Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

LE SCRUTIN CLÉ DE PORTO VECCHIO

19 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Beaucoup de monde hier au dernier meeting de Jean Christophe ANGELINI et Marie Jo CUCCHI à Porto Vecchio: beaucoup de monde et beaucoup d’ambiance.

Il est vrai que l’élection cantonale qui se déroule dans le canton de la ville  du sel revêt une importance particulière et que, si l’on en croit ANGELINI et ses partisans nous serions à la veille de la chute de la maison ROCCA SERRA.

Si c’était le cas il s’agirait en effet d’un véritable séisme politique, non seulement parce que il consacrerait la chute du Clan le plus emblématique à droite de l’échiquier politique corse, mais surtout parce que ce serait, après le succès des élections territoriales de 2010 une éclatante  victoire du camp nationaliste et, probablement, avant les scrutins décisifs des municipales et des territoriales de 2014, l’annonce d’autres succès.

Il sera particulièrement interessant de suivre le comportement des autres candidats au deuxième tour, et singulièrement celui de la gauche, rassemblée autour du candidat du Front de Gauche, Joseph AGOSTINI.

Il faut rappeler qu’en 2008, alors que la défaite de Camille de ROCCA SERRA semblait consommée au soir du premier tour des élections municipales,  le refus du même candidat de gauche et des formations politiques qui s’en réclament de soutenir son adversaire nationaliste avait permis à celui qui se proclamait l’ami de Nicolas SARKOZY  d’éviter la chute.

Cela n’a sans doute surpris personne, mais il faut noter que, à la tribune aux cotés de Camille de ROCCA SERRA, on retrouvait la veille du meeting d’ANGELINI, le maire de Conca, Fanfan MOSCONI, élu territorial sur la liste de Paul GIACOBBI et membre aujourd’hui du groupe Démocrates, Socialistes et Radicaux.

Faut il y voir un signe discret d’un soutien de Paul GIACOBBI ,  inquiet de ce fâcheux précédent que signifierait la chute du Clan ROCCA SERRA qui le consacrerait dernier chef de Clan Corse ? Peut être pas, mais l’affichage est détestable et ne contribue pas à améliorer l’image de la coalition de gauche au pouvoir.

Reste que cela doit contrarier tout particulièrement Michel STEFANI, président du groupe communiste dans la même coalition.

Fanfan MOSCONI lui a soufflé la présidence du Conseil de Surveillance de de la CCM, avec l’appui de Paul GIACOBBI et Camille de ROCCA SERRA, et le voilà qui s’affiche avec le candidat de droite contre son camarade AGOSTINI…

Ce n’est sans doute pas, à mon humble avis, la dernière couleuvre qu’il aura à avaler dans les prochains mois.

SONDAGES,BIDONNAGES, CAFOUILLAGES…

6 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Je ne crois pas plus au sondage indiquant que Marine LE PEN caracolerait au premier tour devant SARKOZY et AUBRY que je ne crois à ceux qui indiquent que DSK écraserait SARKOZY au deuxième tour avec 65% des suffrages.

Je suis donc stupéfait et scandalisé de voir la classe politique appartenant aux partis de gouvernement, affolée , se laisser aller à commenter l’une et l’autre de ces énormités, donnant ainsi une importance catastrophique à la “médiacratie” et aux instituts de sondage qui écrivent depuis trop longtemps la musique sur laquelle dansent à l’unisson tous nos politiques.

Nous sommes à 14 mois de l’élection présidentielle, on n’en connait pratiquement pas encore les principaux candidats, pas plus que l’on ne connait leurs intentions et à fortiori leurs propositions. La seule confrontation sur laquelle on appelle aujourd’hui les français à se prononcer ressemble dès lors plus à un “concours de binettes” qu’à une compétition électorale aussi sérieuse qu’une présidentielle.

Nul besoin de sondages pour constater que la popularité du président est en berne, que les français sont mécontents et que la grogne, pour ne pas dire la rage, monte dans nombre de secteurs de l’opinion.

Mais il faut avoir envers le peuple une sacré dose de mépris pour considérer qu’il va se jeter dans les bras d’une batteuse d’estrades qui certes frappe, et frappe fort, là ou ça fait mal sur les carences et les injustice de la politique gouvernementale, mais se révèle incapable d’élaborer une seule proposition qui tienne la route pour y remèdier.

