Ma part de vérité - Edition du Dimanche 20/05/2012

ET SI ON PARLAIT ENFIN DE CHOSES SERIEUSES ?

27 mai 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Quand on s’intéresse à l’actualité politique, et singulièrement ce qui occupe la première page des journaux insulaires, on ne peut pas ne pas être frappé par la volatilité des informations qui perdent leur importance dès qu’un évènement surgit qui les ramène en page intérieure.

Ce qui est plus préoccupant c’est de voir à quel point la classe politique, en Corse comme dans l’ensemble du pays, semble consacrer plus d’attention aux questions conjoncturelles qu’aux questions de fond: sans doute les premières sont elles jugées plus intéressantes électoralement …

C’est ainsi par exemple que la question démographique n’est jamais évoquée, comme si un tabou redoutable pesait sur son évocation, susceptible de déchainer les catastrophes.

Or il s’agit là d’une question essentielle qui conditionne très largement l’avenir de la Corse: L’INSEE vient de publier une étude particulièrement intéressante portant sur les évolutions démographiques de notre île par rapport à la moyenne nationale.

Vous pouvez vous amuser, comme je l’ai fait, à procéder à des simulations permettant de se projeter dans l’avenir et observer, sur la base des données actuelles et des évolutions les plus probables la situation de la Corse au cours des prochaines années.

Un seul tableau comparatif tiré de cetté étude et concernant les évolutions estimées de deux groupes d’age en 2040.

La comparaison des groupes d’age  ”plus de 65ans et moins de 20 ans” à l’échéance de l’an 2040 montre à quel point le vieillissement prévisible de la population est catastrophique, la Corse décrochant dans les deux cas par rapport à la moyenne nationale dans des proportions alarmantes.

Situation d’autant plus préoccupante que sur la durée la population continuera d’augmenter à un rythme certes  lent mais soutenu, de nature à provoquer de déséquilibres irréversibles et des conséquences sociales, sociétales et économiques considérable.

J’avais évoqué cette question lors d’un colloque organisé par l’amicale des corses d’Avignon en juin 2010, et provoqué ainsi un débat aussi vif qu’intéressant.

Les élus de la Corse seraient bien inspirés de s’en saisir et de tracer sur le moyen et long terme les éléments d’une politique migratoire car la Corse et les Corses ne doivent pas se contenter de subir des évolutions aussi dramatiques sans réagir.

Il est vrai qu’il est  plus facile de rouler les mécaniques en menaçant la SNCM d’un procès ou en réclamant qu’une enquête soit ouverte sur l’accident de la caravelle Ajaccio-Nice, que de se pencher sur un tel sujet…

Situation estimée de population de la Corse en 2040:

Groupes d’âges (2040)

âge millions % % femmes
65+ 0,12 32,8 55,4
20 - 64 0,18 50,3 48,5
<20 0,06 16,9 48,7
Total 0,35 100 50,8

Situation estimée de la population de la France en 2040

Groupes d’âges (2040)

âge millions % % femmes
65+ 18,2 25,7 56,4
20 - 64 36,68 51,9 49,7
<20 15,86 22,4 48,8
Total 70,73 100 51,2

LES BORNES DU COUILLONISME…

9 mai 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Tous les matins je me réveille avec angoisse en pensant que quelque part dans le monde quelqu’un a pris à pleins bras les bornes du couillonisme pour les porter un peu plus loin, déclarait Marcel PAGNOL

Peut être pensait il à Bernard HENRI LEVY ? Je savais quant à moi qu’il était capable d’annoner n’importe quelle annerie, pour peu qu’on lui tende un micro.

J’avoue cependant que lorsque je l’ai entendu se prononcer pour un boycott touristique de notre île pour punir les criminels qui, comme on sait, y sévissent depuis trop longtemps, les bras m’en sont tombés.

Il aurait dû en rester à la citation des paroles de Jean Toussaint DESANTI, un grand philosophe, lui, qui s’insurgeait contre la tendance très parisienne de ramener la violence sévissant dans notre île à un folklore certes désagréable mais tellement dans la nature des corses: en quelque sorte une  tare, dont nous serions affligés.

