QUAND LE PRÉFET DE POLICE SE LACHE…
22 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
L’Etat semble enfin sortir de sa réserve et parait décidé à aborder le dossier du banditisme comme il doit l’être, c’est à dire franchement.
Lors de la conférence de presse du 20 novembre le prefet de police a déclaré, selon Corse matin: “ La Corse est soumise à des gangs qui veulent prendre le contrôle des affaires, mais aussi peut être le contrôle politique...”.
C’est là une déclaration  extrêmement grave dans la bouche d’un fonctionnaire d’autorité,  mais c’est aussi une déclaration bigrement tardive.. Pour ceux qui, comme moi et mes amis du club  ” La Gauche Autonomiste” se sont attachés depuis longtemps à sensibiliser  autorités et élus politiques sur ce dossier, elle arrive un peu comme  l’hommage du vice à la vertu.
Car enfin, si le banditisme a pu prendre une telle importance c’est aussi parce que l’Etat, qui s’exonère là un peu facilement de ses responsabilités, n’en a pas pris conscience assez tôt, si tant est qu’il n’ai pas d’une certaine façon laissé faire.
Je me souviens d’avoir eu, en mars 2003 un entretien avec un Procureur Général de la République en Corse au cours duquel il me tendit une lettre qu’il avait adressée au Garde des Sceaux. Il exigeait dans ce courrier  des explications au sujet de la radiation du fichier du grand banditisme dont avaient bénéficié une dizaine de voyous ayant pignon sur rue dans notre île, nommément désignés dans le document.
Un haut responsable de la police nationale se serait rendu selon lui, coupable de ce que je considère comme un véritable forfait afin sans doute de bénéficier de certains soutiens dans la lutte contre la violence politique qui, comment ne pas le reconnaître, avait bien davantage les faveurs des gouvernements successifs.
Il était effectivement plus “populaire” pour certains ministres de l’intérieur de rafler une vingtaine de nationalistes, quitte à en libérer  les trois quarts discrètement le lendemain, que de s’échiner à  démêler les fils des gangs insulaires..
Il n’est jamais trop tard pour bien faire, alors nous attendrons que chacun prenne enfin ses responsabilités. Le débat du 15 décembre sera, à cet égard, intéressant. Je n’y assisterai pas pour ma part car je serai en déplacement au Brésil,  mais les signataires du courrier qui ont permis qu’il ait lieu y assisteront bien entendu.
Le préfet de police n’est pas le seul à  s’exonérer ainsi facilement de ses responsabilités: j’ai eu beau chercher je n’ai pas encore trouvé une question  écrite ou orale des parlementaires corses au ministre de l’intérieur sur la question du banditisme, malgré les déclarations de certains d’entre eux…
Mais je n’ai peut être pas bien cherché, et je suis prêt à  m’excuser naturellement auprès de ceux qui auraient posé une question qui m’aurait échappé..
Reste que Gilles LECLAIR à tout à fait raison de craindre que le débat ne soit obscurci voire détourné de ses objectifs par des considérations liés à la conjoncture, comme c’est déjà arrivé dans le passé : c’est à Dominique BUCCHINI, qui présidera les débats d’y veiller, je lui fais pour ma part confiance..
LE 15 DÉCEMBRE IL FAUDRA ALLER AU FOND DES CHOSES
29 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
C’est à présent confirmé, l’assemblée de Corse organisera, le 15 décembre prochain, un débat sur “la violence”. Dominique BUCCHINI a ainsi répondu positivement, comme il l’avait laissé déjà entendre, au courrier qu’avec quelques amis nous lui avions adressé le 18 juillet dernier.
Il faut dire que depuis, hélas, un certain nombre d’évènements sanglants n’ont pu que nous conforter dans l’idée que le développement du banditisme a vraiment pris les proportions particulièrement alarmantes que nous dénoncions,  et qu’il devenait urgent que les élus de la Corse, et au delà l’ensemble de la population, s’en saisissent et prennent enfin leurs responsabilités.
Je me réjouis donc, et les signataires du courrier avec moi, que ce débat soit programmé. Reste que nous resterons attentifs à ce qu’il ne soit pas biaisé, et que l’on aille vraiment au fond des choses.
