MARIE THÉRÈSE OLIVESI JETTE L’ÉPONGE..
30 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Marie Thérèse OLIVESI a jeté l’éponge: elle a présenté sa démission de la présidence de l’ODARC qu’elle aura exercé pendant six mois.
L’ODARC est sans doute, parmi les offices et agences qui dépendent de la CTC le plus difficile et le public auquel il s’adresse le plus turbulent, pendant que la crise du monde agricole n’est pas pour arranger la situation.
Démissionner, et abandonner ainsi au bout de six mois, c’est bien sûr  signer un échec, celui de  Marie Thérèse OLIVESI d’abord et bien évidemment. Elle  était de toute évidence mal préparée, mais pour autant on ne peut la tenir comme seule responsable de ce loupé magistral.
Paul GIACOBBI qui avait mis en avant le “casting” de sa liste pendant la campagne électorale porte là sa part de responsabilité, et c’est sans aucun doute la plus importante.
D’abord parce qu’en sacrifiant la composition de la liste qu’il conduisit au premier tour à  l’électoralisme et au casting, selon sa propre expression, il s’est retrouvé à la tête d’une équipe dont l’expérience était pour le moins réduite pour ne pas dire inexistante en tout cas pour beaucoup de membres de l’exécutif.
Pour faire face à la situation désastreuse que connait notre île et pour affronter les dossiers aussi délicats que la question foncière, le PADDUC, les transports maritimes et aériens, sans compter la réforme des collectivités territoriale, c’est un tout autre casting qu’il aurait fallu afficher. Il ne fallait pas, en tout cas, positionner par exemple  Pierre CHAUBON loin derrière certaines personnalités que je n’ai pas besoin de nommer, et le rendre, de ce fait, inéligible à l’exécutif.
Ensuite en imaginant qu’il suffirait d’un tour de table à la mairie de Venaco pour que  les quatre  formations de la coalition arrivée en tête se mettent au clair  sur les dossiers sensibles alors que aucun travail de fond n’avait été entrepris à gauche sur ces questions, et sur bien d’autres encore, depuis la cinglante défaite de mars 2004.
Paul GIACOBBI n’a peut être  pas fini de payer ces erreurs. Il est sans doute le président du conseil exécutif, mais son groupe à l’assemblée de Corse ne compte guère de personnalités de poids si l’on excepte Jean Charles ORSUCCI et Pierre CHAUBON.
Ce n’est pas le cas partout à gauche ou, quand on y regarde de près, c’est  le Front de Gauche qui a la main sur les grands dossiers les plus politiques, avec une solide Maria GUIDICELLI sur tous les fronts, Dominique BUCCHINI qui préside l’Assemblée avec le talent que lui confèrent sa longue expérience et la force de ses convictions, et Michel STEFANI qui n’a pas digéré l’avanie subie à la CCM, en embuscade…
Qui vivra verra, comme on dit, n’est ce pas ?
LA GAUCHE CHERCHERAIT ELLE A BIAISER ?
26 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Biaiser: c’est à dire selon le dictionnaire ruser, ou encore obliquer, ou bien user de moyens détournés, ou encore louvoyer…
C’est l’impression, parfaitement désagréable que me laissent les récents propos publics des leaders de la gauche à l’assemblée de Corse.
Sur la session extraordinaire que Dominique BUCCHINI a annoncée par exemple , qui serait si j’ai bien compris, consacrée à “la violence”:  on chercherait à noyer le poisson qu’on ne s’y prendrait pas autrement…
Un collectif de militants de gauche dont je fais partie avait écrit au président de l’assemblée pour lui demander la tenue d’une telle session consacrée au banditisme: c’est selon nous une affaire assez sérieuse, qui affecte profondément le fonctionnement de notre société,  pour qu’on aille au fond des choses et qu’on affronte cette réalité sans fard, et sans tenter d’en dissoudre la triste réalité dans un débat académique.
