Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

ALAIN MINC ET LE “PAPE ALLEMAND”…

30 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Alain MINC, le brillant touche à tout qui se dit volontiers conseiller occulte de SARKOZY en fait vraiment trop pour la défense de son maître à penser politique.

Il semblerait même qu’il ait carrément dérapé en s’en prenant au pape BENOIT XVI. Comprenons nous bien, je ne suis pas papiste, baptisé catholique tout naturellement comme beaucoup en Corse, je me soucie en fait comme d’une guigne de l’évêque de Rome.

Reste que lorsque j’ai pris connaissance des propos de MINC j’ai quand même sursauté. Interrogé sur les critiques voilées du pape à propos de l’attitude du président de la République envers les ROMS, voici ce qu’il a déclaré.

“Vous avez vu ce pape allemand ? Parler comme il a parlé ? En Français” ? Le pape avait en effet adjuré un groupe de  pèlerins auquel il avait accordé une audience, de s’attacher à  accueillir les légitimes diversités humaines , pendant que  l’Eglise catholique française dénonçait les renvois massifs de ROMS dans leurs pays.

“On peut dire ce que l’on veut de l’affaire des ROMS, mais pas un pape allemand“, a affirmé MINC, ajoutant :” Jean Paul II peut-être, mais pas lui”.

Passons sur la vulgarité et la bassesse de l’attaque particulièrement indignes contre Benoit XVI. Mais le summum est atteint lorsque MINC cite Jean Paul II, le “pape polonais” : si je suis bien informé MINC est issu d’une famille de juifs polonais qui ont fui la Pologne  et ses sinistres  ghettos ou leurs frères pourrissaient vivants sous l’oeil indifférent sinon hostile de l’église catholique polonaise.

Il fallait sans doute en passer par là pour vouer aux gémonies ce pape qui a osé s’en prendre à Nicolas SARKOZY, et pour se livrer à cette lamentable présentation.

Etre raciste c’est s’en prendre aux gens pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils font… pape allemand, dit monsieur MINC, et ça ne le grandit vraiment  pas.

En jetant un oeil sur le blog de Paul GIACOBBI j’ai eu la surprise de trouver un billet pas très sympathique sur l’attitude du pape dans l’affaire des ROMS… Décidément SARKOZY ne manque pas d’amis pour le défendre dans la foireuse affaire des ROMS…

ATTENTATS: QUELLE RÉPONSE ?

29 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Qui peut rester indifférent à la destruction d’une maison, quel que soit celui auquel elle appartient ? Personne, bien évidemment.

Indignation, réprobation, condamnation, ce sont les mots qui reviennent chaque fois dans les communiqués officiels des organisations politiques ou des responsables élus, comme dans la bouche de la plupart de nos concitoyens.

Bien sûr il est tout à fait normal que les autorités tiennent à faire savoir leur condamnation des attentats et leur compassion pour ceux qui en sont victimes.

Pour ce qui me concerne j’ai toujours réprouvé et condamné l’utilisation de la violence clandestine comme mode de règlement des problèmes politiques, sans éprouver pour autant le besoin de sacrifier mécaniquement à ce rituel.

Si je parle de violence clandestine, c’est parce que je lui oppose pour ma part la violence populaire. Non pas qu’elle ne véhicule pas elle aussi son cortège de drames et de malheurs, mais parce qu’au fil de l’histoire elle a le plus souvent permis aux peuples de réaliser les avancées dont ils bénéficient aujourd’hui et qu’elles se trouve de ce fait ainsi  à mes yeux tout à fait légitime.

Disons le franchement, les autorités en question seraient bien davantage fondées à condamner la violence si elles s’attachaient vraiment à appliquer les lois dont le peuple leur a délégué l’élaboration et l’application.

Force est de constater que c’est loin d’être le cas, singulièrement en matière d’urbanisme, ou sans l’obstination et la vigilance  des associations, les lois et les règlements seraient bafoués quotidiennement.

La réponse aux attentats ne peut se limiter dès lors  à des considérations morales. Elles ont bien entendu leur importance, mais sur le terrain politique elles ne sont pas efficaces. Pas plus efficaces d’ailleurs que ne l’est la violence clandestine au regard des revendications de ses auteurs.

