Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

BATAILLE DE CHIFFONNIERS A L’ASSEMBLÉE DE CORSE.

25 juin 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique

Selon le quotidien Corse Matin de ce jour, les élus de la majorité territoriale  à l’assemblée de Corse de sont disputés comme des chiffonniers sur un sujet qui n’en vaut vraiment pas la peine, l’implantation du siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse.

La précédente assemblée de Corse s’était, il est vrai, distinguée quant à elle par une homérique dispute pour donner un nom au dernier ferry mis à l’eau par la SNCM !

Cela promet de sérieux  crépage de chignons lorsque viendront en discussion les sujets les plus brulants comme la réforme institutionnelle, la question foncière ou la politique de transport, et, en tout état  de cause cela donne de cette majorité, et plus généralement de l’assemblée d’ailleurs une image déplorable.

Cela éclaire d’un jour cru la véritable nature des ” groupes politiques” qui composent la majorité. Mis à part le front de gauche de Dominique BUCCHINI dont la liste est pour l’essentiel composée de militants politiques, la composition des autres ne pouvait conduire qu’à ce piètre spectacle.

Ce qu’on appelle groupes politiques, il faut le dire franchement, ne sont en fait que des groupes d’intérêt locaux cornaqués par un leader politique dans lequel ils se reconnaissent, et auxquels ils reconnaissent assez d’influence pour servir la leur.

La liste de Paul GIACOBBI, par exemple, comptait 41 élu cantonaux ou municipaux, dont un important contingent d’élus se réclamant au plan national  de la droite libérale, sur 51 candidats. Il s’agissait d’engranger le maximum de voix possibles et peut importait ce qu’il pourrait en résulter par la suite.

Quand on embarque autant d’élus locaux sur une liste d’une assemblée dont le caractère politique est pourtant avéré, il ne faut pas s’étonner qu’à la première décision qui pourrait mettre en cause au près de leurs electeurs la défense de leur pré carré, ils partent dans tous les sens.

Si l’on ajoute à cela les bisbilles historiques, et parfois hystériques, entre bastiais et ajacciens, le spectacle, à défaut du résultat est garanti.

Le Club politique “La Gauche Autonomiste” avait diffusé, il y a quelques jours un communiqué..prémonitoire, que je livre à votre appréciation.

Rendez vous donc le 27 juillet a fini par décider un Paul GIACOBBI sans doute excédé. Pas très glorieux…

QUE DIX COUPABLES…

23 juin 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Que dix coupables échappent à la justice plutôt que souffre un seul innocent a dit un jour Montesquieu. C’est sur le socle de ce principe que repose la justice républicaine.

Il faut croire que les juges de la cour d’assises spéciale n’ont jamais lu Montesquieu car le moins que l’on puisse dire est que leur arrêt dans le procès d’Yvan COLONNA ne s’inspire pas de cette maxime.

Je ne sais pas si ce dernier est coupable ou innocent des faits qui lui sont reprochés: je ne suis ni son juge ni son avocat. Je suis seulement, comme mon camarade André VALLINI, député socialiste de l’Isère, soucieux que la justice s’applique selon les principes qui fondent ma conviction républicaine et ma confiance dans la justice de mon pays, dont je dois avouer qu’elle est aujourd’hui sérieusement ébranlée.

Je constate, comme lui, qu’aucune preuve, aucun témoin n’a été produit par l’accusation qui soit de nature à autoriser pour la troisième fois la cour spéciale à prononcer un arrêt aussi sévère, et que tout autre accusé dans une affaire ou la raison d’Etat n’aurait pas pesé aussi ostensiblement aurait été acquitté.

Je regrette, comme lui sans doute, qu’aussi bien la présomption d’innocence que le bénéfice du doute lui aient été refusés de manière aussi éclatante.

Je déplore que le préfet de la Corse ait trahi le principe de séparation des pouvoirs qui interdit à un fonctionnaire d’Etat de s’immiscer dans une procédure judiciaire en saluant ostensiblement les parties civiles lors de la reconstitution des faits.