A moins  que cela en dérange quelques uns, je vais finir par le croire  !
Même constat pour ce qui concerne les assises sur la question foncière. Voilà semble-t-il, si j’en crois les propos du président du Conseil exécutif rapportés hier par  la télévision régionale, cette affaire particulièrement importante et sensible réduite à une question de coût du logement social et d’accession à la propriété par un tour de passe passe particulièrement désagréable.
Je ne sous estime pas cet aspect de la question; nous en avions fait une proposition centrale de la liste que je conduisais en 2004, pendant que d’autres qui s’en saisissent heureusement aujourd’hui, l’ignoraient superbement…
Franchement, s’il en était ainsi je ne vois pas pourquoi on y consacrerait des assises : ce sont là des questions qui peuvent être très sérieusement traitées entre la CTC et l’Etat, et dont l’assemblée de Corse est tout à fait habilitée à traiter et outillée  pour ce faire.
La question foncière dans notre île est une question politique et c’est ainsi qu’elle doit être abordée et traitée. Nous payons encore aujourd’hui les erreurs commises dans ce domaine il y a plus de 30 ans par la SOMIVAC et les apprentis sorciers des premiers gouvernements de la Vème République, et c’est là pour moi une bonne, une excellente raison de ne pas recommencer…
Errare humanum est, perseverare diabolicum parait il.
La gauche est aujourd’hui aux affaires, et, comme tous les hommes et toutes les femmes de gauche je souhaite qu’elle réussisse et remette notre île sur le chemin du progrès économique et social.
Elle n’y arrivera pas en biaisant, elle prendra au contraire le risque de se fracasser sur le mur des réalités….
EDF, LA CORSE, LA CTC… ATMOSPHÈRE ELECTRIQUE.
25 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
La question de la fourniture par EDF des moyens nécessaires à la Corse en énergie est vraiment une question électrique , voire explosive…
Dernier épisode, la “sortie” de Maria GUIDICELLI à propos des déclarations de Michèle RIVASI, députée Europe Ecologie au parlement de Strasbourg lors de la séance d’hier de l’assemblée de Corse.. Et ce n’est probablement pas fini.
la querelle porte essentiellement sur la  sécurité d’approvisionnement des zones non interconnectées, les ZNI, qui concerne  la Corse  et les DOM TOM
Passons sur les débats d’experts avec lesquels, de toute façon, rien n’est jamais acquis, d’autant que les experts en question n’échappent hélas pas plus que quiconque aux pressions des lobbys qu’ils soient économiques ou idéologiques.
Il reste que la Corse a raison de se préoccuper de son approvisionnement en énergie et prêter la plus grande attention à trois paramètres incontournables: la sécurité des approvisionnements, la qualité du courant électrique fourni aux usagers, et enfin le coût de l’énergie.
La sécurité des approvisionnements passe bien sûr  par la diversification des sources de production, et en particulier le recours aux énergies renouvelables et par la pérennité des fournisseurs.
la qualité du courant fourni aux usagers dépend quant à elle pour la plus grande part de l’interconnection du réseau insulaire avec les réseaux européens, qui n’est pas aujourd’hui satisfaisante. Si Maria GUIDICELLI a raison de souligner que notre classement en ZNI nous garantit des prix plus réduits, elle a tort de négliger le facteur qualité car il pèse lourdement sur l’attractivité de notre île pour les entreprises de pointe.
Quand au coût de l’énergie, si l’on veut bien se projeter sur les 30 ou 50 prochaines années, il est hautement probable qu’il connaîtra des hausses considérables compte tenu de la raréfaction de la ressource pétrolière concomitante avec  la montée en puissance de la consommation des nations asiatiques. De ce point de vue en tout cas,les débats enflammés sur le gaz naturel du  GALSI, fuel lourd ou fuel léger n’ont aucune incidence..