La question corse est de nature politique, et l’utilisation de la violence, si elle est jugée inacceptable par la majorité de nos concitoyens ne l’est pas pour les 10% du corps électoral qui se sont prononcés librement le 21  mars dernier pour Corsica Libera.

A cette question il n’y a de réponse que politique, au sens le plus profond du terme. L’admettre n’implique ni de cautionner la violence ni de lui trouver des excuses. Le nier revient à se cacher la tête dans le sable, ce qui n’a jamais été un signe de maturité politique…

LE PACTE CHIRAC DELANOË : DÉTESTABLE !

28 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Je ne sais pas quelle est la mouche qui a piqué Bertrand DELANOË mais quoiqu’il en soit je considère l’accord passé entre la mairie de Paris et l’UMP tout à la fois inopportun et proprement scandaleux.

Résumons nous: Jacques CHIRAC es qualité de président du RPR commet un détournement de fonds publics en embauchant illégalement un nombre importants d’agents sur les crédits de la ville de Paris pour les mettre au seul service de son parti.

Il est pour cela poursuivi par la justice, mis en examen par la juge Xavière SIMEONI et traduit devant le tribunal correctionnel, après avoir échappé pendant de longues années à la justice du fait du statut parfaitement exorbitant du droit commun que lui conférait son poste de président de la République.

Avant le procès, l’UMP, le prévenu CHIRAC et le maire de Paris élaborent un protocole aux termes duquel les premiers s’acquittent d’une somme destinée à réparer le préjudice financier subi par la ville  pendant que le dernier abandonne les poursuites en tant que partie civile.

Résultat des courses, CHIRAC s’achemine tranquillement vers une évidente relaxe et pourra continuer à vivre largement d’une retraite acquise après avoir vécu pratiquement toute se vie d’adulte dans les palais aux frais de la République.

Aux voleurs de poule la double peine, aux puissants et aux nantis le double cadeau de douze ans de tranquilité suivis d’une avantageuse transaction financière.

Chapeau Bertrand, voilà qui va conforter nombre de nos compatriotes dans le sentiment qu’il n’y a décidément rien à tirer d’une classe politique qui considère que la loi qu’elle vote et promulgue est faite pour les autres…

C’était bien la peine de s’égosiller à condamner, dans l’affaire BETANCOURT la connivence entre la crème de l’UMP et les grandes fortunes pour se vautrer ensuite dans une connivence guère plus appétissante entre les formations politiques qui se disputent le pouvoir dans notre pays.

Je l’avais un peu oublié, mais je me souviens aujourd’hui, allez savoir pourquoi, que le même DELANOË, en déplacement à Ajaccio pour une campagne électorale il y a une vingtaine d’années, nous avait fait un vrai “caca nerveux” dans un restaurent du “borghu” ajaccien en s’apercevant qu’il avait oublié sa montre ROLEX sur le pupitre de la salle ou nous avions tenu un meeting..

Il ne l’a d’ailleurs, bien évidemment jamais retrouvée: peut être a-t-elle fait le bonheur d’un sans abri ?

Connivence des heureux possesseurs de ROLEX peut être ? J’espère qu’il y aura au moins un socialiste pour voter contre cette transaction au conseil de Paris ! On verra bien…

Bravo en tout cas à Eva JOLY pour sa réaction: cette affaire accrédite dans l’opinion l’image de membres d’une caste politique qui s’entendent entre eux a-telle déclaré. On ne saurait lieux exprimer le malaise que je ressens…

LA CORSE LE BRÉSIL ET LA CHASSE AUX TERRES.

26 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

La ruée mondiale sur les terres: c’est le titre du rapport de la banque mondiale consacré aux gigantesques programmes d’acquisition foncières agricoles qui se produisent dans les pays du sud depuis quelques années.

L’exemple le plus connu concerne l’île de Madagascar ou le groupe sud coréen DAEWOO avait lancé un programme de prise à bail pour 99 ans de 1,5 million d’hectares de terres destinées à la production de maïs et de l’huile de palme à destination du marché sud-coréen.

Naturellement, et comme on peut s’en douter, le rapport souligne que les populations locales ne sont pas consultées, que les prix offerts sont faibles, et que les organisations concernées font peu de cas du développement local des pays ou ils s’implantent.

Ce seraient ainsi près de 20 millions d’hectares qui auraient été acquis par des investisseurs étrangers, le plus souvent chinois, sud coréens ou saoudiens. Les continents visés par ces acquisitions massives sont essentiellement l’Afrique et l’Amérique latine.