De ce point de vue, je dois  dire que, sous réserve d’inventaire, je me méfie par expérience des débats centrés sur des thèmes généralistes, comme ” la violence”, sujet tarte à la crème s’il en est.
Je conçois bien sûr qu’il faille comme le président du groupe gauche républicaine François TATTI,  s’alarmer de la violence qui s’exerce aujourd’hui dans nos sociétés: la Corse n’échappe pas, de ce point de vue, au mal qui ronge les sociétés occidentales, et je ne sous estime pas les effets pervers qu’il engendre chez nous.
Je partage également la douleur de madame Nadine NIVAGGIONI, élue de femu a Corsica, récemment frappée au coeur par l’un des crimes de sang les plus sauvages que la Corse ait eu à connaitre ces dernières années, qui a laissé éclater sa peine et sa colère devant l’assemblée de Corse.
Je souhaite, comme elle l’a fait, que ne soit pas un débat alibi pour se donner collectivement bonne conscience
Pour autant cela ne doit  pas nous faire oublier que le défi le plus grave que la Corse ait à  relever est celui du banditisme, de l’affairisme et de la spéculation, qui lui sont consubstantiels, ainsi que de la connivence qui se répand comme un cancer  avec le monde des affaires et une partie du monde politique.
Le Club politique “La gauche autonomiste” qu’un certain nombre de signataires du courrier à Dominique BUCCHINI ont  lancé récemment avec d’autres, interviendra, comme  c’est son rôle, dans ce débat.
Nous poserons ce qu’il nous parait être les bonnes questions, sans détour ni complaisance, avec le souci constant de servir l’intérêt général et de préserver notre île des dangers qui, selon nous la menacent.
DE PARIS A BONIFACIO LA QUESTION EST POSÉE…
24 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Dans le quotidien LIBÉRATION du samedi 23 octobre un article qui pose un saisissant raccourci entre la situation que vit notre île et celle  que semble-t-il commencent à vivre les parisiens.
Paris est peut être aujourd’hui, avec Londres et New York une des capitales ou les prix des appartements sont devenus exorbitants: s’y loger est aujourd’hui hors de portée de la plupart de nos concitoyens.
Nombre de propriétaires de ces appartements auraient selon le quotidien, trouvé un nouveau filon: au lieu de louer, très cher, leur logement à l’année, ils préfèrent le louer beaucoup plus cher, à la semaine, aux riches touristes américains ou asiatiques.
Occupés à plein temps, certains de ces appartements pourraient ainsi rapporter à leur propriétaire de 4000 à 6000 € par mois…
Il n’est pas exclu bien entendu qu’une partie de ces revenus échappent à l’impôt, puisqu’il suffit d’exiger du locataire de  payer son loyer en liquide pour échapper à tout contrôle…
Conséquence pour les parisiens: moins d’appartements disponibles à la location et naturellement flambée des prix qui atteignent aujourd’hui des sommets.
Le plus rigolo dans tout cela, c’est que  les mêmes parisiens lorsqu’ils achètent un appartement en Corse et le laissent inoccupé 10 mois sur 12 produisent chez nous les effets qu’ils subissent à  présent chez eux.
Peut être cela les aidera t-il  à comprendre que les corses ne sont pas aussi “xénophobes” que certains le prétendent  et que s’ils grincent parfois des dents c’est parce qu’ils subissent cette situation depuis des lustres et qu’ils considèrent qu’elle n’a que trop duré.
Les assises du foncier, si les mots ont encore un sens et si les autorités qui en ont la charge ont vraiment la volonté d’aboutir, sont là pour ça.
Le dernier paragraphe de l’article de LIBÉRATION vaut son pesant de cacahuètes, et je ne résiste pas au plaisir de vous le livrer in extenso:
“Outre les nuisances, les résidents du centre historique déplorent un mitage de Paris semblable à ce qui s’est passé à Venise». Les commerces de proximité (bouchers, poissonniers, fromagers…) disparaissent au profit de restaurants et commerces dédiés aux touristes. Dans ces quartiers, ou l’offre de logements vides se raréfie, les loyers sont au zénith. Les vrais habitants disparaissent, alors qu’apparaît le spectre d’un Paris ville musée”.