Dans les années 1985 à 1990 déjà la question de l’approvisionnement déchaînait les passions. Il s’agissait alors de choisir entre la connexion au réseau européen, à travers le câble Italie-Corse (le fameux câble ICO) et la construction de la centrale du Vazzio.
Je m’étais prononcé, pratiquement seul parmi les élus de l’assemblée de Corse,  pour la câble ICO, pour des raisons que l’on comprend sans doute mieux aujourd’hui avec les débats sur les nuisances et la  disparition des centrales obsolètes.
La CGT EDF, quant à elle, plaidait pour la construction de la centrale au Vazzio, allant même jusqu’à  suggérer une variante: la construction d’une centrale à charbon à Aléria, sur le domaine de Casabianda !
J’avais compris alors que quel que soit le respect que l’on doit porter à un syndicat, surtout pour des militants de gauche comme moi, il ne faut jamais oublier que la vocation du syndicat est d’abord et surtout la défense des intérêts des salariés.
Il arrive heureusement, le plus souvent, que cette défense recouvre celle de l’intérêt général, mais cela n’a rien d’automatique et de systématique.
J’ai beaucoup d’estime pour Maria GUIDICELLI, et je considère qu’elle  est  l’un des conseillers exécutifs les plus actifs les plus efficaces et les plus sérieux. Elle accomplit pour l’instant un sans faute dans l’exécution de son mandat.
Je n’ai bien sûr aucun conseil à lui donner, et je pense qu’elle n’est pas femme à se laisser instrumentaliser par quiconque. Mais, sait on jamais…
PS: BARTOLONE A-T-IL DÉRAPÉ ?
24 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Je l’avoue franchement, en écoutant Claude BARTOLONE, l’un des adjoints les plus proches de Martine AUBRY, sur France Inter j’étais partagé entre perplexité et indignation.
Certes BARTOLONE n’est pas particulièrement  connu pour la  finesse de ses analyses politiques. Longtemps porte flingue de Laurent FABIUS il a toujours été  un brutal aparatchick plus  qu’un  fin diplomate.
Mais de là à affirmer à propos des primaires que  ”Nous pourrions nous orienter vers une primaire de confirmation où j’espère que des millions de Français viendront donner leur énergie à celui ou celle qui permettra à la gauche de gagner”, laissant ainsi entendre qu’il pourrait y avoir une entente plus ou moins secrète entre Martine AUBRY et Dominique STRAUSS KAHN pour que l’un d’entre eux seulement soit candidat, il y avait un pas qu’il ne fallait pas franchir.
Claude BARTOLONE a chaussé ses gros sabots et l’a fait…
Je savais bien sûr  que pour gagner en 2012 le PS compte hélas davantage sur le désamour qui s’est installé entre Nicolas SARKOZY et les français que sur la possibilité de les convaincre de sa capacité à sortir le pays de la crise dans laquelle le sarkozysme l’a plongé.
Mais je ne pensais pas qu’un de ses responsables pousserait le cynisme et l’indécence jusqu’à expliquer tranquillement aux militants et aux sympathisants de gauche qu’il est hors de question de leur confier la responsabilité de choisir leur candidat en 2012, et qu’ils devront se contenter de consacrer publiquement le champion qui aura été désigné par une fraction de l’appareil, avant d’aller le voter massivement pour lui  sans  plus chercher à comprendre.
C’est ce qui s’appelle se foutre de la gueule du monde, tout simplement.
Je ne sais pas ce qu’en pense Manuel VALLS qui, bien qu’il ne se fasse sans doute pas de grandes illusions sur ses chances de remporter la consultation entend y faire entendre sa voix, ou Ségolène ROYAL enterrée un peu vite par Claude BARTOLONE sans même une bénédiction.
Je ne parle même pas de mon ami Arnaud MONTEBOURG auquel Martine AUBRY a confié la mission de rénover le PS et qui a porté à bout de bras les primaires, que la déclaration de notre apparatchik renvoie brutalement sur la touche.
