TRANSPORTS: AVIS DE TEMPÊTE.
7 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Deux informations à prendre au sérieux impactent, dans une athmosphère dominée par la crise des finances publiques, le secteur des transports dans notre Île.
Le première information concerne le désengagement très probable de VEOLIA du secteur des transports publics. La SNCM, dont VEOLIA détient 66% du capital va se retrouver une fois de plus dans la tourmente: il faudra en effet trouver un ou plusieurs actionnaires pour racheté les parts détenues par l’actionnaire défaillant, mais surtout trouver un opérateur maritime crédible pour tenir la barre d’un navire qui tangue dangereusement depuis trop longtemps.
Les syndicats sont naturellement vent debout devant l’éventuelle entrée au capital d’un fond de pension, quelle qu’en soit la nationalité, si tant est qu’un capitaliste ait une nationalité. Le fond BUTLER a laissé de très mauvais souvenirs au personnel de la compagnie, et ils ne sont pas prêts à  renouveler une aventure qui n’a été juteuse que pour BUTLER et ses partenaires.
A ce sujet, Paul GIACOBBI qui adore de temps en temps faire étalage de ses muscles, avait juré de porter plainte dans l’affaire de la privatisation de la SNCM par le gouvernement VILLEPIN au bénéfice de BUTLER: j’attends toujours…
Le STC des marins s’est bien entendu empressé de remettre sur la table sa proposition de compagnie régionale dont le montage est devenu, avec la crise des finances publiques, encore plus problématique.
Enfin la perspective du retour de la gauche au pouvoir dans quelques mois ouvre à nouveau la porte à une nationalisation de la compagnie, ou à défaut à la mise en place d’une SEM avec la Caisse des Dépôts et la CTC,  sauvegarde du service public oblige.
Quoiqu’il en soit, voilà une affaire qui va compliquer un peu plus la tâche de l’office des transports et de la majorité de l’assemblée de Corse.
La deuxième information concerne les difficultés que rencontre le groupe Air France KLM. La crise qui est à nos portes et la récession qui s’ensuivra inévitablement représentent pour les compagnies aériennes une menace sérieuse qui s’ajoute aux difficultés du groupe Air France KLM.
Celui ci représente, pour la CCM, un appui crucial pour assurer dans des conditions financières acceptables la desserte de la Corse à travers la continuité territoriale. On imagine la crise qui affecterait la CCM au cas ou le groupe sur lequel elle s’appuie se désengageait de la Corse car il est vraisemblable qu’il n’existe pas de “plan B” pour répondre à une telle situation.
Il est vrai que devant ces nuages qui commencent à s’accumuler, il vaut peut être mieux faire la fête autour de l’arrivée du tour de France dans l’ÃŽle: “panem et circences“, du pain et des jeux, le pain s’annonçant plus rare, profitons donc des jeux…
LA DÉMONDIALISATION ? C’EST TRÈS SIMPLE AU FOND…
2 août 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Il est de bon ton, dans une partie de la classe politique et les milieux d’affaires de tirer à boulets rouges sur la démondialisation.
Les tenants de la “mondialisation heureuse” ont, il faut dire, beaucoup de peine à expliquer qu’il faut continuer, voire accélérer, la marche en avant vers plus de dérégulation et plus de globalisation, à ceux qui s’en estiment les premières victimes.
Le Monde Diplomatique publie, dans son édition du 2 aout, un long article sous la plume de Frédéric LORDON, un des rares économistes qui avaient prévu le collapsus financier de 2008, intitulé: la démondialisation et ses ennemis.