Les élucubrations pathétiques de ce guignol, ne doive cependant pas nous faire oublier la gravité de la situation, et les responsabilités des uns et des autres.

L’Etat bien sûr, qui pendant des années a privilégié la chasse aux nationalistes: on en raflait 50 à l’heure des journaux télévisés, et on en relâchait 48 discrètement quelques jours plus tard à l’aube pour que le ministre de l’intérieur de l’époque puisse rouler les mécaniques.

Résultat: les voyous ont prospéré au point que nous nous trouvions aujourd’hui, comme l’a déclaré fort justement Paul Felix BENEDETTI dans une situation pré-mafieuse.

La classe politique ensuite, dont certains éléments se sont laissé aller jusqu’à faire la courte échelle à un milieu en quête d’honorabilité.

Et nous tous, enfin, qui manquons trop souvent de discernement en cultivant des amitiés ou des proximités qu’il conviendrait de tenir à distance.

Quoiqu’il en soit, ce sont là des problèmes suffisamment sérieux pour que des histrions comme BHL évitent d’y ajouter leur grain de sel.

Reste qu’au train de sénateurs de la commission mise en place par l’assemblée de Corse, les voyous ont encore de beaux jours devant eux…

GIACOBBI A L’ABORDAGE

30 avril 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Paul GIACOBBI est un homme extraordinaire: il se lance aujourd’hui à l’abordage de la SNCM, ou plutôt des pirates qui, selon lui, on commis à l’égard de l’ex compagnie nationale un “braquage” comme il le déclarait en 2006 sur son blog.

Il a, sur le fond, entièrement raison, car les conditions dans lesquelles la SNCM a été privatisée sont largement scandaleuses. J’étais moi même à l’époque directeur général de la SITEC société d’économie mixte dont la SNCM détient 35% du capital, et j’avais vécu très mal, comme l’ensemble des salariés de la compagnie et de ses filiales cet épisode particulièrement calamiteux de l’histoire de la société.

Mais pourquoi donc avoir attendu si longtemps pour demander une commission d’enquête parlementaire ? car enfin, la privatisation a été lancée le 19 septembre 2005 et devenue définitive après le vote favorable du Conseil d’administration et des salariés le 3 mai 2006, c’est à dire il y a exactement 5 ans…

Et surtout quel est l’objectif poursuivi par le président de l’exécutif. Démontrer que Monsieur BUTLER, ami du premier ministre  de l’époque Dominique VILLEPIN a fait une bonne affaire ? Tout le monde le sait.

Obtenir que des poursuites soient engagées afin que ceux qui auraient bénéficié ainsi de plus-values exorbitantes soient punis ? L’affaire TAPIE a démontré que dans ce genre d’affaire ç’est loin d’être évident.

Je ne vois en tout cas rien dans cette prise de position aussi soudaine que spectaculaire , qui puisse concourir, peu ou prou, à ce qui devrait être à mon sens le seul objectif de l’exécutif dans ce domaine: travailler à remettre sur pied le dispositif de continuité territoriale qui a totalement dévié de son objectif premier, le lutte contre la vie chère à laquelle sont confrontés les insulaires et que les sommes énormes injectées dans le dispositif n’ont pas réglé.

A moins que ce “coup de gueule” ne soit destiné à constituer une diversion face aux difficultés auxquelles est confrontée la coalition qui détient aujourd’hui le pouvoir à la CTC ? Mais seuls les mauvais esprits pourraient, n’est ce pas, avancer cet argument…

LE SCRUTIN CLÉ DE PORTO VECCHIO

19 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Beaucoup de monde hier au dernier meeting de Jean Christophe ANGELINI et Marie Jo CUCCHI à Porto Vecchio: beaucoup de monde et beaucoup d’ambiance.

Il est vrai que l’élection cantonale qui se déroule dans le canton de la ville  du sel revêt une importance particulière et que, si l’on en croit ANGELINI et ses partisans nous serions à la veille de la chute de la maison ROCCA SERRA.