Voilà les parisiens qui découvrent ce que nous vivons, et souvent subissons depuis des lustres. c’est sans doute un peu tard, mais, après tout, à  tout pêché miséricorde n’est ce pas ?
AUDREY PULVAR JOURNALISTE ET FEMME DEBOUT !
20 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
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Monsieur GUERLAIN porte un nom qui symbolise pour beaucoup la délicatesse des parfums français, ou plutôt la symbolisait, car un membre de la famille s’est laissé aller à lacher sur le plateau du 13H de France 2: « J’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… ».
Naturellement, à droite comme à gauche les réactions ont été aussi rares que tardives: la classe politique, dans son bocal, passant plus de tant à se contempler le nombril qu’à regarder à l’extérieur.
Curieusement, pour ne pas en dire plus, cette scandaleuse saillie n’a pas fait ciller la journaliste qui menait l’entretien, et il a fallu attendre pour que la direction de la chaîne présente des excuses.
Cela a par contre scandalisé, à juste titre, Audrey PULVAR, qui a écrit à  l’intéressé une lettre dont j’invite les lecteurs de ce blog à  apprécier la dignité en même temps que la pertinence du propos:citant Aimé CESAIRE,  ”nègre je suis, nègre je resterai”, affirme -t-elle avec une fierté qui claque comme une gifle pour le triste sire .
Originaire de la Martinique, ce magnifique département dont les ressortissants ont été, faut il le rappeler, français bien avant nous autres corses, déclare entre autres:
“Le crachat, que ce très distingué Monsieur Guerlain a jeté non seulement à la figure de tous les Noirs d’aujourd’hui, mais surtout, cher Monsieur Guerlain, sur la dépouille des millions de morts, à fond de cale, à fonds d’océan, déportés de leur terre natale vers le nouveau monde. Ces millions de personnes asservies, avilies, déshumanisées, pendant quatre siècles, réduites au rang de bras et de mains destinées aux champs de coton, aux champs de canne, à la morsure du fouet ou celle du molosse, tous ces esclaves, vendus comme une force de… travail ! Pas des hommes, non, ni des pères, ni des mères à qui l’on arrachait leurs enfants pour en faire d’autres bêtes de sommes, pas des humains, mais des outils, du matériel. Des marchandises“.
Je regardais et appréciais les émissions d’Audrey PULVAR: je dois dire qu’à l’avenir je la regarderai avec encore plus d’intérêt.
Rappelez vous: en juin dernier, elle interroge Nicolas SARKOZY sur les reconduites à la frontière, à la faveur d’une question bien sentie – « Combien d’arrestations faut-il pour expulser vingt-cinq mille sans-papiers par an ? » –, répétée sur un ton sec, à l’anglo-saxonne, le président  bredouille un troublant et disons le franchement honteux dans la bouche d’un président :« Je comprends que le sujet vous touche. » « En tant qu’être humain ? » lui renvoie la journaliste…
Audrey PULVAR est la fille de Marc PULVAR syndicaliste martiniquais de combat aujourd’hui décédé , et la compagne de mon ami Arnaud MONTEBOURG qui, j’en profite pour le souligner, revendique lui même fièrement chaque fois que l’occasion lui est donnée, ses origines algériennes par sa mère, Leïla Ould Cadi, universitaire et essayiste  issue d’une famille de walis d’Algérie.
FOOTAISES SUD AFRICAINES ET FOOTAGE DE GUEULE .
21 juin 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Si j’aime le foot comme la plupart des gens, je dois avouer que je n’aime pas vraiment les professionnels du foot, et singulièrement ceux qui sont en train de s’illustrer lamentablement en ce moment en Afrique du Sud.
On retiendra sans doute de cette coupe du monde le nom du vainqueur bien entendu, et  hélas, les frasques des joueurs de l’équipe de France.
Il y aurait bien sûr beaucoup à dire sur  tel ou tel épisode burlesque de la comédie des bleus,  beaucoup à dire sur les responsabilités de tel ou tel responsable de l’encadrement ou de tel ou tel joueur à l’ego surdimensionné .