Le Brésil a été le premier à réagir. Cet immense pays de plus de 10 millions de km2, soit plus de 20 fois la France a voulu mettre fin aux acquisitions massives de terres  au Brésil, a modifié la loi foncière et limité à 5000 hectares la possession de terres agricoles par un non brésilien.

Il était en effet temps que le gouvernement du président président Luiz Inacio Lula da Silva réagisse :selon le journal “A Folha de Saõ Paulo”,  les investisseurs étrangers achèteraient en moyenne chaque jour 12km2 de terres agricoles et 5,5 millions d’hectares de terres au total seraient entre les mains de propriétaires non Brésiliens.

Les brésiliens ont ainsi voulu préserver leur “or vert” et chacun s’accorde à considérer leur réaction comme parfaitement saine et justifiée.

Mais au fait, pour les Corses ce sont à la fois les maigres terres agricoles de la plaine orientale dont dispose l’île et les mille kilomètres de cotes qui constituent leur “or bleu”  objet de toutes les convoitises.

Pourquoi donc ne seraient ils pas fondés, aussi légitimement que les brésiliens me semble-t-il, à prendre les dispositions qui permettraient à l’île de ne pas se trouver dans quelques années entre des mains sinon étrangères mais assurément  de moins en moins insulaires..

Encore faudrait il pour cela qu’ils disposent de compétences qui leur permettent d’élaborer des textes ayant dans ce domaine force de Loi.

Du temps ou mes camarades socialistes étaient encore des progressistes nous appelions cela ” le pouvoir d’adaptation législative”: les voilà avec toute la gauche fort démunis aujourd’hui, pour faire face à la vague de la spéculation foncière, pour ne pas avoir eu l’audace d’agir quand il était encore temps…

C’est bien Lionel JOSPIN qui a dit ” oui à l’économie de marché, et non à la société de marché” ? Pour certains, du moment qu’il y a des propriétaires pour vendre la Corse et des acheteurs disposant de suffisamment d’argent pour l’acheter, ou est le problème ?

Ce n’est pas ma façon de voir les choses, et c’est là un point de vue largement partagé. il faut dire que je n’ai pas la religion  du droit de propriété…

Pas de doute: nous aurons dans les semaines et les mois à venir à trancher dans ce débat et il ne faudra pas chercher pour résoudre cette problématique un consensus de façade, mais une vraie majorité progressiste.

EVA JOLY:UNE CANDIDATE QUI DECOIFFE

21 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Europe Ecologie et les Verts ont semble-t-il donc choisi leur candidate à l’élection présidentielle de 2012. Mine de rien ils ont jeté là un sacré pavé dans le marigot bien ordonnancé de la politique politicienne.

Et qui ont ils donc choisi pour incarner le changement ? Eva JOLY, une femme de 66ans hardiment revendiqués: de quoi donner un sacré coup de vieux à la mode du jeunisme qui semble avoir saisi notre pays n’est ce pas ?

De surcroît elle possède une double nationalité, française par mariage et norvégienne par la naissance. De quoi donner de l’eczéma à Eric BESSON et de l’acné à son compère Brice HORTEFEUX: encore heureux pour eux qu’elle n’ait pas un ascendant Rom, ça ferait vraiment désordre.

Si l’on ajoute que dans une vie antérieure elle a fait défiler dans son bureau de juge d’instruction le gratin de la classe politique qui n’en menait sans doute pas large,  on peut dire que c’est vraiment un comble pour un certain nombre que de l’avoir choisie pour qu’elle s’adresse aux français.

N’est ce pas elle qui avait mis en examen Dominique STRAUSS KAHN dans l’affaire de la MNEF ?

Allez donc savoir ce que cette petite bonne  femme va bien pouvoir  leur raconter, aux français si les verts lui lâchent les baskets ! Parler de morale et d’éthique, et elle risque ne ne pas s’en priver, dans une campagne présidentielle c’est un peu comme parler de corde dans la maison d’un pendu non?

Et si, comme l’a déclaré Edwy PLENNEL, le patron de Mediapart elle se mettait en tête de “sortir par le haut du paradoxe de la présidentielle, en menant campagne non pas pour être élus mais d’abord pour se défaire du présidentialisme” ?

