Ma part de vérité - Edition du Samedi 13/03/2010

UN MINISTRE VRAIMENT GONFLE!

Il y en a qui sont vraiment gonflés: gonflés de leur importance le plus souvent, mais de plus assez gonflés pour prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.

Ainsi, Laurent WAUQUIEZ Ministre UMP du Travail qui s’étrangle d’indignation à l’annonce par le groupe TOTAL de la supression de 555 postes de travail dans le département production. Scandale dit-il, et il a raison, pour un Groupe qui affiche 14 Milliars d’euros de profits en 2008.

Mais voilà un homme qui, il y a quelques mois, n’avait pas de mots assez durs pour une gauche qui selon lui manquait  de réalisme et de bon sens au point d’ignorer que la libre entreprise est l’alpha et l’omega du progrès économique et social, et que tout ce qui pouvait entraver cette liberté était au mieux inconscent et au pire criminel !

Le voilà, donc converti, comme son maître à penser Nicolas SARKOZY, à la lutte contre la capitalisme financier et tous ces patrons voyous qui etc..etc..

Faut il lui rappeler que, dans le système devant lequel il s’est prosterné jusqu’à ces dernières semaines, la seule, l’unique loi qui compte c’est la “maximisation des profits” et que l’effectif d’une entreprise ne saurait constituer rien d’autre qu’une  ”variable d’ajustement” dont “la libre entreprise” doit pouvoir user sans entrave.

Il est déjà très difficile de voir le spectacle des difficultés dans lesquelles s’enfonce aujourd’hui notre pays, et la détresse des plus démunis: mais supporter de plus les fumisteries et l’effarante hypocrisie des gens qui nous gouvernent aujourd’hui, là, c’est vraiment insuportable!

Un bon millier de nantis recoivent en ce moment, en application de la Loi dite du paquet fiscal que le Gouvernement de Monsieur WAUQUIEZ a fait voter par ses godillots au Parlement, des chèques du trésor dont le montant dépasse parfois les 250 000 €.

Pendant ce temps des paquets de chômeurs viennent grossir les rangs des sans ressources: alors, Monsieur le Ministre, s’il vous plait, un peu de dignité, fermez là!

SARKOZY EN IRAK: UN DEPLACEMENT SURREALISTE

Ainsi notre “Speedy Président” est aujourd’hui en Irak. L’inénarable porte parole et porte flingue de l’UMP Frédéric LEFEBVRE nous explique que c’est là sa place car la France doit se manifester sur tous les terrains ou sa présence lui semble indispensable.

Ce déplacement, sans doute dicté par le souci constant de l’Elysée de montrer combien notre guide suprème est dynamique et doué d’ubiquité, n’est pas seulement inutile, il est proprement indécent.

C’est en Guadeloupe que Nicolas SARKOZY aurait du se rendre, car ce qui se passe là bas est suffisament grave pour qu’il daigne y consacrer quelques heures de son temps au lieu de le consacrer à paufiner son image internationale.

Les Antilles vivent encore aujourd’hui une situation coloniale: 160 ans après l’abolition de l’esclavage, les descendants des colons, que l’on appelle là bas “Békés”, qui représentent un peu plus de 1 % de la population, possèdent à peu près 90 % des richesses de la Guadeloupe, et les  dirigeants économiques sont quasiment tous blancs.

Les terres les plus fertiles, les banques, la grande distribution, les concessions automobiles, la distribution de produits pétroliers sont entre leurs mains. Les profits scandaleux des compagnies pétrolières, que le Ministre JEGO assimilait la semaine dernière à un enrichissement sans cause  pouvant justifier une action judiciaire à leur encontre meritent pour le moins que l’on s’en préoccupe avant que la situation ne devienne incontrolable.

Lors de l’intervention télévisée de Nicolas SARKOZY jeudi dernier, pas un mot sur la situation en Guadeloupe. peut on imaginer qu’un conflit de cette ampleur en Bretagne ou en Corse n’aurait pas été évoqué ? Ce silence assourdissant a gravement bléssé les antillais, à juste titre, d’autant que dans ce genre d’exercice ou les questions sont préparées il est très probable qu’il ait été demandé aux journalistes par l’Elysée de ne pas évoquer le conflit antillais!

L’incendie qui s’est propagé de la GUADELOUPE à la MARTINIQUE pourrait malgré la distance atteindre les banlieues ou les antillais, qui ont ressenti comme leurs parents insulaires le mépris du pouvoir, peuvent compter sur la solidarité de ceux qui en sont, en métropole, également victimes.

Cette fois ce n’est pas en déplaçant le Préfet, voire en révoquant un Ministre qu’il n’aurait pas jugé à la hauteur de la situation que le Président s’en tirera. Il va falloir qu’il mouille vraiment la chemise, et le terrain est miné.

 

 

 

 

29 JANVIER : DU SOLEIL A BASTIA.

Beaucoup de monde à Bastia pour la manifestation du Jeudi 29 Janvier. Si la météo s’était enfin mise au beau fixe, il m’a semblé que le soleil était aussi dans les coeurs et que les femmes et les hommes qui s’étaient déplacés étaient manifestement heureux d’être là ensemble.

Nul doute que ce rendez vous en annonce d’autres si le pouvoir n’entend pas la sourde colère qui gronde un peu partout dans le pays.

Le Parti Socialiste était là, lui aussi, avec les responsables de la Fédération de Haute Corse , l’ancienne génération au coude à coude avec la nouvelle, aux cotés des syndicats et de toutes celles et tous ceux qui sont mis à mal par la politique de Nicolas SARKOZY, et que la crise angoisse profondément.

