : ce sont là des questions qui peuvent être très sérieusement traitées entre la CTC et l’Etat, et dont l’assemblée de Corse est tout à fait habilitée à traiter et outillée  pour ce faire.
La question foncière dans notre île est une question politique et c’est ainsi qu’elle doit être abordée et traitée. Nous payons encore aujourd’hui les erreurs commises dans ce domaine il y a plus de 30 ans par la SOMIVAC et les apprentis sorciers des premiers gouvernements de la Vème République, et c’est là pour moi une bonne, une excellente raison de ne pas recommencer…
Errare humanum est, perseverare diabolicum parait il.
La gauche est aujourd’hui aux affaires, et, comme tous les hommes et toutes les femmes de gauche je souhaite qu’elle réussisse et remette notre île sur le chemin du progrès économique et social.
Elle n’y arrivera pas en biaisant, elle prendra au contraire le risque de se fracasser sur le mur des réalités….
TERRITORIALES: FAIRE SIMPLE POUR GAGNER
10 août 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Dans un entretien au journal La Corse, Nicolas ALFONSI, Sénateur PRG, ouvre le débat des élections territoriales de 2010 à gauche.
La gestion médiocre de la majorité, ainsi qu’il la qualifie lui même, aurait mérité qu’il soit abordé autrement qu’en fermant pratiquement toutes les portes. Mais enfin, restons positifs en ne retenant que la mise sur la table d’un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, posent problème à commencer par celles qui concernent sinon  la gauche mais plus sûrement le PRG.
Au delà des questions de personnes, qui ne doivent effectivement pas être exagérées, il existe effectivement au sein de la formation qui domine la gauche en Corse deux sensibilités.
Une sensibilité “conservatrice” plutôt que républicaine comme  la qualifie volontiers Nicolas ALFONSI, et une sensibilité “progressiste” . Dans la première se reconnaissent essentiellemnt les amis du Sénateur de Corse du Sud et du maire de Bastia Emile ZUCCARELLI et d’une certaine façon, les communistes corses. Dans la seconde on retrouve la très grande majorité des socialistes corses, les amis du maire d’Ajaccio Simon RENUCCI et ceux du Député de Haute Corse Paul GIACOBBI.
La réforme du mode de scrutin, voulue par la droite et les “conservateurs de gauche” incite à l’union la plus large pour empocher la prime de 9 sièges qui peut assurer à la liste arrivée en tête au second tour la majorité absolue de l’Assemblée de Corse.
Cela n’exclut par conséquent en aucune manière, comme le précise  d’ailleurs le Sénateur de Corse du Sud,  la présence de deux listes de gauche au premier tour.
Cela n’exclut pas plus, de mon point de vue, un élargissement de la majorité élue pour asseoir la meilleure gouvernance possible d’une collectivité mise à mal par la gestion calamiteuse de la droite, d’autant que la prochaine assemblée ne sera élue que pour 4 ans, et que les réformes qu’exige la situation de la Corse réclament que la prochaine majorité soit assurée d’avoir le temps de les mettre en oeuvre.
Encore faut il que soient affichés un certain nombre de préoccupations et  de comportements simples:
- Entre les listes de gauche, si elles sont bien basées sur les sensibilités évoquées plus haut, un accord clair et public sur la fusion des listes autour de celle arrivée en tête au premier tour et un pacte de non agression entre les protagonistes, afin d’assurer aux électeurs de gauche que l’élection ne leur sera pas volée une fois de plus et que la Corse ne soit pas livrée pour 4 ans encore à une droite dont on connait le bilan et les projets.
- En cas de victoire de la gauche qui lui assurerait au second tour la majorité, forcement réduite, des sièges le souci d’associer au gouvernement de l’île celles et ceux qui auront affiché au cours de la campagne des valeurs et des projets dans lesquels les électrices et les électeurs de gauche, dans leur diversité, se reconnaissent.

