IL EST PAS GONFLÉ SARKO !
20 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Gonflé et ne doutant vraiment de rien: ou plutôt, pour parler franchement, complètement dénué de pudeur. Tel m’apparait notre président après sa déclaration devant la conférence nationale destinée à maîtriser les déficits publics.
Il propose en effet d’inscrire dans la Constitution l’obligation pour chaque nouveau gouvernement, à partir de 2012, de se fixer, en début de législature, un objectif de déficit public structurel sur cinq ans, et de geler en valeur les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales.
Passons sur le fait qu’on peut légitimement se demander ce que le même aurait fait si cette obligation avait était devenue constitutionnelle avant son élection en 2007 ..
Pour ne pas être en reste il propose  que les collectivités locales, pour l’essentiel les départements et les communes, voient leurs dotations gelées en valeur. Comme il apparait clairement que la Banque Centrale a plus ou moins spontanement accepté de laisser filer l’inflation, cela revient à dire que ces dotations diminueront.
Quand on sait que plus de 60% des budgets des départements sont consacrés aux mesures sociales on a bien compris qui va trinquer dans les semaines et les mois à venir.
Comme le résume parfaitement mon ami Michel SAPIN, ancien ministre de l’économie et chargé de ce secteur au PS  ”ces propositions ont quelque chose de surréaliste .C’est celui dont la politique aura creusé le plus grave déficit que la France a connu depuis 65 ans qui se veut, aujourd’hui, dans les mots, le chantre d’un retour à l’équilibre. (…) Quand le présent se dérobe sous ses pas, il se tourne vers l’avenir et créé des obligations à ses successeurs !
En attendant, plus on parlera de cette nouvelle lubie, moins on s’intéressera à la question pourtant centrale: comment diminuer les déficits publics sans tuer dans l’oeuf la reprise économique c’est à dire sans asphyxier l’État et les collectivités en les privant des recettes fiscales qu’elle génère..
C’est quoi déjà une politique de Gribouille ?
CCM: DEUX PILOTES DANS L’AVION ?
19 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans Corse, Economie, Introduction
Voici venue, pour la coalition de gauche aux affaires de la Corse, la première épreuve: si rien ne bouge  elle permettra à la fois de mesurer la solidité de la coalition minoritaire au pouvoir et la cohérence de la politique de l’exécutif en matière de transports.
Si l’on en croit en effet la presse insulaire, il y aurait deux candidats présentés par la gauche à la présidence du Conseil de surveillance de la compagnie aérienne régionale. Je n’ai pas dit deux candidats de gauche, car l’un d’entre eux, François MOSCONI, siégeait il n’y a pas si longtemps avec la droite à la CTC.
Ce dernier assure qu’il bénéficie de  l’appui de son groupe, le groupe GIACOBBI, tandis que l’autre, le communiste Michel  STEFANI se réfère aux assurances que son parti aurait reçu du président exécutif.
La présentation de deux candidats issus de la gauche reviendrait à soumettre la désignation du président du conseil de surveillance à l’arbitrage de la droite et des nationalistes, et constituerait la marque préoccupante de la fragilité d’une coalition déjà fractionnée en quatre groupes politiques…
Mais au delà de cet aspect au demeurant dérisoire, le décalage entre la situation fragile de la compagnie régionale dans un contexte économique particulièrement dangereux et les préoccupations des élus à peine arrivés au pouvoir apparait particulièrement choquant.
La gauche avait déjà payé très cher le “Yalta de Venaco” : elle pourrait se dispenser de remettre ainsi le couvert quelques semaines plus tard …
D’autant que la situation du groupe Air France KLM, auquel elle est adossée, n’est pas spécialement brillante: si l’ancienne compagnie nationale, au cas ou ses difficultés s’aggravent, s’avisait  lâcher la CCM et les compagnies périphériques qu’elle soutient, le temps pourrait se gâter sur Campo dell Oro.
UN TRAIN AU FOND DU TROU
15 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction
Ça pourrait être drôle, si cela ne tournait pas à la catastrophe: les trains de la CTC ne roulent pratiquement plus, à la veille de la saison estivale, et le dossier s’apparente de plus en plus à un inextricable sac d’embrouilles.
Et dire que l’on nous claironnait que ce serait un projet exemplaire, qui démontre la capacité des services territoriaux à maîtriser des financements et des opérations d’aménagement complexe.
A ceux qui mettaient en doute la défaillance criante, sur ce dossier particulier comme sur l’ensemble des opérations, de la maîtrise d’ouvrage de la CTC, on répondait calomnies et on affirmait que cette affaire démontrerait l’efficacité des services à exécuter le PEI…
Si on ajoute à ce calamiteux loupé l’opération de contournement de Bocognano, chantier anbadonné ou l’on ne voit plus depuis des mois le moindre engin, la moindre brouette et la moindre pelle, il y a là de quoi s’inquiéter sérieusement sur la capacité de nos élus à utiliser les masses financières mises à sa disposition par l’Etat et l’Union Européenne.
