DANSER SUR UN VOLCAN
6 février 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Voici donc revenu le temps où les bourses plongent, où les marchés s’affolent et où le principe de réalité s’impose à ceux qui poussant un ouf de soulagement considéraient que la crise était désormais derrière nous.
Il parait que les investisseurs s’inquiètent du très mauvais état des finances de la Grèce, du Portugal , de l’Espagne et de quelques autres pays de l’UE et de l’OCDE. Considérant que la croissance molle de l’Europe n’est pas de nature à  résorber la dette colossale des pays européens, messieurs les investisseurs s’inquiètent pendant que les agences de notation dégradent le note des dits pays.
En 2009, les banques accueillaient avec soulagement les plans de sauvetages et de soutien à l’activité des gouvernements. Il n’y en avait jamais assez pour elles. Des milliers de milliards de dollars ou d’euros ont été en quelques mois injectés par les Etats pour sauver l’économie.
L’effondrement du système bancaire  a été évité mais aucun des problèmes apparus pendant la crise n’a été résolu. La bulle financière a seulement été transférée aux Etats, mais elle est toujours là . Ce sont les Etats, c’est à dire chacun d’entre nous maintenant qui en portent la charge en lieu et place du privé. Privatiser les profits et socialiser les pertes, le rêve capitaliste dans toute sa splendeur est devenu réalité.
En  clair, Les mêmes investisseurs banques, assurances, fonds de placement, qui ont bénéficié des largesses extrêmement couteuses des Etats qui ont dû enrayer l’hémorragie financière de leurs placements  pour le moins hasardeux, se mettent à douter de la capacité de ces mêmes États à assainir les budgets, qu’ils ont largement contribué à plomber.
Que font ils donc pour assainir la situation ? Ils  spéculent là -dessus de plus belle et les enfoncent un peu plus en leur faisant payer leurs emprunts encore plus cher !
Qu’en pense donc notre Président qui est aller pester contre le capitalisme financier à Davos ? Le cynisme des banques atteint là incontestablement un sommet, mais fallait il les renflouer dans la précipitation sans obtenir la moindre garantie comme cela a été fait ?
Mettons nous un moment à la place d’un banquier qui sait désormais qu’il peut engranger des profits mirobolants, mener sa banque à la faillite par des placements aventureux, se trouver sauvé et renfloué par la puissance publique à  laquelle il transfère ses créances pourries, et spéculer ensuite sur l’incapacité de son sauveur à faire face à cette charge !
Pourquoi voulez vous qu’il change de comportement, puisque celui qu’il a adopté à ce jour génère autant de juteux profits sans aucun risque ?
FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE
27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.
En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.
La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée  entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.
Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.
En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.
Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.
C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.
Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.
A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.
S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.
DES LENDEMAINS QUI GRINCENT…
30 novembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Que la crise financière ne soit pas terminée est une évidence: le seul fait que Dominique STRAUSS KHAN, Directeur du FMI, et tenu de ce fait à une certaine réserve, ait indiqué à Paris  qu’il resterait près de 50% de créances pourries dans le bilan des banques en est une indication à méditer.
Mais au fond là n’est pas le problème, car si la crise financière est un facteur  déterminant de la crise économique qu’elle a déclenché, elle n’en est pas la cause la plus importante.
La première cause de ce maëltrom  économique  est le crédo néo-libéral  que  le salaire n’est rien d’autre qu’un coût qu’il faut tuer, comme le proclamaient les fameux ” killer cost” embauchés à grands frais par nos grandes entreprises à partir des années 80. C’est cela qui a entrainé les entreprises à délocaliser leur production, c’est bien connu, mais c’est cela surtout qui a poussé les banques à substituer le crédit aux revenus du travail pour  que la machine économique puisse continuer à tourner .
