Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

SARKOZY ET L’EMPEREUR CHINOIS.

30 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Ça y est, l’homme au karcher est de retour, va-t-en guerre plus que jamais, le masque et le verbe d’autant plus martiaux que les résultats de sa politique sécuritaire sont plus maigres.

Comme d’habitude, il s’est une fois de plus précipité sur un évènement dramatique pour rouler les mécaniques: cette fois, ce sont les gens du voyage qui font les frais de sa frénésie sécuritaire et de sa recherche désespérée  de la potion magique qui lui redonnera du lustre dans une opinion qui a de plus en plus de mal à lui faire confiance.

Comme d’habitude il utilise la vieille ficelle des annonces solennelles pour dissimuler l’échec retentissant de sa politique sécuritaire…

Il parait qu’un empereur de Chine auquel on apprenait que ça n’allait pas fort dans une lointaine province décida d’en changer  carrément le nom: rien ne va plus dans le Sinkiang, et bien  on l’appellera désormais Kiangsin décrétait il aussitôt.

Notre président n’en est pas là, mais allez savoir avec lui: pour le moment il se contente de faire sauter les préfets: des problèmes en Seine Saint Denis et on remplace le préfet par un “grand flic”, rien ne va plus en Isère et on jette le malheureux préfet que l’on remplace par un autre supposé grand flic.

Je ne savais pas quant à moi qu’il y avait des grands et des petits flics, mais mon petit doigt me dit que s’il suffisait de remplacer les préfets dans les secteurs chauds pour régler les problèmes qui s’y posent il y a longtemps qu’on y aurait pensé place Bauvau…

Mais au fait, il y en a qui y avait pensé , Jean Pierre CHEVENEMENT qui avait solennellement intronisé à Ajaccio le préfet BONNET ! Bon, je ne ferai pas de commentaire par charité chretienne.

Aujourd’hui, à Grenoble précisément, notre Président va encore plus loin: le voilà qu’il prône la déchéance de nationalité française pour les français d’origine étrangère coupables de certains délits.

Jusqu’ici notre bonne vieille République admettait  le refus de toute distinction entre les Français “de souche” et ceux ayant acquis récemment la nationalité. Ne reculant devant aucun excès SARKOZY fait là appel à des dispositions  utilisées par le régime Vichy qui avait ôté la qualité de français à 15000 citoyens français” d’origine juive“.

Autant que je puisse me souvenir, ce sont là des mesures qui figuraient au programme du Front National de Jean Marie LE PEN il y a quelques années.

Curieuse inspiration tout de même pour un homme dont le père, apatride d’origine hongroise, a été naturalisé français en 1975, et dont le grand père, Aron Benedict Mallah, grec de Salonique, s’était vu refuser la naturalisation par le préfet de police de Paris en 1924 .

Dire qu’il se flattait d’être un “sang mèlé“: il est vrai qu’il était en campagne électorale …

Il y aura donc, en France, deux catégories de français, dont le degré de sécurité face à la justice serait inégal.

Ce n’est d’ailleurs pas seulement le cas en matière de sécurité puisque depuis l’audition d’Eric WOERTH et de Liliane BETTENCOURT par la brigade financière il y a en effet deux autres catégories de français: ceux qui doivent se déplacer dans les locaux de la police et ceux que l’on vient poliment auditionner à domicile.

Ainsi va la vie en Sarkoland !

SESSION SUR LE BANDITISME: BUCCHINI NE DIT PAS NON

29 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Interrogé par Alex BERTOCCHINI de la station de radio ALTA FREQUENZA Dominique BUCCHINI a donné sa position sur le courrier que nous lui avons adressé et qui fait l’objet d’un précédent billet: “pourquoi pas  en effet un débat sur ce fait de société important, qui tombe à pic,  mais je me dois d’abord de consulter les groupes de l’assemblée de Corse sur l’opportunité de le tenir“.

C’est là la réponse que nous attendions et qui ne nous a pas surpris, connaissant le président de l’assemblée de Corse et ses positions sur ce sujet difficile.

Nous attendons donc la réponse qu’il s’est engagé dans cet entretien à nous faire avec sérénité dès qu’il aura pris l’avis des différents groupe politiques et du président du conseil exécutif.

Si l’on en croit le quotidien 24 Ore, qui a profité de la dernière session de l’assemblée pour interroger quelques uns des élus les avis sont plutôt partagés.

Ainsi si le président de l’assemblée est convaincu qu’un tel débat est utile voire necessaire, pour le président de l’exécutif ce serait plutot:” circulez y a rien a voir…”

On verra bien. Dominique BUCCHINI s’est engagé à consulter ses collègues de l’assemblée comme de l’exécutif et de nous répondre, et j’ai confiance en lui.

De toute façon c’est un débat qui viendra sur la table au moment des assises de la spéculation foncière que l’exécutif s’est engagé à convoquer.

