Ma part de vérité - Edition du Jeudi 23/02/2012

TRANSPORTS:UN SYSTÈME A BOUT DE SOUFFLE

23 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

CORSICA LIBERA  l’a annoncé clairement: les élus indépendantistes ne voteront pas les mesures proposées par Paul Marie BARTOLI au nom de l’exécutif, en particulier la suppression de “l’aide sociale au passager transporté”.

Sans surprise, car c’est une vieille revendication, ils se prononcent en même temps pour la création d’une compagnie territoriale de transports maritimes à capitaux publics dont ils ont obtenu qu’elle soit mise sérieusement à l’étude.

Je crains que, comme trop souvent chez nous, on ne mette une fois encore la charrue avant les boeufs et que l’on mette sur la table la réponse aux questions que l’on ne s’est pas vraiment posé.

Par exemple: est il raisonnable de continuer à construire des car-ferries de plus en plus grands, qui ont besoin de ports de plus en plus grands, pour vomir sur nos cotes le  flot des voitures des touristes nécessitant des  réseaux routiers de plus en plus importants, que nous avons de plus en plus de mal à payer et à entretenir avec nos misérables 300 000 habitants permanents ?

Les Iles anglo-normandes, Jersey et Guernesey reçoivent proportionnellement 10 fois plus de touristes que la Corse : il est quasiment impossible d’y emmener sa voiture, ou alors à prix d’or. on y vient pourtant de toute l’Europe et on y loue des voitures à 1 livre par jour soir 0,8 €… Ils sont fous ces anglais, vraiment, à moins que ..

Ou encore : est on vraiment sûrs que l’énorme enveloppe dite “de continuité territoriale” qui était à l’origine destinée à abaisser  le coût de la vie diminue dans l’île ait rempli son office ? et si ce n’est pas le cas, ce qui me parait évident,  comment faire en sorte qu’elle le remplisse enfin ?

Ou bien encore : si la concurrence est indispensable pour mettre l’île à l’abri des inévitables dérives du monopole fut il public, est il alors vraiment utile de la subventionner pour le transport de passagers pendant la saison estivale alors qu’elle elle devrait justement jouer pleinement son rôle à ce moment là  ?

Ou bien enfin: si la maîtrise des transports représente toute autre chose que la simple détention de la majorité d’une compagnie maritime ou aérienne, ce dont je suis persuadé, quel usage peut on en faire pour favoriser la production et freiner les importations dans les secteurs ou, visiblement, nos producteurs peuvent  être compétitifs ?

J’aurai l’occasion, avec mes amis du club “La Gauche Autonomiste” de revenir sur cette question et  je partage l’inquiétude des élus indépendantistes quant à l’emprise du groupe VEOLIA en Corse au cas ou la SNCM retrouverait une position monopolistique.

Il ne manquerait plus alors que la multinationale en question remporte en 2011le marché de la gestion des chemins de fer corses, en cas de retrait de la SNCF, pour que nous nous retrouvions, comme je l’avais moi même ecrit il y a quelques semaines, aux temps funeste de la Banque Saint Georges

QUAND LE PRÉFET DE POLICE SE LACHE…

22 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Société

L’Etat semble enfin sortir de sa réserve et parait décidé à aborder le dossier du banditisme comme il doit l’être, c’est à dire franchement.

Lors de la conférence de presse du 20 novembre le prefet de police a déclaré, selon Corse matin: “ La Corse est soumise à des gangs qui veulent prendre le contrôle des affaires, mais aussi peut être le contrôle politique...”.

C’est là une déclaration  extrêmement grave dans la bouche d’un fonctionnaire d’autorité,  mais c’est aussi une déclaration bigrement tardive.. Pour ceux qui, comme moi et mes amis du club  ” La Gauche Autonomiste” se sont attachés depuis longtemps à sensibiliser  autorités et élus politiques sur ce dossier, elle arrive un peu comme  l’hommage du vice à la vertu.

Car enfin, si le banditisme a pu prendre une telle importance c’est aussi parce que l’Etat, qui s’exonère là un peu facilement de ses responsabilités, n’en a pas pris conscience assez tôt, si tant est qu’il n’ai pas d’une certaine façon laissé faire.

Je me souviens d’avoir eu, en mars 2003 un entretien avec un Procureur Général de la République en Corse au cours duquel il me tendit une lettre qu’il avait adressée au Garde des Sceaux. Il exigeait dans ce courrier  des explications au sujet de la radiation du fichier du grand banditisme dont avaient bénéficié une dizaine de voyous ayant pignon sur rue dans notre île, nommément désignés dans le document.

Un haut responsable de la police nationale se serait rendu selon lui, coupable de ce que je considère comme un véritable forfait afin sans doute de bénéficier de certains soutiens dans la lutte contre la violence politique qui, comment ne pas le reconnaître, avait bien davantage les faveurs des gouvernements successifs.

Il était effectivement plus “populaire” pour certains ministres de l’intérieur de rafler une vingtaine de nationalistes, quitte à en libérer  les trois quarts discrètement le lendemain, que de s’échiner à démêler les fils des gangs insulaires..