Je lui avais confié un jour que pour moi, dans l’état ou se trouve le PS, le rénover revenait à réchauffer les pieds d’un mort pour le ressusciter, mais je ne pensais pas si bien dire.
Quand à ceux qui, à gauche, ont toujours craint que le PS ne leur tende un piège, les voilà confortés dans l’idée que décidément on ne peut pas se fier aux socialistes !
Je n’ai jamais pensé qu’il serait facile de battre Nicolas SARKOZY, ni qu’il suffirait d’attendre pour cela que monsieur STRAUSS KAHN daigne sortir de son placard doré.
Si le PS ambitionnait de convaincre les français de rendre aux partis politiques la confiance qu’il leur ont retirée, il peut remercier le camarade Claude, c’est gagné !
Avec des amis comme BARTOLONE, ma camarade Martine AUBRY, pour laquelle je me suis prononcée au dernier congrès,  n’a vraiment  pas besoin d’ennemis…
SARKOZY EN PETIT COQ DRESSE SUR SES ERGOTS…
17 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, International, Introduction, Politique
Nicolas SARKOZY continue consciencieusement d’abîmer l’image de son pays à l’extérieur. Non seulement il se montre arrogant en  petit coq dressé sur ses ergots , mais il prend avec la vérité un certain nombre de libertés qui lui ont valu de se faire remettre sèchement à sa place par Angela MERKEL l’autre jour à Bruxelles.
Le presse internationale ne se prive plus de railler méchamment comme The Economist affichant “le président qui retrécit” en page de couverture  , ou de critiquer vertement comme Le Temps de Genève rapporté par Courrier International, un homme qui, dans quelques mois va accéder au nom de la France à la présidence du G20 et dont l’attitude attente également au prestige d’une Europe dont il a trahi les principes fondateurs, en invoquant brutalement une souveraineté dont il a librement consenti à ce qu’elle soit limitée par des traités.
Mais c’est la vulgarité qui à mon sens accentue aujourd’hui les traits de caractère du personnage. Vulgarité des sentiments exprimée sans fard dans le désormais fameux discours de Grenoble, vulgarité du comportement lorsqu’il s’adresse à la vice présidente luxembourgeoise de la commission européenne en proposant avec autant d’arrogance que de mépris que son pays accueille les Roms expulsés de France.
Fort avec les faibles Nicolas SARKOZY, en s’adressant ainsi au plus petit des Etats de l’union européenne, mais aussi faible avec les forts  lorsqu’il maintient un bouclier fiscal qui a conduit l’Etat à rembourser à faire à un millier de  richissimes contribuables un chèque de plus de 35 000 €  pendant que des millions de français peinent à faire face à leurs besoins les plus élémentaires.
Quand on a franchit les limites, disait Marcel PAGNOL, il n’y a plus de bornes. Les quelques 20 mois qui nous séparent des élections présidentielles de 2012 lui offriront , à la lumière des évènements récents, plus d’une occasion de le prouver.
PEAK OIL: COMMENT DIT ON EN LANGUE CORSE ?
14 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Economie, Introduction
Nous vivons dans un monde, c’est bien connu, ou le futile, l’à peu près, et l’écume des choses prennent  le plus souvent le pas sur l’important, sur l’essentiel.
Il en va ainsi de tous les évènements qui occupent ces derniers mois, ces derniers jours la une des journaux qu’ils soient parlés , télévisés, ou écrits. A commencer par la crise financière bien sûr mais aussi le grippe A de Roselyne BACHELOT, le feuilleton sud africain de DOMENECH, l’expulsion des Roms, ou bien entendu les affaires WOERTH et BETTENCOURT…
Ainsi va la vie, de crise importante à crise insignifiante, une crise chassant l’autre au rythme des dépêches d’agence.
Jusqu’à ce que une information en provenance d’Allemagne remette les pendules à l’heure et nous rappelle brutalement que la seule formidable crise qui nous menace vraiment est celle de notre approvisionnement en pétrole.
