REFORMER NOS INSTITUTIONS ? OUI MAIS SÉRIEUSEMENT !
2 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans Corse, Introduction
Selon le quotidien Corse matin Paul GIACOBBI persiste dans son intention  poser la question institutionnelle à travers les dossiers débattus par l’assemblée de Corse: statut de résident, transfert fiscal des droits de succession,  cooficialité des langues corse et française et se dit décidé à demander une révision de la constitution au cas ou le Conseil d’Etat concluerait à l’inconstitutionnalité de ces demandes.
Je suis pour ma part convaincu qu’il est indispensable de poser la question des institutions dont dispose aujourd’hui la Corse. D’abord parce que les réformes engagées à ce jour ont pour moi comme un gout d’inachevé, car accordées à chaque fois au prix de compromis avec les forces conservatrices qui en ont largement emoussé l’efficacité.
J’en suis aujourd’hui d’autant plus convaincu que la crise qui a commencé à frapper durement notre île nécessite que l’on procède à de profondes réformes pour éviter le pire, à commencer par la simplification du mille feuille administratif et politique qui, outre qu’il coûte très cher, empêche la prise de décision efficace indispensable en période de crise.
Je suis par contre plus que réservé sur la méthode proposée par le président de l’exécutif, car pour parler franchement elle frise l’imposture. Comment peut il en effet envisager sérieusement que dans la période que nous traversons il pourra convaincre le président de la République, quel qu’il soit, de convoquer le Parlement en Congrès à Versailles, pour lui faire voter ces dispositions, alors que le pays est confronté aux difficultés que l’on sait  ?
A moins qu’il ne s’agisse d’une ficelle, ou plutôt d’un câble, destiné à harponner électorat nationaliste afin que, comme en 2007 il lui accorde à nouveau sa confiance en 2012.
Par contre rien n’empêche le président de l’exécutif de mettre à l’ordre du jour de l’assemblée de Corse la question d’un statut d’autonomie pour la Corse, d’en étudier sérieusement tous les aspects, et  d’aller le moment venu devant le peuple pour lui demander d’approuver la démarche.
Fort du mandat populaire, il pourrait alors entamer avec le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, des négociations sérieuses compte tenu des propositions que la gauche comme la droite envisagent de développer dans la cadre de la troisième étape de la décentralisation.
Mais ce serait alors  la démarche d’un homme politique , alors que nous n’avons visiblement affaire qu’à un politicien.
LE NEZ DANS LE GUIDON…
21 octobre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Tous ceux qui sont montés un jour sur un vélo savent que la manière la plus sûre de sa casser la figure c’est de conduire le nez sur le guidon.
C’est la même chose en politique quand on conduit les affaires le nez sur la prochaine élection sans se préoccuper de ce qui pourrait bien advenir ensuite.
C’est le sentiment que me donne l’attitude de Nicolas SARKOZY en ce moment: au lieu de chercher avec l’Allemagne le juste compromis, il a entamé un bras de fer dont j’ai tout lieu de croire qu’il le perdra, dans le seul but, à mon avis, d’en tirer en cas de victoire un avantage decisif face à François HOLLANDE.
A coté de cela les problèmes du monde s’accumulent dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont particulièrement préoccupants, et qu’ils devraient réclamer l’attention des gouvernements: le notre bien sûr, mais aussi ceux des principaux pays.
Pas besoin, pourtant, d’aller demander des comptes aux gouvernements de la planète, il suffit d’observer ce qui se passe chez nous.
La sécheresse, par exemple, qui sévit sévèrement aujourd’hui dans notre île:  un phénomène climatique dont  chacun s’accorde à dire que dans les 30 ans qui viennent, à cause du réchauffement climatique il se reproduira de plus en plus frequemment, car le climat de notre île se rapprochera progressivement de celui que connait aujourd’hui l’Afrique du Nord.
l’Office Hydraulique se prépare t-il à affronter cette situation ? La CTC a-t-elle mis à l’étude  la collecte et le stockage sous terrain des eaux pluviales pour limiter l’évaporation des lacs de barrages ? Ou sont les mesures d’économie dans les zones irrigables de la plaine orientale ?