Les dirigeants des pays développés le savent: ils mesurent  la responsabilité du libre-échangisme néo-libéral dans la crise mondiale, mais pour en avoir  été les dévots, ils ne peuvent se résoudre à le mettre en cause. Tant qu’ils ne prendront pas le taureau par les cornes pour stopper net la financiarisation de l’économie et rétablir l’équilibre entre les salaires et les revenus du capital les racines de la crise, toujours vivantes, la feront resurgir encore plus ravageuse.
Le semblant de reprise qui nous est avancé  provient de l’argent injecté par les états dans l’économie auprès des banques et dans les plans de relance. Les plus sérieux des économistes s’interrogent sur ce qui se passera lorsque les effets de cet afflux de capitaux commenceront à s’estomper.
En France, la politique du “stop and go” de Nicolas SARKOZY promet à ses successeurs des lendemains qui grincent car de deux choses l’une:
- ou bien l’Etat continue à s’endetter pour soutenir la croissance et il se rapproche de la faillite
- ou bien l’Etat décide que la priorité est au remboursement de la dette et le chômage explose.
Sauf à imaginer une prise de conscience mondiale que la croissance telle que l’on l’a connue n’est plus la solution, mais le problème, et qu’un autre modèle est à promouvoir, on n’est pas sortis de l’auberge…
LA LECON D’ECONOMIE DE GUILLAUME GUIDONI
26 octobre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Les animateurs du magazine “Cuntrastu” diffusé chaque semaine sur FR3 Corse avaient invité dimanche 25 Octobre un jeune économiste, Guillaume GUIDONI, pour faire le point de la situation économique de la Corse et esquisser les solutions qui pourraient s’offrir à notre île dans les années à venir.
Cette émission, qui s’inscrit dans une série d’entretiens consacrés aux élections territoriales de 2010 avait, au départ, le grand avantage de marquer une pause dans les entretiens plus politiques qui précédaient, inévitablement empreints de cette langue de bois qui prédomine tout particulièrement quand la situation est confuse voire insaisisable.
Je n’ai pas été  déçu. Le jeune Polytechnicien originaire d’Ascu, économiste de marchés dans une grande multinationale, connait parfaitement les fondamentaux de l’économie insulaire, et il a su, dans les cinquante minutes que compte l’émission, répondre sans détour aux questions des journalistes, et faire en même temps oeuvre de pédagogue en trouvant les mots qui ont sans doute permis aux téléspectateurs les moins avertis de comprendre et situer les enjeux.
Guillaume Guidoni a créé et il anime un site WEB particulièrement intéressant consacré à l’économie de l’ÃŽle  ou l’on peut trouver données et surtout analyses sur la conjoncture comme sur le moyen et long terme.
Après avoir dressé un tableau intelligent et objectif de la situation économique de la Corse  il a, à la demande des journalistes, esquissé les pistes que selon lui la Corse devrait emprunter sans trop tarder pour avoir une chance sérieuse de ne pas se trouver rapidement aux prises avec de sérieuses difficultés.
Avec Emmanuelle de Gentili, et mes camarades de l’Union Régionale du Parti Socialiste, nous avions organisé fin avril à Bastia un séminaire sur les questions économiques. Chargé de préparer ce séminaire j’avais sollicité trois économistes indépendants, n’appartenant pas au PS, en leur laissant carte blanche pour faire le travail qui leur était demandé.
Guillaume GUIDONI était l’un d’entre eux, et nous avions particulièrement apprécié le travail qu’il nous avait livré.
Les conclusions de ce séminaire seront versées, le moment venu, à la contribution que le PS entend apporter au programme économique de la gauche pour les prochaines élections territoriales.
Vous trouverez en cliquant ICI le site WEB de Guillaume Guidoni
et vous pourrez visionner en cliquant ICI le “Cuntrastu” qui lui a été consacré
L’ARGENT SANS MAITRE POUR CHARLES HENRI FILIPPI.
27 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
L’argent sans Maitre, c’est le titre de l’excellent essai que  notre compatriote Charles Henri FILIPPI vient de publier aux éditions Descartes.
