Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

HAUTE CORSE: L’AUTRE DETTE.

21 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Il y a bien sûr la dette des Etats et le redoutable danger qu’elle représente pour l’économie mondiale, l’Union Européenne et chacun d’entre nous, mais il y a aussi des sujets d’inquiétude plus proches de nous, qui concernent la dette des collectivités locales.

Dans son numéro d’aujourd’hui le quotidien LIBERATION accuse la banque DEXIA d’avoir refilé à plus de 5000 collectivités des produits financiers complexes, appellés plus trivialement “emprunts toxiques“. Celle ci se défend en accusant le quotidien de confondre la complexité des produits financiers et leur toxicité. Les informations datent de 2009, et sont donc susceptibles d’avoir évolué dans l’intervalle.

Les emprunts toxiques se distinguent par  l’existence d’une formule de calcul du taux  autre que la formule simple “taux variable + marge”. Il peut s’agir de types de formules extrêmement divers, utilisant des taux d’intérêt, des taux de change, voire des taux d’inflation.

Il est possible de rechercher les communes, départements ou régions françaises afin de s’informer sur leur situation de ce point de vue.

C’est ainsi que l’on trouve parmi les départements les plus “intoxiqués”, en employant ce qualificatif avec  les réserves évoquées par DEXIA: le département de Haute Corse.

Toujours selon LIBERATION celui ci aurait contracté des emprunts auprès de trois banques pour un montant de 57 000 000 €, qualifiés de toxiques par le quotidien.

Hyacinthe MATTEI, ancien président de la commission des finances du conseil général débarqué brutalement il y a quelques mois de son poste, interrogé par la presse locale a fourni un certain nombre d’explications.

Reste que dans l’organisation des conseils généraux l’exécutif c’est le président, les présidents comme les membres des commissions sont chargés d’examiner les propositions de l’exécutif et de donner leur avis.

La décision d’accepter ou non les conditions dans lesquelles un emprunt est négocié, appartient au président du conseil général de même que celle qui consiste à décider de contracter ou non l’emprunt, le dernier mot revenant, bien évidemment à l’assemblée départementale.

On attend donc avec intérêt la réaction de Paul GIACOBBI sous le règne duquel ces emprunts ont été contractés. Nul doute qu’il tiendra, ne fut ce que pour ne pas ternir une réputation soigneusement entretenue de gestionnaire averti,  à donner les explication les plus complètes sur ce dossier épineux.

RASSEMBLEMENT DE FEMU A CORSICA A CORTE

4 septembre 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Les élus de FEMU A CORSICA à l’assemblée de Corse avaient invité leurs électeurs et au delà toutes celles et tous ceux qui s’estiment interpellés par leur démarche à une présentation du bilan de leur action depuis les dernières élections  territoriales.

J’ai assisté à cette journée, importante à plus d’une titre.

Beaucoup de monde, surtout des militants des trois organisations politiques qui forment la coalition électorale en question pour un rassemblement somme toute réussi malgré la période encore peu propice à ce genre de manifestation.

Beaucoup de sérieux aussi chez chacun des élus pour présenter le bilan de leur activité, et bien sûr, celui de l’assemblée de Corse.

Beaucoup de critiques aussi sur la gestion de l’exécutif, qualifiée d’archaïque et de clientéliste par l’essentiel des intervenants. Nombreux grincements de dents également à la lecture de la longue interview de Paul GIACOBBI  dans Corse Matin, qualifiée par les principaux responsables de cynique et opportuniste.

Quatre  messages importants à retenir de cette journée au delà des comptes rendus de mandat:

Le premier concerne la perspective d’une fusion dans une même organisation des trois formations composant la coalition: le PNC de Jean Christophe ANGELINI, INSEME de Gilles SIMEONI et A CHIAMA. Elle n’interviendra pas.

Le deuxième concerne les rapports avec CORSICA LIBERA: ils seront dans la période qui s’annonce marqués par la détente et la recherche des compromis à partir desquels  les deux organisations qui composent la famille nationaliste accéderont au pouvoir à l’assemble de Corse.

La troisième concerne l’ouverture: pas question a affirmé Jean Christophe ANGELINI que les nationalistes se replient sur le bloc identitaire que constitue leur famille politique. FEMU A CORSICA  s’ouvrira, je cite ” à toutes celles et à tous ceux qui accepteront de rejeter clairement et définitivement les pratiques claniques et clientélistes”.

La quatrième enfin concerne la vocation de la coalition FEMU A CORSICA: c’est, clairement exprimée par les deux leaders de la coalition, la recherche de la victoire aux élections territoriales de 2014 , la conquête et la prise en main des leviers du pouvoir territorial. La volonté est claire de n’être ni les supplétifs ni les seconds couteaux de quiconque pas plus que de se retrouver “relégués dans un coin du ring”.

C’est à titre personnel, et en tant que porte parole du club politique “La Gauche Autonomiste” que j’ai participé à ce rassemblement.

Comme je l’ai déclaré sur FR3 Corse, je regrette que la gauche, et singulièrement les socialistes, se tiennent à l’écart d’une dynamique qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qui a constitué au cours des années Mitterrand le coeur de leur réflexion et de leur action, pour s’abîmer dans l’archaïsme.

Avec Claude OLIVESI nous avions rédigé et fait voter à la majorité au congrès de Venzolasca  de la fédération de Haute Corse du PS de 1988 une résolution demandant que notre île soit dotée d’un véritable statut qui lui permette d’accéder à l’autonomie interne.

Aujourd’hui je persiste et je signe et reste dans les mêmes dispositions d’esprit, en appelant mes camarades et mes amis les plus lucides à réfléchir, en cette période ou se décide l’avenir de la France, à l’avenir de notre île qui ne peut plus s’inscrire, sous peine de graves conséquences pour les générations futures, dans les schémas  périmés et les pratiques délétères qui nous ont amenés au bord de l’abîme.

Il faudra, a déclaré Gilles SIMEONI, “que le vainqueur de la présidentielle prenne en compte la notion de peuple corse et permette la définition d’une véritable solution politique, car les idées que nous étions, hier, seuls à porter, sont aujourd’hui celles d’une majorité de Corses”.

Il est de la responsabilité des socialistes de relayer, cette proposition, et de se hisser sans plus attendre à la hauteur que réclame la situation, avant que l’opportunisme et le cynisme de leur principal partenaire ne supplée à leur défaillance et les disqualifie définitivement.