LE 15 DÉCEMBRE IL FAUDRA ALLER AU FOND DES CHOSES
29 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
C’est à présent confirmé, l’assemblée de Corse organisera, le 15 décembre prochain, un débat sur “la violence”. Dominique BUCCHINI a ainsi répondu positivement, comme il l’avait laissé déjà entendre, au courrier qu’avec quelques amis nous lui avions adressé le 18 juillet dernier.
Il faut dire que depuis, hélas, un certain nombre d’évènements sanglants n’ont pu que nous conforter dans l’idée que le développement du banditisme a vraiment pris les proportions particulièrement alarmantes que nous dénoncions,  et qu’il devenait urgent que les élus de la Corse, et au delà l’ensemble de la population, s’en saisissent et prennent enfin leurs responsabilités.
Je me réjouis donc, et les signataires du courrier avec moi, que ce débat soit programmé. Reste que nous resterons attentifs à ce qu’il ne soit pas biaisé, et que l’on aille vraiment au fond des choses.
De ce point de vue, je dois  dire que, sous réserve d’inventaire, je me méfie par expérience des débats centrés sur des thèmes généralistes, comme ” la violence”, sujet tarte à la crème s’il en est.
Je conçois bien sûr qu’il faille comme le président du groupe gauche républicaine François TATTI,  s’alarmer de la violence qui s’exerce aujourd’hui dans nos sociétés: la Corse n’échappe pas, de ce point de vue, au mal qui ronge les sociétés occidentales, et je ne sous estime pas les effets pervers qu’il engendre chez nous.
Je partage également la douleur de madame Nadine NIVAGGIONI, élue de femu a Corsica, récemment frappée au coeur par l’un des crimes de sang les plus sauvages que la Corse ait eu à connaitre ces dernières années, qui a laissé éclater sa peine et sa colère devant l’assemblée de Corse.
Je souhaite, comme elle l’a fait, que ne soit pas un débat alibi pour se donner collectivement bonne conscience
Pour autant cela ne doit  pas nous faire oublier que le défi le plus grave que la Corse ait à  relever est celui du banditisme, de l’affairisme et de la spéculation, qui lui sont consubstantiels, ainsi que de la connivence qui se répand comme un cancer  avec le monde des affaires et une partie du monde politique.
Le Club politique “La gauche autonomiste” qu’un certain nombre de signataires du courrier à Dominique BUCCHINI ont  lancé récemment avec d’autres, interviendra, comme  c’est son rôle, dans ce débat.
Nous poserons ce qu’il nous parait être les bonnes questions, sans détour ni complaisance, avec le souci constant de servir l’intérêt général et de préserver notre île des dangers qui, selon nous la menacent.
DANS LA TOURMENTE LA FRANCE DOUTE…ET LA CORSE ?
27 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Le doute est une plante qui pousse souvent sur les décombres de la puissance. Elle fend le marbre froid des grandes théories et des pouvoirs sans contrepoids.
C’est Jean Christophe RUFFIN qui l’affirme dans une communication lors de la rentrée de  l’Institut de France ou il s’exprimait en tant que délégué de l’académie française.
Reprise par le quotidien ” Le Monde” elle pose un diagnostic sans concessions sur la perte d’influence de notre pays qu’il rattache tout naturellement à la crise de l’occident.
“D’une nation étatique, écrit-il,guerrière, majoritairement paysanne, chrétienne, impérialiste et messianique, nous sommes passés à une France atteinte dans toutes ces dimensions et qui se cherche souvent dans la douleur.”
L’affaiblissement extrêmement rapide de ce qu’il appelle l’identité nationale-républicaine s’accompagne pour lui d’un affranchissement général de toutes les minorités - sociales, sexuelles, religieuses, régionales…
Il nous appartient naturellement de réfléchir à cette évolution qui ne doit pas nous entraîner  à baisser les bras devant le basculement du monde sur son axe auquel nous assistons.
Il faut au contraire considérer cette mutation comme un défi à relever et à gagner  afin de nous faire dans le monde qui se dessine une place qui, si elle ne sera pas celle que nous avons occupée, n’en sera pas moins à la hauteur de nos ambitions et de nos potentialités.
Quand je dis nous ce n’est pas seulement en tant que citoyen français, mais en tant que Corse,car nous avons ici aussi de lourds défis à relever, et il est clair que dans la conjoncture qui s’annonce nous ne pourrons pour les affronter compter que sur nous mêmes.
Je me trouvais quelques semaines après l’assassinat de Claude ERIGNAC à Palma de Majorque, pour un colloque sur les TIC. Le soir, au dinner, je me suis retrouvé à une table d’une dizaine de convives de  toutes nationalités, en face du ministre de l’économie du gouvernement autonome des Baléares.