Si c’était le cas il s’agirait en effet d’un véritable séisme politique, non seulement parce que il consacrerait la chute du Clan le plus emblématique à droite de l’échiquier politique corse, mais surtout parce que ce serait, après le succès des élections territoriales de 2010 une éclatante  victoire du camp nationaliste et, probablement, avant les scrutins décisifs des municipales et des territoriales de 2014, l’annonce d’autres succès.

Il sera particulièrement interessant de suivre le comportement des autres candidats au deuxième tour, et singulièrement celui de la gauche, rassemblée autour du candidat du Front de Gauche, Joseph AGOSTINI.

Il faut rappeler qu’en 2008, alors que la défaite de Camille de ROCCA SERRA semblait consommée au soir du premier tour des élections municipales,  le refus du même candidat de gauche et des formations politiques qui s’en réclament de soutenir son adversaire nationaliste avait permis à celui qui se proclamait l’ami de Nicolas SARKOZY  d’éviter la chute.

Cela n’a sans doute surpris personne, mais il faut noter que, à la tribune aux cotés de Camille de ROCCA SERRA, on retrouvait la veille du meeting d’ANGELINI, le maire de Conca, Fanfan MOSCONI, élu territorial sur la liste de Paul GIACOBBI et membre aujourd’hui du groupe Démocrates, Socialistes et Radicaux.

Faut il y voir un signe discret d’un soutien de Paul GIACOBBI ,  inquiet de ce fâcheux précédent que signifierait la chute du Clan ROCCA SERRA qui le consacrerait dernier chef de Clan Corse ? Peut être pas, mais l’affichage est détestable et ne contribue pas à améliorer l’image de la coalition de gauche au pouvoir.

Reste que cela doit contrarier tout particulièrement Michel STEFANI, président du groupe communiste dans la même coalition.

Fanfan MOSCONI lui a soufflé la présidence du Conseil de Surveillance de de la CCM, avec l’appui de Paul GIACOBBI et Camille de ROCCA SERRA, et le voilà qui s’affiche avec le candidat de droite contre son camarade AGOSTINI…

Ce n’est sans doute pas, à mon humble avis, la dernière couleuvre qu’il aura à avaler dans les prochains mois.

LA MÉTHODE DES EMPEREURS CHINOIS

1 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

On raconte que lorsque les empereurs chinois recevaient un courrier à cheval d’une lointaine province où se produisaient des évènements qui le contrariaient, il changeait aussitôt par décret impérial  le nom de la province,  ce qui réglait, sinon pour les administrés, mais sans doute au moins pour lui le problème…

C’est peut être en s’inspirant de cette méthode que le président du conseil exécutif de Corse a décidé que les routes nationales s’appeleraient désormais routes territoriales.

Il n’y aura donc plus de problèmes sur les routes nationales: restera seulement à régler le cas des routes territoriales, ce qui, si l’on en juge par l’état des finances de la CTC, demeure problématique.

Toute plaisanterie mise à part, je n’ai pas le sentiment que la question des transports soit abordée comme il le faudrait.

D’abord, pourquoi distinguer dans la réflexion les transports extérieurs à l’ÃŽle et les transports intérieurs ? Ce n’est pas comme cela que l’on parviendra à rationaliser un système complètement dépassé qui pénalise le développement de la Corse, et qui est basé sur une architecture de transports intérieurs archaïque et un assemblage de liaisons extérieures dont on se rend compte aujourd’hui qu’il ne répond en rien aux interets vitaux de la Corse et des corses.

En fait nos élus se comportent comme si un système transports conçu et mis au point il y a plus d’un siècle était absolument immuable et que toute action dans ce secteur ne pouvait que se borner à y plaquer de temps à autre quelques rustines.

Comme si il était envisageable de continuer à entretenir cinq ports de commerce et quatre aéroports dans une île de 300 000 habitants, dont deux ports de commerce en Balagne, à 15 kilomètres de distance !