Il va falloir nous expliquer comment on peut parler de spéculation foncière sans évoquer ceux qui comptent vraisemblablement parmi  les acteurs de premier plan  et les bénéficiaires de la spéculation..

Il nous semble en effet que les spéculateurs les plus nuisibles ne se trouvent ni parmi les petits fonctionnaires de la préfecture et des conseils généraux ni parmi les salariés des petites entreprises corses, mais plutôt parmi ceux qui ont de l’argent sale à blanchir…

LE BANDITISME EN DEBAT A L’ASSEMBLEE DE CORSE ?

26 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Le développement du banditisme est il un sujet suffisamment important pour que les élus de l’Assemblée de Corse décident d’en débattre?

C’est en tout cas la question que nous sommes une dizaine de militants de gauche à avoir posée au président de l’assemblée, Dominique BUCCHINI, dans une lettre remise ce même jour à la presse insulaire.

Il nous a en effet semblé qu’à partir du moment ou notre assemblée territoriale consacrait un long débat au sort d’un club de football professionnel, il était dans l’ordre des choses, pour ne pas dire la moindre des choses, qu’elle accepte de consacrer son attention à un fait de société dont beaucoup s’accordent à dire qu’il a pris ces dernières années  une importance préoccupante.

Il n’est pas dans nos intentions, naturellement, d’exiger des élus de la Corse qu’ils débusquent,  poursuivent ou jugent celles et ceux qui  ont choisi de s’écarter du droit chemin: c’est là le travail des institutions sous tutelle de l’État, la police, la justice, les services fiscaux etc..

Il nous parait par contre important qu’ils se donnent les moyens de prendre la mesure de l’ampleur du phénomène, et si il est important, de le contrer, dans la sphère de leurs compétences bien sûr, en exigeant pour le reste  de l’État les mesures pour le réduire voire l’éradiquer.

S’il apparait que, au contraire, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter, le débat aura eu le mérite de remettre ainsi en quelque sorte les choses en ordre.

Notre sentiment est naturellement que la situation est préoccupante. Si, contrairement à ce que nous pensons, le  débat concluait qu’elle ne l’est pas et que tout va bien dans la meilleur des Corses possible, et bien disons que nous serions les premiers à nous réjouir d’avoir eu tort.

BAVELLA: QUEL GÂCHIS…

22 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Il doit bien y avoir trois ou quatre ans que je n’avais pas mis les pieds au col de Bavella. Je dois dire que la demi journée que j’y ai passée mardi ne va pas me laisser un souvenir impérissable, à moins que je ne décide de classer ce souvenir dans la case des horreurs à ne pas reproduire.

Passons sur l’anarchie des constructions de ce qu’on appelle ”le Village de Bavella”: un ensemble de cabanons disparates comme on en trouve, dans un style différent, de l’autre coté de la méditerranée sur cote du Languedoc Roussillon ou certaines parties du bord de mer du Var.

Passons aussi sur la sur-fréquentation anarchique et incontrôlée que connaissent, outre celui du col de Bavella, tous les grands sites de pleine nature de l’Île, promis les uns comme les autres à brève échéance à la dégradation progressive de leur biotope.

Passons enfin sur l’absence de toute autorité, au coeur du Parc Naturel Régional, qui manifeste tant soit peu l’intérêt que les autorités locales attachent au respect de la nature. Rien, sauf un agent de la communauté de communes de l’Alta Rocca chargé de percevoir les 3€ d’une place sur un “parking”à peine  aussi sommairement aménagé que celui d’une foire rurale.

Mais le plus triste, voire le plus humiliant, c’était de voir, au pied de la statue de la notre dame des neiges, un carré d’environ 15 mètres de coté, délimité par une série de poteaux d’un mètre de haut cerclé de quatre fils de fer pour la plupart brisés, dont la destination était indiquée par une pancarte portant les mots suivants “Pelouse naturelle en voie de reconstitution“.

Inutile de préciser que sur la dite pelouse, gambadaient une dizaine de vaches, pendant que quelques touristes rigolards photographiaient la pancarte avec les vaches en arrière plan.

Un spectacle à la mesure de l’intérêt porté chez nous à la protection des grands sites, tout simplement…

MICHEL ONFRAY: DÉLIRES EN ESPÉRANTO

19 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Michel ONFRAY a des amis corses, un peu comme Jean Marie Le PEN a ses amis arabes. Ils lui auraient confié, sous l’empire du vin précise-t-il, que du nord au sud les corses ne se comprennent même pas entre eux: vraiment des sauvages n’est ce pas ?