C’est l’armée allemande qui a sonné le tocsin, dans une note parue sur le site internet du SPIEGEL et reprise par l’hebdomadaire Marianne.
Selon les estimations du think-tank allemand, le “peak oil”, c’est à dire le moment ou les ressources pétrolières commenceront à se raréfier sur le marché et  entameront de toute façon leur déclin, doit se produire autour  des années 2011-2012.
L’étude, plus qu’alarmante, pose en même temps la question de la survie de la démocratie à l’occasion de la déflagration que produirait auprès des peuples de nos régions la perspective de manquer de pétrole. Elle évoque en particulier la possibilité d’émergence de gouvernements extremistes et, dans les cas extrêmes, des conflits ouverts.
La fin du pétrole n’est pas susceptible d’être appréciée par calcul des probabilités. En effet elle n’est pas probable, elle est certaine…
Reste que l’on ne peut être que confondu devant l’impréparation de cette redoutable échéance par les sociétés occidentales.
Il y a pourtant belle lurette que La Fontaine avait prévenu les cigales que nous sommes de ce qui pourrait leur arriver: nous voilà obligés de constater que nous serons “fort dépourvus quand la crise sera venue”…
Naturellement notre île ne sera pas épargnée par les convulsions attendues: outre que nous dépendons comme tout le monde du pétrole pour à peu près 90% des objets manufacturés qui nous sont familiers, il est absolument  indispensable à la production de quasiment 100 % de l’énergie électrique dont nous avons besoin.
Par ailleurs dans une région ou l’automobile règne sans partage et ou les transports en commun sont pour ainsi dire inexistants il est certain que les restrictions prévisibles en matière de carburants  frapperont durement nos concitoyens et au premier rang les ruraux.
Enfin la dépendance croissante de notre économie au tourisme fera, dans ce contexte, de véritables ravages: qui dit pétrole rare, et donc carburants chers, dit explosion des coûts de transport et donc des budgets touristiques des ménages de nos contrées..
Raison de plus pour se mettre sans tarder à réfléchir à cela et à élaborer les “plan B” qui peuvent nous permettre, à l’horizon de 30 ans, d’absorber au mieux le choc de la conflagration qui s’annonce.
Paradoxalement, pour une fois, la faible taille de notre population pourrait s’avérer être un atout et non un inconvenient.
Mais pour cela il faudrait d’abord que nos élus, et la population, acceptent de remettre en cause les schémas de raisonnement qui ont fonctionné juqu’à aujourd’hui, et qui ne fonctionneront plus à plus ou moins brève échéance. Pas facile, j’en conviens, mais pas impossible.
Un exemple ? Au lieu de s’acharner à développer un réseau routier  dédié essentiellement au trafic automobile mettons nous  au travail pour développer le réseau ferroviaire et les transports en commun, nettement plus économes et plus autonomes en carburant.
Un autre exemple ?  Au lieu de brader les terres agricoles pour aligner des bungalows qui risquent de ne jamais  trouver de clients, préservons et développons une agriculture de proximité car elle risque fort de produire moins cher que les pays éloignés ou l’on s’approvisionne aujourd’hui…
La CTC serait en tout cas bien inspirée de mettre sur pied, dans les meilleurs délais, un Institut de Prospective qui se consacre entièrement à cette tâche essentielle: je ne crois pas en effet qu’une administration traditionnelle soit”câblée pour cela”.
Gouverner, disait Napoléon qui s’y connaissait, c’est prévoir ! Attendons donc…
AU NOM DE L’ÉQUITÉ, ET APRES ?
12 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
C’est en  délégation que les élus de l’assemblée de Corse rencontreront le 13 septembre la ministre de la Justice. Au menu l’examen de la situation des détenus corses susceptibles d’être rapatriés dans les prisons insulaires conformément à la promesse aussi ancienne que non tenue de Nicolas SARKOZY.