Les questions ont naturellement fusé sur l’actualité Corse, et, las de fournir des explications que visiblement aucun des convives n’était en mesure de comprendre, j’ai cru m’en tirer en demandant au ministre majorquain comment  cela se passait entre les Baleares et l’Espagne.
“Nous avons, m’a-t-il répondu en me regardant droit dans les yeux le PIB par habitant le plus élevé d’Espagne et le taux de chômage le moins élevé“..
Oui mais, lui ai je rétorqué, comment cela se passe avec l’Espagne ?
Je vous ai répondu, monsieur CARLOTTI, m’a-t-il tranquillement répondu…
J’ai souvent médité sur cette réponse, sur le regard que m’a lancé mon interlocuteur en la formulant, et sur la leçon qu’il a voulu me donner dans  une  réponse plus que jamais d’actualité.
Cette leçon il nous faut à présent la mettre en pratique, et cela sans tarder, car pendant que  la France entre de toute évidence dans une zone de fortes turbulences, la situation de notre île se dégrade quant à elle de plus en plus rapidement et réclame une prise de conscience qui, si elle a commencé à se manifester en mars 2010 n’est pas encore suffisante.
LES OLIGARQUES
26 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Lectures
Les oligarques: on croyait ce terme réservé à la Russie de POUTINE, mais à la lecture de l’ouvrage des sociologues Michel PINÇON et Monique PINÇON -CHARLOT, enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas SARKOZY, on se rend compte que c’est le même système, ou plutot le même régime qui se met insidieusement en place dans notre pays.
Bouclier fiscal, rabattements et exonérations diverses, dépénalisation du droit des affaires, ou encore connexions entre le président et les grandes fortunes françaises ne sont pour eux que les éléments les plus visibles d’une véritable guerre des classes au service de la nouvelle  aristocratie de l’argent.
Pour la première fois dans notre république, derrière la façade respectable d’une vieille et solide démocratie, se dessine selon les auteurs un tout autre régime, unn régime oligarchique, unn gouvernement des riches pour les riches.
La charge est forte, et les arguments étayés solidement : difficile de ne pas apercevoir, au détour des faits abondamment cités dans ce livre les contours inquiétants d’une France dans laquelle il n’est pas possible de se reconnaître.
Il parait, si l’on en croit les beaux esprits, qu’il n’est pas convenable de pratiquer l’anti-sarkozysme systématique. A la lecture de cet ouvrage je ne vois pas comment on pourrait l’éviter devant la démonstration qui est faite d’un pouvoir complètement soumis à la sphère financière.
Les auteurs ne se contentent pas de décrire la situation, ils esquissent, les solutions , souvent décoiffantes, qui selon eux peuvent éviter à notre pays de s’enfoncer plus avant dans cette dérive et mettre fin au règne de l’oligarchie politique et financière .
Abolir le cumul des mandats politiques, rendre le vote obligatoire, nationaliser les banques et restaurer leur vocation de préteur aux entreprises, interdiction de la titrisation, suppression de la Bourse qui ne sert plus qu’à fabriquer des fortunes et à perdu sa vocation initiale, mise en place d’un impôt progressif prélevé à la source sur tous les revenus du travail et du capital etc…
Enfin, face à la solidarité des puissants qui sont en train de gagner la guerre des classes, ils recommandent que se mette en place un front massif et solidaire qui conteste l’oligarchie dont Nicolas SARKOZY est le représentant politique au sommet  de l’Etat.
Jetant une pierre dans le jardin de l’opposition socialiste, les auteurs estiment que l’oligarchie se ferait très certainement une raison s’il venait à être remplacé par Dominique STRAUSS KAHN…
Un livre à lire et même à dévorer par tous ceux qui n’on aucune envie de mourir idiots…
DE PARIS A BONIFACIO LA QUESTION EST POSÉE…
24 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Dans le quotidien LIBÉRATION du samedi 23 octobre un article qui pose un saisissant raccourci entre la situation que vit notre île et celle  que semble-t-il commencent à vivre les parisiens.
Paris est peut être aujourd’hui, avec Londres et New York une des capitales ou les prix des appartements sont devenus exorbitants: s’y loger est aujourd’hui hors de portée de la plupart de nos concitoyens.
Nombre de propriétaires de ces appartements auraient selon le quotidien, trouvé un nouveau filon: au lieu de louer, très cher, leur logement à l’année, ils préfèrent le louer beaucoup plus cher, à la semaine, aux riches touristes américains ou asiatiques.