Comme s’il était responsable de ne pas mettre d’urgence en chantier un véritable réseau ferré pour relier Bastia à Bonifacio par la côte orientale, avec une bretelle de Porto Vecchio à Ajaccio  et une autre de Bastia à Calvi…

Je parle bien sûr d’un réseau ferré à double voie normale, électrifié et non d’un deuxième “trinighellu” à voie unique qui n’est plus en service que chez nous et quelques pays sous développés…

Au moment ou l’on approche d’un baril de pétrole à 200$ le baril, ou notre réseau routier est saturé et ou sa modernisation aurait un coût considérable tant financier qu’environnemental, comme chacune sait, il est temps de traiter la question des transports comme elle le mérite…

Nos élus ne sont pourtant pas plus stupides que ceux que l’on rencontre dans les autres régions françaises, on dit même qu’ils le seraient moins. Alors pourquoi ce comportement aussi timoré que peu responsable ?

Il y a sans doute plusieurs explications, mais je crois que le cumul des mandats qui affecte la plupart d’entre eux et les empêche de regarder plus loin que le bout de leur mandat y est pour quelque chose.

Le président du conseil exécutif, par exemple, dont chacun s’accorde à dire que c’est un homme intelligent, est parfaitement capable de concevoir cela, et il a en outre aujourd’hui le pouvoir de lancer un chantier de cette importance…

Seulement voilà, il est député, son mandat vient à échéance en 2012, et il rêve d’être un jour ministre.

C’est sans doute pour cela que, campagne électorale oblige, il n’a pas hésité devant les élus de  Balagne,  à recommander, en pure perte, des études supplémentaires sur les conditions d’approche de  l’aéroport de Calvi, dont le déficit structurel a été par plusieurs fois pointé par la Chambre des Comptes de Bastia , et à conforter le port d’ÃŽle Rousse, sans mentionner bien entendu  que dans ces conditions le port de Calvi devrait trouver une autre vocation.

Calvi et ÃŽle Rousse, cela n’échappera à personne, se trouvent dans la circonscription de Corte Calvi…

“Gouverner c’est prévoir”..disait Emile de Girardin. Il  disait aussi “Tout le monde parle de progrès, et personne ne sort de la routine”.

Il faudra bien en sortir un jour de la routine, d’autant que pour appliquer la routine, on n’a pas besoin d’élus, les fonctionnaires suffisent, n’est ce pas ?

FAUDRA T IL RÉTABLIR LA COUR DE SÛRETÉ DE L’ETAT ?

11 février 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Faudra-t-il rétablir la Cour de Sûreté de l’Etat pour que la question des détenus corses incarcérés dans les prisons continentales puisse obtenir de l’administration pénitentiare une position claire ?

La juridiction d’exception, créée pour juger les membres de l’OAS, dissoute par le gouvernement de Pierre MAUROY par la loi n° 81-737 du 4 août 1981, dont il n’est évidemment pas question de regretter la suppression, avait de ce point de vue au moins l’avantage de conférer à ceux qui comparaissaient devant elle un véritable statut de condamnés politiques.

La question, peut paraître provoquante, ou pour le moins saugrenue: elle ne l’est pourtant pas. La France ne reconnait pas aux détenus corses condamnés pour actes de terrorisme le statut de prisonniers politiques.

La République considère en effet que dans notre pays ou  la liberté d’expression est garantie par la constitution il n’est pas nécessaire de commettre des attentats pour faire valoir ses idées, et que de tels actes sont dès lors considérés comme  des délits de droit commun et traités comme tels.

Soit. Mais alors pourquoi, dès qu’il s’agit de transférer un détenu dans une prison insulaire, les condamnés pour actes terroristes font effectivement l’objet d’une discrimination, et se voient rarement attribuer une place libre au bénéfice des détenus de droit commun ?

Voilà plus de 30 ans qu’un certain nombre de corses ont choisi ce que les mouvements nationalistes radicaux qualifient de lutte armée, pour s’opposer sans succès et sans la moindre chance de l’emporter à la République.

Il reste que la multiplication de attentats n’a jamais empêché , comment ne pas le reconnaître, une frange non négligeable de la population d’approuver cette stratégie, au point qu’aux dernières élections territoriales 10% du corps électoral a voté pour les candidats indépendantistes qui revendiquaient clairement leur soutien aux mouvements clandestins.