De la même façon, je ne sous estime pas la manière dont l’apprenti sorcier anxiogène qui nous gouverne depuis trop longtemps agite le chiffon rouge devant une population angoissée par l’immigration ou la mondialisation, mais si je partage sur ce point l’analyse de Martine AUBRY je ne suis pas d’accord avec elle  lorsqu’elle considère que c’est cela qui précipite les électeurs des classes populaires dans les filets du FN.

Nous autres socialistes ne devons pas nous exonérer aussi facilement de nos propres responsabilités: que ceux qui ont voté SARKOZY en 2007 s’aperçoivent qu’ils ont été trompés est une preuve de maturité et nous devons nous en réjouir.

Mais cela ne suffira pas à regagner leur confiance: l’attitude de  l’état major du PS, la comédie de la  vraie fausse candidature de DSK, et la difficulté à afficher enfin des propositions claires de nature à changer un ordre des choses dont les français ne veulent plus, sont loin d’être étrangers à la désaffection d’une partie des électeurs de gauche.

La seule réelle indication de ce sondage est, à mon sens, double et elle confirme:

D’une part que le rejet des partis de gouvernement  reste, gauche ou droite confondues, aussi important, que préoccupant, ce qui donne à l’appellation UMPS du FN plus d’écho que ne l’imaginent en particulier les leaders du PS.

D’autre part que les digues qui existaient entre l’électorat du FN et celui de l’UMP sont en train de sauter les unes après les autres, et que peu à peu s’installe à droite l’idée que le FN est devenu fréquentable, ce qui pourrait entraîner  notre pays dans  une situation “à l’italienne”, une Italie ou l’ancien leader fasciste Franco FINI et BERLUSCONI  ont fondé ensemble le PDL” Popolo della Liberta”.

LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS

4 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

C’est parti ! Il y avait longtemps que les corses n’avaient pas un bon sujet de controverse à se mettre sous la dent, mais la Compagnie Maritime Régionale arrive à point nommé pour que nous puissions nous livrer une fois encore à notre sport régional favori.

Tout le monde s’y met: le STC, bien sûr, qui dispute à la CGT la première place parmi les navigants de la SNCM a même mis en ligne une pétition. La fédération de haute Corse du PS, a quant à elle ajouté son grain de sel en préconisant en vrac le rachat par la CTC des parts de VEOLIA dans la SNCM, la demande d’une dérogation à Bruxelles pour que les ÃŽles échappent aux règles européennes régissant la concurrence, dont pourrait sans doute se charger Emmanuelle DE GENTILI et, comprenne qui pourra, une subvention au passager résident transporté pour toutes les compagnies desservant la Corse y compris bien sûr les concurrents de la Compagnie Régionale…

Ce ne serait pas grave s’il ne s’agissait d’un sujet sérieux, car rien n’est effectivement plus important pour une île que de disposer d’un système de transport fiable, juste et efficace.

Seulement, comme d’habitude on met la charrue avant les boeufs, et on se préoccupe des instruments à mettre en oeuvre avant de se poser les bonnes questions. Il est vrai que les se poser les bonnes questions est bien moins amusant que de jouer au Monopoly capitalistique…

La première des “bonnes questions” est : pourquoi, pour quoi faire et pour qui un système de transport doit il être financé aussi lourdement, 3 600 000 €, par la collectivité publique ?

Pour ce qui me concerne la réponse est simple: pour abaisser le coût de le vie en Corse, pour financer les productions insulaires à l’export, pour financer les passages des résidents, et certainement pas des  touristes..

Force est de constater que le résultat des politiques menées depuis 1986 a produit exactement l’inverse:

    1. Le coût de la vie dans l’ÃŽle demeure plus élevé que sur la continent, Bastia et Ajaccio comptant parmi les villes les plus chères de France.
    2. Les productions insulaires sont écrasées par les produits importés singulièrement par les grandes surfaces et nos productions arrivent sur les ports et les marchés continentaux avec un handicap.
    3. On a supprimé le monopole et introduit en matière maritime la concurrence, censée régler à elle seule à la baisse des passages pour les touristes. Le résultat le plus visible est que l’on consacre une partie exorbitante de l’enveloppe à subventionner les compagnies pendant la saison estivale, ce qui est une véritable et scandaleuse aberration…
Alors, avant de se demander qui va se disputer l’honneur de présider la future “Compagnie Régionale”, le discutable privilège d’en régler chaque année le déficit prévisible, et de négocier avec des marins dont je ne suis pas sûr que la culture du conflit aura changé en même temps que changera  l’actionnaire, que l’on commence à répondre à ces problématiques !
On pourra ensuite, mais ensuite seulement, se livrer à notre goût immodéré pour la controverse et se jeter à la figure les meilleurs comme les pires des arguments sur l’opportunité de crée la fameuse Compagnie.