L’auteur,  sorti major de l’inspection des Finances, intègre en 1982 le Cabinet de Jacques DELORS, et est élu à la première Assemblée de Corse sur la liste de Prosper ALFONSI sur laquelle nous nous trouvions ensemble.
Proche de Laurent FABIUS, il devient ensuite Directeur du Cabinet de Georgina DUFOIX. Il passe ensuite au secteur privé, dirige la Banque STERN, puis entre au CCF dont il devient  PDG avant de se retrouver  Président du Directoire de la filiale France de la banque britannique HSBC  jusqu’en 2007.
Dans l’essai remarquable qu’il vient de publier il livre une analyse extrêmement pertinente et parfaitement assimilable pour quiconque s’interesse aux questions économiques, des raisons et de la gravité de la crise qui affecte le monde de la finance.
Après avoir rappelé l’histoire de la création monétaire et de la circulation de l’argent, rappelé son rôle dans la création de la croissance, et souligné le compromis entre l’argent et la démocratie à l’origine de  la prospérité des pays occidentaux, il décrit avec précision les mécanismes qui l’ont fait voler en éclat.
Pour lui, la crise que nous traversons est plus qu’une crise financière, économique et sociale. C’est une profonde et brutale rupture politique ou à l’argent socialisé et dispersé, qui canalisait le le  capitalisme  a succèdé l’argent privatisé et concentré.
Un monde ou un millier de milliardaires en dollars concentre une richesse supérieure à ce que possèdent les deux milliards d’humains les plus pauvres de la planète, un monde ou la démocratie est mise en danger par l’accumulation insensée des richesse par une poignée d’oligarches dont la cupidité et l’avidité ne conanissent aucune contrainte.
Un monde ou  le créateur, l’ingénieur ou le manager ont été  effacés par l’actionnaire et où le pouvoir de “faire de l’argent” est passés de l’entrepreneur économique à l’entrepreneur financier et ou l’économie de marché s’est vue remplacée en fait par l’économie de l’argent, où la création monétaire a échappé au banques pour se généraliser dangereusement à une série d’intermédiaires dont le financement de l’entreprise n’était plus l’objectif premier.
Pour en sortir, s’il n’est pas déjà trop tard, il préconise d’abord de redéfinir les contours de la création monétaire, la monnaie bien public ne devant plus être confondue avec l’argent bien privé, et surtout, concevoir et mettre en oeuvre une règlementation rigoureuse car le contrôle de la création monétaire est devenu tout simplement vital pour l’équilibre de la planète.
Ensuite ne plus permettre à quiconque de fabriquer de l’argent au delà  de sa contribution au développement économique. Il faut, conclut il, revenir à une économie sociale de marché, qui mette sous tutelle l’argent prédateur tout en laissant s’exprimer l’argent quand il est auteur de progrès: comme le stipule la déclaration des Droits de l’Homme, il faut que cette forme incontournable et essentielle qu’est l’argent ne puisse être véritablement fondée que sur l’utilité commune.
Bref, un ouvrage à lire et à méditer: l’ouvrage d’un brillant technicien mais aussi d’un homme  de gauche chez lequel le souci de l’humain est constant. de la banque et de la finance.
Petite histoire à méditer pour finir: Charles Henri FILIPPI a été battu aux élections municipales de 1983 dans son village de Vescovato par un homme avec un casier judiciaire long comme le bras et qui, comme on dit chez nous ” non sapia mancu fa “O” incu una canna ” .
LE BONHEUR EN CHIFFRES POUR DEMAIN ?
17 septembre 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Joseph STIGLITZ, prix Nobel d’économie, vient de remettre à Nicolas SARKOZY le rapport que celui ci lui avait demandé sur les instruments de mesure de la prospérité.
Cet américain, qui a été conseiller de Bill CLINTON, est connu pour ses positions progressistes. Dans un de ses livres intitulé  ” Un autre Monde, contre le fanatisme du marché” qui avait connu un énorme succès, il réclamait que soit mise en place à l’échelel planétaire une régulation qui évite les excès et les dérives du libéralisme.