J’ai toujours pensé que la solution de la question Corse, car c’est bien ainsi que la situation de l’île doit être selon moi  qualifiée, demandait une réponse politique, et que celle ci n’avait que trop tardé.

Faute de le prendre en compte, la vie politique insulaire continuera d’être empoisonnée et le climat altéré par des question comme celle des “détenus corses” selon les uns,  ou “prisonniers politiques” selon les autres, et polluera le fonctionnement normal des institutions, comme la CTC, condamnée à l’impuissance faute de pouvoir mettre en oeuvre une coalition vraiment majoritaire et solide sur un programme politique clair.

Beaucoup de temps perdu, beaucoup d’existences compromises, que ce soit parmi les victimes ou parmi les auteurs de violences. Lionel JOSPIN, pourtant jugé “psychorigide” par ses détracteurs, avait fini par le reconnaître en ouvrant la discussion sur ce qu’on a appelé les accords de Matignon.

Il ne s’est hélas pas trouvé, parmi ses successeurs, un seul homme d’Etat pour reprendre le cours de sa démarche: je veux croire qu’au cas ou la gauche reviendrait au pouvoir, ce qui est encore  loin d’être acquis, il s’en trouvera un(e) pour ouvrir courageusement le débat.

ANGHIONE: LA BOMBE QUI FAIT MAL

26 décembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

L’attentat de Castellare di Casinca pose une série de questions auxquelles il faudra bien répondre clairement un jour ou l’autre.

A l’Etat d’abord qui, il y a quelques jours, par la bouche de monsieur HORTEFEUX laissait entendre que la violence clandestine était á bout de souffle: le systeme d’information du ministre est visiblement pris en défaut par l’importance du dispositif qu’a necessité cette opération, c’est le moins que l’on puisse dire …

Aux élus régionaux ensuite, engagés dans une laborieuse procedure pour aborder la question fonciere, et soumis au scepticisme d’une population persuadée depuis longtemps, et pourquoi ne pas  le dire crument á juste titre, que sans les attentats il y a belle lurette que la Corse aurait été bétonnée d’Ersa á Bonifacio.

Aux autonomistes enfin, qui condamnent tout naturellement cette action, mais qui n’ont pas fait pour le moment la demonstration de leur determination á  pousser les feux pour opposer á ces méthodes une stratégie tout aussi efficace.

Je fais partie de ces  socialistes qui souhaitaient que la Corse soit dotée du pouvoir de légiférer dans les domaines ou il apparaissait indispensable qu’elle puisse le faire, et aujourd’hui je persiste et je signe.

Je reste persuadé que nous n’obtiendrons jamais du Parlement de la Republique qu’íl vote les textes qui mettraient notre ile á l’abri des speculateurs, qu’íls soient corses, ce qui constitue pour moi une circonstance aggravante,  ou qu’íls viennent d’ailleurs.

Tous ceux qui en sont conscients doivent sana attendre unir leurs forces pour mobiliser la population, et elle est á mon sens prete á ecouter un message fort et clair, et arracher á l’Etat cette réforme, la seule qui soit en mesure d’opposer définitivement á la loi des armes la Loi des Corses.

Faute de quoi, les élus territoriaux continueront imperturbablement á exercer le ministere de la parole, en laissant aux clandestins le ministere de l’action, le seul qui finit par compter, en définitive, aux yeux de la population.

TRANSPORTS:UN SYSTÈME A BOUT DE SOUFFLE

23 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

CORSICA LIBERA  l’a annoncé clairement: les élus indépendantistes ne voteront pas les mesures proposées par Paul Marie BARTOLI au nom de l’exécutif, en particulier la suppression de “l’aide sociale au passager transporté”.

Sans surprise, car c’est une vieille revendication, ils se prononcent en même temps pour la création d’une compagnie territoriale de transports maritimes à capitaux publics dont ils ont obtenu qu’elle soit mise sérieusement à l’étude.

Je crains que, comme trop souvent chez nous, on ne mette une fois encore la charrue avant les boeufs et que l’on mette sur la table la réponse aux questions que l’on ne s’est pas vraiment posé.