Je me limiterai pour ma part à une déclaration de Nicolas ANELKA, l’homme par qui le scandale arrive, qui est curieusement passée quasiment inaperçue.
Dans une interview récente au quotidien gratuit 20 Minutes,  le joueur a déclaré qu’il envisageait de quitter la France parceque il n’aimait pas payer “trop d’impôts” pour s’établir dans un paradis fiscal ou il pourrait profiter de son argent.
Voilà qui, plus qu’un long discours, fait voler en éclats le discours hypocrite des dirigeants  et des joueurs du foot français sur la fierté qu’éprouveraient les joueurs à porter les couleurs de la France et d’autres fadaises du même genre, tout juste bonnes à  mouiller les yeux des gogos et à  réveiller le prurit nationaliste de nos compatriotes.
Une affaire de fric, et seulement une affaire de fric, voilà ce qu’est devenu aujourd’hui le foot professionnel, qui ne porte plus aucune des valeurs qu’il est censé véhiculer, et qui vient d’exploser comme une bulle financière au nez de celles  et ceux qui en ont fait leur religion.
Comme le sarkozysme il n’est au fond qu’imposture, sur fond de “com”, le résultat de l’exaltation de l’individualisme, de la compétition à tout crin et de la vulgarité bling-bling.
J’espère que la leçon de la pantalonnade sud africaine portera, et en particulier que les élus de l’Assemblée de Corse refuseront de suivre la proposition de Paul GIACOBBI  de verser aux bleus du SECB une  subvention exorbitante de 800 000€  …
DES AUTRUCHES A L’ASSEMBLÉE DE CORSE ?
13 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Société
Avant hier, en plein coeur d’Ajaccio, un homme a fait l’objet d’une tentative d’assassinat. A la lecture des journaux, on pourrait croire que le scénario de l’opération, digne d’un film noir, se déroulait à Palerme ou à Catane.
Toujours selon la presse insulaire, les autorités considèrent que cette nouvelle affaire serait liée au grand banditisme.  Le même presse nous informe que lors de la prochaine session de l’Assemblée de Corse un certain nombre de motions seraient soumises à la sagacité de nos nouveaux élus, toutes plus intéressantes les unes que les autres naturellement.
Je n’en ai pas trouvé, mais je me trompe peut être,  qui demande une session extraordinaire consacrée au développement plus que préoccupant, du banditisme dans notre île.
Sauf à considérer que ce phénomène n’a aucune importance pour la Corse et ses habitants, il est tout de même extraordinaire  qu’aucun des 51 membres de l’Assemblée n’ait estimé important d’en discuter dans une enceinte dont on nous dit qu’elle doit être le cénacle ou doivent être débattus les sujets les plus importants pour notre société.
En 1986 j’avais demandé au Sénateur François GIACOBBI, Président du Conseil Général de Haute Corse, que soit organisée, au sein de cette assemblée, une session extraordinaire consacrée au banditisme. Elle avait effectivement eu lieu quelques mois plus tard, en présence des autorités judiciaires et policières, et chacun avait pu prendre la mesure d’un malaise qui , depuis et faute de mesures efficaces, a été en s’amplifiant.
Je ne désespère pas qu’un élu de l’Assemblée de Corse décide un jour, et le plus tôt sera le mieux, que la politique de l’autruche n’est décidément pas la bonne , pose le problème à ses collègues et les invite à  débattre de ces questions vitales pour l’équilibre de notre société, devant nos compatriotes.
On peut tout de même rêver un peu non …
LA GAUCHE ET SES FORTERESSES
18 mars 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Questions sociales, Société
On n’a naturellement pas fini d’analyser le scrutin du 14 mars qui est riche d’enseignements pour l’avenir, et qui fait apparaitre pour une grande partie la gauche en particulier quelques signes qui, malgré la victoire hautement probable sont préoccupants pour l’avenir.
Le tableau ci dessus montre en effet que les listes GIACOBBI, ZUCCARELLI et RENUCCI ont obtenu des scores reflétant une représentation complètement déséquilibrée sur l’ensemble du territoire. Forts dans leurs fiefs, ils sont particulièrement faibles en dehors de ceux ci.