Rien de tout cela, en tout cas à ma connaissance. Bien au contraire, puisque la CTC  envisage froidement de développer les golfs, dont l’entretien entraîne une consommation d’eau incompatible avec les perspectives climatiques qui nous attendent !
La politique des transports, un autre exemple. Air France KLM, sur laquelle s’appuie la CCM dont elle est par ailleurs actionnaire, est aujourd’hui en grande difficulté et s’apprête à mettre en oeuvre un plan de dégagement des effectifs qui touchera la Corse, jusqu’ici épargnée, en attendant, peut être de se désengager de ce partenariat.
la SNCF quant à elle a fait savoir qu’elle n’est plus intéressée par la gestion des chemins de fer Corse, et, poussée dans ses retranchements par le gouvernement, elle présente une offre financière dissuasive.
En cas de désengagement comment espérer que les CFC, outrageusement déficitaires, seraient longtemps viables, et pourquoi n’a t-on pas mis à l’étude l’ouverture d’une ligne Bastia-Bonifacio qui, elle serait rentable, garantirait l’emploi des cheminots et réduirait le rôle du transport routier qui asphyxie nos routes durant la saison estivale ?
Au cas, que j’espère improbable, ou l’un et l’autre des concessionnaires s’avérerait effectivement défaillant, une alternative sérieuse est elle à l’étude ?
Les finances des collectivités enfin.
Chacun mesure aujourd’hui a quel point la France et l’Union Européenne sont surendettées, et les conséquences que cela entraînera pour les finances de nos collectivités, elles mêmes très endettées, et donc pour la situation économique de notre île, les collectivités étant le principal donneur d’ordre pour les entreprises insulaires des secteurs qui font la prospérité toute relative de la Corse.
Ou sont les programmes d’économies, et d’ailleurs les véritables possibilités d’économies, dans une île ou le clientélisme est le sport préféré des élus ? Ou sont les politiques de relance d’une économie dont la dépendance au tourisme risque, dans la conjoncture qui se présente, de devenir tragique ?
J’aurai hélas l’occasion de revenir sur ces questions, et quelques autres, car elles vont se trouver dans les semaines et les mois qui viennent au coeur de l’actualité, dans une ÃŽle ou le chômage explose, et ou les inégalités se creusent de jour en jour.
Si gouverner c’est prévoir, alors c’est simple; en Corse, pas plus qu’en en France,  nous ne sommes gouvernés.
HAUTE CORSE: L’AUTRE DETTE.
21 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Il y a bien sûr la dette des Etats et le redoutable danger qu’elle représente pour l’économie mondiale, l’Union Européenne et chacun d’entre nous, mais il y a aussi des sujets d’inquiétude plus proches de nous, qui concernent la dette des collectivités locales.
Dans son numéro d’aujourd’hui le quotidien LIBERATION accuse la banque DEXIA d’avoir refilé à plus de 5000 collectivités des produits financiers complexes, appellés plus trivialement “emprunts toxiques“. Celle ci se défend en accusant le quotidien de confondre la complexité des produits financiers et leur toxicité. Les informations datent de 2009, et sont donc susceptibles d’avoir évolué dans l’intervalle.
Les emprunts toxiques se distinguent par  l’existence d’une formule de calcul du taux  autre que la formule simple “taux variable + marge”. Il peut s’agir de types de formules extrêmement divers, utilisant des taux d’intérêt, des taux de change, voire des taux d’inflation.
Il est possible de rechercher les communes, départements ou régions françaises afin de s’informer sur leur situation de ce point de vue.
C’est ainsi que l’on trouve parmi les départements les plus “intoxiqués”, en employant ce qualificatif avec  les réserves évoquées par DEXIA: le département de Haute Corse.