Occupés à plein temps, certains de ces appartements pourraient ainsi rapporter à leur propriétaire de 4000 à 6000 € par mois…
Il n’est pas exclu bien entendu qu’une partie de ces revenus échappent à l’impôt, puisqu’il suffit d’exiger du locataire de  payer son loyer en liquide pour échapper à tout contrôle…
Conséquence pour les parisiens: moins d’appartements disponibles à la location et naturellement flambée des prix qui atteignent aujourd’hui des sommets.
Le plus rigolo dans tout cela, c’est que  les mêmes parisiens lorsqu’ils achètent un appartement en Corse et le laissent inoccupé 10 mois sur 12 produisent chez nous les effets qu’ils subissent à  présent chez eux.
Peut être cela les aidera t-il  à comprendre que les corses ne sont pas aussi “xénophobes” que certains le prétendent  et que s’ils grincent parfois des dents c’est parce qu’ils subissent cette situation depuis des lustres et qu’ils considèrent qu’elle n’a que trop duré.
Les assises du foncier, si les mots ont encore un sens et si les autorités qui en ont la charge ont vraiment la volonté d’aboutir, sont là pour ça.
Le dernier paragraphe de l’article de LIBÉRATION vaut son pesant de cacahuètes, et je ne résiste pas au plaisir de vous le livrer in extenso:
“Outre les nuisances, les résidents du centre historique déplorent un mitage de Paris semblable à ce qui s’est passé à Venise». Les commerces de proximité (bouchers, poissonniers, fromagers…) disparaissent au profit de restaurants et commerces dédiés aux touristes. Dans ces quartiers, ou l’offre de logements vides se raréfie, les loyers sont au zénith. Les vrais habitants disparaissent, alors qu’apparaît le spectre d’un Paris ville musée”.
Voilà les parisiens qui découvrent ce que nous vivons, et souvent subissons depuis des lustres. c’est sans doute un peu tard, mais, après tout, à  tout pêché miséricorde n’est ce pas ?
AUDREY PULVAR JOURNALISTE ET FEMME DEBOUT !
20 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Société
Monsieur GUERLAIN porte un nom qui symbolise pour beaucoup la délicatesse des parfums français, ou plutôt la symbolisait, car un membre de la famille s’est laissé aller à lacher sur le plateau du 13H de France 2: « J’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… ».
Naturellement, à droite comme à gauche les réactions ont été aussi rares que tardives: la classe politique, dans son bocal, passant plus de tant à se contempler le nombril qu’à regarder à l’extérieur.
Curieusement, pour ne pas en dire plus, cette scandaleuse saillie n’a pas fait ciller la journaliste qui menait l’entretien, et il a fallu attendre pour que la direction de la chaîne présente des excuses.
Cela a par contre scandalisé, à juste titre, Audrey PULVAR, qui a écrit à  l’intéressé une lettre dont j’invite les lecteurs de ce blog à  apprécier la dignité en même temps que la pertinence du propos:citant Aimé CESAIRE,  ”nègre je suis, nègre je resterai”, affirme -t-elle avec une fierté qui claque comme une gifle pour le triste sire .
Originaire de la Martinique, ce magnifique département dont les ressortissants ont été, faut il le rappeler, français bien avant nous autres corses, déclare entre autres:
“Le crachat, que ce très distingué Monsieur Guerlain a jeté non seulement à la figure de tous les Noirs d’aujourd’hui, mais surtout, cher Monsieur Guerlain, sur la dépouille des millions de morts, à fond de cale, à fonds d’océan, déportés de leur terre natale vers le nouveau monde. Ces millions de personnes asservies, avilies, déshumanisées, pendant quatre siècles, réduites au rang de bras et de mains destinées aux champs de coton, aux champs de canne, à la morsure du fouet ou celle du molosse, tous ces esclaves, vendus comme une force de… travail ! Pas des hommes, non, ni des pères, ni des mères à qui l’on arrachait leurs enfants pour en faire d’autres bêtes de sommes, pas des humains, mais des outils, du matériel. Des marchandises“.
Je regardais et appréciais les émissions d’Audrey PULVAR: je dois dire qu’à l’avenir je la regarderai avec encore plus d’intérêt.
