GIACOBBI A L’ABORDAGE
30 avril 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Paul GIACOBBI est un homme extraordinaire: il se lance aujourd’hui à l’abordage de la SNCM, ou plutôt des pirates qui, selon lui, on commis à l’égard de l’ex compagnie nationale un “braquage” comme il le déclarait en 2006 sur son blog.
Il a, sur le fond, entièrement raison, car les conditions dans lesquelles la SNCM a été privatisée sont largement scandaleuses. J’étais moi même à l’époque directeur général de la SITEC société d’économie mixte dont la SNCM détient 35% du capital, et j’avais vécu très mal, comme l’ensemble des salariés de la compagnie et de ses filiales cet épisode particulièrement calamiteux de l’histoire de la société.
Mais pourquoi donc avoir attendu si longtemps pour demander une commission d’enquête parlementaire ? car enfin, la privatisation a été lancée le 19 septembre 2005 et devenue définitive après le vote favorable du Conseil d’administration et des salariés le 3 mai 2006, c’est à dire il y a exactement 5 ans…
Et surtout quel est l’objectif poursuivi par le président de l’exécutif. Démontrer que Monsieur BUTLER, ami du premier ministre  de l’époque Dominique VILLEPIN a fait une bonne affaire ? Tout le monde le sait.
Obtenir que des poursuites soient engagées afin que ceux qui auraient bénéficié ainsi de plus-values exorbitantes soient punis ? L’affaire TAPIE a démontré que dans ce genre d’affaire ç’est loin d’être évident.
Je ne vois en tout cas rien dans cette prise de position aussi soudaine que spectaculaire , qui puisse concourir, peu ou prou, à ce qui devrait être à mon sens le seul objectif de l’exécutif dans ce domaine: travailler à remettre sur pied le dispositif de continuité territoriale qui a totalement dévié de son objectif premier, le lutte contre la vie chère à laquelle sont confrontés les insulaires et que les sommes énormes injectées dans le dispositif n’ont pas réglé.
A moins que ce “coup de gueule” ne soit destiné à constituer une diversion face aux difficultés auxquelles est confrontée la coalition qui détient aujourd’hui le pouvoir à la CTC ? Mais seuls les mauvais esprits pourraient, n’est ce pas, avancer cet argument…
RIFIFI AU CONSEIL GÉNÉRAL DE HAUTE CORSE
19 avril 2011 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Hyacinthe MATTEI, conseiller général PS d’Île Rousse, député suppléant de Paul GIACOBBI a été débarqué brutalement de la présidence de la commission des finances du CG2B.
Lâché par ses “amis” socialistes et apparentés, exécuté par le nouveau président Joseph CASTELLI, qui n’a semble t-il pas trouvé  dans son emploi du temps cinq minutes pour lui signifier son éviction et lui fournir une explication.
Passablement meurtri, Hyacinthe MATTEI n’a pas mâché ses mots pour dénoncer “le système”. Bien sûr on peut toujours objecter qu’il a attendu d’en être victime pour le dénoncer: il n’empêche que c’est la première fois qu’un homme du sérail, particulièrement bien informé sur les pratiques en vigueur au conseil général met ainsi les pieds dans le plat.
Issu d’une famille de bergers d’ASCO, Hyacinthe est un homme au caractère bien trempé. Sans doute n’avait il pas l’échine assez souple pour certains: ils n’ont probablement pas fini d’entendre parler de lui.
Il aurait été au demeurant intéressant de savoir ce qui lui était reproché. Peut être de ne pas avoir voté Paul GIACOBBI en 2010, de ne pas accepter sans broncher les agissements du “cabinet noir” du président, ou encore d’avoir une facheuse tendance à demander à tout bout de champ des explications au lieu de la fermer et d’encaisser ses subventions sans trop chercher à comprendre ?
Dominique TIBERI, une autre victime du “système” aujourd’hui dénoncé par MATTEI, m’avait confié que le “cabinet noir” avait programmé sa défaite, ce qui s’est effectivement produit: il est vrai qu’il est expert comptable Dominique, et qu’il avait sans doute de ce fait une tendance fâcheuse à poser lui aussi trop de questions..
Il est remplacé, au sein de la “majorité départementale” par un authentique homme de droite, sans que personne ne trouve à redire, surtout pas les socialistes qui ont courageusement abandonné leur “camarade”en rase campagne. Avec des amis comme ça, MATTEI n’a pas besoin d’ennemis.
A moins que Paul GIACOBBI, que le conseiller général d’ÃŽle Rousse accuse d’avoir été à la manoeuvre dans son exécution, ne considère que la perspective de la victoire de la gauche lui ouvre un boulevard aux législatives et qu’il estime pouvoir se passer du soutien de son suppléant ? Inch Allah..
Quoiqu’il en soit cette affaire jette un éclairage cru sur les pratiques moyenâgeuses en vigueur au CG2B, même si ce ne constitue un “scoop” pour personne.
Le plus drôle c’est que simultanément à cette démonstration féroce de pratiques clanistes on assiste à un festival de mains tendues et de courbettes de la part du président du conseil exécutif de Corse en direction de la famille nationaliste…
Bon, chacun ses contradictions n’est ce pas ?
J’avais cru comprendre que la vocation historique  de cette famille est de débarrasser notre île de ces pratiques afin de la mettre sur le chemin du développement, mais cela a du échapper au président, forcement.