Par contre, les listes SIMEONI et TALAMONI sont remarquablement implantées sur l’ensemble du territoire insulaire, ce qui leur garantit, pour l’avenir, un ancrage permettant d’espérer un développement de plus en plus important compte tenu des relais d’opinion qu’ils ont su agréger ainsi.
Il leur faudra auparavant consolider cet électorat au fil du temps, mais ils ont fait l’éclatante démonstration qu’ils peuvent être plus rapidement que prévu en situation de se positionner en pôle position pour constituer autour d’eux une majorité à l’Assemblée de Corse.
On ne peut pas en dire autant de la gauche non communiste: sa représentation totalement déséquilibrée lui confère une fragilité extraordinaire. la perte de l’un ou l’autre de ses bastion et c’est la descente aux enfers pratiquement assurée..
Le Front de Gauche constitue à gauche une exception très intéressante. Son résultat est parfaitement équilibré, il a fait une excellente campagne très politique et sa liste ne comportait aucun représentant de forteresse électorale.
Bref, d’un coté le résultat trop largement dépendant du vote clanique, archaïque, clientèliste, de l’autre le résultat d’un vote politique attaché à un projet de société.
La victoire de dimanche prochain, favorisée par un contexte de rejet de SARKOZY et des Sarko-boys insulaires, ne doit pas dissimuler la réalité d’une situation dangereuse. C’est aujourd’hui la droite au pouvoir qui se trouve sur la sellette: ce pourrait être la gauche demain au pouvoir qui pourrait connaitre les mêmes déconvenues, d’autant qu’une droite décomplexée pourrait bien s’allier, alors, aux nationalistes…
Le PS de Corse est né des luttes anti-claniques des années 70 et 80, il y a forgé son identité. En se fondant dans un tel schéma il aura fait, incontestablement, et malgré les apparences, le choix de s’ y abimer à plus ou moins brève échéance.
LA HONTE A DESORMAIS UN PRIX
7 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Dans la pays ou je vis tout a un prix. Normal, on est en économie de marché que diable, tout s’achète et tout se vend , faut pas rêver comme  dirait notre Président..
Désormais même la honte a un prix: 826 222 Euros, pas un sou
de moins. C’est ce qu’a touché Raymond DOMENECH après que Thierry HENRI ait, lui, touché la balle. Rassurez vous, le tricheur a touché lui aussi un joli paquet d’euros, pas loin de 500 000 Euros selon les journaux, une broutille..
Voilà , c’est ça la France aujourd’hui, et, pour parler franchement, je dirais que je ne me sens pas la même “identité nationale” que ces deux là comme disait l’autre humaniste.
Lorsque je siégeais au Conseil Général de Haute Corse, j’avais été le seul à refuser de voter une subvention au SECB, ce qui m’avait bien entendu une volée de bois vert d’un certain nombre d’amateurs de football  et de nombre de mes collègues faut il l’ajouter.
J’avais pourtant expliqué tranquillement que le foot ball professionnel n’était plus à proprement parler un sport mais un spectacle, et que je préférais que l’argent public aille au sport amateur et en particulier à l’accès  au sport des plus jeunes et des plus défavorisés.
Que voulez vous, ça me paraissait évident, et cela me parait encore plus évident aujourd’hui quand je vois ce qui se passe dans ce milieu très particulier du foot professionnel.
La réponse de l’un de mes détracteurs m’avait laissé pantois: laisse tomber tes principes et dis toi bien une chose, quand ils remplissent les stades ils nous foutent la paix !
Panem et circences: du pain et des jeux, c’est ce que servaient les Empereurs du bas empire aux romains de la Rome décadente pour leur cacher leurs turpitudes. C’est fou ce que l’histoire a tendance à begayer vous ne trouvez pas ?
UN VENT NAUSEABOND QUI VIENT DE SUISSE
1 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique, Société
La Suisse s’était distinguée pendant la seconde guerre mondiale en refusant de s’engager auprès des alliés contre les nazis. Elle s’est ensuite illustrée comme chacun sait dans le blanchissement de l’argent sale de la drogue et de la corruption.
Voilà qu’aujourd’hui elle récidive, comme dirait notre cher Président, en nous offrant le plus gros accès de xénophobie nauséabonde que nous ayons connu depuis longtemps en Europe.