Toujours selon LIBERATION celui ci aurait contracté des emprunts auprès de trois banques pour un montant de 57 000 000 €, qualifiés de toxiques par le quotidien.
Hyacinthe MATTEI, ancien président de la commission des finances du conseil général débarqué brutalement il y a quelques mois de son poste, interrogé par la presse locale a fourni un certain nombre d’explications.
Reste que dans l’organisation des conseils généraux l’exécutif c’est le président, les présidents comme les membres des commissions sont chargés d’examiner les propositions de l’exécutif et de donner leur avis.
La décision d’accepter ou non les conditions dans lesquelles un emprunt est négocié, appartient au président du conseil général de même que celle qui consiste à décider de contracter ou non l’emprunt, le dernier mot revenant, bien évidemment à l’assemblée départementale.
On attend donc avec intérêt la réaction de Paul GIACOBBI sous le règne duquel ces emprunts ont été contractés. Nul doute qu’il tiendra, ne fut ce que pour ne pas ternir une réputation soigneusement entretenue de gestionnaire averti,  à donner les explication les plus complètes sur ce dossier épineux.
RASSEMBLEMENT DE FEMU A CORSICA A CORTE
4 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Les élus de FEMU A CORSICA à l’assemblée de Corse avaient invité leurs électeurs et au delà toutes celles et tous ceux qui s’estiment interpellés par leur démarche à une présentation du bilan de leur action depuis les dernières élections  territoriales.
J’ai assisté à cette journée, importante à plus d’une titre.
Beaucoup de monde, surtout des militants des trois organisations politiques qui forment la coalition électorale en question pour un rassemblement somme toute réussi malgré la période encore peu propice à ce genre de manifestation.
Beaucoup de sérieux aussi chez chacun des élus pour présenter le bilan de leur activité, et bien sûr, celui de l’assemblée de Corse.
Beaucoup de critiques aussi sur la gestion de l’exécutif, qualifiée d’archaïque et de clientéliste par l’essentiel des intervenants. Nombreux grincements de dents également à la lecture de la longue interview de Paul GIACOBBI  dans Corse Matin, qualifiée par les principaux responsables de cynique et opportuniste.
Quatre  messages importants à retenir de cette journée au delà des comptes rendus de mandat:
Le premier concerne la perspective d’une fusion dans une même organisation des trois formations composant la coalition: le PNC de Jean Christophe ANGELINI, INSEME de Gilles SIMEONI et A CHIAMA. Elle n’interviendra pas.
Le deuxième concerne les rapports avec CORSICA LIBERA: ils seront dans la période qui s’annonce marqués par la détente et la recherche des compromis à partir desquels  les deux organisations qui composent la famille nationaliste accéderont au pouvoir à l’assemble de Corse.
La troisième concerne l’ouverture: pas question a affirmé Jean Christophe ANGELINI que les nationalistes se replient sur le bloc identitaire que constitue leur famille politique. FEMU A CORSICA  s’ouvrira, je cite ” à toutes celles et à tous ceux qui accepteront de rejeter clairement et définitivement les pratiques claniques et clientélistes”.
La quatrième enfin concerne la vocation de la coalition FEMU A CORSICA: c’est, clairement exprimée par les deux leaders de la coalition, la recherche de la victoire aux élections territoriales de 2014 , la conquête et la prise en main des leviers du pouvoir territorial. La volonté est claire de n’être ni les supplétifs ni les seconds couteaux de quiconque pas plus que de se retrouver “relégués dans un coin du ring”.
C’est à titre personnel, et en tant que porte parole du club politique “La Gauche Autonomiste” que j’ai participé à ce rassemblement.
Comme je l’ai déclaré sur FR3 Corse, je regrette que la gauche, et singulièrement les socialistes, se tiennent à l’écart d’une dynamique qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qui a constitué au cours des années Mitterrand le coeur de leur réflexion et de leur action, pour s’abîmer dans l’archaïsme.