A l’origine c’est la pertinence de la mesure de la santé économique d’un pays par le PIB qui est en cause. Le Produit Intérieur Brut est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et services dans un pays donné au cours d’une année donnée par les agents résidant à l’intérieur du territoire national.
Le problème est qu’il est apparu progressivement que cet indicateur ne refletait que très imparfaitement la réalité des économies : la croissance économique dont il donne la mesure n’intègre en effet en rien la destruction des stocks de richesses naturelles qu’elle entraine, sans que le calcul du PIB en tienne compte.
C’est ainsi par exemple que le PIB prend en compte les biens et les services objet de dépenses de la part de l’Etat, sans que l’on ne puisse mesurer vraiment la valeur de la “production” des services de l’Etat. Autrement dit, plus l’Etat dépense, bien ou mal, plus le PIB, censé mesurer la richesse de la Nation, augmente.
Si l’on prend soin de mesurer la production d’une entreprise, rien n’est mis en oeuvre pour prendre en compte les conséquence sur la même production du stress ou des mauvaises conditions de travail.
De la même façon, et de manière un peu caricaturale, on pourrait affirmer que lorsque des intempéries détruisent la forêt des Landes, rien ne permet d’en mesurer l’impact sur la richeses de la Nation, alors les travaux de restauration, de reconstruction des immeubles dévastés, vont donner un coup de fouet au PIB.
Reste à trouver un système qui arrive à mesurer, en quelque sorte, le bonheur d’une nation, seule richesse véritable si l’on veut bien réfléchir un peu. Gageons que ce n’est pas demain la veille que nous en verrons la publication!
C’est un peu comme chez nous, en Corse, quand on prétend mesurer la contribution du tourisme à la richesse de notre ÃŽle sur le seul critère de l’augmentation du chiffre de la fréquentation. On compte ainsi les passagers auxquels il arrive , comme  vous et moi, de voyager l’été,  les italiens qui ne font que traverser la Corse pour se rendre en Sardaigne, et ceux qui voyagent pour affaires.
On se garde bien, par contre, de mettre au point les instruments qui permettraient de mesurer la dépense des touristes, quantitativement et qualitativement. Peut être par crainte de découvrir que lorsque l’on soustrait du budget d’un mémage de touristes le transport, financé pour partie par le contribuable,  et les dépenses d’alimentation, dont on sait que les deux retournent pour une bonen partie sur le continent, il y aurait de quoi mettre à mal le modèle économiqyue du tourisme insulaire.
Comme dirait un de mes excellents amis statisticien émérite: la statistique est la forme supérieure du mensonge…
TVA RESTAURANTS: LA GRANDE ARNAQUE
15 août 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie
S’il y a vraiment une mesure emblèmatique des décisions autocratiques de Nicolas SARKOZY c’est bien l’affaire de la réduction de TVA consentie aux restaurateurs.
Personne  ne discute le fait que c’est là pour la droite, surtout pour la plus réactionnaire, une clientèle de choix, aussi nombreuse que fidèle en même temps que propagandiste zèlée; tout le monde le sait
Il fallait donc lui faire un beau cadeau  en ces temps de crise ou la versatilité des clientèles les plus fidèles est à craindre. D’autant que CHIRAC n’ayant pas tenu sa promesse c’était une belle occasion de jeter une pierre dans son jardin.
Naturellement personne dans la majorité ni dans l’entourage de Christine LAGARDE ne s’est aventuré à emettre le moindre doute sur l’efficacité économique de cette mesure: quand le maître a parlé le silence s’installe dans les rangs.
Personne non plus pour s’étonner de la lègèreté du contrat passé entre les restaurateurs et le gouvernement: une vague promesse souscrite par la fédération des cafetiers et limonadiers, et en avant toute!