A ceux qui s’imaginaient pouvoir renégocier une rallonge et une remise en cause des taux de participation trop élevés de la CTC à ces opérations on peut souhaiter bien du plaisir.
A l’heure de la rigueur, n’en déplaise à monsieur FILLON, on imagine l’accueil glacial qui attend les élus corses qui se risqueraient à frapper à l’huis de matignon et de Bercy !
Pour en revenir au chemin de fer, comment a-t-on pu ce lancer dans une opération aussi gigantesque et coûteuse - 48 millions d’euros- pour tenter d’améliorer un réseau à voie unique et étroite, c’est à dire tout compte fait inexploitable dans des conditions normales, avec une entreprise dont le déficit est pratiquement égal au chiffre d’affaires !
Il eut mieux valu se lancer enfin dans la construction d’un réseau moderne, électrifié, à voie double entre Bastia et Bonifacio, avec une antenne sur Ajaccio à partir de Porto Vecchio qui sont à peine à 40 Kms à vol d’oiseau, et en y connectant les aéroports de Figari et Poretta….
On aurait entamé là , une vraie restructuration des réseaux de transport de notre île, amélioré la desserte de la ville de Bastia pratiquement asphyxiée 9 mois sur 12, et désaturé les réseaux routiers pour des années…
Mais pour cela il aurait fallu des élus qui voient plus loin que leur prochaine réélection, et tiennent vraiment compte de l’intérêt général au lieu de garder  l’oeil fixé sur le nombril de leur fief électoral.
Si j’en crois le récent  entretien du nouveau président de l’office des transports à Corse Matin, on est est très loin !
DES AUTRUCHES A L’ASSEMBLÉE DE CORSE ?
13 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Société
Avant hier, en plein coeur d’Ajaccio, un homme a fait l’objet d’une tentative d’assassinat. A la lecture des journaux, on pourrait croire que le scénario de l’opération, digne d’un film noir, se déroulait à Palerme ou à Catane.
Toujours selon la presse insulaire, les autorités considèrent que cette nouvelle affaire serait liée au grand banditisme.  Le même presse nous informe que lors de la prochaine session de l’Assemblée de Corse un certain nombre de motions seraient soumises à la sagacité de nos nouveaux élus, toutes plus intéressantes les unes que les autres naturellement.
Je n’en ai pas trouvé, mais je me trompe peut être,  qui demande une session extraordinaire consacrée au développement plus que préoccupant, du banditisme dans notre île.
Sauf à considérer que ce phénomène n’a aucune importance pour la Corse et ses habitants, il est tout de même extraordinaire  qu’aucun des 51 membres de l’Assemblée n’ait estimé important d’en discuter dans une enceinte dont on nous dit qu’elle doit être le cénacle ou doivent être débattus les sujets les plus importants pour notre société.
En 1986 j’avais demandé au Sénateur François GIACOBBI, Président du Conseil Général de Haute Corse, que soit organisée, au sein de cette assemblée, une session extraordinaire consacrée au banditisme. Elle avait effectivement eu lieu quelques mois plus tard, en présence des autorités judiciaires et policières, et chacun avait pu prendre la mesure d’un malaise qui , depuis et faute de mesures efficaces, a été en s’amplifiant.
Je ne désespère pas qu’un élu de l’Assemblée de Corse décide un jour, et le plus tôt sera le mieux, que la politique de l’autruche n’est décidément pas la bonne , pose le problème à ses collègues et les invite à  débattre de ces questions vitales pour l’équilibre de notre société, devant nos compatriotes.
On peut tout de même rêver un peu non …
L’AUSTERITE POUR DEMAIN ? A LA RIGUEUR…
10 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Economie, Introduction
Notre Président n’est pas content, mais alors pas du tout … Figurez vous que la presse a le culot de parler de rigueur en commentant le plan de réduction des dépenses qu’il aurait quant à lui plutôt tendance à baptiser “plan vertueux de sortie de crise”.
A l’Élysée comme à Matignon ou à l’UMP c’est la même rengaine: la rigueur c’est quand on combine la réduction des dépenses et l’augmentation des impôts… Soit, admettons et faisons simplement trois observations:
Première observation:  simultanément à la réduction des dépenses publiques le gouvernement envisage de supprimer les “niches fiscales”. Selon le journal “Le Monde” En 2010, on en recense 468 au total, selon l’annexe qui leur est consacrée dans le projet de loi de finances. Un chiffre qui tend à grimper chaque année, puisqu’on en comptait “seulement” 418 en 2003…
Toujours selon “Le Monde” au total, les fameuses niches représentent 74,788 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat. Une somme  supérieure au produit de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers, qui était de 51,8 milliards d’euros en 2008.