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, alors nous attendrons que chacun prenne enfin ses responsabilités. Le débat du 15 décembre sera, à cet égard, intéressant. Je n’y assisterai pas pour ma part car je serai en déplacement au Brésil,  mais les signataires du courrier qui ont permis qu’il ait lieu y assisteront bien entendu.

Le préfet de police n’est pas le seul à s’exonérer ainsi facilement de ses responsabilités: j’ai eu beau chercher je n’ai pas encore trouvé une question  écrite ou orale des parlementaires corses au ministre de l’intérieur sur la question du banditisme, malgré les déclarations de certains d’entre eux…

Mais je n’ai peut être pas bien cherché, et je suis prêt à m’excuser naturellement auprès de ceux qui auraient posé une question qui m’aurait échappé..

Reste que Gilles LECLAIR à tout à fait raison de craindre que le débat ne soit obscurci voire détourné de ses objectifs par des considérations liés à la conjoncture, comme c’est déjà arrivé dans le passé : c’est à Dominique BUCCHINI, qui présidera les débats d’y veiller, je lui fais pour ma part confiance..

REMANIEMENT: LA FARCE TRANQUILLE

15 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

C’est long trois ans et demi, et le Nicolas SARKOZY de juin 2007 semble bien loin. L’homme de “la rupture” se trouve aujourd’hui, à 18 mois de l’élection présidentielle, plus impopulaire qu’aucun de ses prédécesseurs, et en est réduit à se claquemurer dans un bunker RPR.

Le premier ministre, François FILLON, et les deux ministres d’Etat, Alain JUPPE et Michelle ALLIOT MARIE en sont le frappant symbole, eux qui ont ont sucé le lait de leur premier biberon politique sur les genoux de Jacques CHIRAC. Vous avez dit rupture ?

Le centre, dont le général DE GAULLE considérait qu’il n’était rien d’autre que le cul entre deux chaises, vient de se les voir retirer, se retrouve comme il se doit le cul par terre, et se rend compte un peu tard qu’il n’a jamais compté, pour ses  partenaires, ce dont l’histoire de la Vème République aurait pourtant dû les instruire.

Quant aux “ministres d’ouverture”, les voilà carrément  jetés comme des kleenex, ce qui n’est somme toute que justice, à part bien entendu Eric BESSON ex socialiste dont la conversion à la droite dure n’est pas sans rappeler ses peu glorieux prédécesseurs DORIOT et DEAT…

La gauche doit-elle pour autant s’en réjouir ? Certainement pas car Nicolas SARKOZY est loin d’être sans ressources, et si cette équipe est aussi caricaturale et homogène c’est essentiellement pour mener une bataille présidentielle qui promet d’être rude.

La gauche est loin d’être prête quant à elle à mener la bataille, et le PS, qui n’a pas de “candidat naturel” depuis le calamiteux congrès de Reims se trouve dans l’obligation de laisser plusieurs de ses candidats s’affronter dans une primaire hasardeuse dont le calendrier est en dangereux décalage avec le dispositif sarkozyste aujourd’hui opérationnel.

Je viens d’entendre Dominique STRAUSS KAHN sur France Inter se réjouir de la victoire des socialistes Grecs, non pas parce que c’était une victoire de la gauche mais parce que malgré les mesures  d’austérité en vigueur dans ce pays les électeurs avaient conservé leur confiance au gouvernement qui les a mises en place.

Il lui avait peut être échappé que les français pourraient, malgré la cure d’austérité imposée par le gouvernement FILLON à notre pays, imiter les grecs..

J’ai le sentiment pour ma part que mes camarades socialistes auraient intérêt à avancer sérieusement la désignation de leur candidat, d’autant qu’en ce qui concerne Dominique STRAUSS KAHN, pour lequel le calendrier a été retardé, il n’est pas certain qu’il sorte indemne de la cohabitation avec Nicolas SARKOZY au sein du G20 …

Je ne doute pas , en tout cas, que les discussions vont être vives sur ce point au PS dans les jours et les semaines à venir…

LA GAUCHE AUTONOMISTE ECRIT A BUCCHINI

12 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Le club politique “ La Gauche Autonomiste” qui avait en juillet dernier écrit au président de l’assemblée de Corse pour réclamer un débat sur les effets du banditisme en Corse, récidive aujourd’hui en envoyant une deuxième missive à Dominique BUCCHINI.

Cette piqûre de rappel qui intervient à quelques semaines du débat  fixé au 15 décembre prochain, est destiné, selon les 10 signataires de la lettre, à faire au président de l’assemblée, dont ils se félicitent qu’il ait tenu ses engagements, un certain nombre de recommandations.

Ils craignent en effet que les élus de la Corse soient tentés de noyer le poisson en étendant le débat au sujet beaucoup plus vaste de “la violence” et se bornent à voter ensuite une motion de condamnation sans autre forme de procès.