Gilles SIMEONI dans son intervention à l’assemblée de Corse a soulevé  un certain nombre de questions troublantes et inquiétantes, et porté sur certains hauts fonctionnaires de police de graves accusations, qui ne m’ont pas étonné, au regard de leurs agissements dans une période particulièrement troublée de notre histoire .

Il faut espérer que dans un peu plus d’un an, lorsque l’ombre de Nicolas SARKOZY ne pèsera vraisemblablement plus sur la justice de mon pays, elles recevront une réponse claire. C’est en tout cas le souhait que je formule ici, en attendant de pouvoir agir à cette fin.

COLONNA N’A PAS A DÉMONTRER SON INNOCENCE.

16 juin 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Yvan COLONNA n’a pas à faire la démonstration de son innocence: c’est ainsi que fonctionne la justice dans notre pays, c’est à l’accusation , il est important de le rappeler, d’apporter les preuves de sa culpabilité.

Or aujourd’hui, à quelques jours du verdict  force est de constater qu’aucun élément matériel sérieux, aucune preuve tangible et irréfutable ne sont venus conforter la culpabilité d’Yvan COLONNA tout au long de ce troisième procès.

Seule, en définitive, l’intime conviction des juges étayée par le fait qu’il s’est soustrait à l’action de la justice pendant ses années de cavale pourrait expliquer, sinon justifier, la lourde condamnation que lui ont infligé les juges de la cour spéciale.

Il est clair pour moi que s’il ne s’était s’agit d’une affaire d’Etat, si  le président de la république à l’époque ministre de l’intérieur n’avait pas fait de son arrestation un argument politique au service de sa carrière en piétinant la présomption d’innocence pour le déclarer  coupable , il aurait bénéficié d’un acquittement au bénéfice du doute.

Je ne sais pas si Yvan COLONNA est coupable ou innocent, et ce n’est pas cela qui m’importe vraiment. Je sais seulement qu’il doit être traité comme n’importe quel justiciable, et il ne m’apparait pas que jusqu’à ce jour il l’ait été.

Les juges vont avoir cette fois à justifier par écrit les raisons qui pourraient les amener à le déclarer une fois de plus coupable et à lui infliger la lourde peine réclamée par le procureur.

S’il n’est pas très difficile pour un juge de condamner un homme en invoquant uniquement son intime conviction, il lui est autrement plus difficile de produire les arguments et bien entendu les preuves qui justifient une condamnation, surtout quand elle est aussi sévère que celle qui lui a été infligée.

Je n’attend pas des juges de la cour spéciale qu’ils fassent preuve de clémence, j’attend seulement qu’ils fassent la démonstration de l’indépendance de la justice face à l’exécutif   et appliquent la loi de la république dans sa lettre comme dans son esprit.

PRIMAIRES CITOYENNES : J-117

14 juin 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

C’est effectivement dans 117 jours qu’aura lieu le premier tour des primaires voulues par le parti socialiste, le 9 octobre prochain.

Les modalités de participation à cette première manifestation de démocratie participative en France sont simples:

