CORSE: 2011 MAUVAISE ANNÉE POUR LE PS CORSE
31 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction
Décidément 2011 n’aura pas été un bon millésime pour le PS corse, même si je considère pour ma part qu’il a cessé de compter dans le paysage politique insulaire depuis bien plus longtemps.
La perspective des élections législatives de 2012 n’éclaire pas , c’est le moins que l’on puisse dire, son avenir , mais l’obscurcit bien au contraire davantage encore.
Dans les quatre circonscriptions de l’ÃŽle les jeux sont faits pour Bastia, Corte et Ajaccio ou les candidats PRG et CSD ont été investis: reste la circonscription de l’extrême sud , disputée entre le socialiste Jean Charles ORSUCCI et le PRG Paul Marie BARTOLI ,  qui a été “gelée” par la direction nationale du PS.
Si BARTOLI venait à l’emporter  les socialistes corses seraient ainsi proprement éjectés du jeu politique insulaire par leurs “amis parisiens”…Même si on est fondé à considérer, comme je le suis, que les socialistes corses ne récoltent au fond que ce qu’ils ont semé, j’avoue que la couleuvre passe mal, pour moi, comme j’imagine pour nombre de mes camarades.
Il n’y a aucune raison pour que le PS se refuse à investir un socialiste dans la circonscription de l’extrême sud, et Jean Charles ORSUCCI, de surcroît seul candidat déclaré, est parfaitement légitime à revendiquer l’investiture de son parti.
Laurent CROCE a quant à lui beau rouler les mécaniques et agiter bien inutilement des menaces qu’il n’est pas en mesure de mettre à exécution, force est de constater que pas plus lui même que sa fille Emmanuelle DE GENTILI, pourtant tous deux membres du conseil national du PS, ce qui constitue d’ailleurs une exception notable, n’ont pesé dans cette affaire.
Paul GIACOBBI quant à lui a publiquement exprimé sa préférence pour BARTOLI. C’est une véritable gifle qu’il applique ainsi à ses alliés socialistes, eux qui lui ont permis en 2010 de s’affranchir des amis d’Emile ZUCCARELLI, l’ont blanchi de son flirt poussé avec Nicolas SARKOZY , lui ont accordé bien légèrement un label d’homme de gauche et lui ont permis, pour un plat de lentilles, d’arriver en tête des listes de gauche en 2010.
C’est un vrai camouflet également pour Jean Charles ORSUCCI, président du groupe giacobbiste à l’assemblée de Corse, qui a toujours fait preuve à son égard d’une loyauté bien mal récompensée.
Rien d’étonnant au demeurant de la part d’un personnage dont le cynisme et l’opportunisme sont bien connus: l’éviction brutale de Hyacinthe MATTEI de son poste de président de la commission des finances du CG2B en avait donné une première indication.
Elle aurait dû amener ses partenaires socialistes à réfléchir au lieu de se prosterner aveuglement comme ils l’ont fait devant le chef de ce qui est devenu leur clan.
En pointe sur la décentralisation, les socialistes corses se sont à plusieurs reprises dans le passé dressés contre les décisions de leurs dirigeants nationaux, jusqu’à la dissidence assumée, chaque fois qu’il leur apparaissait que leur conception de la démocratie et l’intérêt de la Corse étaient en jeu.
Cela rend d’autant plus pitoyable la situation qu’ils acceptent aujourd’hui et que je regrette même si je considère qu’elle n’est que le fruit des renoncements successifs assumés année après année pour obtenir de leurs alliés quelque strapontin.
CORSICA LIBERA ET LA DÉRIVE MAFIEUSE.
14 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction
Dans sa dernière conférence de presse le mouvement indépendantiste a mis l’accent sur ce qu’il a appelé ”la dérive mafieuse” de la société Corse et a tracé les pistes des remèdes qu’il y voit.
Fidèle à sa logique il n’a bien entendu pas commenté la récente exécution par un commando du FLNC d’un individu que celui ci suspectait d’avoir assassiné l’un des siens.
Pierre-Antoine TOMASI a en particulier mis en cause  l’État: “En engageant l’ensemble de ses moyens répressifs contre le mouvement patriotique, il a laissé prospérer les groupes mafieux et se développer le trafic de drogue. Les élus clientélistes portent également leur part de responsabilité, notamment ceux qui ont parlé de « désanctuariser la Corse”.
