Ma part de vérité - Edition du Vendredi 19/03/2010

LA GAUCHE ET SES FORTERESSES

On n’a naturellement pas fini d’analyser le scrutin du 14 mars qui est riche d’enseignements pour l’avenir, et qui fait apparaitre pour une grande partie la gauche en particulier quelques signes qui, malgré la victoire hautement probable sont préoccupants pour l’avenir.

Le tableau ci dessus montre en effet que les listes GIACOBBI, ZUCCARELLI et RENUCCI ont obtenu des scores reflétant une représentation complètement déséquilibrée sur l’ensemble du territoire. Forts dans leurs fiefs, ils sont particulièrement faibles en dehors de ceux ci.

Par contre, les listes SIMEONI et TALAMONI sont remarquablement implantées sur l’ensemble du territoire insulaire, ce qui leur garantit, pour l’avenir, un ancrage permettant d’espérer un développement de plus en plus important compte tenu des relais d’opinion qu’ils ont su agréger ainsi.

Il leur faudra auparavant consolider cet électorat au fil du temps, mais ils ont fait l’éclatante démonstration qu’ils peuvent être plus rapidement que prévu en situation de se positionner en pôle position pour constituer autour d’eux une majorité à l’Assemblée de Corse.

On ne peut pas en dire autant de la gauche non communiste: sa représentation totalement déséquilibrée lui confère une fragilité extraordinaire. la perte de l’un ou l’autre de ses bastion et c’est la descente aux enfers pratiquement assurée..

Le Front de Gauche constitue à gauche  une exception très intéressante. Son résultat est parfaitement équilibré, il a fait une excellente campagne très politique et sa liste ne comportait aucun représentant de forteresse électorale.

Bref, d’un coté le résultat trop largement dépendant du  vote clanique, archaïque, clientèliste, de l’autre le résultat d’un vote politique attaché à un projet de société.

La victoire de dimanche prochain, favorisée par un contexte de rejet de SARKOZY et des Sarko-boys insulaires, ne doit pas dissimuler la réalité d’une situation dangereuse. C’est aujourd’hui la droite au pouvoir qui se trouve sur la sellette: ce pourrait être la gauche demain au pouvoir qui pourrait connaitre les mêmes déconvenues, d’autant qu’une droite décomplexée pourrait bien s’allier, alors, aux nationalistes…

Le PS de Corse est né des luttes anti-claniques des années 70 et 80, il y a forgé son identité. En se fondant dans un tel schéma il aura fait, incontestablement, et malgré les apparences, le choix de s’ y abimer à plus ou moins brève échéance.

POUR UN PLAT DE LENTILLES…

18 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Politique

La fusion des listes étant réalisée, la gauche est en situation de remporter les élections territoriales en Corse comme le laissaient prévoir les différents sondages depuis plus de six mois.

La seule question qui sera tranchée dimanche est l’ampleur de la victoire, en même temps que l’ampleur de la défaite pour la droite et Camille de ROCCA SERRA ainsi que de la percée des deux listes nationalistes.

J’avais  déclaré, lors d’un CUNFRONTI le 1er novembre dernier, qu’au cas ou la gauche partirait désunie, l’apport du PS serait décisif pour la liste à laquelle il choisirait de s’associer.

C’est effectivement ce qui s’est passé: l’appui du PS a conféré à Paul GIACOBBI un avantage important tout en le blanchissant du soupçon d’être sarko-compatible qui lui collait aux basques.

On pouvait penser que le renvoi d’ascenseur serait à la hauteur de la courte échelle que les socialistes ont ainsi fait au Député de Corte Balagne.

La lecture de la liste d’union de la gauche laisse apparaitre qu’en définitive seuls deux socialistes seront élus: Emmanuelle DE GENTILI qui se retrouvera à l’exécutif, et Jean Charles ORSUCCI qui, entre parenthèses se trouvait déjà sur la liste de Paul GIACOBBI en 2004 et non sur la liste officielle de son parti.

Deux élus sur vraisemblablement 35 si tout se déroule correctement, on ne peut pas dire que ce soit  un soutien cher payé.

CARTON ROUGE POUR SARKOZY A LA MI-TEMPS

15 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Le scrutin du 14 Mars est d’abord et avant tout celui de l’inquiétante poussée de l’abstention  associée à une tout aussi inquiétante résurrection du Front National.