Un vent mauvais nous vient des Alpes et relance partout ou se tapit la bête immonde de la xénophobie,  le racisme le plus violent et le plus irrationnel .
C’est ainsi qu’en Italie, un ministre de Berlusconi réclame que l’on inscrive un crucifix sur le drapeau italien, de manière à affirmer dit-t-il, notre identité chrétienne, pendant qu’aux Pays Bas, en Belgique l’extrême droite réclame un référendum à l’image de la Suisse.
Marine LE PEN, qui retrouve les accents fascisants de son père, -les chiens ne font pas des chats n’est ce pas - n’est pas en reste et réclame un référendum national sur le communautarisme.
SARKOZY et BESSON, les deux apprentis sorciers qui ont cru bon de lancer le débat de l’identité nationale risquent fort de voir le boomerang leur revenir dans la figure. Le vent de Suisse va en effet souffler fort sur les braises et le piège soit disant tendu à l’extrême droite se refermer sur eux.
Le risque qu’ils font prendre à la communauté nationale pour servir leurs minables interets électoraux donne  ainsi, si besoin était, la mesure de ces personnages.
Quant à ceux qui mettent le référendum populaire à toutes les sauces ils feraient bien de  réfléchir  à ses conséquences dès lors que la peur la plus primitive s’empare d’un certain nombre de nos concitoyens au point de leur faire perdre le sens commun.
SILENCE ! ON TUE…
26 novembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société

Ainsi Monsieur HORTEFEUX, Ministre de l’Intérieur est parmi nous. Il vient, dit il, pour s’occuper du grand banditisme: il était temps ! Si je sais bien compter, il y a eu dans notre île, depuis un an 28 meurtres ou plutôt 28 exécutions, sans que cela soulève plus d’émotion que cela, et sans que les autorités s’en émeuvent vraiment, n’en déplaise au Ministre.
Il est, parait il du plus mauvais gout de comparer la Corse et la Sicile: je vais pourtant oser une comparaison, quitte à heurter une fois de plus la coalition des bien pensants. La Corse compte donc 28 ” cadavres exquis” comme on dit là bas , pour une population de 260 000 habitants; la Sicile comptant quant à elle 6 000 000 d’habitants c’est un peu comme s’il y avait eu en Sicile, sur la même période 646 crimes du même ordre.
Je n’ai pas trouvé sur les sites spécialiés de chiffres qui s’en approchent, pas plus pour la mafia sicilienen que pour la n’drangheta calabraise qui passe pour l’organisation mafieuse la plus sanglante..
Je regardais l’autre jour sur canal plus Christophe DECHAVANNE au Grand Journal s’exclamer ” dans quel pays je vis !“ en lançant une volée de bois vert à la France de Sarkozy.
C’est la question que je me pose depuis longtemps en voyant prospérer scandaleusement une poignée de truands pendant que nombre de  nos compatriotes s’échinent à gagner péniblement leur vie et s’acharnent à élever leurs enfants en leur enseignant les valeurs que leurs parents leur ont transmises.
Et que dire de la décision proprement scandaleuse prise il y a quelques années à l’initiative d’un tristement célèbre Directeur Général Adjoint de la Police Judiciaire de radier du fichier du grand banditisme une douzaine de grands voyous, sans doute en échange d’un appui du milieu pour procéder à des rafles dans les milieux nationalistes. Le résultat est connu: l’intéressé a fait une brillante carrière et le milieu a , lui, considérablement prospéré..
Je crois à l’exemplarité, je ne crois pas que l’on puisse accepter que “la triche” de Thierry HENRI puisse être aussi lamentablement approuvée quand dans le même temps on mets en débat l’identité nationale.
Je ne crois pas que l’on puisse considérer avec une coupable légèreté que quand les voyous se massacrent c’est bon pour la société, en oubliant que les vainqueurs de ces règlements de compte en ressortent plus puissants que ceux dont ils se sont approprié les actifs.
Je ne crois pas que l’on puisse faire comme si cela n’existait pas en détournant les yeux et en “fermant sa gueule”, car cela vaut pour eux approbation, et que c’est pour nos jeunes le plus pervers des signaux.