Avec Claude OLIVESI nous avions rédigé et fait voter à la majorité au congrès de Venzolasca  de la fédération de Haute Corse du PS de 1988 une résolution demandant que notre île soit dotée d’un véritable statut qui lui permette d’accéder à l’autonomie interne.
Aujourd’hui je persiste et je signe et reste dans les mêmes dispositions d’esprit, en appelant mes camarades et mes amis les plus lucides à réfléchir, en cette période ou se décide l’avenir de la France, à l’avenir de notre île qui ne peut plus s’inscrire, sous peine de graves conséquences pour les générations futures, dans les schémas  périmés et les pratiques délétères qui nous ont amenés au bord de l’abîme.
Il faudra, a déclaré Gilles SIMEONI, “que le vainqueur de la présidentielle prenne en compte la notion de peuple corse et permette la définition d’une véritable solution politique, car les idées que nous étions, hier, seuls à porter, sont aujourd’hui celles d’une majorité de Corses”.
Il est de la responsabilité des socialistes de relayer, cette proposition, et de se hisser sans plus attendre à la hauteur que réclame la situation, avant que l’opportunisme et le cynisme de leur principal partenaire ne supplée à leur défaillance et les disqualifie définitivement.
COMMENT DIT ON SURREALISTE EN CORSE ?
28 juillet 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
A l’heure ou l’assemblée de Corse va débattre de la co-officialité de la langue corse et du français, j’avoue mon embarras: je ne sais pas traduire le mot surréaliste en langue corse…
Ce serait pourtant particulièrement pratique et utile pour qualifier la situation de notre île telle  que la voient apparemment les élus territoriaux , je veux dire par là celle de ses habitants, du peuple corse et de ceux qui sont ici pour  partager avec nous, pour le meilleur et pour le pire les valeurs comme les soucis qui sont les nôtres.
Résumons nous:
- Le “trinighellu”, en bon français le train à voie unique qui devrait normalement circuler entre Ajaccio et Bastia et pour lequel la CTC a investi 30 millions d’euros, est “kaput”, et la SNCF ne veut plus de la délégation de service publique.
- Le chômage, corrigé des variations saisonnières comme disent les statisticiens, continue de grimper allègrement.
- La DSP destinée à assurer la desserte maritime et aérienne de la Corse arrive à échéance sans que se dégage une majorité pour en établir les nouvelles bases.
- La saison touristique s’annonce plutôt calamiteuse, ce qui est d’autant plus préoccupant que c’est ici une mono industrie.
- La précarité prend des allures préoccupantes et les ONG comme le secours populaire tirent sans grand succès la sonnette d’alarme.
- Les exécutions sommaires continuent d’ensanglanter l’ÃŽle, et le Corriere della sera milanais titre sur la Corse région d’Europe ou l’on tue le plus .
- L’affaire abracadabrantesque du siège de la chambre régionale de commerce et d’industrie: au risque de déflorer la dernière mouche vierge qui se hasarderait à voler dans l’hémicycle, une commission va se pencher doctement  sur les statuts de ce vénérable organisme pour décider s’il s’agit d’une coquille vide ou d’une affaire sérieuse…
- L’examen d’un statut de co-officialité pour la langue corse, qui est une affaire sérieuse, mais dont chacun sait qu’il finira ” au classement vertical”, comme on le dit en argot administratif,  du conseil constitutionnel.
LES CONTES DU TOURISME INSULAIRE…
3 juillet 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Non, ce n’est ni une faute d’orthographe ni une faute de grammaire: ce n’est pas les  comptes du tourisme que je souhaite évoquer, mais les contes de bonne femme que les premiers  touristes provoquent.
Roland DOMINICI, Hôtelier à Porto Vecchio et président d’un syndicat de professionnels de l’hôtellerie s’est élevé vigoureusement contre l’optimisme qu’il estime excessif du quotidien Corse Matin qui estimait que tous les compteurs étaient au vert en ce début de saison.
Je ne suis naturellement pas compétent pour mesurer la réalité de ces différentes observations, mais j’exprime depuis longtemps des doutes sérieux sur les retombées véritables de l’économie touristique dans notre région.