  • Tout le monde peut y participer, il n’est pas nécessaire d’être militant du PS pour cela
  • Les bureaux de vote installés à cet effet seront le moment venu portés à la connaissance de nos concitoyens dans chaque département.
  • Pour voter il suffira de s’acquitter de la somme de 1 € et de signer la charte des valeurs de la gauche.
le scrutin est à deux tours, seuls les deux candidat(e)s arrivés en tête du premier tour seront admis à participer au second tour. Le candidat désigné au second tour sera le candidat du PS à la présidentielle de 2012, les candidats qui n’auront pas été désignés lui apporteront solennellement leur soutien lors d’une grande convention de désignation du candidat prévue à cet effet.
Une haute autorité indépendante sera chargée de veiller à ce que la campagne se déroule dans des conditions équitables entre les différents candidats, et de sanctionner les éventuels dérapages. Il y aura un représentant de la haute autorité dans chacun des départements.
Près de 30% des électrices et des électeurs ont affirmé être intéressés par cette consultation, mais on peut estimer raisonnablement que 10% d’entre eux pourraient effectivement passer à l’acte, ce qui représenterait tout de même près de 4 millions de personnes.
Si les primaires sont trop souvent regardées par la presse écrite ou radio-télévisée comme une course de chevaux, elles doivent être au contraire un exercice grandeur nature de pédagogie politique, et faciliter une reprise en main de la politique par la société.
En même temps, l’intervention du peuple, à une échelle qu’il fut espérer aussi large que possible, évitera qu’elles soient confisquées par l’appareil dont les pratiques, si l’on en juge par les derniers congrès du PS soulèvent, à tort ou à raison le soupçon.
Chacun aura à partir du 28 juin, ou l’ensemble des candidats seront connus, à comparer les mérites des uns et des autres et surtout à peser leurs engagements respectifs sur les questions les plus importantes que notre pays aura à affronter au cours des cinq prochaines années.
Ni course du tiercé, ni concours de beauté, les primaires ont pour objectif premier de permettre à chacun des candidats d’exposer son projet pour la France, de préciser les principaux dossiers sur lesquels il aura à prendre des décisions et à nous expliquer comment il entend procéder pour sortir notre pays de l’ornière et le remettre  sur le chemin du progrès économique et social.
Au premier tour pas plus qu’au second je ne me laisserai guider par les sondages pour choisir  le cheval réputé gagnant ou placé par les sondages.
Je soutiendrai pour ma part les propositions élaborées et défendues par Arnaud MONTEBOURG, car elles me paraissent poser l’essentiel des problèmes qui se posent aujourd’hui à mon pays, et qu’il les a exposées dans deux ouvrages ” Des idées et des rêves” et “votez la démondialisation”.
J’aurai l’occasion tout naturellement d’y revenir avec celles et ceux qui avec moi ont décidé de mettre en place un collectif de soutien à la candidature d’Arnaud MONTEBOURG que vous pouvez rejoindre en adressant un email à l’adresse : encorsepourmontebourg@gmail.com
Quant à ceux qui vouent aux sondages une croyance aveugle, ils seraient bien inspirés de se souvenir du référendum sur la constitution européenne: alors que tous les partis de gouvernemen, l’ensemble de presse écrite et radio-télévisée, le patronat et l’élite politico médiatique avaient pris position pour le OUI, c’est le NON qui l’avait emporté.

TRISTE PRÉSIDENTIELLE…

10 juin 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Triste présidentielle en effet, où à moins d’un an de l’échéance  l’essentiel des débats baigne dans l’atmosphère glauque qui entoure  la déchéance du candidat auquel la gauche bien pensante s’était vouée, l’oeil vissé sur les sondages, confite dans les certitudes des “spins doctors” et des agences de communication.

Triste présidentielle et triste gauche également qui n’a visiblement pas pris la mesure de l’ampleur la domination culturelle de la droite. Fascinée par les sondages, décérébrée par les résultats cantonaux, aveuglée par l’impopularité d’un chef d’Etat de passage qu’elle a diabolisé, cédant ainsi à la facilité, elle semble se complaire dans un rôle d’infirmière de la mondialisation financière.

Faute de conceptualiser une “alternative” et de penser la stratégie qui doit le mettre en musique, elle s’est cantonnée dans unsimple  projet “d’alternance”.

Elle a oublié que si les circonstances peuvent effectivement favoriser une défaite de Nicolas SARKOZY, ce sont des valeurs de droite qui dominent dans notre pays depuis que la gauche de gouvernement a théorisé son impuissance et abandonné la bataille idéologique et culturelle sans lesquelles il ne peut y avoir de victoire politique durable.

Le Think Tank “Terra Nova” a défrayé la chronique en théorisant l’abandon des classes populaires qui ont glissé progressivement à droite puis à l’extrême droite. Son leader, Olivier FERRAND s’essaye dans ” Le Monde” à justifier cette analyse  en pariant sur l’émergence d’une majorité progressiste face à la radicalisation populiste d’une partie de la droite.

Pari risqué  qui consiste en fait à conduire la Parti Socialiste sur une voie social libérale, et à le transformer à terme en Parti Démocrate à l’américaine: c’était d’ailleurs là  pour ses amis et ses alliés la mission première de DSK.

Pari que pour ma part je ne prendrai en aucun cas.