Le philosophe canarde, dans une tribune libre du journal Le Monde les langues régionales, et au premier chef la langue corse qualifiée naturellement de dialecte et se livre à une attaque en règle contre la diversité linguistique de la planète en regrettant les temps bibliques ou, selon lui, les hommes se comprenaient d’un bout à l’autre de la terre  avant que leur folie ne les amène à construire la tour de Babel…

Il a fait fort le philosophe, et il se rapproche ainsi curieusement des fondamentalistes du sud des Etats Unis qui réfutent les théories évolutionnistes de DARWIN et nous expliquent que les dinosaures n’ont jamais existé puisque la Bible fait remonter la création du monde à 9000 ans…

Je suis pour ma part attaché à la diversité biologique comme à la diversité culturelle qui sont aussi consubstantiels à la vie l’un et l’autre contrairement à monsieur ONFRAY qui va jusqu’à faire l’éloge de l’esperanto, cet ersatz de langue encore pire à mes yeux que le globish, cet anglais minimal des échanges commerciaux internationaux.

En fait, ce qui m’a le plus choqué, ce ne sont pas les délires du philosophe, mais la vulgarité et l’agressivité de ses propos particulièrement indignes de sa réputation.

Pour ma part je ne me rendrai plus aux causeries qu’il lui est arrivé d’animer au Lazaret d’Ajaccio, peut être pour ne pas céder à la tentation de l’interpeller avec la même vulgarité.

En lisant le texte de monsieur ONFRAY je me dis que décidemment la philosophie est une chose bien  trop  sérieuse pour la confier à certains philosophes …

EN CHUTE LIBRE SARKOZY LACHE UN PEU DE LEST

4 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

La démission de deux membres du Gouvernement est tombée dans le ciel lourd d’un été caniculaire. Certes Alain JOYANDET et Christian BLANC avaient défrayé la chronique et le Canard Enchainé s’était  largement étendu sur leurs frasques respectives.

Le Président de la République avait laissé entendre qu’il envisageait, devant la dégradation de la la situation du gouvernement FILLON, un important remaniement en Octobre. Il faut croire que la situation a été jugée particulièrement critique pour que deux fusibles, de toute manière assez insignifiants  dans le dispositif gouvernemental sautent ainsi aujourd’hui.

Voici donc l’homme de la “rupture” réduit à se livrer à de misérables manoeuvres politiciennes pour rétablir une situation devenue pour lui et son équipe gouvernementale particulièrement périlleuse, comme l’aurait fait un vulgaire Jacques CHIRAC.

Avec une impopularité qui frise les 75 %, notre président a perdu de sa superbe, et ce ne sont pas les succès de l’équipe de France de football qui vont lui permettre de redorer un peu son blason maculé par un certain nombre d’affaires.

Dans sa situation il vaudrait mieux pour lui, et surtout pour notre pays, qu’il s’inspire pour une fois de son prédécesseur, et de son conseiller Dominique de VILLEPIN, en dissolvant l’Assemblée Nationale et en appelant le peuple à lui confirmer ou lui retirer sa confiance dans les urnes.

C’est en tout cas ainsi que l’on procède dans les démocraties parlementaires lorsque une crise politique d’importance menace. Mais il est vrai qu’en Sarkoland on n’est plus vraiment en démocratie n’est ce pas ?

YVAN COLONNA: LA COUR DE CASSATION DIT LE DROIT

1 juillet 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

J’avais eu l’occasion de poster sur ce même blog un papier intitulé Justice ou vengeance d’Etat ou j’écrivais entre autres “Pour le dire franchement, sans détour inutile, il y a un mot qui, pour moi résume ce que je ressens devant le spectacle du procès d’Yvan COLONNA: “u vomitu”, en bon français la nausée…”

En accordant une nouvelle chance à Yvan COLONNA, la  Cour de Cassation aura hier donné à la Justice elle même  une nouvelle chance de réparer les dégâts que le catastrophique procès en appel avait occasionnés.

La raison d’Etat avait pesé sur les derniers procès:  la Cour devant laquelle il est appelé à comparaitre à nouveau, composée de magistrats professionnels, se trouvera  volens nollens dans la même situation.

Le président de la République l’avait désigné comme coupable dès son interpellation, comme il avait désigné Dominique de VILLEPIN dans l’affaire Clearstream: avec la décision de la Cour de Cassation il vient d’encaisser une deuxième claque, ce qui devrait, enfin, calmer ses ardeurs à instrumentaliser la Justice à son profit.

Il appartiendra donc aux magistrats appelés à rejuger Yvan COLONNA d’oublier la raison d’Etat, car elle n’a rien à faire dans un prétoire, du moins dans une démocratie, et de juger le prévenu en fonctions des faits.

L’intime conviction des juges, même si elle a naturellement son importance, ne doit en aucun cas servir de paravent à une justice qui serait dictée par la raison d’Etat.

Le doute qui pèse sur la culpabilité d’un prévenu, quel qu’il soit,  doit profiter à l’accusé,  qu’il soit poursuivi dans le cadre de l’assassinat  d’un Préfet ou de n’importe lequel de nos concitoyens. L’oublier reviendrait en l’espèce à ouvrir, pour l’avenir de la Justice, une porte que des générations de magistrats républicains  ont maintenue dans notre République  soigneusement fermée aux manoeuvres du  pouvoir exécutif.