Il ne manquerait plus que ça qu’elle se mette à piétiner la vache sacrée qui rend fous nos hommes et femmes politiques.

Bon, en tout cas, comme beaucoup de nos compatriotes je crois que, pour la première fois depuis 1981, je ne vais pas m’ennuyer dans une campagne présidentielle…

LA QUESTION FONCIÈRE ? UNE VRAIE QUESTION POLITIQUE

18 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Pour répondre à la nécessité de lutter contre la spéculation immobilière, l’assemblée de Corse a décidé d’organiser à la rentrée des assises consacrées à cette question.

C’est indiscutablement une affaire essentielle, et l’ouverture d’un vaste débat est effectivement indispensable. Encore faut il que l’on se mette bien d’accord, au préalable, sur ce dont on va débattre, faute d’aboutir comme trop souvent à des déconvenues.

L’encyclopédie Wikipedia nous explique: dans le langage courant, “spéculation immobilière” est une expression péjorative, relative à des opérations présentées comme abusivement profitables car réalisées pour un prix inférieur au prix « normal » du marché, par des opérateurs ( promoteurs, agents immobiliers,banque, responsables politiques…) dont l’honnêteté est implicitement ou explicitement mise en doute.

Le président de la République, qui comme on sait a réponse à tout et parle trop souvent avant de réfléchir, et le conseil exécutif de la CTC, ont en quelque sorte clos le débat avant même qu’il soit ouvert en préconisant la mise en place d’un Office Foncier.

Il me semble que c’est une erreur, et qu’avant de discuter de la pertinence et de l’efficacité des outils à mettre en oeuvre pour combattre  les effets de l’emballement du marché immobilier dans notre île, il vaut mieux nous mettre d’accord sur l’objectif politique visé.

S’il s’agit simplement de mettre quelques cataplasmes sur les scandales provoqués ici ou là par un marché foncier en folie, pas besoin de grande messe. Il ne manque pas, dans la panoplie des instruments destinés à atténuer les méfaits du libéralisme , de dispositifs adaptés plus ou moins efficaces.

S’il s’agit par contre d’éviter, sur une beaucoup plus grande échelle, les ravages et les déchirures  que la Corse a connu lorsque la spéculation s’est déchaînée sur les terres agricoles avec l’arrivée des rapatriés d’Afrique du nord, alors c’est une affaire d’une toute autre envergure qui réclame une réponse autrement plus ambitieuse.

C’est sous cet éclairage  que l’on doit à mon sens poser le problème si l’on veut se donner une petite chance de le traiter avec efficacité et en garantir le succès sur la durée: ce n’est pas une simple affaire de technique administrative  c’est un vrai problème politique qui réclame une réponse politique.

Les corses ont en effet le sentiment que de manière diffuse c’est un peu la même situation qui se reproduit aujourd’hui sous leurs yeux, dont l’évolution s’accélère, et  dont ils apprécient chaque jour un peu plus les conséquences pour l’avenir de leur communauté.

Oublier que ce qui touche à la terre est en Corse une question particulièrement sensible qui comporte une dimension particulière que l’on ne retrouve aujourd’hui dans aucune autre région française serait une grave erreur, et  une faute contre l’histoire.

Imaginer qu’elle pourra trouver une solution sans que l’on repose sérieusement la question d’une nouvelle évolution institutionnelle, question devenue inexplicablement tabou , n’est ni réaliste ni sérieux.

N’en déplaise aux esprits forts qui considèrent ce débat comme définitivement clos, il faudra bien se résoudre à l’ouvrir à nouveau, plus vite sans doute que ne l’auraient souhaité ceux qui se sont constamment élevés contre le particularisme insulaire , dès lors que l’on veut vraiment que ces assises aboutissent à un résultat tangible.

LES SONDAGES QUI SE SUIVENT ET NE SE RESSEMBLENT PAS

13 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Nicolas SARKOZY et sa majorité, dressés sur leurs ergots nous avaient rebattu les oreilles à propos d’un sondage de l’IFOP publié par LE FIGARO qui faisait apparaître qu’une écrasante majorité de français applaudissait au discours de Grenoble du président de la République et approuvait sa demande de déchéance de la nationalité française des assassins de fonctionnaires de police “d’origine étrangère”.