Cela ne m’empêche pas, cependant, de savourer mon plaisir devant la superbe claque que vient de prendre notre hyperprésident : malgré les contorsions des quelques dirigeants de l’UMP qui ont osé affronter la dure réalité des chiffres sur les plateaux de télévision, la défaite est consommée la descente aux enfers entamée.

SARKOZY aura en moins de trois ans fait plonger  la droite dans l’abime comme personne avant lui. Et dire que Bernadette CHIRAC avait surnommé NERON ce pauvre VILLEPIN lorqu’il avait provoqué la dissolution et la défaite d’Alain JUPE.

La gauche est donc aujourd’hui majoritaire dans notre pays. Encore faut il considérer qu’en recueillant 50% des 48% de suffrages exprimée, le capital de sympathie de la gauche dans le pays s’élève en réalité à 24% des électrices et des électeurs.

C’est dire le travail qui reste à accomplir pour qu’en 2012 la gauche présente au pays une offre politique alternative à la hauteur des défis qui nous attendent et s’attache à convaincre nos concitoyens qu’ils peuvent lui faire confiance pour sortir la France de la situation catastrophique ou l’a précipitée l’agitation désordonnée de Nicolas SARKOZY.

En Corse, comme je l’avais exprimé, la gauche est aujourd’hui arithmétiquement majoritaire, pendant que la droite insulaire est à la ramasse.

La victoire au soir du 21 Mars ne fait en conséquence aucun doute: reste qu’il appartiendra aux électrices et aux électeurs, singulièrement parmi les abstentionnistes du premier tour, d’en déterminer l’ampleur, car sur ce plan là au moins rien n’est encore joué.

Sur  le plan politique le grand vainqueur est incontestablement le camp nationaliste: avec près de 30% des suffrages on peut affirmer aujourd’hui qu’il vient de poser le pied sur la première marche de l’escalier qui pourrait le conduire à être un jour  en situation de gouverner la Corse avec les alliés qu’il choisira de se donner parmi les formations politiques traditionnelles.

Paul GIACOBBI, en s’imposant en tête des quatre listes de gauche a remporté une victoire électorale, même si sa liste est loin de ce qu’il espérait sans doute  compte tenu  des moyens dont il disposait. C’est donc à lui qu’il appartient de rassembler la gauche et de consolider sinon d’amplifier le résultat du premier tour.

Dominique BUCCHINI a remporté, quand à lui, une vraie victoire politique en obtenant un score à deux chiffres après une campagne remarquée: l’avenir nous dira si c’est le succès d’un homme au charisme incontestable ou si l’on peut y voir un vrai “besoin de gauche”.

Quand à Émile ZUCCARELLI, pour lequel j’ai appelé à voter pour les raisons que j’ai déjà évoqué et sur lesquelles je ne m’étendrai pas , est  le grand perdant à gauche, alors que Simon RENUCCI, s’il s’en tire moins bien est arrivé malgré tout à tirer son épingle du jeu.

Le maire de Bastia a subi un échec qui ne restera pas sans  conséquences pour la municipalité qu’il dirige en 2014: en refaisant la campagne de 2004 il s’est trompé d’époque et n’a pas pris la mesure des profonds changements qui affectent notre île en ce début du 21ème siècle.

SCENE POLITIQUE OU THÉÂTRE D’OMBRES ?

27 février 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

France 3 Corse a organisé le 21 Février un débat sur les élections territoriales auquel j’étais invité avec Jean BAGGIONI, ancien président du Conseil Exécutif, et Paul Jo CAÏTUCOLI conseiller général de Corse du sud.

L’émission, d’une durée de 45 minutes était animée par Jean Vitus ALBERTINI. Il ne s’agissait pas, naturellement, d’entrer dans la campagne, c’est là le rôle des candidats, mais de prendre un peu de distance avec celle ci pour donner à nos concitoyens un éclairage certes partisan, mais aussi objectif que possible,  sur les enjeux des territoriales.

Pari tenu je crois en dépit des engagements bien connus de chacun des intervenants. Quant à la campagne elle même, force a été de constater, pour chacun d’entre nous, son caractère étonnamment fade atone.