Je partage largement le point de vue exprimé par le dirigeant nationaliste. Je me souviens d’un haut responsable du ministère de la justice en Corse me tendant un courrier qu’il adressait à son ministre, dans lequel il protestait contre la radiation du fichier du grand banditisme d’une dizaine de grands voyous. Devant mon étonnement il poursuivait, et en rendait responsable un très haut fonctionnaire de la police judiciaire: cet homme, affirmait il, a passé un pacte avec les voyous, et c’est extrêmement grave pour l’avenir de votre ÃŽle.
Il avait hélas raison,et nous récoltons aujourd’hui, il faut le dire clairement, les fruits empoisonnés de cette politique irresponsable. Il est vrai qu’il était plus facile et plus gratifiant à l’époque pour quelques hauts personnages de l’Etat de rafler avant le 20 heures de TF1 une trentaine de nationalistes, quitte à en élargir le plus grand nombre 48 heures plus tard, que de poursuivre les malfrats.
Si je partage le diagnostic de Corsica Libera, je suis plus réservé sur les mesures préconisées pour mettre fin à cette dérive.
Bien sûr, sur le long terme c’est par le développement que nous trouverons la sortie par le haut de cette situation délétère, tout comme il est clair que c’est en s’attaquant à la spéculation foncière et plus largement à l’affairisme qui infecte notre économie que l’on obtiendra les résultats les plus probants.
Naturellement il faut se pencher sérieusement sur les différents scénarios qui pourraient conduire à un contrôle des transactions immobilières par des mesures restreignant l’acquisition de terrains à vocation touristique pour les non résidents. Le Brésil, que je connais bien, a pris il y a quelques années des mesures interdisant à un non brésilien d’acquérir plus de 5000 ha de terres agricoles, pour mettre fin aux achats massifs de terres agricoles par la Chine sans que personne ne crie à la discrimination.
Je ne vois pas par contre pourquoi  la ” diaspora” pourrait être considérée par ce biais comme appartenant à la communauté des résidents insulaires, et qu’il suffirait en conséquence à quiconque de se trouver un ancêtre corse pour se voir délivrer ainsi un “permis de spéculer” !
Par ailleurs, si je partage le souhait de Corsica Libera de renforcer les pouvoirs de la chambre territoriale des comptes en matière de suivi des marchés publics, je ne partage pas le souhait de mettre cette instance sous tutelle de la CTC, c’est à dire des élus qu’elle est appelée à contrôler, alors qu’il faut au contraire selon moi en garantir l’indépendance.
On ne peut pas affirmer : “La mafia, au sens strict, c’est la jonction entre le banditisme, le monde des affaires et celui de la politique”, jugement que je partage complètement avec mes amis du club “La Gauche Autonomiste” , et réclamer dans le même mouvement: “La création d’un organisme de contrôle des fonds publics et d’évaluation des politiques publiques placé sous l’égide de la CTC.”
Ce sont là des sujets sur lesquels on peut avoir bien sûr des divergences, mais ils sont fondamentaux pour l’avenir de notre ÃŽle et je suis pour ma part satisfait de voir s’exprimer ouvertement sur cette question le mouvement nationaliste, en regrettant que les autres formations politiques, à commencer par celle à laquelle j’appartiens manifestent une discrétion qui n’est plus admissible.
PS CORSE: LE RIDEAU EST TOMBE
8 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Aucun candidat socialiste ne sera sans doute présent aux prochaines élections législatives dans aucune des quatre circonscriptions insulaires.
C’est en tout cas la décision des instances nationales du PS:  elle est tombée avec la cruelle sécheresse du couperet de la guillotine, singulièrement pour les responsables de la fédération de haute Corse.
Le premier à réagir a été son premier secrétaire . Dans un long entretien paru dans le quotidien Corse matin, il a donné libre cours à sa déception et laisser éclater ,en première analyse à juste titre , sa colère.
Cette décision est pourtant d’une implacable logique, elle n’est rien d’autre que le fruit de la politique dont il est le premier et le seul  responsable.
Pour quelques strapontins à la mairie de Bastia et un siège au conseil exécutif de l’assemblée de Corse, il a systématiquement mis en oeuvre l’inféodation du PS au PRG dont il n’est plus qu’un appendice.
Comment s’etonner dès lors que les dirigeants nationaux du PS en tirent les conséquences ? Pourquoi s’indigner que le PRG ait pu rafler tous les postes politiques  importants en haute Corse, quand on a tout fait pour lui faciliter la tâche ?