Je doute fort que les mêmes s’avisent de commenter le sondage du CSA paru dans LE MONDE de ce jour qui corrige en profondeur la désagréable impression que le premier avait laissé dans les esprits des plus républicains de nos compatriotes.

Contrairement à ce que voulait laisser paraître le premier, il révèle que 69% des français jugent  Nicolas SARKOZY inefficace en matière de sécurité, en tant que ministre de l’Intérieur comme de président de la République…

C’était bien la peine que “Nicolas il se décarcasse” et qu’il porte au pacte républicain l’un des coups les plus graves qu’il ait encaissé depuis les années noires de la collaboration.

Interrogés par le CSA, les français condamnent également , à une courte majorité de 51%, le projet présidentiel de priver de leur nationalité certains délinquants d’origine étrangère, jugeant que “tous les français, quelle que soit leur origine, doivent être égaux devant la Loi” et que bien entendu “les français d’origine étrangère sont des français à part entière”.

Un sacré camouflet pour notre président, d’autant que les sondeurs n’en sont pas restés là et, à la question ” les éxilés fiscaux méritent-ils la nationalité française ? ” , une nette majorité de 66% a répondu clairement non, ce qui montre à tout le moins, s’il en fallait toutefois une preuve, que la majorité de nos compatriotes ont nettement plus de jugeote que leur président.

CORSICA LIBERA AU COEUR DE LA DONNE POLITIQUE

9 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique

Raisonnant comme souvent à l’emporte pièce Nicolas SARKOZY a visiblement eu tort d’estimer que les indépendantistes n’étaient plus au centre du jeu politique en Corse. Pierre POGGIOLI n’a pas manqué de le souligner dans son intervention le 8 Août à Corte. Les dirigeants de Corsica Libera ont en effet tout lieu de se féliciter du succès de ces journées internationales qui ont été  incontestable pour le mouvement de Jean Guy TALAMONI.

Si les élections territoriales ont consacré la famille nationaliste comme le vrai vainqueur de la consultation, elles ont, on l’oublie à mon sens un peu vite, mis en lumière qu’un peu plus de 10% des électeurs s’étaient prononcés pour une formation revendiquant clairement l’indépendance de l’ÃŽle.

La revendication indépendantiste s’est ainsi trouvée à la fois objectivement renforcée et en même temps banalisée, ce qui confère à ses dirigeants une responsabilité nouvelle dont les journées de Corte leur ont visiblement  permis de prendre la mesure.

J’avais déclaré lors de l’émission CUNTRASTU du 1er novembre 2009 que je ne trouvais rien de choquant à ce qu’un corse puisse revendiquer l’indépendance pour son île étant donné son histoire, le caractère et la force de son identité.

La République française étant ce qu’elle est c’est sans doute là une vision iconoclaste, mais le socialiste et européen convaincu que je suis a observé ses camarades du PSOE espagnol gouverner une des plus grandes régions d’Europe, la Catalogne, avec les indépendantistes catalans pendant 10 ans sans en perdre pour autant leur âme.

C’est cependant  lors des assises sur la question foncière que Corsica Libera et les nationalistes dans leur ensemble pourront véritablement mesurer si leurs idées avancent vraiment au coeur de la population insulaire.

Je reviendrai bien sûr sur ce dossier car il est fondamental. Encore ne faut il pas se tromper d’enjeu en bornant la réflexion à un montage technocratique visant à réguler les prix du foncier en bord de mer.

Il s’agit en effet, bien plus que cela, il s’agit d’un choix de société et du choix du modèle de développement que nous souhaitons pour notre île, bref, d’une vraie question politique.

C’est pour cela qu’il est à la fois vain et  contreproductif de chercher sur cette question un consensus, car les bons sentiments qui généralement commandent les consensus ne valent rien quand le moment vient d’appliquer les décisions prises.

Il faut, au contraire, rechercher une majorité pour prendre les décisiosn politiques qui s’imposent: une majorité progressiste.

Je n’apprécie pas particulièrement les choix politiques de Paul GIACOBBI, ce n’est pas un secret. Je le crois néanmoins capable de courage politique sur ce dossier qui réclame audace et imagination: l’avenir me dira si je me suis trompé.

