Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

L’AUTONOMIE ? PARLONS EN FRANCHEMENT

23 janvier 2012 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction

J’étais le 13 janvier dernier l’invité de l’émission U SGUARDU sur la radio ALTA FREQUENZA. parmi les questions évoquées au cours de cet entretien, celle d’un éventuel statut d’autonomie pour la Corse à l’occasion de l’arrivée possible, sinon probable, de la gauche au pouvoir m’a donné l’occasion, dans le cadre du club ” La Gauche Autonomiste” d’avancer quelques propositions.

Pour être clair, je ne crois pas que François HOLLANDE, s’il est élu président de la République, mettra ses pas dans ceux de Lionel JOSPIN et demandera à son premier ministre de convoquer une nouvelle “grande messe” à Matignon.

Je crois qu’il est néanmoins l’un des dirigeants socialistes les mieux informés et les plus attentifs à ce que pour ma part je continue quant à moi d’appeler “la question corse”.

Partisan d’un authentique statut d’autonomie, à l’instar ce ceux dont disposent deux territoires d’Outre mer, la Nouvelle Calédonie et La Polynésie française, je considère cependant que  l’arrivée de la gauche au pouvoir doit permettre que ce dossier soit enfin abordé sérieusement et traité au fond.

Encore faut il que la méthode choisie pour cela soit suffisamment claire et transparente pour que cette question, difficile,devienne aussi consensuelle que possible.

Pour ma part je n’imagine pas que l’on puisse envisager, sur une question aussi importante pour la Corse et pour les relations entre la Corse et la métropole, de faire en quelque sorte un enfant dans le dos du peuple corse, en laissant les seuls politiciens faire avec le gouvernement de la république leur petite cuisine dans leur petit coin,sur leur petit réchaud.

La Corse est une une région métropolitaine, contrairement aux îles du Pacifique, qui appartient à un Etat de tradition jacobine. Il me semble dès lors  indispensable, pour assurer le succès des négociations qui devront être menées, que les négociateurs disposent d’un mandat populaire clair, qui leur accorde la légitimité necessaire pour mener cette négociation.

Il ne s’agit plus en effet de négocier un statut plus ou moins dérogatoire, mais une véritable autonomie qui accorde à la Corse des pouvoirs étendus qui lui permettent d’élaborer et d’appliquer les textes qui auront sur son territoire force de loi, dans les domaines ou il aura été convenu que sa situation spécifique le réclame.

C’est pourquoi je pense qu’une initiative doit être prise par l’ensemble des forces progressistes pour qu’un référendum d’initiative populaire puisse être organisé sur cette question après l’élection présidentielle: elle gagnerait naturellement à être impulsée par un vote de l’assemblée de Corse.

A défaut, au cas ou aucune des forces représentées à l’assemblée de Corse ne serait disposée à le faire, un appel pourrait être lancé par des citoyens représentant le plus large éventail possible de la société civile comme de la sphère politique, pour en faire la demande.

Je m’attacherai quant à moi, avec mes amis du club “La gauche autonomiste” à en explorer les contours.

TRANSPORTS: L’HEURE DE VÉRITÉ POUR LA CORSE ?

5 janvier 2012 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction

Pendant des années on a considéré que l’enveloppe de la continuité territoriale pouvait, un peu comme le tonneau des danaïdes être vidée sans trop de soucis car alimentée sans fin par l’Etat. La crise est là pour rappeler les uns et aux autres aux dures réalités et nul doute que dans quelques mois celui ci sera amené sinon à réduire du moins à geler la dite enveloppe.

Cela tombe au plus mal, car pendant ce temps les dossiers épineux s’empilent sur le bureau du président de l’office des transports:

  • Les chemins de fer corses sont entrés de plain pied dans le giron de la CTC avec la création de la société d’économie mixte, sans qu’aucune disposition n’ait été envisagée pour réduire le déficit colossal de cette institution, dont la CTC doit assumer l’essentiel.
  • Air France KLM annonce, selon le quotidien économique “Les Echos son intention de ne plus assurer le traitement de ses vols en escale à compter du 1er avril prochain. Une décision qui, si elle se confirme, obligerait Air Corsica à réembaucher tout ou partie des anciens salariés d’Air France affectés à cette tâche.
  • Air France et Air Corsica , toujours selon “Les Echos” négocieraient avec la CTC une forte augmentation des subventions pour le prochain contrat quadri-annuel, à compter du 1 er avril. Les deux compagnies, qui sont les seules à avoir répondu à l’appel d’offres, auraient demandé au total plus de 100 millions par an, sous peine, là encore, de réduire la voilure.
  • VEOLIA ayant par ailleurs annoncé son intention de se désengager de la SNCM, c’est tout le dispositif régissant le système de transport entre la Corse et le continent qui se trouve complètement chamboulé.
Face à ce qui constitue un défi colossal mais aussi une bonne occasion de réfléchir à une nouvelle architecture des transports extérieurs et intérieurs de l’ÃŽle, force est de constater que ce n’est pas l’imagination qui est au pouvoir et que c’est plutôt au bricolage que s’essaient les responsables en charge de ce dossier.
Personne ne saurait bien sûr rester indifférent au sort des salariés embarqués dans ce qui ressemble de plus en plus à une galère.
Mais rien ne serait pire que de fermer les yeux sur la gravité de la situation et se contenter de poser un emplâtre de plus sur les plaies béantes du système,   pour se retrouver dans quelques années face à une une situation ingérable qui coûterait, socialement et financièrement, les yeux de la tête, plongerait des centaines de salariés dans la précarité et laisserait la CTC exsangue pour longtemps.