Il faut, à mon avis s’en inquiéter, car lorsque dans une démocratie les citoyens manifestent si peu d’intérêt pour une élection, cela ne présage en général vraiment rien de bon.

Chacun sent bien, au fond de lui même, que les hommes politiques n’ont pas vraiment prise sur les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne, et que la politique n’est  rien d’autre qu’un théâtre d’ombres sur lequel les politiciens se produisent mais que l’essentiel est ailleurs.

C’est d’ailleurs un sentiment répandu bien au delà de la  Corse, ce qui est d’autant plus inquiétant: la crise qui non seulement n’est pas finie mais n’en est, comme le souligne Jacques ATTALI peut être qu’à ses débuts, doit interpeller d’autant plus la gauche.

S’il est clair aujourd’hui que l’opinion commence à réaliser que Nicolas SARKOZY peut être battu en 2012, la gauche n’en est pas pour autant assurée d’avoir pour elle la durée indispensable au redressement d’un pays mis à mal par les improvisations sarkozystes , si elle ne remet pas profondément en question son rapport aux femmes et aux hommes susceptibles de lui accorder leur confiance.

De ce point de vue, les questions que pose Jacques JUILLARD, l’un des intellectuels les plus écoutés à gauche, méritent, en particulier du Parti Socialiste, des réponses aussi urgentes que précises sur ses orientations et le fond de la politique qu’il entend engager.

Devant les difficultés qui nous attendent, ce n’est pas l’alternance qu’il faut aux  français pour sortir des années Sarko, mais une offre politique alternative qui ouvre à leurs enfants de nouveaux horizons.

A cet égard nous sommes en Corse devant le même défi: la droite peut être battue le 21 Mars prochain, c’est pour moi une évidence, à condition bien sûr que les leaders politiques de gauche se montrent responsables, et qu’ils proposent une vraie alternative aux errements de la droite insulaire.

Sur ce point, il va nous falloir attendre, car ce n’est pas pour l’instant, de toute évidence , la principale préoccupation de ses responsables.

POURQUOI JE VOTERAI LA LISTE ZUCCARELLI

10 février 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique

Au premier tour des élections territoriales je ne soutiendrai pas la liste conduite par Paul GIACOBBI pourtant associé au parti Socialiste auquel j’appartiens.

On n’adopte pas ce genre de position dans raison sérieuse, c’est pourquoi j’ai écrit à Martine AUBRY, première secrétaire du PS pour lui donner les raisons de ma décision.

J’en ai également informé ma camarade Emmanuelle DE GENTILI, présidente de l’union régionale du PS, présente en deuxième position sur cette liste, ainsi que Jean Marc CIABRINI, premier secrétaire de la fédération de Corse du Sud.

Pour moi, pour que la gauche gagne, et surtout pour que la région soit gouvernée à gauche, il est très important que la liste que conduit Emile ZUCCARELLI arrive en tête.

Je souhaite bien entendu qu’au deuxième tour les forces de gauche aujourd’hui dispersées se rassemblent et que les quatre listes en compétition fusionnent. Je sais qu’il fera tout pour que l’indispensable  rassemblement se réalise ensuite , dans la clarté , et qu’il pèsera pour que  la nouvelle assemblée mette ensuite le cap à gauche, car la Corse en a grand besoin.

Je ne partage pas toujours sa façon d’aborder les problèmes de notre île, mais j’ai confiance en lui: c’est un homme responsable, stable et fiable, je sais ou il est aujourd’hui et je sais ou il sera demain: à gauche.

Vous pouvez TELECHARGER ICI la lettre à Martine AUBRY.

DANSER SUR UN VOLCAN

6 février 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Voici donc revenu le temps où les bourses plongent, où les marchés s’affolent et où le principe de réalité s’impose à ceux qui poussant un ouf de soulagement considéraient que la crise était désormais derrière nous.

Il parait que les investisseurs s’inquiètent du très mauvais état des finances de la Grèce, du Portugal , de l’Espagne et de quelques autres pays de l’UE et de l’OCDE. Considérant que la croissance molle de l’Europe n’est pas de nature à résorber la dette colossale des pays européens, messieurs les investisseurs s’inquiètent pendant que les agences de notation dégradent le note des dits pays.