NICOLAS ET LES QUARANTE… MILLIARDAIRES

Selon le journal Le Monde, à l’initiative de Bill GATES et Waren BUFFET, deux milliardaires américains comptant parmi les trois  hommes les plus riches du monde, trente quatre de leurs homologues américains, se sont engagés à verser la moitié de leur fortune à des organisations caritatives.

Pour ce qui concerne BUFFET c’est 99% de sa fortune qu’il s’est engagé, de son vivant ou à sa mort, à verser à ces organisations.

Selon le magazine américain FORBES, ce sont ainsi 600 milliards de Dollars, soit 450 milliards d’Euros qui pourraient être mobilisés et mis à disposition des organisations concernées. On pourra bien sûr disserter à foison sur les raisons qui poussent à tant de générosité ou sur les commentaires dont les deux initiateurs de ce mouvement ont assorti leur initiative.

Reste que l’on attend toujours que dans notre pays les milliardaires qui font la Une des magazines people ou qui fréquentent le Fouquet’s en compagnie de Nicolas SARKOZY se conforment à l’exemple de leurs homologues d’outre atlantique.

Il est possible que chez nous il y en ait quelques uns qui versent leur obole dans des caisses plus nécessiteuses que celles de l’UMP, mais à ma connaissance en tout cas, aucun d’entre eux n’a jamais envisagé, ni n’envisage vraisemblablement, de céder une aussi grande partie de sa fortune à quiconque.

Ils auraient plutôt tendance, disent les mauvaises langues, à s’établir dans un paradis fiscal pour ne pas payer trop d’impôts, et préfèrent nettement , à l’instar de madame BETTENCOURT  encaisser un bon gros chèque du trésor public.

Comme on a les élus qu’on mérite, il semble qu’on ait également les milliardaires qu’on mérite n’est ce pas ?

LE DANGEREUX POKER DE SARKOZY

2 août 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

L’histoire dira sans doute un jour combien SARKOZY aura abimé la France par ses outrances autant que par les  insuffisances et les carences de sa politique.

Pour masquer ses échecs et tenter de reconquérir les électeurs de l’extrême droite,  ses amis lancent aujourd’hui, au gouvernement et au parlement, une offensive d’une ampleur sans précèdent: être français, proclament ils, ça se mérite !

Pas tout à fait sans précèdent d’ailleurs, car ce slogan dont le simplisme le dispute à la démagogie, était déjà celui de la droite pétainiste engagée dans la collaboration avec l’Allemagne  nazie.

C’est en le proclamant haut et fort  que le  22 juillet 1940, le régime du maréchal PETAIN créait une commission de révision des naturalisations postérieures au 10 août 1927,  qui entrainera  la déchéance de la nationalité française pour des centaines de milliers de Français qui n’avaient commis d’autre crime que celui  d’être juifs.

C’est en le reprenant textuellement dans un discours prononcé à Grenoble que, le  31 juillet 2010 Nicolas SARKOZY remet la déchéance de la nationalité française au coeur de la politique sécuritaire qu’il mène depuis 2005 sans autre résultat que d’avoir accentué et approfondi la fracture sociale et sociétale qui accable et divise la France.

Il faut se souvenir que c’est le même SARKOZY qui avait proposé que l’on mette en oeuvre le dépistage, dès l’école maternelle, des prédispositions à la délinquance que les enfants étaient supposés présenter à partir de 3 ans, soulevant l’indignation et la violente réprobation de la communauté scientifique.

Un homme capable d’exprimer  une telle énormité, une telle aberration, est assurément capable de tout, et singulièrement du pire, surtout quand il est à la tête de l’État.

Sans doute y a t-il là le calcul subalterne d’un politicien qui sent le sol se dérober sous ses pas. Encore que ce coup de poker particulièrement douteux pourrait se retourner contre lui, car un électeur d’extrême droite préfèrera toujours un authentique xénophobe à un joueur de bonneteau dont les ficelles sont usées jusqu’à la corde.

Clemenceau, parlant du général BOULANGER, bellâtre au verbe martial et belliqueux qui faillit mettre la troisième République en danger et se suicida sur la tombe de sa maitresse: ” il est mort comme il a vécu, en sous lieutenant”.

Je ne sais pas quelle épitaphe on trouvera au fronton du siège de l’UMP lorsque la mort politique du sarkozysme sera consommée. A l’éclairage de ses dernières initiatives on peut douter qu’elles soient plus  élogieuses que pour le boulangisme.