Rappelez vous: en juin dernier, elle interroge Nicolas SARKOZY sur les reconduites à la frontière, à la faveur d’une question bien sentie – « Combien d’arrestations faut-il pour expulser vingt-cinq mille sans-papiers par an ? » –, répétée sur un ton sec, à l’anglo-saxonne, le président  bredouille un troublant et disons le franchement honteux dans la bouche d’un président :« Je comprends que le sujet vous touche. » « En tant qu’être humain ? » lui renvoie la journaliste…
Audrey PULVAR est la fille de Marc PULVAR syndicaliste martiniquais de combat aujourd’hui décédé , et la compagne de mon ami Arnaud MONTEBOURG qui, j’en profite pour le souligner, revendique lui même fièrement chaque fois que l’occasion lui est donnée, ses origines algériennes par sa mère, Leïla Ould Cadi, universitaire et essayiste  issue d’une famille de walis d’Algérie.
LA GAUCHE AUTONOMISTE.
18 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
La Corse  doit affronter aujourd’hui un monde de plus en plus instable et dangereux, en mouvement permanent, et les défis auxquels elle est et sera confrontée demain nécessitent que chacun en prenne bien la mesure et assume sa part de responsabilité.
Avec un groupe d’amis nous avions il y a quelque temps demandé au président de l’Assemblée de Corse, Dominique BUCCHINI, d’organiser un débat sur le développement préoccupant du banditisme dans notre île. Il semble que la décision ait été prise de le provoquer, et c’est une bonne chose.
Nous avons, avec d’autres, décidé de réfléchir plus avant encore aux problématiques qui sont aujourd’hui sur la table et qui conditionnent largement notre avenir: la question foncière considérée dans sa dimension politique autant qu’économique et fiscale, la crise aiguë de la jeunesse insulaire, l’impasse économique d’un tourisme de cueillette et celle du système de transports qui lui est intimement associé, la déshérence de l’agriculture… et bien d’autres encore.
la crise du système politique enfin, qui n’est pas la moins importante et dont les élections territoriales de mars dernier ont révélé l’ampleur en même temps qu’elles ont ouvert de nouvelles perspectives.
Il nous a semblé important que la gauche, et singulièrement la gauche socialiste s’investisse dans ce qui peut et doit  constituer une nouvelle donne, de nature à permettre à notre île d’aborder le XXIème siècle sous de meilleurs auspices.
le Manifeste fondateur de notre démarche en définit les contours et en cadre l’action sous la forme d’un Club Politique ouvert à toutes celles et à tous ceux qui, a gauche comme dans les mouvances autonomiste et écologiste se retrouvent et se reconnaissent dans le camp progressiste.
Nous invitons chacune et et chacun à en prendre connaissance, à nous rejoindre sans hésiter, et à travailler avec nous pour que la gauche et la corse n’entrent pas dans l’avenir à reculons.
Vous pouvez nous joindre à l’adresse suivante :
lagaucheautonomiste@yahoo.fr
E LA NAVE VA: AINSI VA LA CORSE…
7 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
C’est en classant un tombereau d’archives personnelles que je n’avais pas encore trouvé le courage de trier et de classer que je suis tombé sur ce document: un courrier adressé par M° Michel PIERUCCI, à l’époque maire de Corte, à “ses électeurs” votant par correspondance, et daté du 14 février 1978.
C’était  à l’occasion des élections législatives de mars 1978. J’étais le candidat du PS, militant pour que la Corse soit dotée d’un statut particulier, pendant que le sénateur François GIACOBBI également candidat pour le MRG y était violemment opposé.
Il y a dans ce courrier particulièrement édifiant un véritable condensé des ravages que le clanisme et le clientélisme ont pu causer et continuent hélas de causer à la Corse.
- L’appel d’un élu se revendiquant clairement de  la droite à voter pour un candidat se réclamant, quant à lui, officiellement de la gauche, en laissant entendre aux électeurs concernés qu’en fait il serait plutôt au centre droit…
- La justification de cet appel, clairement considéré comme un échange de services avec le candidat qui, une fois élu, se serait engagé à arroser la commune de Corte  d’argent public…
- La touche cynique enfin, en considérant que le candidat en question étant réputé être de toute façon élu, autant lui apporter son concours et en retirer les bénéfices… Ne parlons même pas de la contradiction entre le premier paragraphe de la lettre, qui appelle “en conscience” à  rejeter la gauche, et l’appel à voter pour un des candidats qui s’en réclame…
En définitive c’est Pierre PASQUINI, maire RPR d’Ile Rousse qui a été élu: en effet, les militants socialistes réunis à Corte au lendemain du premier tour m’ont demandé, devant l’opposition farouche et réitérée de François GIACOBBI au statut particulier  que nous réclamions pour  la Corse, de ne pas donner de consignes de vote pour le second tour, ce que j’ai fait, avec mon suppléant Paul LAILY.