Disons le tout net: on voit mal la garde des sceaux inviter l’ensemble des présidents de groupes politiques, cornaqués par  Paul GIACOBBI et Dominique BUCCHINI sans  envisager de  leur donner satisfaction, au moins sur le principe, nonobstant les modalités et le calendrier des opérations qui présenteront sans doute plus de difficultés.
A la vérité le problème n’est pas vraiment là , même si pour les familles concernées l’incarcération de leurs proches en Corse représente un vrai soulagement matériel aussi bien que moral.
En réalité, ce qui est vraiment en cause, au delà de cet épisode dont chacun en Corse souhaite qu’il soit réglé dans les meilleures conditions,  c’est si l’on doit ou non considérer qu’il s’agit là d’un pas, certes modeste mais cependant réel, vers un règlement définitif de la question corse.
Le président de la République n’est pas forcement en situation de traiter cette question comme elle le mérite: sa côte dans l’opinion n’est pas des meilleures, et la  majorité de ses électeurs est plus friande de mesures d’autorité que d’ouverture aux autres.
Il en a pourtant l’occasion avec la discussion au parlement de la réforme des collectivités locales, à laquelle, compte tenu de son statut particulier, la Corse est invitée à réflèchir et à élaborer ses propres propositions.
Voilà donc face à face les deux protagonistes: l’Etat d’un coté et les corses de l’autre. Il me semble tout à fait dérisoire que l’assemblée de corse puisse se plonger dans un nouveau bricolage institutionnel afin de  combiner sa spécificité avec la réforme nationale.
Le moment est au contraire sans doute venu que la Corse puisse se voir doter des institutions dont elle a et dont elle aura incontestablement besoin dès aujourd’hui  et dans l’avenir pour éviter que son patrimoine et son identité ne passent lentement, mais surement et surtout définitivement à la trappe.
Cela s’appelle l’Autonomie, et cela se négocie, toute proportion gardée bien entendu, comme mon ami Michel ROCARD l’a négocié avec les néo-calédoniens, dans un règlement comme il se doit global et définitif.
Cela demande bien sûr  aux élus toutes tendances confondues de l’assemblée de Corse beaucoup de courage et de volonté de dépassement, et cela demande au gouvernement de la République de retrouver le sens de l’intérêt général.
On pourra certes m’objecter que les conditions ne sont pas réunies d’un coté comme de l’autre, et que la Corse n’a rien à voir avec la Nouvelle Calédonie ou la Polynésie française.
Je n’en suis pas si sûr: les prises de conscience d’une situation ne se programment pas, elle se produisent à un moment donné ou ne se produisent jamais.
Quant à la comparaison de notre île avec les îles lointaines, je rappelle que Pierre JOXE avait souhaité bâtir le statut qui porte son nom sur la base de l’article 74 de la constitution, c’est à dire le socle sur lequel reposent celui des iles en question.
Il ne s’est rabattu sur l’article 72 que devant l’opposition vent debout des parlementaires corses et les réticences  de François MITTERRAND.
J’étais d’accord avec Piuerre JOXE à l’époque, je le demeure aujourd’hui, parce qu’il avait raison et qu’on aurait du l’écouter.
AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD…
6 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
En rangeant les rayons de ma bibliothèque je suis tombé sur un livre qui ne m’avait pas particulièrement impressionné lorsque je l’avais lu, que j’ai feulleté distraitement avant de m’y attarder.
Intitulé ” La déchéance politique” ce livre paru en 1997 m’est en effet apparu curieusement d’actualité. Ecrit par Michel BASSET, qui fut entre 1986 et 1995 responsable des budgets publicitaires de l’UDF, il constitue une des charges les plus virulentes qu’il m’ait été donné de lire contre le régime de la Vème République avec “Le coup d’Etat permanent” de François MITTERRAND, et “la machine à trahir” de mon ami Arnaud MONTEBOURG.