Je ne résiste pas au plaisir de  reproduire ici, in extenso, la conclusion de cet article remarquable à divers points de vue:
“ On peut ramener la controverse de la démondialisation à une question d’identification conventionnelle finalement très simple sous la lumière crue de la conjoncture présente:
La concurrence non faussée entre économies à standards salariaux abyssalement différents; la menace permanente de délocalisation, la contrainte actionnariale exigeant des rentabilités financières sans limites, la combinaison des deux opérant une compression constante des revenus salariaux; le développement chronique de l’endettement des ménages qui s’ensuit; l’absolue licence de la finance de déployer ses opérations spéculatives déstabilisatrices, le cas échéant à partir des dettes portées par les ménages; la prise en otage des pouvoirs publics sommés de se porter au secours des institutions financières déconfites par les crises financières qu’elles ont provoqué; le portage des coûts macroéconomiques de ces crises par les chômeurs, de leur coût par les finances publiques et les contribuables, les usagers, les fonctionnaires et les retraités; la dépossession des citoyens de toute emprise sur la politique economique règlée d’après les seules volontés des créanciers internationaux et quoiqu’il en coûte au corps social; la remise de la politique economique à une institution indépendante hors de tout contrôle démocratique: c’est touit cela qu’on pourrait par une conversion de langage peu exigeante nommer MONDIALISATION.
D’ou suit, toujours aussi simplement que se dire favorable à la DEMONDIALISATION n’est alors, génériquement, pas autre chose que déclarer ne plus vouloir de ÇA!”
LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS
4 mars 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
C’est parti ! Il y avait longtemps que les corses n’avaient pas un bon sujet de controverse à se mettre sous la dent, mais la Compagnie Maritime Régionale arrive à point nommé pour que nous puissions nous livrer une fois encore à notre sport régional favori.
Tout le monde s’y met: le STC, bien sûr, qui dispute à la CGT la première place parmi les navigants de la SNCM a même mis en ligne une pétition. La fédération de haute Corse du PS, a quant à elle ajouté son grain de sel en préconisant en vrac le rachat par la CTC des parts de VEOLIA dans la SNCM, la demande d’une dérogation à Bruxelles pour que les ÃŽles échappent aux règles européennes régissant la concurrence, dont pourrait sans doute se charger Emmanuelle DE GENTILI et, comprenne qui pourra, une subvention au passager résident transporté pour toutes les compagnies desservant la Corse y compris bien sûr les concurrents de la Compagnie Régionale…
Ce ne serait pas grave s’il ne s’agissait d’un sujet sérieux, car rien n’est effectivement plus important pour une île que de disposer d’un système de transport fiable, juste et efficace.
Seulement, comme d’habitude on met la charrue avant les boeufs, et on se préoccupe des instruments à mettre en oeuvre avant de se poser les bonnes questions. Il est vrai que les se poser les bonnes questions est bien moins amusant que de jouer au Monopoly capitalistique…
La première des “bonnes questions” est : pourquoi, pour quoi faire et pour qui un système de transport doit il être financé aussi lourdement, 3 600 000 €, par la collectivité publique ?
Pour ce qui me concerne la réponse est simple: pour abaisser le coût de le vie en Corse, pour financer les productions insulaires à l’export, pour financer les passages des résidents, et certainement pas des  touristes..
Force est de constater que le résultat des politiques menées depuis 1986 a produit exactement l’inverse:
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- Le coût de la vie dans l’ÃŽle demeure plus élevé que sur la continent, Bastia et Ajaccio comptant parmi les villes les plus chères de France.
- Les productions insulaires sont écrasées par les produits importés singulièrement par les grandes surfaces et nos productions arrivent sur les ports et les marchés continentaux avec un handicap.
- On a supprimé le monopole et introduit en matière maritime la concurrence, censée régler à elle seule à la baisse des passages pour les touristes. Le résultat le plus visible est que l’on consacre une partie exorbitante de l’enveloppe à subventionner les compagnies pendant la saison estivale, ce qui est une véritable et scandaleuse aberration…
LE SYNDROME CANTONA
4 décembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
On peut certes s’amuser de l’initiative de CANTONA voire s’en moquer et railler mechamment l’enfant du quartier des Cayolles a Marseille comme l’a fait Christine LAGARDE en le renvoyant a son ballon avec la morgue qui habille autant que DIOR et CHANEL  les habitants des beaux quartiers.