Par exemple: est il raisonnable de continuer à construire des car-ferries de plus en plus grands, qui ont besoin de ports de plus en plus grands, pour vomir sur nos cotes le  flot des voitures des touristes nécessitant des  réseaux routiers de plus en plus importants, que nous avons de plus en plus de mal à payer et à entretenir avec nos misérables 300 000 habitants permanents ?

Les Iles anglo-normandes, Jersey et Guernesey reçoivent proportionnellement 10 fois plus de touristes que la Corse : il est quasiment impossible d’y emmener sa voiture, ou alors à prix d’or. on y vient pourtant de toute l’Europe et on y loue des voitures à 1 livre par jour soir 0,8 €… Ils sont fous ces anglais, vraiment, à moins que ..

Ou encore : est on vraiment sûrs que l’énorme enveloppe dite “de continuité territoriale” qui était à l’origine destinée à abaisser  le coût de la vie diminue dans l’île ait rempli son office ? et si ce n’est pas le cas, ce qui me parait évident,  comment faire en sorte qu’elle le remplisse enfin ?

Ou bien encore : si la concurrence est indispensable pour mettre l’île à l’abri des inévitables dérives du monopole fut il public, est il alors vraiment utile de la subventionner pour le transport de passagers pendant la saison estivale alors qu’elle elle devrait justement jouer pleinement son rôle à ce moment là  ?

Ou bien enfin: si la maîtrise des transports représente toute autre chose que la simple détention de la majorité d’une compagnie maritime ou aérienne, ce dont je suis persuadé, quel usage peut on en faire pour favoriser la production et freiner les importations dans les secteurs ou, visiblement, nos producteurs peuvent  être compétitifs ?

J’aurai l’occasion, avec mes amis du club “La Gauche Autonomiste” de revenir sur cette question et  je partage l’inquiétude des élus indépendantistes quant à l’emprise du groupe VEOLIA en Corse au cas ou la SNCM retrouverait une position monopolistique.

Il ne manquerait plus alors que la multinationale en question remporte en 2011le marché de la gestion des chemins de fer corses, en cas de retrait de la SNCF, pour que nous nous retrouvions, comme je l’avais moi même ecrit il y a quelques semaines, aux temps funeste de la Banque Saint Georges

LA GAUCHE AUTONOMISTE ECRIT A BUCCHINI

12 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Le club politique “ La Gauche Autonomiste” qui avait en juillet dernier écrit au président de l’assemblée de Corse pour réclamer un débat sur les effets du banditisme en Corse, récidive aujourd’hui en envoyant une deuxième missive à Dominique BUCCHINI.

Cette piqûre de rappel qui intervient à quelques semaines du débat  fixé au 15 décembre prochain, est destiné, selon les 10 signataires de la lettre, à faire au président de l’assemblée, dont ils se félicitent qu’il ait tenu ses engagements, un certain nombre de recommandations.

Ils craignent en effet que les élus de la Corse soient tentés de noyer le poisson en étendant le débat au sujet beaucoup plus vaste de “la violence” et se bornent à voter ensuite une motion de condamnation sans autre forme de procès.

Ils insistent en conséquence pour souligner la nécessité, au contraire, de préconiser des mesures concrètes à l’Etat, qui a la charge de ces questions, et en citent quelques unes, au demeurant classiques, qui pourraient être mises en oeuvre rapidement.

Ils suggèrent également que les débats, au moins ceux qui ne se tiendront pas à huis clos, soient retransmis sur Via Stella et sur internet à l’intention des insulaires et des corses et amis de la corse de l’extérieur.

Je n’ai quant à moi aucun doute sur la volonté de  Dominique BUCCHINI  de mener les débats jusqu’au bout, si je me rapporte aux thèmes qu’il avait défendus pendant la campagne des territoriales.

Wait and see donc..

Vous pouvez prendre connaissance des documents cités en cliquant sur les mots en rouge dans le texte.