Bien sûr, il ne me viendrait pas à l’idée de nier  que le tourisme, tel qu’il est pratiqué, soit la première activité économique de notre territoire, ni qu’il génère des flux financiers conséquents.
Je m’interroge seulement sur les secteurs auxquels la “manne touristique” profite vraiment, et ceux pour lesquels elle se traduit par un manque à gagner.
Le premier secteur est  incontestablement les compagnies de transport maritimes et aériennes étant donné le poids que représente le transport dans le budget d’une famille de touristes.
Le second est constitué par les grandes surfaces, ou viennent s’alimenter les clients des campings d’une part et des locations privées d’autre part, qui représentent le plus fort contingent de nos visiteurs.
Le troisième est sans aucun doute le secteur locatif privé, car le revenu qu’il tire de la location aux touristes n’est frappé d’aucun prélèvement.
Quant aux perdants, on peut facilement les déduire de ce qui précède:
Les hôteliers restaurateurs, dont le coefficient de remplissage reste malgré tout relativement faible si l’on excepte la ruée des aoûtiens, et qui subissent de plein fouet les prélèvements sociaux et  fiscaux.
la collectivité insulaire, car les touristes qui louent une  résidences privée utilisent les équipements publics comme ceux qui fréquentent les hôtels et les campings, sans que le collectivité ne perçoive un seul Euro sur les revenus  qu’ils versent pour ces locations.
C”est là une situation parfaitement anormale, dans un pays qui pourchasse à juste titre le travail au noir, mais se montre d’une inexplicable faiblesse avec les revenus perçus au noir.
Il faudra bien que la CTC, par le biais de l’Agence du Tourisme se mette en mesure d’établir enfin des Comptes du Tourisme, et mette à l’étude les moyens de remedier à une discriminaition qui, c’est vrai, n’est plus acceptable.
BATAILLE DE CHIFFONNIERS A L’ASSEMBLÉE DE CORSE.
25 juin 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
Selon le quotidien Corse Matin de ce jour, les élus de la majorité territoriale  à l’assemblée de Corse de sont disputés comme des chiffonniers sur un sujet qui n’en vaut vraiment pas la peine, l’implantation du siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse.
La précédente assemblée de Corse s’était, il est vrai, distinguée quant à elle par une homérique dispute pour donner un nom au dernier ferry mis à l’eau par la SNCM !
Cela promet de sérieux  crépage de chignons lorsque viendront en discussion les sujets les plus brulants comme la réforme institutionnelle, la question foncière ou la politique de transport, et, en tout état  de cause cela donne de cette majorité, et plus généralement de l’assemblée d’ailleurs une image déplorable.
Cela éclaire d’un jour cru la véritable nature des ” groupes politiques” qui composent la majorité. Mis à part le front de gauche de Dominique BUCCHINI dont la liste est pour l’essentiel composée de militants politiques, la composition des autres ne pouvait conduire qu’à ce piètre spectacle.
Ce qu’on appelle groupes politiques, il faut le dire franchement, ne sont en fait que des groupes d’intérêt locaux cornaqués par un leader politique dans lequel ils se reconnaissent, et auxquels ils reconnaissent assez d’influence pour servir la leur.
La liste de Paul GIACOBBI, par exemple, comptait 41 élu cantonaux ou municipaux, dont un important contingent d’élus se réclamant au plan national  de la droite libérale, sur 51 candidats. Il s’agissait d’engranger le maximum de voix possibles et peut importait ce qu’il pourrait en résulter par la suite.
Quand on embarque autant d’élus locaux sur une liste d’une assemblée dont le caractère politique est pourtant avéré, il ne faut pas s’étonner qu’à la première décision qui pourrait mettre en cause au près de leurs electeurs la défense de leur pré carré, ils partent dans tous les sens.
Si l’on ajoute à cela les bisbilles historiques, et parfois hystériques, entre bastiais et ajacciens, le spectacle, à défaut du résultat est garanti.
