Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

ET SI ON PARLAIT ENFIN DE CHOSES SERIEUSES ?

27 mai 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Quand on s’intéresse à l’actualité politique, et singulièrement ce qui occupe la première page des journaux insulaires, on ne peut pas ne pas être frappé par la volatilité des informations qui perdent leur importance dès qu’un évènement surgit qui les ramène en page intérieure.

Ce qui est plus préoccupant c’est de voir à quel point la classe politique, en Corse comme dans l’ensemble du pays, semble consacrer plus d’attention aux questions conjoncturelles qu’aux questions de fond: sans doute les premières sont elles jugées plus intéressantes électoralement …

C’est ainsi par exemple que la question démographique n’est jamais évoquée, comme si un tabou redoutable pesait sur son évocation, susceptible de déchainer les catastrophes.

Or il s’agit là d’une question essentielle qui conditionne très largement l’avenir de la Corse: L’INSEE vient de publier une étude particulièrement intéressante portant sur les évolutions démographiques de notre île par rapport à la moyenne nationale.

Vous pouvez vous amuser, comme je l’ai fait, à procéder à des simulations permettant de se projeter dans l’avenir et observer, sur la base des données actuelles et des évolutions les plus probables la situation de la Corse au cours des prochaines années.

Un seul tableau comparatif tiré de cetté étude et concernant les évolutions estimées de deux groupes d’age en 2040.

La comparaison des groupes d’age  ”plus de 65ans et moins de 20 ans” à l’échéance de l’an 2040 montre à quel point le vieillissement prévisible de la population est catastrophique, la Corse décrochant dans les deux cas par rapport à la moyenne nationale dans des proportions alarmantes.

Situation d’autant plus préoccupante que sur la durée la population continuera d’augmenter à un rythme certes  lent mais soutenu, de nature à provoquer de déséquilibres irréversibles et des conséquences sociales, sociétales et économiques considérable.

J’avais évoqué cette question lors d’un colloque organisé par l’amicale des corses d’Avignon en juin 2010, et provoqué ainsi un débat aussi vif qu’intéressant.

Les élus de la Corse seraient bien inspirés de s’en saisir et de tracer sur le moyen et long terme les éléments d’une politique migratoire car la Corse et les Corses ne doivent pas se contenter de subir des évolutions aussi dramatiques sans réagir.

Il est vrai qu’il est  plus facile de rouler les mécaniques en menaçant la SNCM d’un procès ou en réclamant qu’une enquête soit ouverte sur l’accident de la caravelle Ajaccio-Nice, que de se pencher sur un tel sujet…

Situation estimée de population de la Corse en 2040:

Groupes d’âges (2040)

âge millions % % femmes
65+ 0,12 32,8 55,4
20 - 64 0,18 50,3 48,5
<20 0,06 16,9 48,7
Total 0,35 100 50,8

Situation estimée de la population de la France en 2040

Groupes d’âges (2040)

âge millions % % femmes
65+ 18,2 25,7 56,4
20 - 64 36,68 51,9 49,7
<20 15,86 22,4 48,8
Total 70,73 100 51,2

LA LEÇON ESPAGNOLE.

24 mai 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Le PSOE, le parti socialiste espagnol, a enregistré une défaite historique, une gifle, dont il aura beaucoup de mal à se remettre, sans que pour autant le PP, le parti populaire de la droite ibérique, qui a largement remporté les élections municipales et régionales partielles, puisse s’en attribuer le mérite.

La crise qui frappe durement  l’Espagne après l’explosion de la bulle immobilière atteint en priorité les jeunes dont près de 40% sont sans emploi, pendant que la précarité atteint une frange de plus en plus importante de ménages de la péninsule ibérique, le Portugal n’étant pas mieux loti.

Depuis plus d’une semaine les jeunes espagnols occupent la Puerta del Sol, la grande place madrilène, pour protester contre la purge sévère que le gouvernement socialiste a cru devoir infliger à la population sous la pression des banques et de la finance mondialisée.

Pour la plupart ils n’ont pas voté, ou ils ont voté pour des formations locales nationalistes, comme au pays basque, ou autonomistes. Ils rejettent “Le Système” représenté par les partis de gouvernement, à commencer par celui qui gouverne aujourd’hui l’Espagne, dont ils n’attendent rien.

Les politiques ont renoncé à agir, et ont baissé les bras devant les banquiers, et les voilà qui s’étonnent que leurs concitoyens se détournent des urnes ou se jettent dans les bras des extrêmes.

Se peut il que les peuples d’Europe, à l’instar des peuples arabes du Maghreb, commencent à réaliser que ce n’est pas en se soumettant plus longtemps à un système qui a fait faillite et qui envoie nos pays dans le mur qu’ils s’en sortiront ?

Quelques signes le donnent à espérer, même si l’écrasante domination des forces dévouées à la mondialisation libérale dans un débat public déserté par une partie de ceux qui, à gauche devraient relever le défi, en étouffe l’émergence.

A un an de la présidentielle, au PS, seul Arnaud MONTEBOURG a pris la mesure de la situation, et propose un autre chemin, certes ardu, mais de nature à permettre d’entrevoir un autre avenir que celui d’être réduit en esclavage par la finance mondialisée.

Comme à l’époque du référendum sur le traité constitutionnel européen, ou les tenants du NON, dont il était, étaient ignorés par les médias acquis à la pensée dominante, il a du mal à se faire entendre…Même si le rappel de ce vote devrait en faire réfléchir quelques uns.

LES BORNES DU COUILLONISME…

9 mai 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Tous les matins je me réveille avec angoisse en pensant que quelque part dans le monde quelqu’un a pris à pleins bras les bornes du couillonisme pour les porter un peu plus loin, déclarait Marcel PAGNOL

Peut être pensait il à Bernard HENRI LEVY ? Je savais quant à moi qu’il était capable d’annoner n’importe quelle annerie, pour peu qu’on lui tende un micro.

J’avoue cependant que lorsque je l’ai entendu se prononcer pour un boycott touristique de notre île pour punir les criminels qui, comme on sait, y sévissent depuis trop longtemps, les bras m’en sont tombés.

Il aurait dû en rester à la citation des paroles de Jean Toussaint DESANTI, un grand philosophe, lui, qui s’insurgeait contre la tendance très parisienne de ramener la violence sévissant dans notre île à un folklore certes désagréable mais tellement dans la nature des corses: en quelque sorte une  tare, dont nous serions affligés.

Les élucubrations pathétiques de ce guignol, ne doive cependant pas nous faire oublier la gravité de la situation, et les responsabilités des uns et des autres.

L’Etat bien sûr, qui pendant des années a privilégié la chasse aux nationalistes: on en raflait 50 à l’heure des journaux télévisés, et on en relâchait 48 discrètement quelques jours plus tard à l’aube pour que le ministre de l’intérieur de l’époque puisse rouler les mécaniques.

Résultat: les voyous ont prospéré au point que nous nous trouvions aujourd’hui, comme l’a déclaré fort justement Paul Felix BENEDETTI dans une situation pré-mafieuse.

La classe politique ensuite, dont certains éléments se sont laissé aller jusqu’à faire la courte échelle à un milieu en quête d’honorabilité.

Et nous tous, enfin, qui manquons trop souvent de discernement en cultivant des amitiés ou des proximités qu’il conviendrait de tenir à distance.

Quoiqu’il en soit, ce sont là des problèmes suffisamment sérieux pour que des histrions comme BHL évitent d’y ajouter leur grain de sel.

Reste qu’au train de sénateurs de la commission mise en place par l’assemblée de Corse, les voyous ont encore de beaux jours devant eux…