Si les socialistes de Corse veulent retrouver au sein de leurs instances parisiennes une audience qu’ils ont hélas perdu depuis longtemps, ils doivent sans plus tarder entamer la refondation de leur parti dans l’ÃŽle et  retrouver une ligne politique claire rompant avec les pratiques délétères du clientélisme.
Ils doivent assumer leur statut de représentants du premier parti d’opposition et sans doute du parti du gouvernement dans quelques mois, et affronter le suffrage universel  à chaque  élection comme doit le faire toute formation politique qui se respecte et dont la politique ne se résume pas à une chasse au strapontin.
Cela n’empêche bien entendu en aucun cas  que soient scrupuleusement respectés les contrats de mandature, car on perd un peu plus de crédibilité à chaque coup de canif dans le contrat, et appliquée la discipline républicaine face à la droite.
Ils doivent enfin repartir du bon pied en acceptant que l’ensemble des socialistes corses se retrouvent dans une seule fédération corse du PS.
C’est la position que je défends depuis longtemps, comme je l’ai défendue il y a encore quelques jours devant un certain nombre de responsables nationaux du PS, et que je continuerai à défendre  avec mes amis au sein de la sensibilité défendue aujourd’hui par Arnaud MONTEBOURG, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’organisation.
TRANSPORTS: AVIS DE TEMPÊTE.
7 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Deux informations à prendre au sérieux impactent, dans une athmosphère dominée par la crise des finances publiques, le secteur des transports dans notre Île.
Le première information concerne le désengagement très probable de VEOLIA du secteur des transports publics. La SNCM, dont VEOLIA détient 66% du capital va se retrouver une fois de plus dans la tourmente: il faudra en effet trouver un ou plusieurs actionnaires pour racheté les parts détenues par l’actionnaire défaillant, mais surtout trouver un opérateur maritime crédible pour tenir la barre d’un navire qui tangue dangereusement depuis trop longtemps.
Les syndicats sont naturellement vent debout devant l’éventuelle entrée au capital d’un fond de pension, quelle qu’en soit la nationalité, si tant est qu’un capitaliste ait une nationalité. Le fond BUTLER a laissé de très mauvais souvenirs au personnel de la compagnie, et ils ne sont pas prêts à  renouveler une aventure qui n’a été juteuse que pour BUTLER et ses partenaires.
A ce sujet, Paul GIACOBBI qui adore de temps en temps faire étalage de ses muscles, avait juré de porter plainte dans l’affaire de la privatisation de la SNCM par le gouvernement VILLEPIN au bénéfice de BUTLER: j’attends toujours…
Le STC des marins s’est bien entendu empressé de remettre sur la table sa proposition de compagnie régionale dont le montage est devenu, avec la crise des finances publiques, encore plus problématique.
Enfin la perspective du retour de la gauche au pouvoir dans quelques mois ouvre à nouveau la porte à une nationalisation de la compagnie, ou à défaut à la mise en place d’une SEM avec la Caisse des Dépôts et la CTC,  sauvegarde du service public oblige.
Quoiqu’il en soit, voilà une affaire qui va compliquer un peu plus la tâche de l’office des transports et de la majorité de l’assemblée de Corse.
La deuxième information concerne les difficultés que rencontre le groupe Air France KLM. La crise qui est à nos portes et la récession qui s’ensuivra inévitablement représentent pour les compagnies aériennes une menace sérieuse qui s’ajoute aux difficultés du groupe Air France KLM.
Celui ci représente, pour la CCM, un appui crucial pour assurer dans des conditions financières acceptables la desserte de la Corse à travers la continuité territoriale. On imagine la crise qui affecterait la CCM au cas ou le groupe sur lequel elle s’appuie se désengageait de la Corse car il est vraisemblable qu’il n’existe pas de “plan B” pour répondre à une telle situation.
Il est vrai que devant ces nuages qui commencent à s’accumuler, il vaut peut être mieux faire la fête autour de l’arrivée du tour de France dans l’ÃŽle: “panem et circences“, du pain et des jeux, le pain s’annonçant plus rare, profitons donc des jeux…
LE PARI “NATIONAL” DES AUTONOMISTES
5 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction
Les autonomistes poursuivent leur démarche de conquête du pouvoir territorial. Après le PNC de Jean Christophe ANGELINI le 27 décembre, le mouvement INSEME de Gilles SIMEONI tenait son assemblée générale hier à Corte.
Le leader d’INSEME, qui l’a rappelé au Club de la presse de RCFM ce matin, est conscient qu’il lui faut bien sûr , avec ses partenaires du PNC et de A CHIAMA consolider le résultat tout à fait remarquable des territoriales de 2010.
Mais il leur faudra aussi  trouver, au delà , des soutiens chez les électeurs de gauche ou de droite qui pourraient se  décider à retirer leur soutien aux formations politiques traditionnelles qui contrôlent aujourd’hui l’essentiel des leviers politiques du territoire et dont la politique clientéliste et le clanisme ont clairement montré leurs insuffisances et leurs tares.
Pour s’adresser à eux il faudra que les autonomistes consentent beaucoup d’efforts et, disons le franchement, fassent preuve de beaucoup de courage  pour infléchir un discours encore essentiellement adressé à leurs soutiens traditionnels, sans pour autant les déstabiliser.
Certes Gilles SIMEONI l’a encore affirmé avec force sur RCFM la Corse ne se fera pas avec les seuls nationalistes, il s’en faut de beaucoup, mais le rejet du clanisme et de ses représentants ne suffira pas à lui seul pour forcer le destin et conquérir le pouvoir dans des conditions qui permettront son plein exercice.
Il faudra donc à ceux qui ont aujourd’hui la responsabilité de conduire l’incontestable aspiration au changement d’autres arguments que ceux qui mobilisent traditionnellement l’électorat nationaliste pour espérer obtenir les moyens de le mettre en oeuvre.
C’est donc un projet de société qu’il leur faudra élaborer, qui embrasse plus large que les revendications habituelles, et ça n’est pas une mince affaire, car il leur faudra veiller en même temps à ne pas se couper  de leurs partenaires les plus radicaux, et se garder de l’opportunisme du caméléon claniste toujours prompt à prendre le train en marche.
Exercice difficile, certes, d’autant que la conjoncture n’est pas brillante et que des choix clairs devront être présentés à une opinion de plus en plus sceptique vis à vis de la politique, mais c’est en même temps la condition du succès électoral et surtout d’une gouvernance assurée de la durée en cas de succès.
Une affaire à suivre en tout état de cause et qu’avec mes amis du club “La Gauche Autonomiste” nous suivrons avec une attention particulière.
REFORMER NOS INSTITUTIONS ? OUI MAIS SÉRIEUSEMENT !
2 décembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans Corse, Introduction
Selon le quotidien Corse matin Paul GIACOBBI persiste dans son intention  poser la question institutionnelle à travers les dossiers débattus par l’assemblée de Corse: statut de résident, transfert fiscal des droits de succession,  cooficialité des langues corse et française et se dit décidé à demander une révision de la constitution au cas ou le Conseil d’Etat concluerait à l’inconstitutionnalité de ces demandes.
Je suis pour ma part convaincu qu’il est indispensable de poser la question des institutions dont dispose aujourd’hui la Corse. D’abord parce que les réformes engagées à ce jour ont pour moi comme un gout d’inachevé, car accordées à chaque fois au prix de compromis avec les forces conservatrices qui en ont largement emoussé l’efficacité.
J’en suis aujourd’hui d’autant plus convaincu que la crise qui a commencé à frapper durement notre île nécessite que l’on procède à de profondes réformes pour éviter le pire, à commencer par la simplification du mille feuille administratif et politique qui, outre qu’il coûte très cher, empêche la prise de décision efficace indispensable en période de crise.
Je suis par contre plus que réservé sur la méthode proposée par le président de l’exécutif, car pour parler franchement elle frise l’imposture. Comment peut il en effet envisager sérieusement que dans la période que nous traversons il pourra convaincre le président de la République, quel qu’il soit, de convoquer le Parlement en Congrès à Versailles, pour lui faire voter ces dispositions, alors que le pays est confronté aux difficultés que l’on sait  ?
A moins qu’il ne s’agisse d’une ficelle, ou plutôt d’un câble, destiné à harponner électorat nationaliste afin que, comme en 2007 il lui accorde à nouveau sa confiance en 2012.
Par contre rien n’empêche le président de l’exécutif de mettre à l’ordre du jour de l’assemblée de Corse la question d’un statut d’autonomie pour la Corse, d’en étudier sérieusement tous les aspects, et  d’aller le moment venu devant le peuple pour lui demander d’approuver la démarche.
Fort du mandat populaire, il pourrait alors entamer avec le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, des négociations sérieuses compte tenu des propositions que la gauche comme la droite envisagent de développer dans la cadre de la troisième étape de la décentralisation.
Mais ce serait alors  la démarche d’un homme politique , alors que nous n’avons visiblement affaire qu’à un politicien.
LA CORSE ET L’EXEMPLE ALSACIEN
14 novembre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
L’Alsace est avec la Corse la seule région métropolitaine bi-départementale. Pendant que nous nous déchirons régulièrement  sur le débat institutionnel, les élus alsaciens qui ne disposent pas des mêmes prérogatives que les nôtres pour ce qui concerne du moins la régionalisation, travaillent à la fusion des institutions régionales et départementales.
Si tout va bien, en 2014 les départements du Haut Rhin, du Bas Rhin et la Région Alsace ne formeront plus qu’une seule collectivité: ils fusionneront.
Naturellement les querelles de clocher entre Strasbourg et Colmar ne sont pas absentes, mais je ne doute pas pour ma part que le pragmatisme l’emportera et que le référendum prévu en 2012 ne donnera pas le résultat catastrophique qu’il a produit en Corse en 2003 ou la même fusion, il est vrai parachutée depuis Paris, a lamentablement échoué et s’est fracassée sur le mur du campanilisme bastiais.
On peut regretter, c’est en tout cas mon opinion, que le projet des élus alsaciens maintiennent les “conseils départementaux” comme le précise le rapport de Philippe RICHERT, Président du Conseil Régional d’Alsace et ministre des collectivités territoriales.
Il n’en reste pas moins que cette initiative doit être pour nous en Corse l’occasion de revenir sur l’erreur qui a consisté à refuser en 2003 dans notre île ce que les alsaciens semblent prèts à adopter pour, c’est le titre du rapport “construire l’Alsace du XXIème siècle”.
En avance sur la région Alsace grâce au statut JOXE , à nous de franchir dès aujourd’hui une nouvelle étape de la décentralisation en fusionnant les trois collectivités insulaires dans un même Territoire Autonome au sein de la République.
Dans la période de crise particulièrement grave que nous vivons il n’est pas possible que nous continuions à  patauger dans le marigot actuel des trois collectivités qui a fait depuis longtemps la preuve de son inefficacité pour un coût de plus en plus exhorbitant.
Le dernier vote de l’assemblée de Corse pour octroyer 12 000 000 € sur six ans aux deux départements incapables de faire face à leurs responsabilités quant à l’entretien de leur réseau routier est un exemple particulièrement alarmant des dérives produites par le système.
L’assemblée de Corse a ainsi obéré son budget pour abonder celui des deux départements, pratiquant la politique du sapeur Camembert qui n’était pas, c’est le moins que l’on puisse dire, un homme particulièrement avisé, lui qui pour combler un trou ne trouvait pas mieux que d’en creuser un autre.
LE NEZ DANS LE GUIDON…
21 octobre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Tous ceux qui sont montés un jour sur un vélo savent que la manière la plus sûre de sa casser la figure c’est de conduire le nez sur le guidon.
C’est la même chose en politique quand on conduit les affaires le nez sur la prochaine élection sans se préoccuper de ce qui pourrait bien advenir ensuite.
C’est le sentiment que me donne l’attitude de Nicolas SARKOZY en ce moment: au lieu de chercher avec l’Allemagne le juste compromis, il a entamé un bras de fer dont j’ai tout lieu de croire qu’il le perdra, dans le seul but, à mon avis, d’en tirer en cas de victoire un avantage decisif face à François HOLLANDE.
A coté de cela les problèmes du monde s’accumulent dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont particulièrement préoccupants, et qu’ils devraient réclamer l’attention des gouvernements: le notre bien sûr, mais aussi ceux des principaux pays.
Pas besoin, pourtant, d’aller demander des comptes aux gouvernements de la planète, il suffit d’observer ce qui se passe chez nous.
La sécheresse, par exemple, qui sévit sévèrement aujourd’hui dans notre île:  un phénomène climatique dont  chacun s’accorde à dire que dans les 30 ans qui viennent, à cause du réchauffement climatique il se reproduira de plus en plus frequemment, car le climat de notre île se rapprochera progressivement de celui que connait aujourd’hui l’Afrique du Nord.
l’Office Hydraulique se prépare t-il à affronter cette situation ? La CTC a-t-elle mis à l’étude  la collecte et le stockage sous terrain des eaux pluviales pour limiter l’évaporation des lacs de barrages ? Ou sont les mesures d’économie dans les zones irrigables de la plaine orientale ?
Rien de tout cela, en tout cas à ma connaissance. Bien au contraire, puisque la CTC  envisage froidement de développer les golfs, dont l’entretien entraîne une consommation d’eau incompatible avec les perspectives climatiques qui nous attendent !
La politique des transports, un autre exemple. Air France KLM, sur laquelle s’appuie la CCM dont elle est par ailleurs actionnaire, est aujourd’hui en grande difficulté et s’apprête à mettre en oeuvre un plan de dégagement des effectifs qui touchera la Corse, jusqu’ici épargnée, en attendant, peut être de se désengager de ce partenariat.
la SNCF quant à elle a fait savoir qu’elle n’est plus intéressée par la gestion des chemins de fer Corse, et, poussée dans ses retranchements par le gouvernement, elle présente une offre financière dissuasive.
En cas de désengagement comment espérer que les CFC, outrageusement déficitaires, seraient longtemps viables, et pourquoi n’a t-on pas mis à l’étude l’ouverture d’une ligne Bastia-Bonifacio qui, elle serait rentable, garantirait l’emploi des cheminots et réduirait le rôle du transport routier qui asphyxie nos routes durant la saison estivale ?
Au cas, que j’espère improbable, ou l’un et l’autre des concessionnaires s’avérerait effectivement défaillant, une alternative sérieuse est elle à l’étude ?
Les finances des collectivités enfin.
Chacun mesure aujourd’hui a quel point la France et l’Union Européenne sont surendettées, et les conséquences que cela entraînera pour les finances de nos collectivités, elles mêmes très endettées, et donc pour la situation économique de notre île, les collectivités étant le principal donneur d’ordre pour les entreprises insulaires des secteurs qui font la prospérité toute relative de la Corse.
Ou sont les programmes d’économies, et d’ailleurs les véritables possibilités d’économies, dans une île ou le clientélisme est le sport préféré des élus ? Ou sont les politiques de relance d’une économie dont la dépendance au tourisme risque, dans la conjoncture qui se présente, de devenir tragique ?
J’aurai hélas l’occasion de revenir sur ces questions, et quelques autres, car elles vont se trouver dans les semaines et les mois qui viennent au coeur de l’actualité, dans une ÃŽle ou le chômage explose, et ou les inégalités se creusent de jour en jour.
Si gouverner c’est prévoir, alors c’est simple; en Corse, pas plus qu’en en France,  nous ne sommes gouvernés.
COMME LA LÈPRE….
19 octobre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Dans son édition du 19 octobre le quotidien Corse matin fait état des accusations  de Hyacinthe MATTEI, conseiller général socialiste d’ÃŽle Rousse, concernant la politique du personnel du conseil général, qu’il a qualifiée de féodale, et qui se caractérise selon lui par une forte inflation au niveau des embauches.
Certes tout le monde sait que Hyacinthe MATTEI a été littéralement éjecté de son poste de président de la commission des finances par ses ” amis” de la majorité giacobbiste, et que ses ” camarades” socialistes se sont bien gardés de le défendre. Il nourrit probablement en conséquence quelques griefs à leur égard, et on le comprend.
Reste que, lors de son passage à l’émission CUNTRASTU, Joseph CASTELLI, le nouveau président, a évalué à 1240 le nombre de salariés du département, alors que Mr Pierre GHJONGA, conseiller général giacobbiste répondait aux critiques de son ancien collègue en déclarant qu’aucun emploi n’avait été créé en 2011 et que l’effectif était en conséquence de 1150 agents.
Il doit bien en avoir un parmi ces deux là qui ment, ou qui ne connait pas le nombre d’agents du département: impossible n’est ce pas que ce soit le président car il doit connaître, c’est la moindre des choses, l’effectif de la collectivité qu’il dirige.
Cette inflation doit être contagieuse et consubstantielle à la gestion “féodale” dénoncée par Mr MATTEI: il y a quelques jours en effet, lors de la réunion de FEMU A CORSICA à l’université de Corte, ou ses élus rendaient compte de leur mandat, l’un d’entre eux dénonçait les embauches massives à la CTC , près d’une centaine selon lui, depuis l’arrivée de la gauche.
Le clientélisme est une maladie de la sphère publique qui s’apparente à la lèpre. Comme la lèpre, elle est incurable, et comme la lèpre elle défigure  la démocratie.
DIMANCHE POUR MOI CE SERA FRANÇOIS HOLLANDE
14 octobre 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
J’ai, comme beaucoup de nos concitoyens, regardé et écouté attentivement hier Martine AUBRY et François HOLLANDE.
Ayant voté et fait campagne pour Arnaud MONTEBOURG au premier tour j’étais bien sûr particulièrement attentif aux évolutions de leur positionnement respectif sur les questions qui leur avaient été soumises dans la lettre ouverte qu’il leur a adressé mardi.
Je ne m’attendais pas, bien entendu, à ce qu’ils adoptent sur la démondialisation, le contrôle des banques, la VIème République le “protectionnisme” aux frontières de l’UE, les positions sur lesquelles je me suis engagé dimanche dernier.
Force est de constater cependant qu’ils ont l’un comme l’autre bougé sur chacun des points pour lesquels Arnaud MONTEBOURG demandait une réponse. François HOLLANDE de manière sensible tout en restant ferme sur la ligne qu’il s’est fixé dès le départ, Martine AUBRY, comme toujours victime de son tempérament, en faisant comme toujours un peu trop, surtout pour quelqu’un qui, il y a quelques trois mois, envisageait, faut il le rappeler, de faire campagne avec DSK dont chacun sait, n’est ce pas, la proximité avec Arnaud MONTEBOURG.
Dans les réponses qu’ils ont par la suite publié ils ont développé, chacun de leur coté, les arguments qui, selon eux, plaident en faveur d’un soutien dimanche, et j’ai constaté que l’un et l’autre avaient effectivement  pris conscience que les 455 000 électrices et électeurs  qui avaient voté pour Arnaud MONTEBOURG méritaient d’être entendus.
On peut donc être assuré, c’est en tout cas mon sentiment, que les questions sur lesquelles nous nous sommes battus seront, de toute manière, au coeur de la campagne présidentielle, quel que soit le candidat désigné, et c’est pour moi l’essentiel.
Dès lors le choix de dimanche se pose pour moi en d’autres termes. Alors qu’au premier tour j’ai choisi de voter pour mes idées, il me faut aujourd’hui m’assurer que, puisque mon candidat n’est plus dans la course, celui ou celle qui sortira vainqueur dimanche soit assuré d’une victoire assez large pour lui conférer un avantage déterminant face à SARKOZY.
Rien ne serait pire en effet qu’une victoire étriquée dont il sortirait affaibli, lesté de plomb face à un SARKOZY et à une droite qui expliqueront à nos concitoyens qu’on ne peut décemment  pas confier notre pays à quelqu’un qui n’est même pas capable de s’assurer, dans son propre camp, une légitimité incontestable.
Les primaires sont un formidable  succès; elles ont été mises en oeuvre pour que le maximum de citoyens de gauche soient associés au choix du candidat du PS et donc de la gauche et pour qu’à l’issue de longs et riches échanges elles  lui donnent un irrésistible élan dans la campagne qui suivra.
François HOLLANDE est arrivé nettement en tête des six candidats en lice au premier tour au premier tour, et à l’heure ou j’écris ces lignes trois autres candidats sur les quatre restants , Manuel VALLS, Ségolène ROYAL et Jean Michel BAYLET se sont engagés à ses cotés.
Il a manifesté le souci constant depuis son entrée en campagne de rassembler la gauche et s’est gardé de porter sur son adversaire le moindre jugement péjoratif.
Je dois dire, à ce propos, que je suis par contre scandalisé par la brutalité des attaques de martine AUBRY qui n’a pas de mots assez durs pour François HOLLANDE qui constitueront autant d’armes mortelles pour Nicolas SARKOZY s’il était désigné dimanche. Se présenter comme la Dame de Fer est une chose, se révéler comme la Dame de Fiel en est une autre…
A ce rythme, si elle était elle même désignée dimanche, il ne lui en restera plus pour son adversaire de droite, à moins qu’elle n’envisage de lui coller une mandale pour montrer sa virilité. Il faudrait tout de même que quelqu’un lui explique avant dimanche que l’objectif n’est pas de battre François HOLLANDE mais Nicolas SARKOZY!
Je voterai donc dimanche pour François HOLLANDE et consacrerai le temps qu’il nous reste à faire campagne pour lui.