LA MÉTHODE DES EMPEREURS CHINOIS

1 mars 2011 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

On raconte que lorsque les empereurs chinois recevaient un courrier à cheval d’une lointaine province où se produisaient des évènements qui le contrariaient, il changeait aussitôt par décret impérial  le nom de la province,  ce qui réglait, sinon pour les administrés, mais sans doute au moins pour lui le problème…

C’est peut être en s’inspirant de cette méthode que le président du conseil exécutif de Corse a décidé que les routes nationales s’appeleraient désormais routes territoriales.

Il n’y aura donc plus de problèmes sur les routes nationales: restera seulement à régler le cas des routes territoriales, ce qui, si l’on en juge par l’état des finances de la CTC, demeure problématique.

Toute plaisanterie mise à part, je n’ai pas le sentiment que la question des transports soit abordée comme il le faudrait.

D’abord, pourquoi distinguer dans la réflexion les transports extérieurs à l’ÃŽle et les transports intérieurs ? Ce n’est pas comme cela que l’on parviendra à rationaliser un système complètement dépassé qui pénalise le développement de la Corse, et qui est basé sur une architecture de transports intérieurs archaïque et un assemblage de liaisons extérieures dont on se rend compte aujourd’hui qu’il ne répond en rien aux interets vitaux de la Corse et des corses.

En fait nos élus se comportent comme si un système transports conçu et mis au point il y a plus d’un siècle était absolument immuable et que toute action dans ce secteur ne pouvait que se borner à y plaquer de temps à autre quelques rustines.

Comme si il était envisageable de continuer à entretenir cinq ports de commerce et quatre aéroports dans une île de 300 000 habitants, dont deux ports de commerce en Balagne, à 15 kilomètres de distance !

Comme s’il était responsable de ne pas mettre d’urgence en chantier un véritable réseau ferré pour relier Bastia à Bonifacio par la côte orientale, avec une bretelle de Porto Vecchio à Ajaccio  et une autre de Bastia à Calvi…

Je parle bien sûr d’un réseau ferré à double voie normale, électrifié et non d’un deuxième “trinighellu” à voie unique qui n’est plus en service que chez nous et quelques pays sous développés…

Au moment ou l’on approche d’un baril de pétrole à 200$ le baril, ou notre réseau routier est saturé et ou sa modernisation aurait un coût considérable tant financier qu’environnemental, comme chacune sait, il est temps de traiter la question des transports comme elle le mérite…

Nos élus ne sont pourtant pas plus stupides que ceux que l’on rencontre dans les autres régions françaises, on dit même qu’ils le seraient moins. Alors pourquoi ce comportement aussi timoré que peu responsable ?

Il y a sans doute plusieurs explications, mais je crois que le cumul des mandats qui affecte la plupart d’entre eux et les empêche de regarder plus loin que le bout de leur mandat y est pour quelque chose.

Le président du conseil exécutif, par exemple, dont chacun s’accorde à dire que c’est un homme intelligent, est parfaitement capable de concevoir cela, et il a en outre aujourd’hui le pouvoir de lancer un chantier de cette importance…

Seulement voilà, il est député, son mandat vient à échéance en 2012, et il rêve d’être un jour ministre.

C’est sans doute pour cela que, campagne électorale oblige, il n’a pas hésité devant les élus de  Balagne,  à recommander, en pure perte, des études supplémentaires sur les conditions d’approche de  l’aéroport de Calvi, dont le déficit structurel a été par plusieurs fois pointé par la Chambre des Comptes de Bastia , et à conforter le port d’ÃŽle Rousse, sans mentionner bien entendu  que dans ces conditions le port de Calvi devrait trouver une autre vocation.

Calvi et ÃŽle Rousse, cela n’échappera à personne, se trouvent dans la circonscription de Corte Calvi…

“Gouverner c’est prévoir”..disait Emile de Girardin. Il  disait aussi “Tout le monde parle de progrès, et personne ne sort de la routine”.

Il faudra bien en sortir un jour de la routine, d’autant que pour appliquer la routine, on n’a pas besoin d’élus, les fonctionnaires suffisent, n’est ce pas ?