Le Club politique “La Gauche Autonomiste” avait diffusé, il y a quelques jours un communiqué..prémonitoire, que je livre à votre appréciation.
Rendez vous donc le 27 juillet a fini par décider un Paul GIACOBBI sans doute excédé. Pas très glorieux…
QUE DIX COUPABLES…
23 juin 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Que dix coupables échappent à la justice plutôt que souffre un seul innocent a dit un jour Montesquieu. C’est sur le socle de ce principe que repose la justice républicaine.
Il faut croire que les juges de la cour d’assises spéciale n’ont jamais lu Montesquieu car le moins que l’on puisse dire est que leur arrêt dans le procès d’Yvan COLONNA ne s’inspire pas de cette maxime.
Je ne sais pas si ce dernier est coupable ou innocent des faits qui lui sont reprochés: je ne suis ni son juge ni son avocat. Je suis seulement, comme mon camarade André VALLINI, député socialiste de l’Isère, soucieux que la justice s’applique selon les principes qui fondent ma conviction républicaine et ma confiance dans la justice de mon pays, dont je dois avouer qu’elle est aujourd’hui sérieusement ébranlée.
Je constate, comme lui, qu’aucune preuve, aucun témoin n’a été produit par l’accusation qui soit de nature à autoriser pour la troisième fois la cour spéciale à prononcer un arrêt aussi sévère, et que tout autre accusé dans une affaire ou la raison d’Etat n’aurait pas pesé aussi ostensiblement aurait été acquitté.
Je regrette, comme lui sans doute, qu’aussi bien la présomption d’innocence que le bénéfice du doute lui aient été refusés de manière aussi éclatante.
Je déplore que le préfet de la Corse ait trahi le principe de séparation des pouvoirs qui interdit à un fonctionnaire d’Etat de s’immiscer dans une procédure judiciaire en saluant ostensiblement les parties civiles lors de la reconstitution des faits.
Gilles SIMEONI dans son intervention à l’assemblée de Corse a soulevé  un certain nombre de questions troublantes et inquiétantes, et porté sur certains hauts fonctionnaires de police de graves accusations, qui ne m’ont pas étonné, au regard de leurs agissements dans une période particulièrement troublée de notre histoire .
Il faut espérer que dans un peu plus d’un an, lorsque l’ombre de Nicolas SARKOZY ne pèsera vraisemblablement plus sur la justice de mon pays, elles recevront une réponse claire. C’est en tout cas le souhait que je formule ici, en attendant de pouvoir agir à cette fin.
COLONNA N’A PAS A DÉMONTRER SON INNOCENCE.
16 juin 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Yvan COLONNA n’a pas à faire la démonstration de son innocence: c’est ainsi que fonctionne la justice dans notre pays, c’est à l’accusation , il est important de le rappeler, d’apporter les preuves de sa culpabilité.
Or aujourd’hui, à quelques jours du verdict  force est de constater qu’aucun élément matériel sérieux, aucune preuve tangible et irréfutable ne sont venus conforter la culpabilité d’Yvan COLONNA tout au long de ce troisième procès.
Seule, en définitive, l’intime conviction des juges étayée par le fait qu’il s’est soustrait à l’action de la justice pendant ses années de cavale pourrait expliquer, sinon justifier, la lourde condamnation que lui ont infligé les juges de la cour spéciale.
Il est clair pour moi que s’il ne s’était s’agit d’une affaire d’Etat, si  le président de la république à l’époque ministre de l’intérieur n’avait pas fait de son arrestation un argument politique au service de sa carrière en piétinant la présomption d’innocence pour le déclarer  coupable , il aurait bénéficié d’un acquittement au bénéfice du doute.
Je ne sais pas si Yvan COLONNA est coupable ou innocent, et ce n’est pas cela qui m’importe vraiment. Je sais seulement qu’il doit être traité comme n’importe quel justiciable, et il ne m’apparait pas que jusqu’à ce jour il l’ait été.