Pour l’auteur, la Constitution de 1958 a engendré, je cite,  ”un état de non-démocratie qui a favorisé le narcissisme et le carriérisme de dirigeants politiques sans scrupule, dépourvus de moralité et d’humanité“.
J’ai adhéré à la Convention pour la VIème République et je regrette profondément que le PS n’ait pas eu le courage de franchir de rubicon et de remettre les institutions de la République dans le champ de la démocratie.
Ségolène ROYAL en Aout 2006 s’était engagée à la fète de la Rose de Frangy en Bresse ou Arnaud MONTEBOURG l’avait invitée, à mettre en oeuvre les idées de la convention, et c’est pour cela que nous l’avions soutenue. On connait la suite..
Reste que mes camarades socialistes pourraient payer très cher le fait d’avoir sous estimé les effets particulièrement dangereux des mefaits conjugués du sarkozysme et des institutions de 1958.
Affaibli, rejeté par une partie de son électorat Nicolas SARKOZY n’en dispose pas moins de toute la panoplie des outils dont la Vème République a doté ses présidents, et il en usera et très certainement  en abusera  sans aucun scrupule pour se maintenir au pouvoir.
Les prochaines semaines et les prochains mois comptent pa suffisamment d’échéances pour lui permettre de faire la seule chose qu’il sache véritablement faire, se mettre en scène , faire de l’esbrouffe et exploiter sans vergogne le moindre fait divers: réforme des retraites, remaniement ministériel, loi sur la burqua, politique de sécurité, présidence du G20…Nous allons assurément froler l’overdose médiatique .
Pour ne pas avoir l’avoir compris la gauche pourrait se trouver contrainte à s’égosiller sans succès devant le tombereau d’initiatives que déversera l’Elysée, au risque de rendre définitivement  illisible la seule chose qui importe vraiment aux français: une politique de rechange au sarkozysme encore à inventer.
UN COURANT D’AIR FRAIS SOUFFLE A L’ATC
2 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Il y a quelque chose de raffraichissant dans les évènements qui semblent traverser aujourd’hui une Agence du Tourisme de la Corse engluée dans un pesant conformisme depuis des années.
La présidente de l’agence, Vanina PIERI est en passe semble-t-il d’y imprimer de belle façon sa marque. Je n’en veux pour preuve que la décision d’installer un stand de la Corse à la Fête de l’Huma.
De quoi bien sûr faire grincer des dents à tous ceux qui voient dans cette manifestation un rassemblement de “pumataghi” le couteau entre les dents:  Stéphanie GRIMALDI future responsable de l’UMP en Haute Corse, qui s’était déclarée en mars dernier horrifiée devant la perspective de voir les communistes au pouvoir, va sans doute appeler le peuple des hôteliers et des restaurateurs à  descendre dans la rue…
J’avoue que cette décision me réjouit, et j’y vois un symbole  de très bonne augure. D’autant que, n’en déplaise à quelques esprits chagrins, elle est en même temps parfaitement susceptible de produire de bons résultats en terme de fréquentation de notre île, car la fête de l’Huma a une résonance qui dépasse de loin ce que représente le PC  dans notre pays.
Plus important encore, il semble que Vanina PIERI ait, la première, pris la mesure des sommes énormes engagées chaque années par les Agences et Offices pour commander études et prestations extérieures.
Il y a naturellement  un certain nombre de questions où il peut être pertinent de faire appel à des compétences dont on ne dispose pas. Lorsque les agences et les offices ont été installés  on disposait de deux possibilités:
- ou bien mettre en place des équipes réduites et utiliser la sous traitance extérieure
- ou bien recruter, et ne sous traiter que ce qui ne peut être produit par les salariés de ces organisations.
LA ROCHELLE : UN BOL D’AIR RAFFRAICHISSANT. ET APRES ?
1 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
J’ai adhéré au PS en 1976 et j’ai assisté  à nombre de congrès, ou se décide l’essentiel, et j’y ai appris entre autres que les décisions s’élaborent et se prennent plus souvent dans les coulisses que devant les délégués.