On peut aussi reflechir au climat qui a permis cette sortie que je trouve quant a moi franchement rafraichissante.
Car enfin, voila au moins quelqu’un qui nous offre une reponse jubilatoire et frontale a l’attitude scandaleuse et irresponsable des banquiers rapaces qui ont plonge dans l’angoisse et le desespoir des millions de nos concitoyens, qui n’ont subi aucune sanction pour le forfait accompli, et qui n’ont pas trouve le temps de formuler le moindre regret ni verser la moindre larme sur le sort de leurs victimes…
Peu importe alors que cette initiative capote ou reussisse: nombreux sont sans doute ceux de nos concitoyens aimeraient bien se rendre le 7 decembre au guichet de leur banque, s’ils avaient de l’argent a retirer…Les flibustiers de la finance ne devraient pas pour autant se rejouir trop tot, l’echo qu’a recueilli CANTONA, même s’il reste sans effet immediat laisse imaginer d’autres initiatives et d’autres evenements qui pourraiemt les amener a dechanter.
C’est souvent le Fou du Roi qui sonne l’annonce d’une tempête…
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PEAK OIL: COMMENT DIT ON EN LANGUE CORSE ?
14 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Nous vivons dans un monde, c’est bien connu, ou le futile, l’à peu près, et l’écume des choses prennent  le plus souvent le pas sur l’important, sur l’essentiel.
Il en va ainsi de tous les évènements qui occupent ces derniers mois, ces derniers jours la une des journaux qu’ils soient parlés , télévisés, ou écrits. A commencer par la crise financière bien sûr mais aussi le grippe A de Roselyne BACHELOT, le feuilleton sud africain de DOMENECH, l’expulsion des Roms, ou bien entendu les affaires WOERTH et BETTENCOURT…
Ainsi va la vie, de crise importante à crise insignifiante, une crise chassant l’autre au rythme des dépêches d’agence.
Jusqu’à ce que une information en provenance d’Allemagne remette les pendules à l’heure et nous rappelle brutalement que la seule formidable crise qui nous menace vraiment est celle de notre approvisionnement en pétrole.
C’est l’armée allemande qui a sonné le tocsin, dans une note parue sur le site internet du SPIEGEL et reprise par l’hebdomadaire Marianne.
Selon les estimations du think-tank allemand, le “peak oil”, c’est à dire le moment ou les ressources pétrolières commenceront à se raréfier sur le marché et  entameront de toute façon leur déclin, doit se produire autour  des années 2011-2012.
L’étude, plus qu’alarmante, pose en même temps la question de la survie de la démocratie à l’occasion de la déflagration que produirait auprès des peuples de nos régions la perspective de manquer de pétrole. Elle évoque en particulier la possibilité d’émergence de gouvernements extremistes et, dans les cas extrêmes, des conflits ouverts.
La fin du pétrole n’est pas susceptible d’être appréciée par calcul des probabilités. En effet elle n’est pas probable, elle est certaine…
Reste que l’on ne peut être que confondu devant l’impréparation de cette redoutable échéance par les sociétés occidentales.
Il y a pourtant belle lurette que La Fontaine avait prévenu les cigales que nous sommes de ce qui pourrait leur arriver: nous voilà obligés de constater que nous serons “fort dépourvus quand la crise sera venue”…
Naturellement notre île ne sera pas épargnée par les convulsions attendues: outre que nous dépendons comme tout le monde du pétrole pour à peu près 90% des objets manufacturés qui nous sont familiers, il est absolument  indispensable à la production de quasiment 100 % de l’énergie électrique dont nous avons besoin.
Par ailleurs dans une région ou l’automobile règne sans partage et ou les transports en commun sont pour ainsi dire inexistants il est certain que les restrictions prévisibles en matière de carburants  frapperont durement nos concitoyens et au premier rang les ruraux.
Enfin la dépendance croissante de notre économie au tourisme fera, dans ce contexte, de véritables ravages: qui dit pétrole rare, et donc carburants chers, dit explosion des coûts de transport et donc des budgets touristiques des ménages de nos contrées..
Raison de plus pour se mettre sans tarder à réfléchir à cela et à élaborer les “plan B” qui peuvent nous permettre, à l’horizon de 30 ans, d’absorber au mieux le choc de la conflagration qui s’annonce.
Paradoxalement, pour une fois, la faible taille de notre population pourrait s’avérer être un atout et non un inconvenient.
Mais pour cela il faudrait d’abord que nos élus, et la population, acceptent de remettre en cause les schémas de raisonnement qui ont fonctionné juqu’à aujourd’hui, et qui ne fonctionneront plus à plus ou moins brève échéance. Pas facile, j’en conviens, mais pas impossible.
Un exemple ? Au lieu de s’acharner à développer un réseau routier  dédié essentiellement au trafic automobile mettons nous  au travail pour développer le réseau ferroviaire et les transports en commun, nettement plus économes et plus autonomes en carburant.
Un autre exemple ?  Au lieu de brader les terres agricoles pour aligner des bungalows qui risquent de ne jamais  trouver de clients, préservons et développons une agriculture de proximité car elle risque fort de produire moins cher que les pays éloignés ou l’on s’approvisionne aujourd’hui…
La CTC serait en tout cas bien inspirée de mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un Institut de Prospective qui se consacre entièrement à cette tâche essentielle: je ne crois pas en effet qu’une administration traditionnelle soit”câblée pour cela”.
Gouverner, disait Napoléon qui s’y connaissait, c’est prévoir ! Attendons donc…
CCM: DEUX PILOTES DANS L’AVION ?
19 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans Corse, Economie, Introduction
Voici venue, pour la coalition de gauche aux affaires de la Corse, la première épreuve: si rien ne bouge  elle permettra à la fois de mesurer la solidité de la coalition minoritaire au pouvoir et la cohérence de la politique de l’exécutif en matière de transports.
Si l’on en croit en effet la presse insulaire, il y aurait deux candidats présentés par la gauche à la présidence du Conseil de surveillance de la compagnie aérienne régionale. Je n’ai pas dit deux candidats de gauche, car l’un d’entre eux, François MOSCONI, siégeait il n’y a pas si longtemps avec la droite à la CTC.
Ce dernier assure qu’il bénéficie de  l’appui de son groupe, le groupe GIACOBBI, tandis que l’autre, le communiste Michel  STEFANI se réfère aux assurances que son parti aurait reçu du président exécutif.
La présentation de deux candidats issus de la gauche reviendrait à soumettre la désignation du président du conseil de surveillance à l’arbitrage de la droite et des nationalistes, et constituerait la marque préoccupante de la fragilité d’une coalition déjà fractionnée en quatre groupes politiques…
Mais au delà de cet aspect au demeurant dérisoire, le décalage entre la situation fragile de la compagnie régionale dans un contexte économique particulièrement dangereux et les préoccupations des élus à peine arrivés au pouvoir apparait particulièrement choquant.
La gauche avait déjà payé très cher le “Yalta de Venaco” : elle pourrait se dispenser de remettre ainsi le couvert quelques semaines plus tard …
D’autant que la situation du groupe Air France KLM, auquel elle est adossée, n’est pas spécialement brillante: si l’ancienne compagnie nationale, au cas ou ses difficultés s’aggravent, s’avisait  lâcher la CCM et les compagnies périphériques qu’elle soutient, le temps pourrait se gâter sur Campo dell Oro.
L’AUSTERITE POUR DEMAIN ? A LA RIGUEUR…
10 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Notre Président n’est pas content, mais alors pas du tout … Figurez vous que la presse a le culot de parler de rigueur en commentant le plan de réduction des dépenses qu’il aurait quant à lui plutôt tendance à baptiser “plan vertueux de sortie de crise”.