L’INSEE vient tout juste de publier son étude mensuelle  sur l’évolution des prix en France. Résultat des courses pour les prix en Juillet dans le secteur bénéficiaire de la manne sarkozyste: pour les cafés -0,7 % et pour les restaurants -1,3 %.
La baisse de la TVA ayant été de 11,6 % . Moralité, si l’on peut dire, : 10,9 % dans la poche des cafetiers limonadiers, et 10,3 % dans celle  des restaurateurs.
Quant à vous, consommateurs et contribuables, circulez, y a rien à voir , et surtout rien à gratter, sur les sommes  que vous avez pourtant déboursé.
Même à l’UMP, ou l’on suit pourtant le Guide dans la grande tradition des “godillots du général” ça commence à raler sec. A tel point qu’un Député UMP des Alpes Maritimes, sans doute asticoté par ses électeurs, s’insurge.
Il demande, ce fourrier du socialisme, que la mesure soit suspendue et qu’il soit éxigé non pas des organisations professionnelles mais de chaque restaurateur un engagement à baisser ses prix faute de ne pas bénéficier de la mesure.
Il va jusqu’à affirmer, ce gauchiste “Alors que l’immense majorité de nos concitoyens est confrontée à des difficultés économiques importantes il est choquant que l’effort qui est demandé à chacun ne soit pas observé par certains professionnels qui bénéficient pourtant d’une mesure financière favorable”.
Voyez vous ça, il y en a vraiment qui ne doutent de rien à l’UMP ! Il est temps que le Guide quitte  le Cap Nègre et mette les pendules à l’heure!
VOUS AVEZ DIT REPRISE ?
15 août 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Les journaux en distillent la rumeur à longueur de colonnes, les boursicoteurs en frétillent d’avance, les banquiers se frottent les mains, les acrobates de la finance sortent leurs calculettes et madame LAGARDE, jamais en retard d’une approximation prend les poses de la Pythie pour prophétiser la fin de la crise.
Elle pointerait donc son nez, la reprise. Mais au fait la reprise de quoi ? La reprise du business pardi ! Du vrai business bien entendu, celui qui n’a pas besoin de créer d’emplois ni d’activité pour remplir les poches des plus malins…
Pour les autres on verra plus tard, circulez chômeurs c’est pas encore pour vous. Il y a longtemps qu’on vous le rabâche pourtant, c’est dans tous les sermons des évêques depuis la nuit des temps: les derniers seront les premiers, patientez donc, plus vous en baverez ici bas plus vous vous gaverez au paradis! Bien sûr personne  n’en est jamais revenu pour raconter, mais il suffit d’y croire, c’est pourtant simple, non ?
Vous pouvez faire confiance à ceux qui prévoient la sortie du tunnel: ce sont les mêmes qui n’ont rien vu venir quand la crise était à nos portes. Et alors ? Tout le monde peut se tromper non ? Notre ministre des finances, celle  qui semble toujours sortir du coiffeur après son brushing, elle avait pourtant juré que la France ne serait pas touchée par la crise des surprimes: vous croyez qu’après ça elle aurait la décence de la boucler ? Pas du tout: chez ces gens là , braves gens, on n’a pas de pudeur, on ne doute de rien, on pontifie, on nargue;  il parait que c’est ça la classe !
LES CHAROGNARDS SONT DE RETOUR
5 août 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Cela fait un bon bout de temps que l’on n’entend plus notre omni Président. Serait il à ce point malade? Nous aurait on caché quelque chose après son accident cardio vasculaire?
Il aurait pourtant de quoi s’exprimer Nicolas, car les sujets ne manquent pas qui seraient aptes à soulever cette belle indignation qui lui fait prendre parfois la posture de Jaurès, de Gambetta voire  de Karl Marx ou de Che Guevara ! Posture verbale, tout de même, n’affolons pas NAP - Neuilly Auteuil Passy pour les non initiés.
Passons sur le faux pas médiatique de son ministre de l’agriculture sur le dossier du remboursement des aides aux producteurs de fruits et légumes: le brave JEGO, qui avait fait son courageusement boulot a pourtant été viré comme un domestique au Cap Nègre pour des broutilles.