Ils insistent en conséquence pour souligner la nécessité, au contraire, de préconiser des mesures concrètes à l’Etat, qui a la charge de ces questions, et en citent quelques unes, au demeurant classiques, qui pourraient être mises en oeuvre rapidement.

Ils suggèrent également que les débats, au moins ceux qui ne se tiendront pas à huis clos, soient retransmis sur Via Stella et sur internet à l’intention des insulaires et des corses et amis de la corse de l’extérieur.

Je n’ai quant à moi aucun doute sur la volonté de  Dominique BUCCHINI  de mener les débats jusqu’au bout, si je me rapporte aux thèmes qu’il avait défendus pendant la campagne des territoriales.

Wait and see donc..

Vous pouvez prendre connaissance des documents cités en cliquant sur les mots en rouge dans le texte.

CONTINUITE TERRITORIALE: REVENIR AUX FONDAMENTAUX

8 novembre 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Paul GIACOBBI aurait donc décidé d’engager l’épreuve de force avec la Corsica Ferries et Mobylines sans que l’on en saisisse vraiment ni l’urgence ni  la véritable raison.

Certes l’artifice que constitue “l’aide sociale au passager transporté” est, rapporté aux termes choisis pour la qualifier,  une aimable plaisanterie, et il aurait de toute façon fallu, un jour ou l’autre, mettre à plat le dispositif d’aide aux compagnies desservant la Corse.

Mais la méthode adoptée, qui consiste à mettre brutalement fin avant terme à un accord conclu par l’assemblée de Corse avec un armateur est, disons le franchement, plus que contestable. Une pétition a été mise en ligne sur le site de Corsica Ferries pour s’y opposer.

A moins qu’il ne s’agisse là d’une petite manoeuvre, d’une simple affaire de gros sous destinée à fournir à la coalition territoriale les moyens de faire face à une situation financière précaire en récupérant une douzaine de millions d’euros par an.. Expédient très sarkosyste au demeurant , à l’instar du non remplacement d’un départ sur deux dans la fonction publique entrepris par le gouvernement FILLON.

Ce n’est pas comme cela que l’on remettra sur les rails une réforme qui a totalement dérapé depuis longtemps et s’est éloignée des objectifs qui lui avaient été fixés au départ.

Il s’agissait d’abord et surtout , il faut le rappeler car cela a été complètement perdu de vue, de réduire le coût de la vie pour les insulaires et de le rapprocher de celui d’une région continentale comparable.

Il s’agissait en même temps, avec une enveloppe financière qui se monte aujourd’hui à près de 250 M€, de donner aux corses les moyens de maîtriser par ce biais les transports extérieurs, fret et passagers.

Aujourd’hui ce sont les compagnies de transports qui font la politique des transports. Et que nous disent elles ?

Nous avons besoin de bateaux de plus en plus grands, faites nous donc des ports de plus en plus importants et aussi des routes capables d’absorber le trafic généré par les vehicules qu’ils vomissent sur vos rivages..Et peu importe que cela ne dure que trois à quatre mois, ce n’est pas notre problème !

Nos entreprises peuvent être mises en danger si vous touchez au dispositif que nous avons peu à peu mis en place grâce à la complaisance de vos élus, alors n’y touchez pas et payez donc sans chercher à comprendre !

Comment pouvons avons nous pu accepter aussi longtemps  que des entreprises qui avouent que leur survie dépend plus ou moins largement des subsides que leur verse la Corse ne soient pas domiciliées en Corse ? La SNCM a son siège social à Marseille et le groupe Corsica Ferries sans doute quelque part entre Gènes et la Suisse.. ?

Comment avons nous pu accepter aussi longtemps qu’un marché aussi transparent que le marché touristique soit aussi largement subventionné alors que la concurrence entre les compagnies maritimes devrait règler à elle seule l’équilibre entre l’offre et la demande et la fixation des prix  ?

A quoi peut bien servir la concurrence, élevée dans notre pays en dogme intouchable, si les compagnies censées se mettre en position de concurrence sont subventionnées ?

Comment se fait il que l’on subventionne les passages touristiques de pleine saison, alors que la demande y reste toujours supérieure à l’offre, au détriment de l’arrière saison ou elle s’effondre ou du transport de marchandises alors que nous supportons ici les coûts souvent exorbitants des grandes surfaces ?

Comment se fait il que la part de l’enveloppe de continuité territoriale au service des productions insulaires soit si réduite alors que ce dispositif pourrait  aider nos producteurs à développer nos territoires et diminuer ainsi notre dépendance à la mono industrie du tourisme de masse ?

Il n’y a  pas de bonnes réponses à un problème donné si on ne pose pas, au préalable, les bonnes questions.. Le dispositif dit ” de continuité territoriale” doit être remis à plat, ses objectifs revus et actualisés, et les dispositifs destinés à les atteindre mis en place, c’est clair.

Mais c’est dans cet ordre, et dans cet ordre seulement que l’on sera en mesure d’y parvenir, certainement pas avec des mouvements de menton et des coups de gueule…