Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE

27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.

En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.

La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée   entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.

Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.

En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.

Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.

C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.

Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.

A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.

S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.


L’ARGENT SANS MAITRE POUR CHARLES HENRI FILIPPI.

27 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

L’argent sans Maitre, c’est le titre de l’excellent essai que  notre compatriote Charles Henri FILIPPI vient de publier aux éditions Descartes.

L’auteur,  sorti major de l’inspection des Finances, intègre en 1982 le Cabinet de Jacques DELORS, et est élu à la première Assemblée de Corse sur la liste de Prosper ALFONSI sur laquelle nous nous trouvions ensemble.

Proche de Laurent FABIUS, il devient ensuite Directeur du Cabinet de Georgina DUFOIX. Il passe ensuite au secteur privé, dirige la Banque STERN, puis entre au CCF dont il devient  PDG avant de se retrouver  Président du Directoire de la filiale France de la banque britannique HSBC  jusqu’en 2007.

Dans l’essai remarquable qu’il vient de publier il livre une analyse extrêmement pertinente et parfaitement assimilable pour quiconque s’interesse aux questions économiques, des raisons et de la gravité de la crise qui affecte le monde de la finance.

Après avoir rappelé l’histoire de la création monétaire et de la circulation de l’argent, rappelé son rôle dans la création de la croissance, et souligné le compromis entre l’argent et la démocratie à l’origine de  la prospérité des pays occidentaux, il décrit avec précision les mécanismes qui l’ont fait voler en éclat.

Pour lui, la crise que nous traversons est plus qu’une crise financière, économique et sociale. C’est une profonde et brutale rupture politique ou à l’argent socialisé et dispersé, qui canalisait le le  capitalisme  a succèdé l’argent privatisé et concentré.

Un monde ou un millier de milliardaires en dollars concentre une richesse supérieure à ce que possèdent les deux milliards d’humains les plus pauvres de la planète, un monde ou la démocratie est mise en danger par l’accumulation insensée des richesse par une poignée d’oligarches dont la cupidité et l’avidité ne conanissent aucune contrainte.

Un monde ou  le créateur, l’ingénieur ou le manager ont été  effacés par l’actionnaire et où le pouvoir de “faire de l’argent” est passés de l’entrepreneur économique à l’entrepreneur financier et ou l’économie de marché s’est vue remplacée en fait par l’économie de l’argent, où la création monétaire a échappé au banques pour se généraliser dangereusement à une série d’intermédiaires dont le financement de l’entreprise n’était plus l’objectif premier.

Pour en sortir, s’il n’est pas déjà trop tard, il préconise d’abord de redéfinir les contours de la création monétaire, la monnaie bien public ne devant plus être confondue avec l’argent bien privé, et surtout, concevoir et mettre en oeuvre une règlementation rigoureuse car le contrôle de la création monétaire est devenu tout simplement vital pour l’équilibre de la planète.

Ensuite ne plus permettre à quiconque de fabriquer de l’argent au delà de sa contribution au développement économique. Il faut, conclut il, revenir à une économie sociale de marché, qui mette sous tutelle l’argent prédateur tout en laissant s’exprimer l’argent quand il est auteur de progrès: comme le stipule la déclaration des Droits de l’Homme, il faut que cette forme incontournable et essentielle qu’est l’argent ne puisse être véritablement fondée que sur l’utilité commune.

Bref, un ouvrage à lire et à méditer: l’ouvrage d’un brillant technicien mais aussi d’un homme  de gauche chez lequel le souci de l’humain est constant. de la banque et de la finance.

Petite histoire à méditer pour finir: Charles Henri FILIPPI a été battu aux élections municipales de 1983 dans son village de Vescovato par un homme avec un casier judiciaire long comme le bras et qui, comme on dit chez nous ” non sapia mancu fa “O” incu una canna ” .

ET SI JEUDI LES “PAUV’CONS” LUI DISAIENT: AVA BASTA !

La journée de Jeudi 29 s’annonce comme celle de la manifestation d’une saine colère que le gouvernement autiste de Nicolas SARKOZY serait bien inspiré d’entendre.

La vérité est que la pratique du pouvoir du Président de la République menace le pacte Républicain qui règle les équilibres fondamentaux dans notre pays.

L’arrogance qui est la marque du personnage, l’autosatisfaction qui gouverne chacun de ses actes, les manquements, graves, aux principes républicains se sont multipliés au point d’inquièter de larges franges de l’opinion.

Comment accepter que celui qui se doit d’être le Président de tous les français se mette en scène lors du congrès de son parti, et se comporte ainsi en partisan, en chef de clan pour ne pas dire en chef de meute lorsque l’on entend aboyer à longueur de journée son porte flingue, au mépris des usages républicains ?

Comment tolérer cette soif dévorante de pouvoir qui l’incline à transgresser  la séparation des pouvoirs en soumettant chacun d’entre eux à son caprice ? 

Comment laisser le providentialisme, cette antichambre de la dictature, et l’autoritarisme, s’étaler avec autant d’impudeur dans les pages de nos journeaux quand on mesure, chaque jour un peu plus, le vide sidéral de la politique mise en oeuvre ?

Comment ne pas trouver révoltants les accents pseudo révolutionnaires d’un discours démenti chaque jour par les actes d’une Présidence toute entière soumise aux forces de l’argent ?

Casse toi pauv’con avait jeté notre sémillant Président à un contestataire. Il y aura jeudi beaucoup de pauv’cons dans la rue: s’ils ont tardé à lui répondre, nul doute que leur réponse sera, elle, polie mais cinglante.

Sur internet aussi ça mobilise beaucoup. Parmi la multitude d’initiative signalons deux sites WEB préparant la journée du 29: