Ma part de vérité - Edition du Vendredi 12/03/2010

LA POLITIQUE LE NEZ FIXE SUR LE NOMBRIL

E la Nave va…vogue le navire: c’est ainsi que Frederico FELLINI  a appellé un de ses plus beaux films, un récit désespéré  sur la mort, et sur le naufrage de l’art.

Ainsi va l’Europe, et ainsi va la France, pourrait on dire en écho en lisant les nouvelles - mauvaises- du jour. C’est la Corée du Sud, un petit pays d’Asie qui a gagné le marché du siècle, 40 milliards de dollars, que constitue la construction et l’exploitation des centrales nucléaires d’ABU DHABI et non la France d’AREVA qui se considère pourtant comme la première puissance au monde dans ce domaine.

Ainsi va l’Europe effacée à Copenhague par la Chine et les Etats Unis, incapable de présenter un front uni et cohérent . Ainsi va aussi la France de SARKOZY, tapant de ses petits poings  sur la table comme un enfant gâté pour se faire entendre dans l’indifférence générale.

Au moment ou c’est au niveau de notre continent que doivent de prendre collectivement les décisions qui s’imposent avant que son déclin ne soit irréversible on ne trouve rien de mieux que nous servir un débat affligeant sur l’identité nationale, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire aujourd’hui.

La France avait besoin d’un homme d’Etat à sa tête dans cette période cruciale. Elle a aujourd’hui à sa tête  un politicien sans envergure qui continue de penser que s’agiter est agir et que l’art de la manipulation, ou il excelle, est la marque d’un grand politique.

Ainsi va la La Corse enfin, qui n’est, disons le franchement, pas mieux lotie. Le chômage y fait des ravages, la pauvreté y est solidement ancrée, les inégalités battent des records ? Sans doute, mais pas suffisamment pour émouvoir nos politiciens entièrement accaparés par leurs chicayas et le nez obstinement fixé sur leur nombril.

Ainsi va la Corse: du moins tant que la France aura les moyens de se payer la danseuse n’est ce pas? Nous aurons, rassurez vous, largement l’occasion d’en reparler.

POURQUOI LES EUROPEENS N’ONT ILS PLUS SOIF D’EUROPE ?

Même si les vérités sondagières ne sont que des approximations, tout indique que l’abstention sera importante dimanche 7 Juin.

Si s’abstenir n’est pas responsable, ceux qui s’appretent a aller à la peche ont toutefois quelques excuses.

D’abord combien ils sont ceux qui savent qu’il s’agit, en fait,  de désigner 72 députés français sur les 785 que compte le Parlement , qui exerceront conjointement avec la Commission un vrai pouvoir dans bien des  domaines touchant à la vie de chacun d’entre nous ? Le leur a-t-on vraiment expliqué ?

Il s’agira Dimanche  de décider si le Parlement de Strasbourg , et donc la Commission qu’il a la charge de désigner, sera plutôt de droite ou plutôt de gauche. C’est aussi simple et aussi important que cela; et c’est en tout cas une bonne raison de se déplacer et de déposer son bulletin dans l’urne.

Il sera un peu tard ensuite pour protester et pour manifester contre les directives que celle ci pourrait prendre, ou de se plaindre de la molesse  servile et la transparence de Monsieur BAROSO !

Ensuite,  quand des gouvernements socio-démocrates expliquent que quoi qu’il arrive ils soutiendront la candidature de ce dernier, il n’y a rien d’étonnant à ce que les électeurs estiment qu’ils perdaient leur temps en se déplaçant comem le souligne Hubert VEDRINE dans un entretien au journal Le Monde.

Le manque d’homogénéité de la gauche européenne lui aura couté, dans cette campagne, vraiment très cher.

Elle qui aurait pu sans aucun mal rappeler et marteler que l’arrogance du capitalisme financier sur laquelle s’est construite l’Europe des banquiers et des marchands au détriment de l’Europe politique et sociale est la seule responsable du désastre qui frappe aujourd’hui les européens comme le reste du Monde !