Aujourd’hui les corses ont compris ce que le statut particulier mis en oeuvre par Gaston DEFFERRE en 1982 , et complété par Pierre JOXE en 1989 leur a conféré comme avantages dans de nombreux domaines, et l’ensemble des dirigeants politiques, à  commencer par les plus acharnés à le combattre, se sont adaptés à la situation.
Le contexte électoral a-t-il quant à lui changé dans les mêmes proportions ? Rien n’est moins sûr, et les conditions dans lesquelles s’est déroulé le premier tour des territoriales l’illustre aussi bien que le courrier de Michel PIERUCCI il y a trente deux ans…
Il faudra encore beaucoup de travail et de patience en perspective aux corses  pour entrer dans le XXIème siècle…
LA QUESTION FONCIÈRE, C’EST PARTI…
5 octobre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Les assises du foncier et du logement ont été solennellement lancées à la salle des congrès d’Ajaccio par Paul GIACOBBI et Maria GUIDICELLI en présence d’un nombreux public.
D’entrée le président du conseil exécutif a situé les enjeux: la question foncière doit être abordée sans tabou, et il y a urgence à trouver à  cette question des solutions opérationnelles car la situation se dégrade dans des proportions inquiétantes.
Il n’a pas nié que la question comportait  à la fois des sujets de nature technique et politiques au sens le plus noble du terme, sans vouloir cadrer le débat d’emblée afin qu’il puisse se dérouler sinon tranquillement du moins jusqu’au bout.
Maria GUIDICELLI quant à elle présentait le dossier sous l’ensemble des aspects esquissés par le président ainsi que le dispositif et le calendrier des opérations.
Ont suivi un cinq autres exposés, un peu longs. Je retiendrai celui d’Alain SPADONI, président de l’ordre notarial corse, pour la passion et l’engagement qu’il a démontré, pour un combat qu’il mène depuis des lustres.
Reste que la situation est apparue, au fil des interventions particulièrement préoccupante:
- la hausse des prix atteint des sommets hors de portée de la majorité des corses,
- la proportion des résidences secondaires enfle dangereusement et se situe largement au dessus de la moyenne nationale pendant que trop d’insulaires ne trouvent pas à se loger,
- le littoral se mite de plus en plus et on commence à manquer de terrains constructibles à proximité des villes pendant que les lotissements grignotent peu à peu les terres agricoles..
- Quand un terrain est reconnu constructible cela se traduit par une plus-value parfois considérable pour son propriétaire. Pourquoi ne pas partager avec la collectivité le bénéfice qu’il en tirera à la vente et alimenter un fond destiné à lutter contre la spéculation..
- Les résidences secondaires, qui représentent plus de 40% du parc de logements sont vides 7 à 8 mois de l’année pendant que les logements vacants sont rares et hors de prix pour les résidents. Pourquoi ne pas les taxer suffisamment pour inciter les propriétaires à les louer à l’année ?
- Nombre de propriétaires de logements dans les zones touristiques les louent d’octobre à juin à des résidents permanents et de juin à  septembre aux touristes. Pourquoi ne pas encadrer cette pratique, au demeurant assez immorale et qui porte tort à l’industrie hôtelière qui paye des taxes et crée des emplois, et inciter leurs propriétaires à les louer normalement..
- La spéculation fait rage dans les zones touristiques les plus recherchées dont les corses, dans l’incapacité de faire face aux prix exorbitants des terrains sont de plus en plus chassés.. Pourquoi ne pas rechercher à définir les conditions à remplir pour pouvoir se rendre propriétaire d’un terrain à bâtir dans une île dont chacun s’accorde à reconnaître qu’elle doit être protégée de la spéculation et préservée d’une nouvelle flambée de violence…
- Le villes s’étendent de plus en plus horizontalement au dépend des terres agricoles dont nous aurons incontestablement besoin lorsque la crise alimentaire mondiale se déchaînera: Pourquoi ne pas commencer à réfléchir à un urbanisme plus vertical dans les agglomérations de Bastia et d’Ajaccio, avant qu’il ne soit trop tard..
Autant de solutions possibles, sinon souhaitables, qui permettraient sans doute d’améliorer la situation sinon de la règler pour partie de manière satisfaisante.
Le problème est que nous n’avons pas aujourd’hui les moyens de mener cette politique parceque nous n’avons pas les compétences pour en décider et à fortiori les mettre en oeuvre.
La sincérité des promoteurs des assises se mesurera, pour ce qui me concerne, à leur volonté d’exiger les modifications institutionnelles de nature à mettre à notre disposition les compétences dont nous avons un urgent besoin.
Tout le reste est littérature…
Au fait, qu’est il advenu des assises du monde rural qui se sont déroulées à grand spectacle l’an dernier?