En 2009, les banques accueillaient avec soulagement les plans de sauvetages et de soutien à l’activité des gouvernements. Il n’y en avait jamais assez pour elles. Des milliers de milliards de dollars ou d’euros ont été en quelques mois injectés par les Etats pour sauver l’économie.

L’effondrement du système bancaire  a été évité mais aucun des problèmes apparus pendant la crise n’a été résolu. La bulle financière a seulement été transférée aux Etats, mais elle est toujours là . Ce sont les Etats, c’est à dire chacun d’entre nous maintenant qui en portent la charge en lieu et place du privé. Privatiser les profits et socialiser les pertes, le rêve capitaliste dans toute sa splendeur est devenu réalité.

En  clair, Les mêmes investisseurs banques, assurances, fonds de placement, qui ont bénéficié des largesses extrêmement couteuses des Etats qui ont dû enrayer l’hémorragie financière de leurs placements  pour le moins hasardeux, se mettent à douter de la capacité de ces mêmes États à assainir les budgets, qu’ils ont largement contribué à plomber.

Que font ils donc pour assainir la situation ? Ils  spéculent là-dessus de plus belle et les enfoncent un peu plus en leur faisant payer leurs emprunts encore plus cher !

Qu’en pense donc notre Président qui est aller pester contre le capitalisme financier à Davos ? Le cynisme des banques atteint là incontestablement un sommet, mais fallait il les renflouer dans la précipitation sans obtenir la moindre garantie comme cela a été fait ?

Mettons nous un moment à la place d’un banquier qui sait désormais qu’il peut engranger des profits mirobolants, mener sa banque à la faillite par des placements aventureux, se trouver sauvé et renfloué par la puissance publique à laquelle il transfère ses créances pourries, et spéculer ensuite sur l’incapacité de son sauveur à faire face à cette charge !

Pourquoi voulez vous qu’il change de comportement, puisque celui qu’il a adopté à ce jour génère autant de juteux profits sans aucun risque ?

FRECHE : LA PARTIE VISIBLE DE L’ICEBERG ?

1 février 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Les propos de Georges FRECHE m’ont révolté, comme m’a révolté l’attitude de la convention de TOURS du Parti Socialiste qui a fermé les yeux et s’est bouché le nez pour ne pas avoir à faire son devoir, c’est à dire ne pas lui accorder son soutien aux prochaines elections régionales.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que ce personnage, qui a été par ailleurs un grand maire visionnaire pour sa ville de Montpellier, dérape et tient des propos dont la grossièreté le dispute à la vulgarité.

Tout le monde connaissait par ailleurs les méthodes employées par Georges FRECHE pour verrouiller la région et la fédération de l’Hérault du PS: tout le monde savait, mais tout le monde fermait les yeux car c’est une grosse fédération dont le poids peut être déterminant dans un congrès.

On a pu le mesurer récemment lorsque il apportait son concours à Ségolène ROYAL qui a failli, grâce à son soutien et à quelques autres de la même veine, mettre la main sur le PS. Au fait, qu’en pense-t-elle Ségolène, du dernier exploit de son féal languedocien ?

Car là est la véritable question que soulève l’affaire FRECHE: qu’est devenu aujourd’hui le PS ? Quelle est sa véritable nature ?

Hier parti de militants, né de la décrépitude de la SFIO, il semble aujourd’hui retourné à ses errements , redevenu un parti de notables dont le gros des troupes est constitué, dans beaucoup trop de fédérations de contingents d’employés municipaux, cantonaux ou régionaux à la dévotion de leurs élus.

L’oeuvre de rénovation, menée par Arnaud MONTEBOURG sous l’autorité de Martine AUBRY, est observée d’un oeil suspect par ces barons qui en définitive ne l’accepteront que si elle ne met pas en péril leur gouvernance locale.

De ce point de vue, l’affaire FRECHE n’est au fond rien d’autre que l’arbre qui cache la forêt des pratiques des appareils socialistes  dans les départements et les régions.

Le rejet de Nicolas SARKOZY dans de larges franges de l’opinion , qui devrait se manifester avec force aux prochaines élections régionales, risque fort, paradoxalement, de retarder, sinon de tuer dans l’oeuf la rénovation entreprise. Pourquoi diable mettre le souk dans un parti qui remporte de si belles victoires n’est ce pas?