Revenons plutôt sur la déclaration embarassée des dirigeants de PARIBAS reconnaissant que la banque a provisionné 1 milliard d’Euros pour récompenser ses traders pour leurs bons résultats.
En 1788, Marie Antoinette à laquelle  on expliquait que les femmes secouaient les grilles du Chateau parce qu’elles n’avaient plus de pain répliquait vertement qu’elles n’avaient qu’à manger de la brioche, à la suite de quoi  il y en a qui se sont retrouvés la tête au bout d’une pique, convenons en, pour moins que ça !
Bon, le Cap Nègre n’est - pas encore- Versailles et Nicolas soigne trop sa communication pour se permettre ce dérapage d’un autre âge.
Alors nous dirons seulement que son silence est éloquent, c’est plus charitable, et puis, enfin, nous sommes en République saperlipopette !
LE RENARD ET LE POULAILLER OU LES POULES SONT LIBRES.
4 août 2009 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Voilà que Bruxelles réclame aux arboriculteurs le remboursement des aides accordées par la France pour leur permettre de reconvertir leurs exploitations durement touchées par la crise il y a près de 10 ans.
Le nouveau ministre de l’agriculture, Bruno LE MAIRE s’en est donc allé expliquer aux interessés qu’il fallait se résoudre à passer à la caisse. Il y en aurait semble-t-il pour près d’un demi milliard d’euros.
Farouchement ancré à droite, le monde agricole accuse le coup: ce n’est pourtant pas la première fois que les agriculteurs sont cocufiés par les politiciens qu’ils soutiennent: il faut croire qu’ils aiment ça! Il y a des gens comme ça : dans certains milieux on les qualifie de masochistes…
Comme pour en rajouter une couche leur ministre se pavane sur les plateaux de télévision revêtu de probité candide: je suis honnete, explique t-il car je ne dissimule pas à mes ouailles qu’il leur faudra s’exécuter. Nul doute que à la prochaine crise monsieur le ministre proposera, en même temps que le versement des aides un plan de remboursement de ces mêmes aides. Chiche ?
Il est vrai qu’il y avait, entre temps, quelques élections un peu délicates que la vérité aurait probablement compromises.
Ces aides auraient introduit, selon Bruxelles, d’inacceptables distorsions de concurrence sur le marché européen des fruits et légumes. Quant aux distorsions de concurrence introduites par les considérables disparités salariales entre pays de l’Union, la commission s’en lave les mains: cette question ne relève pas des compétences de la commission déclare son porte parole.
ne parlons même pas des distortions introduites par la délocalisation des productions en Asie. La production de cornichons, par exemple, dont la France est un des plus gros consommateurs est à plus de 90% délocalisée par les industriels de la filière en Inde.
Le cornichon, fragile, est cueilli à la main. Salaire d’un ouvrier indien : 40 € par mois! Mais cette question n’est pas, bien sûr, de la compétence de la commission !
L’obsession maladive des dirigeants européens à célébrer  la sainte concurrence n’est pas nouvelle et le prurit qui les saisit périodiquement à ce sujet n’est pas une surprise.
Chiche que Bruxelles va exiger des constructeurs automobiles, voire des banques et des organismes financiers qu’ils s’exécutent de la même manière eux qui ont reçu des aides autrement plus colossales !
Chiche également que Mrs BAROSO et consorts vont vite fait bien fait mettre de l’ordre dans la grande distribution ou trois ou quatre multinationales étranglent les producteurs sans que les consommateurs y trouvent pour autant leur compte!
Vous n’y croyez pas ? Confidence pour confidence moi non plus, et tant pis pour les agriculteurs apotres de la libre entreprise qui n’ont pas encore appris que si le libéralisme c’est la liberté, c’est d’abord et surtout la liberté du renard laché dans le poulallier ou les poules sont libres …