Beaucoup reste à faire car il ne fait aucun doute que celui ci ne modifiera en rien la ligne qui est la sienne : trop orgueilleux, trop sur de lui, pour admettre qu’il a pû se tromper.

Bien sûr, il interviendra à la télévision, pour nous dire à quel point il souffre lui même de cetet situation, pour nous rappeler la chance que nous avons d’avoir comme Président un dirigeant que la planète entière nous envie.

C’est tout de même lui qui  a éxigé la mutation du préfet et du directeur départemental de la sécurité publique de la Manche qui, le 12 janvier dernier , ont eu le tort de laisser un peu trop de liberté aux manifestants venus accueillir le président de la République, ce qui donne la bonne mesure de sa capacité d’écoute n’est ce pas ?

Il n’y avait pas, dans les rangs des manifestants la jeunesse lycéenne et étudiante. Reste qu’un mouvement universitaire qui verrait les étudiants rejoindre les enseignants n’est plus une hypothèse d’école. Pour le gouvernement, c’est le scénario catastrophe: Xavier DARCOS, le Ministre de l’Education Nationale, qui a posé sa candidature à la tête de liste UMP en Aquitaine l’a peut être compris un peu tard semble-t-il.

Bien sûr le Président fera preuve de cette immense compassion qui l’anime en considérant la situation de notre pays. Peut être même poussera-t-il le cynisme jusqu’à faire le procès des ravages du libéralisme et du capitalisme, et à  lancer contre eux les pires des anathèmes, car comme chacun sait maintenant, il ne manque pas d’air..

Les néo-conservateurs américains qui inspiraient BUSH au début de son second mandat avaient trouvé un joli qualificatif pour cette ligne politique: ils l’appelaient ” le conservatisme compassionnel”.

Bushiste de la première heure, il ne faut surtout pas l’oublier pour comprendre les ressorts du personnage, il a bien appris sa leçon.

 

 

 

ET SI JEUDI LES “PAUV’CONS” LUI DISAIENT: AVA BASTA !

La journée de Jeudi 29 s’annonce comme celle de la manifestation d’une saine colère que le gouvernement autiste de Nicolas SARKOZY serait bien inspiré d’entendre.

La vérité est que la pratique du pouvoir du Président de la République menace le pacte Républicain qui règle les équilibres fondamentaux dans notre pays.

L’arrogance qui est la marque du personnage, l’autosatisfaction qui gouverne chacun de ses actes, les manquements, graves, aux principes républicains se sont multipliés au point d’inquièter de larges franges de l’opinion.

Comment accepter que celui qui se doit d’être le Président de tous les français se mette en scène lors du congrès de son parti, et se comporte ainsi en partisan, en chef de clan pour ne pas dire en chef de meute lorsque l’on entend aboyer à longueur de journée son porte flingue, au mépris des usages républicains ?

Comment tolérer cette soif dévorante de pouvoir qui l’incline à transgresser  la séparation des pouvoirs en soumettant chacun d’entre eux à son caprice ? 

Comment laisser le providentialisme, cette antichambre de la dictature, et l’autoritarisme, s’étaler avec autant d’impudeur dans les pages de nos journeaux quand on mesure, chaque jour un peu plus, le vide sidéral de la politique mise en oeuvre ?

Comment ne pas trouver révoltants les accents pseudo révolutionnaires d’un discours démenti chaque jour par les actes d’une Présidence toute entière soumise aux forces de l’argent ?

Casse toi pauv’con avait jeté notre sémillant Président à un contestataire. Il y aura jeudi beaucoup de pauv’cons dans la rue: s’ils ont tardé à lui répondre, nul doute que leur réponse sera, elle, polie mais cinglante.

Sur internet aussi ça mobilise beaucoup. Parmi la multitude d’initiative signalons deux sites WEB préparant la journée du 29:

VOUS AVEZ DIT GREVE ?

23 janvier 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Questions sociales

Nicolas Sarkozy avait déclaré  le syndicat Sud Rail irresponsable, pour avoir fermé la gare Saint Lazare . En réponse, le syndicat propose de légaliser  la “grève de la gratuité”, qui aurait l’avantage d’être indolore pour l’usager.

Faire circuler normalement les trains, sans faire payer les voyageurs et sans contrôler les billets pourrait constituer une alternative aux grèves classiques aux bloquages qu’elles entrainent et à la gène des usagesr tout en préservant la capacité d’action des syndicats .

Le syndicat  demande au gouvernement de proposer au Parlement de voter une loi pour la SNCF et les autres entreprises de transport qui aille dans ce  sens et qui permette, selon le voeu du Président,  de ne pas pénaliser les usagers.

En même temps, le syndicat demande naturellement que ne soient pas sanctionéns les grèvistes qui utiliseraient cette disposition.

Les associations d’usagers se sont bien entendu associées à l’appel de Sud et certaines ont signé avec le syndicat un appel aux autorités responsables.

J’avais fait il y a quelques années la même proposition aux syndicats de la SNCM dont les grèves à répétition, le plus souvent, mais pas toujours, impopulaires dans l’ÃŽle ont lourdement contribué à mettre cette entreprise en difficulté au bord du dépot de bilan.

On attend avec interet la réaction du Président devant une réforme qui, même si elle n’est pas évidente à mettre en oeuvre, promet d’être interessante.

Rupture..vous avez dit rupture ?