A l’Élysée comme à Matignon ou à l’UMP c’est la même rengaine: la rigueur c’est quand on combine la réduction des dépenses et l’augmentation des impôts… Soit, admettons et faisons simplement trois observations:
Première observation:  simultanément à la réduction des dépenses publiques le gouvernement envisage de supprimer les “niches fiscales”. Selon le journal “Le Monde” En 2010, on en recense 468 au total, selon l’annexe qui leur est consacrée dans le projet de loi de finances. Un chiffre qui tend à grimper chaque année, puisqu’on en comptait “seulement” 418 en 2003…
Toujours selon “Le Monde” au total, les fameuses niches représentent 74,788 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat. Une somme  supérieure au produit de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers, qui était de 51,8 milliards d’euros en 2008.
Conclusion: si elles étaient effectivement supprimées, ce dont personnellement je doute fort, les feuilles d’impôts d’une bonne partie de nos compatriotes deviendrait sacrément salées !
Si ça n’est pas de la rigueur je veux bien manger ma carte du PS et la prendre  à l’UMP….
Deuxième observation:  Alors que la reprise reste fragile, les politiques d’austérité, baptisées pour la circonstance  « politiques de sorties », risquent de la tuer dans l’oeuf. La chute de l’activité consécutive à la réduction des dépenses publique entrainera la chute  des recettes fiscales et pourra creuser davantage  les déficits.
Et s’il avait fallu, au contraire suspendre le pacte de stabilité et  restructurer la dette grecque ? Les banques y auraient certes laissé quelques plumes, mais l’activité serait restée soutenue.
Imaginons, par contre, ce qui se produirait si les “plans de rigueur” dont les objectifs seront pour certains états très durs à tenir, n’étaient atteints par aucun des Etats membres dans les délais qui leur sont fixés ?
Troisième observation: Il y a seulement quelques semaines le gouvernement s’offusquait à l’idée que l’on puisse mettre en doute “la signature” de la France, et s’en tenait à sa politique de relance de l’économie - tiens, au fait, ou en est le “Grand Emprunt” de SARKOZY-GUAINO - avant de faire un superbe tête à queue et de se lancer dans la réduction urgente et brutale de la dépense publique.
Comment le croire, dans ces conditions, lorsqu’il s’offusque que l’on puisse lui pêter l’intention d’augmenter les impôts ?
Si gouverner c’est prévoir, comem disait Napoléon, il y a au moins trois ans que ce pays n’et plus gouverné…
L’ALLEMAGNE ET LA MAISON EUROPE: DESAMOUR OU UN PEU PLUS ?
29 avril 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Madame MERKEL n’est pas une femme pressée, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle l’avait déjà manifesté durant la crise financière ou elle avait mis plus d’un mois et demi de plus que les autres pays de l’Union à admettre qu’un plan de relance était indispensable.
Pour ce qui concerne l’aide à la Grèce, ce pays qui s’illustre régulièrement l’été par ses incendies de forêt dévastateurs et qui est en train de mettre le feu à l’euro, même scénario: madame la Chancelière traine les pieds et affole les marchés. Même le placide Michel BARNIER s’énerve et prédit une nouvelle crise à nos portes.
Il faut dire que les allemands, auxquels les gouvernements imposent depuis sept ans une cure d’austérité qui n’est pas sans rappeler les purges à base d’huile de foie de morue administrées naguère aux enfants , répugnent à juste titre à payer pour un pays, la Grèce, qui a honteusement triché pour dissimuler, avant que n’éclate la vérité, l’ampleur de ses déficits.
Une campagne aux relents de xénophobie malodorante et violente est d’ailleurs menée par les tabloïds qui donne la mesure de l’exaspération des allemands, mais aussi, et c’est sans doute plus grave, d’un sentiment anti-européen diffus qui est en train d’envahir une partie de l’opinion publique et déborde sur les cénacles politiques.