Je n’ai par contre jamais éprouvé le besoin d’assister aux journées de La Rochelle ou il se passe en réalité rarement quelque chose de décisif pas plus en 2010 qu’auparavant.
J’ai apprécié le discours offensif de Martine AUBRY à La Rochelle , même si j’ai regretté qu’elle n’ait pas déclaré sa candidature aux primaires, pratique nouvelle qui n’est en définitive due, il ne fut pas l’oublier, qu’à un défaut de leadership clair au PS après le congrès de Reims…
D’abord parce que je pense et j’ai toujours pensé que le (la) premier(e) secrétaire choisi(e) par les militants doit être leur candidat(e) naturel(le) aux responsabilités, comme c’est d’ailleurs le cas dans tous les partis socialistes ou socio-démocrates de l’union européenne. Cela n’exclut pas, naturellement, que d’autres candidatures puissent s’exprimer.
Ensuite parce que je n’ai jamais sous estimé les dérives consécutives à l’acceptation par mes camarades socialistes des institutions de la Vème République et partant de l’élection au suffrage universel, qui pollue la vie politique, rend fous les responsables politiques, et qui dote le  président élu de pouvoirs qui en font un quasi potentat comme Nicolas SARKOZY en  fait depuis trois ans la démonstration.
Je partage largement le jugement porté sur le PS par Gerassimos MOSCHONAS professeur de sciences politiques à   l’Université Panteion-Athènes: “Le PS est historiquement un parti inconstant électoralement (et pour une large part idéologiquement), marqué par la bataille des chefs (en raison de la logique présidentielle du système politique de la Ve République). Il est toujours capable du meilleur comme du pire, toujours prêt à s’effondrer et toujours prêt à rebondir. Cela fait partie de la spécificité du socialisme français alternant les moments de crise et les moments de renaissance“.
Nous sommes incontestablement au commencement de l’un de ces mouvements de renaissance: il reste à présent au PS à faire le choix de société qui s’impose et qui ne peut être pour moi, quel que soit le candidat issu des primaires, le social libéralisme auquel il a trop longtemps sacrifié au gouvernement.
Certes Nicolas SARKOZY est affaibli et  le gouvernement FILLON est aujourd’hui plus encore qu’hier  une véritable  pétaudière pendant que  l’UMP tangue dangereusement,  mais il n’est pas encore défait.
Rien de serait pire que de se laisser porter par la vague des mécontents qui gonfle de jour en jour, sans prendre la peine d’élaborer et présenter aux français une offre politique  sérieuse et réaliste, mais surtout crédible, ce qui ne veut pas dire soumise à la “pensée unique” qui inspire trop souvent nos techno-socialistes.
Alors que la crise économique et sociale menace de s’amplifier, rien ne serait pire que de faire l’impasse sur les réformes indispensables au retour de  la confiance des français dans la politique: mis à plat et refonte d’une fiscalité injuste et opaque, passage à la VIème République pour mettre un terme aux dérives monarchiques de la Vème et redonner aux jeunes le gout de la politique, relance de l’Europe politique et sociale, remise en ordre de marche de notre système éducatif à bout de souffle, lutte sans concession contre le chômage première des insécurités…
Chaque jour apporte son lot de sondages qui mettent en avant les candidats potentiels d’opposition à Nicolas SARKOZY. Dans moins de 20 mois il est possible que cette volonté sondagière se traduise dans les urnes: mieux vaut qu’elle soit alors manifeste une  adhésion à l’autre France invoquée par Martine AUBRY, et ne se résume pas à un rejet du président sortant.
Les difficultés qui attendent notre pays réclament que la politique qui sera proposée à nos concitoyens suscite la plus large adhésion possible, car le gouvernement qui héritera de la désastreuse gestion sarkozyste en aura le plus grand besoin pour redresser la France, au plan financier sans doute, mais plus encore au plan social et moral.