Les juges vont avoir cette fois à justifier par écrit les raisons qui pourraient les amener à le déclarer une fois de plus coupable et à lui infliger la lourde peine réclamée par le procureur.
S’il n’est pas très difficile pour un juge de condamner un homme en invoquant uniquement son intime conviction, il lui est autrement plus difficile de produire les arguments et bien entendu les preuves qui justifient une condamnation, surtout quand elle est aussi sévère que celle qui lui a été infligée.
Je n’attend pas des juges de la cour spéciale qu’ils fassent preuve de clémence, j’attend seulement qu’ils fassent la démonstration de l’indépendance de la justice face à l’exécutif  et appliquent la loi de la république dans sa lettre comme dans son esprit.
ET SI ON PARLAIT ENFIN DE CHOSES SERIEUSES ?
27 mai 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Quand on s’intéresse à l’actualité politique, et singulièrement ce qui occupe la première page des journaux insulaires, on ne peut pas ne pas être frappé par la volatilité des informations qui perdent leur importance dès qu’un évènement surgit qui les ramène en page intérieure.
Ce qui est plus préoccupant c’est de voir à quel point la classe politique, en Corse comme dans l’ensemble du pays, semble consacrer plus d’attention aux questions conjoncturelles qu’aux questions de fond: sans doute les premières sont elles jugées plus intéressantes électoralement …
C’est ainsi par exemple que la question démographique n’est jamais évoquée, comme si un tabou redoutable pesait sur son évocation, susceptible de déchainer les catastrophes.
Or il s’agit là d’une question essentielle qui conditionne très largement l’avenir de la Corse: L’INSEE vient de publier une étude particulièrement intéressante portant sur les évolutions démographiques de notre île par rapport à la moyenne nationale.
Vous pouvez vous amuser, comme je l’ai fait, à  procéder à des simulations permettant de se projeter dans l’avenir et observer, sur la base des données actuelles et des évolutions les plus probables la situation de la Corse au cours des prochaines années.
Un seul tableau comparatif tiré de cetté étude et concernant les évolutions estimées de deux groupes d’age en 2040.
La comparaison des groupes d’age  ”plus de 65ans et moins de 20 ans” à l’échéance de l’an 2040 montre à quel point le vieillissement prévisible de la population est catastrophique, la Corse décrochant dans les deux cas par rapport à la moyenne nationale dans des proportions alarmantes.
Situation d’autant plus préoccupante que sur la durée la population continuera d’augmenter à un rythme certes  lent mais soutenu, de nature à provoquer de déséquilibres irréversibles et des conséquences sociales, sociétales et économiques considérable.
J’avais évoqué cette question lors d’un colloque organisé par l’amicale des corses d’Avignon en juin 2010, et provoqué ainsi un débat aussi vif qu’intéressant.
Les élus de la Corse seraient bien inspirés de s’en saisir et de tracer sur le moyen et long terme les éléments d’une politique migratoire car la Corse et les Corses ne doivent pas se contenter de subir des évolutions aussi dramatiques sans réagir.
Il est vrai qu’il est  plus facile de rouler les mécaniques en menaçant la SNCM d’un procès ou en réclamant qu’une enquête soit ouverte sur l’accident de la caravelle Ajaccio-Nice, que de se pencher sur un tel sujet…
Situation estimée de population de la Corse en 2040:
Groupes d’âges (2040)
| âge | millions | % | % femmes |
| 65+ | 0,12 | 32,8 | 55,4 |
| 20 - 64 | 0,18 | 50,3 | 48,5 |
| <20 | 0,06 | 16,9 | 48,7 |
| Total | 0,35 | 100 | 50,8 |
Situation estimée de la population de la France en 2040
Groupes d’âges (2040)
| âge | millions | % | % femmes |
| 65+ | 18,2 | 25,7 | 56,4 |
| 20 - 64 | 36,68 | 51,9 | 49,7 |
| <20 | 15,86 | 22,4 | 48,8 |
| Total | 70,73 | 100 | 51,2 |