FORUM DE DAVOS: LA FIN D’UNE CHIMERE

27 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Le forum de Davos va se dérouler du 27 au 31 Janvier alors que l’idéologie qui a présidé à sa naissance est en chute libre: un ordre économique plus prospère et plus juste devait mécaniquement survenir par le simple effet de la diffusion des échanges, la “mondialisation heureuse” chère à  Alain MINC.

En fait le constat est tout autre: le monde est gravement  fracturé et la situation  génère de plus en plus de tensions et de conflits. Le modèle de Davos  arrive en bout de course et il est plus que temps de lui donner un successeur.

La crise économique et financière est loin d’être terminée et la fracture constatée   entre l’économie réelle et l’économie financière continue .  La sphère financière  continue comme s’il ne s’était rien passé à faire preuve de son indécente  rapacité et les traders se gavent  de bonus obscènes pendant que le chômage s’étend dramatiquement.

Pour les banques aujourd’hui la ressource financière, l’argent des banques centrales,  est pratiquement gratuite et tous les risques sont permis puisque en cas de  faillite elles seront sauvées  par l’Etat.

En Europe comme dans le reste du monde tout dépend dans l’avenir de la capacité et de la volonté du politique de ramener la finance dans la cage d’ou elle n’aurait jamais dû sortir. Sans le concours et la mobilisation des peuples les dirigeants politiques seront mis à genoux par la puissance des financiers  qui disposent d’une force de frappe financière colossale.

Plus que la mise au pas des paradis fiscaux, qui n’ont pas vraiment joué un grand rôle dans la crise financière, c’est celle des groupes financiers multinationaux qui va poser problème, singulièrement aux Etats Unis et en grande Bretagne ou ils sont extraordinairement influents.

C’est à ce chantier que la gauche devra s’atteler, et il lui faudra beaucoup de courage. Elle devra pour cela s’appuyer à la fois sur la mobilisation du peuple  français et sur les forces qui, partout dans le monde, se sont levées et se lèvent contre l’obscénité du capitalisme financier.

Elle devra en même temps, et singulièrement pour ce qui concerne la PS mettre un terme à la dérive social-libérale qui a marqué la deuxième partie du long mandat de François MITTERRAND.

A cet égard, et pour ce qui me concerne, je ne voterai pas pour Dominique STRAUSS KHAN s’il est candidat à la primaire, car son parcours symbolise, au gouvernement comme aujourd’hui encore, la toute puissance de la finance et ses dérives.

S’il est désigné, je voterai et ferai campagne pour lui naturellement.


GAUCHE : UNE BALLE DANS LE PIED ?

22 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Les électrices et les électeurs de gauche attendaient de leurs dirigeants qu’ils tirent les leçons de la défaite de 2004 aux élections territoriales et qu’ils s’unissent dès le premier tour pour mettre fin à 26 ans de règne de la droite à l’Assemblée de Corse.

Je suis, comme eux, déçu qu’ils s’en soient montrés incapables, et je redoute, comme eux que le cauchemar de 2004 ne se reproduise.

J’ai répondu aux questions que Corse Matin m’ a posées dans son numéro de ce jour . Je vous laisse comme d’habitude juges de la pertinence de mes interrogations.

Q1/Que vous inspire l’éclatement de la gauche ?

J’avais déclaré à « Cuntrastu » le 1er novembre que la gauche gagnerait les territoriales à condition de ne  pas se tirer une balle dans le pied. C’est fait, et c’est une immense déception pour moi, comme pour les électrices et les électeurs de gauche qui redoutent que la machine à perdre se soit remise en route.

La question aujourd’hui est moins  de chercher à savoir qui a appuyé sur la gâchette  que  de s’attacher  à soigner et si possible guérir la fracture que la balle a causée. C’est en tout cas la seule préoccupation qui gouvernera mon attitude dans cette élection.

Q2/A-t-elle compromis ainsi ses chances jugées importantes de remporter les élections 

Bien entendu, même si tout n’est pas perdu pour autant: la compétition entre les listes de gauche va les conduire à exagérer leurs désaccords pour séduire l’électorat de gauche ce qui n’est certainement pas le meilleur moyen de faciliter le rassemblement au deuxième tour.

Q3/Dans ces conditions qu’attendez vous aujourd’hui des leaders de la gauche ?