CONTINUITE TERRITORIALE: REVENIR AUX FONDAMENTAUX

8 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Paul GIACOBBI aurait donc décidé d’engager l’épreuve de force avec la Corsica Ferries et Mobylines sans que l’on en saisisse vraiment ni l’urgence ni  la véritable raison.

Certes l’artifice que constitue “l’aide sociale au passager transporté” est, rapporté aux termes choisis pour la qualifier,  une aimable plaisanterie, et il aurait de toute façon fallu, un jour ou l’autre, mettre à plat le dispositif d’aide aux compagnies desservant la Corse.

Mais la méthode adoptée, qui consiste à mettre brutalement fin avant terme à un accord conclu par l’assemblée de Corse avec un armateur est, disons le franchement, plus que contestable. Une pétition a été mise en ligne sur le site de Corsica Ferries pour s’y opposer.

A moins qu’il ne s’agisse là d’une petite manoeuvre, d’une simple affaire de gros sous destinée à fournir à la coalition territoriale les moyens de faire face à une situation financière précaire en récupérant une douzaine de millions d’euros par an.. Expédient très sarkosyste au demeurant , à l’instar du non remplacement d’un départ sur deux dans la fonction publique entrepris par le gouvernement FILLON.

Ce n’est pas comme cela que l’on remettra sur les rails une réforme qui a totalement dérapé depuis longtemps et s’est éloignée des objectifs qui lui avaient été fixés au départ.

Il s’agissait d’abord et surtout , il faut le rappeler car cela a été complètement perdu de vue, de réduire le coût de la vie pour les insulaires et de le rapprocher de celui d’une région continentale comparable.

Il s’agissait en même temps, avec une enveloppe financière qui se monte aujourd’hui à près de 250 M€, de donner aux corses les moyens de maîtriser par ce biais les transports extérieurs, fret et passagers.

Aujourd’hui ce sont les compagnies de transports qui font la politique des transports. Et que nous disent elles ?

Nous avons besoin de bateaux de plus en plus grands, faites nous donc des ports de plus en plus importants et aussi des routes capables d’absorber le trafic généré par les vehicules qu’ils vomissent sur vos rivages..Et peu importe que cela ne dure que trois à quatre mois, ce n’est pas notre problème !

Nos entreprises peuvent être mises en danger si vous touchez au dispositif que nous avons peu à peu mis en place grâce à la complaisance de vos élus, alors n’y touchez pas et payez donc sans chercher à comprendre !

Comment pouvons avons nous pu accepter aussi longtemps  que des entreprises qui avouent que leur survie dépend plus ou moins largement des subsides que leur verse la Corse ne soient pas domiciliées en Corse ? La SNCM a son siège social à Marseille et le groupe Corsica Ferries sans doute quelque part entre Gènes et la Suisse.. ?

Comment avons nous pu accepter aussi longtemps qu’un marché aussi transparent que le marché touristique soit aussi largement subventionné alors que la concurrence entre les compagnies maritimes devrait règler à elle seule l’équilibre entre l’offre et la demande et la fixation des prix  ?

A quoi peut bien servir la concurrence, élevée dans notre pays en dogme intouchable, si les compagnies censées se mettre en position de concurrence sont subventionnées ?

Comment se fait il que l’on subventionne les passages touristiques de pleine saison, alors que la demande y reste toujours supérieure à l’offre, au détriment de l’arrière saison ou elle s’effondre ou du transport de marchandises alors que nous supportons ici les coûts souvent exorbitants des grandes surfaces ?

Comment se fait il que la part de l’enveloppe de continuité territoriale au service des productions insulaires soit si réduite alors que ce dispositif pourrait  aider nos producteurs à développer nos territoires et diminuer ainsi notre dépendance à la mono industrie du tourisme de masse ?

Il n’y a  pas de bonnes réponses à un problème donné si on ne pose pas, au préalable, les bonnes questions.. Le dispositif dit ” de continuité territoriale” doit être remis à plat, ses objectifs revus et actualisés, et les dispositifs destinés à les atteindre mis en place, c’est clair.

Mais c’est dans cet ordre, et dans cet ordre seulement que l’on sera en mesure d’y parvenir, certainement pas avec des mouvements de menton et des coups de gueule…

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