Une frange des économistes d’outre Rhin commence à suggérer que la Grèce pourrait, si ce n’est devrait, quitter l’Eurogroupe et retrouver la drachme, sa monnaie millénaire. Outre le coup de tonnerre que cette décision entrainerait dans le ciel européen, elle mettrait le peuple grec dans une situation qui justifierait non pas une aide financière mais carrément une aide humanitaire.
Avec une dévaluation de fait de plus de 50% de leur monnaie les grecs verraient en effet leur pouvoir d’achat réduit d’un jour à l’autre dans des proportions voisines…Imaginez la suite.
On peut se demander si cette suggestion tout de même assez irresponsable, ne recouvre pas le désir, plus ou moins inavoué d’une partie de la classe politique allemande de voir sortir de la zone Euro, non pas la Grèce, mais l’Allemagne elle même, qui retrouverait ainsi son Mark dont elle n’a vraiment jamais complètement admis l’abandon par Helmut KOHL…
Impensable bien sûr, si l’Allemagne comptait comme Chancelier, un homme ou une femme d’État: mais que penser d’une Angela MERKEL qui, face à une crise d’une telle ampleur garde son Å“il bleu fixé, non pas sur l’avenir de l’Europe, mais sur l’horizon des prochaines élections régionales qu’elle craint de perdre ?
DANSER SUR UN VOLCAN
6 février 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Voici donc revenu le temps où les bourses plongent, où les marchés s’affolent et où le principe de réalité s’impose à ceux qui poussant un ouf de soulagement considéraient que la crise était désormais derrière nous.
Il parait que les investisseurs s’inquiètent du très mauvais état des finances de la Grèce, du Portugal , de l’Espagne et de quelques autres pays de l’UE et de l’OCDE. Considérant que la croissance molle de l’Europe n’est pas de nature à  résorber la dette colossale des pays européens, messieurs les investisseurs s’inquiètent pendant que les agences de notation dégradent le note des dits pays.
En 2009, les banques accueillaient avec soulagement les plans de sauvetages et de soutien à l’activité des gouvernements. Il n’y en avait jamais assez pour elles. Des milliers de milliards de dollars ou d’euros ont été en quelques mois injectés par les Etats pour sauver l’économie.
L’effondrement du système bancaire  a été évité mais aucun des problèmes apparus pendant la crise n’a été résolu. La bulle financière a seulement été transférée aux Etats, mais elle est toujours là . Ce sont les Etats, c’est à dire chacun d’entre nous maintenant qui en portent la charge en lieu et place du privé. Privatiser les profits et socialiser les pertes, le rêve capitaliste dans toute sa splendeur est devenu réalité.
En  clair, Les mêmes investisseurs banques, assurances, fonds de placement, qui ont bénéficié des largesses extrêmement couteuses des Etats qui ont dû enrayer l’hémorragie financière de leurs placements  pour le moins hasardeux, se mettent à douter de la capacité de ces mêmes États à assainir les budgets, qu’ils ont largement contribué à plomber.
Que font ils donc pour assainir la situation ? Ils  spéculent là -dessus de plus belle et les enfoncent un peu plus en leur faisant payer leurs emprunts encore plus cher !
Qu’en pense donc notre Président qui est aller pester contre le capitalisme financier à Davos ? Le cynisme des banques atteint là incontestablement un sommet, mais fallait il les renflouer dans la précipitation sans obtenir la moindre garantie comme cela a été fait ?
Mettons nous un moment à la place d’un banquier qui sait désormais qu’il peut engranger des profits mirobolants, mener sa banque à la faillite par des placements aventureux, se trouver sauvé et renfloué par la puissance publique à  laquelle il transfère ses créances pourries, et spéculer ensuite sur l’incapacité de son sauveur à faire face à cette charge !
Pourquoi voulez vous qu’il change de comportement, puisque celui qu’il a adopté à ce jour génère autant de juteux profits sans aucun risque ?
FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE
27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.
En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.
La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée  entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.
Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.
En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.
Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.
C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.
Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.
A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.
S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.