D’abord qu’ils n’oublient pas que l’élection à L’Assemblée de Corse ce n’est ni le tiercé ni le quarté, mais que c’est une affaire sérieuse qui engage l’avenir de dizaine de milliers de femmes et d’hommes qui comptent sur la gauche pour changer leur vie.

Ensuite qu’ils s’engagent clairement, dès leur entrée en campagne à tout mettre en œuvre pour faire en sorte qu’au deuxième tour les listes de gauche fusionnent et lui permettent de remporter la majorité des sièges.

Le soir du 14 mars prochain la gauche sera sans doute arithmétiquement en situation de gagner. Ne pas transformer ce résultat en victoire le 21 ne constituerait rien d’autre qu’une trahison que nos électeurs ne pardonneront, à juste titre, à personne.

Q4/Les divergences sont elles à ce point fortes entre les listes de gauche qu’elles peuvent empêcher tout rapprochement?

Certainement pas ! Il y a bien plus de différences entre socialistes, communistes, verts et pourquoi pas modem, et pourtant ils vont probablement renvoyer Nicolas Sarkozy  à sa mairie de Neuilly et à ses amis de la Jet Set, et gouverner la France ensemble en 2012….

Alors je dis à ceux qui seraient tentés de s’abîmer dans la contemplation de leur nombril de bien réfléchir, et surtout de penser un peu plus à la Corse et un peu moins à leur destin personnel qu’il soit local ou national !

Q5/Et vous Vincent Carlotti qui aviez présenté un liste en 2004 vous resterez simple observateur ?

Vous faites bien de le rappeler : nous l’avions intitulée «  Socialistes, à Gauche, pour la Corse » : avouez que c’est un slogan de circonstance par les temps qui courent ?

Ceux qui nous avaient fait confiance peuvent compter sur moi pour être présent dans cette élection et pour mettre en avant  cette position, sous une forme ou une autre,  dans les jours et les semaines qui viennent.

LA PEUR POUR ENFUMER LES FRANCAIS

7 janvier 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Le décès brutal de Philippe SEGUIN est une bénédiction pour  cette pauvre Roselyne BACHELOT qui va pour quelques jours disparaitre de la Une de la presse quotidienne ou périodique.

Passons  sur la grand’guignolesque mise en scène des opérations : c’est tout juste si on n’a pas déclaré l’Etat d’urgence. Stockage  de centaines de millions de masques qui pourrissent dans les hangars municipaux, commandes de près de cent millions de vaccins dont seulement cinq millions utilisés à ce jour etc..

Ajoutons surtout cette organisation quasi militaire de la vaccination avec réquisition solennelle d’internes en médecine auxquels on envoie les gendarmes,  mise en place de centres de vaccination sur le modèle des dispensaires de l’après guerre, fermeture d’écoles voire de collèges entiers, dramatisation extraordinaire du moindre décès.

Si la bêtise confondante du Ministre rose bonbon chargée des opérations peut prêter à rire, pour ne pas en dire plus par charité chrétienne, il ne faut pas voir dans ce gigantesque ratage qu’incurie et gaspillage.

J’y vois pour ma part, mais vous me direz que j’ai l’esprit tordu, une nouvelle illustration des manoeuvres de notre cher- et d’une certaine façon même très très cher- Président de la République.

On connait la recette sarkozyste, elle a déjà abondamment servi: on met en scène une bonne vieille peur panique chez  nos concitoyens, et on attend le moment ou, après l’orage, on vient nous expliquer qu’après avoir sauvé la finance mondiale, moralisé le capitalisme, sauvé les Iles Maldives de l’inondation et nos plages de l’érosion, notre héroïque Président a sauvé des millions de français d’une mort certaine.

D’autant que pendant ce temps, n’est ce pas, on oublie la crise, les millions de chômeurs, les traders  qui recommencent à se gaver, et le trou abyssal des finances publiques qu’il nous faudra bien combler…

Il faut croire qu’il a bel et bien perdu la main Nicolas SARKOZY, car le dispositif prend eau et que l’opinion commence à se demander si elle n’est pas gouvernée par des Charlots!

Pourr ma part, il y a un bon moment que je m’en suis rendu compte. Mais, je vous l’ai dit, je dois avoir l’esprit mal tourné…

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