Elle qui est restée comme tétanisée, en particulier dans notre pays, au point de rester sans voix, devant le cynisme de Nicolas SARKOZY, hier féroce contempteur du modèle social français, et s’en réclamant aujourd’hui avec la force de l’impudeur qui le caractérise !

Si les résultats des européennes étaient aussi médiocres que le prévoeint les instituts de sondage, ce qui n’est pas acquis, il ne s’agira pas de se morfondre, mais au contraire de se secouer, de s’ébrouer enfin, et de retrouver une identité qui se révèle aujourd’hui, face à la crise, plus moderne, plus efficace, plus adaptée que jamais à notre société…

L’EUROPE A LA RAMASSE

J’ai rarement vécu une campagne électorale aussi atone: je ne parle pas de la Corse mais de l’ensemble du pays, voire, si j’en crois la presse étrangère, de l’ensemble de l’Union Européenne.

Il a fallu qu’ils se mettent  à plusieurs pour dégouter les citoyens de l’Union, mais le résultat est là, c’est gagné!

Manuel BAROSO d’abord, le meilleur antidote à l’idée européenne cet ancien gauchiste portuguais recyclé ultralibéral dont l’affligeante et arrogante nullité éclate au point d’en avoir écoeuré Nicolas SARKOZY lui même.

Notre président ensuite, avec sa facheuse habitude de tirer constamment la couverture à lui, d’effacer tout ce qui ne tourne pas autour de son auguste personne, au point de dissuader l’européen le plus convaincu devoter de  peur qu’il ne parvienne un jour à s’emparer du pouvoir d’une Europe Politique qu’il conduirait comme il conduit la France.

Nos gouvernants et les partis politiques ensuite qui n’ont rien trouvé de mieux qu’un soit disant mode de scrutin régionalisé, sensé rapprocher nos concitoyens de leurs députés et qui ont fabriqué des ensembles introuvables ou ils ont multiplié les parachutages de réprouvés du suffrage national.

Les gouvernants de tous les pays d’Europe en suite qui ont été incapables de se mettre d’accord pour que les quelques 300 millions d’européens votent tous le même jour, selon le même mode de scrutin, pour élire leurs parlementaires à Strasbourg, ce qui aurait donné assurément du corps à l’idée européenne.

Et les voilà qu’ils s’inquiètent du taux de participation médiocre qui s’annonce, alors qu’ils l’ont préparé par leur incurie. Un mode de scrutin inepte, soit disant régionalisé ou les candidats locaux à de rares exceptions près ne figurent pas en position éligible, un manque d’engagement des leaders nationaux, un débat inéxistant ! Cherchez l’erreur ?

J’ai été par deux fois candidat au Parlement Européen: en 1979 sur la liste PS-PRG conduite par François MITTERRAND et en 1984 sur le liste socialiste conduite par Lionel JOSPIN. Le mode de scrutin était alors différent puisque la France constituait une seule circonscription, les  listes comptaient 80 candidats, et les leaders nationaux étaient tête de liste.

En 1979 je me trouvais en position 31 sur cette liste et Nicolas ALFONSI en position 46. Mes amis Dominique TADDEI et Louis LE PENSEC alors députés socialistes, sont un peu avant que la liste soit entérinnée par la Convention du PS, venus m’expliquer que Nicolas se serait engagé à adhérer au PS si j’acceptais de permuter avec lui, ce que j’ai accepté bien entendu.

Le PS a obtenu 20 députés. Deux ans plus tard onze d’entre eux , à commencer par le tête de liste devenu Président de la République , se sont trouvés Ministres ou secrétaires d’Etat, et Nicolas ALFONSI s’est retrouvé Parlementaire Européen.

Aux dernières nouvelles il n’a toujours pas adhéré au PS….

EUROPE:LES IRLANDAIS BOTTENT EN TOUCHE

14 juin 2008 par vincent carlotti  
Présent dans Europe

Ainsi, comme il était prévisible le peuple Irlandais s’est prononcé nettement contre le traité de Lisbonne. Cela va sans doute irriter une fois encore les beaux esprits qui s’étaient exprimés lors du vote massif des français contre le projet de “constitution”, à moins que cette fois, ils se posent enfin les bonnes questions.
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