Conclusion: si elles étaient effectivement supprimées, ce dont personnellement je doute fort, les feuilles d’impôts d’une bonne partie de nos compatriotes deviendrait sacrément salées !
Si ça n’est pas de la rigueur je veux bien manger ma carte du PS et la prendre  à l’UMP….
Deuxième observation:  Alors que la reprise reste fragile, les politiques d’austérité, baptisées pour la circonstance  « politiques de sorties », risquent de la tuer dans l’oeuf. La chute de l’activité consécutive à la réduction des dépenses publique entrainera la chute  des recettes fiscales et pourra creuser davantage  les déficits.
Et s’il avait fallu, au contraire suspendre le pacte de stabilité et  restructurer la dette grecque ? Les banques y auraient certes laissé quelques plumes, mais l’activité serait restée soutenue.
Imaginons, par contre, ce qui se produirait si les “plans de rigueur” dont les objectifs seront pour certains états très durs à tenir, n’étaient atteints par aucun des Etats membres dans les délais qui leur sont fixés ?
Troisième observation: Il y a seulement quelques semaines le gouvernement s’offusquait à l’idée que l’on puisse mettre en doute “la signature” de la France, et s’en tenait à sa politique de relance de l’économie - tiens, au fait, ou en est le “Grand Emprunt” de SARKOZY-GUAINO - avant de faire un superbe tête à queue et de se lancer dans la réduction urgente et brutale de la dépense publique.
Comment le croire, dans ces conditions, lorsqu’il s’offusque que l’on puisse lui pêter l’intention d’augmenter les impôts ?
Si gouverner c’est prévoir, comem disait Napoléon, il y a au moins trois ans que ce pays n’et plus gouverné…
NOUVELLE CORSE OU NOUVELLE DROITE ?
10 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
Voilà une “Nouvelle Corse” qui ressemble furieusement à “Corse Nouvelle”, le mouvement politique de Philippe CECCALDI. Après sa défaite sans appel  aux élections territoriales la droite insulaire connait ainsi le premier épisode de son inévitable recomposition.
La fronde, menée par une équipe de jeunes hommes et jeunes femmes issus de l’UMP ne se limite pas à un conflit de générations, même si il transparait clairement: les promoteurs de la “Nouvelle Corse” entendent repositionner la droite par rapport à la question corse, et c’est très bien ainsi.
Les élections territoriales ont fait l’éclatante  démonstration de la totale soumission de l’UMP et du PS insulaires aux diktats de leurs directions parisiennes: au PS, le choix de l’alliance avec Paul GIACOBBI n’est pas venu de la Corse, quand à l’UMP c’est carrément le Président de la République qui a imposé sa méthode, la liste unique, et en arbitré la composition dans le détail…
C’est donc une bonne nouvelle que cette volonté d’émancipation manifestée par les dirigeants de ce nouveau mouvement.
Reste pour eux à faire partager par un électorat conservateur leur vision des évolutions de la société insulaire: ce ne sera pas une mince affaire, d’autant que les crocodiles qui règnent sur le marigot sarkozyste ont encore la machoire féroce.
Ce ne sont apparemment ni la volonté, ni le talent, qui leur manquent. J’ai eu l’occasion de travailler avec Jean Martin MONDOLONI et , même si nous appartenons à des formations politiques opposées, j’ai pu apprécier son énergie et la sincérité de ses convictions.
Contrairement à une idée assez largement répandue, je ne pense pas que le fait de ne pas disposer d’un “fief électoral”  constitue un handicap. La base sur laquelle  s’est opérée la redistribution des cartes du 21 Mars dernier en a apporté, s’il en était besoin, la démonstration éclatante.
A suivre, incontestablement…
LA POTION DU DOCTEUR STRAUSS KAHN A LA GRECE
4 mai 2010 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Introduction, Politique
Le moment approche ou il faudra que mes camarades socialistes abordent franchement les problèmes que finira par leur poser l’éventuelle candidature de Dominique STRAUSS KAHN à l’élection présidentielle.
Pour ma part je sais que, s’il est candidat aux primaires, je ne voterai pas pour lui: naturellement, si il en sort vainqueur je je voterai et ferai campagne pour qu’il soit élu et que nous renvoyons SARKOZY à ses chères études…
D’abord, et pour être clair, je sens de plus en plus la moutarde me monter au nez lorsque je parcours la presse ou un certain nombre de beaux esprits et de “faiseurs d’opinion” nous expliquent chaque jour que Dominique est “incontournable” et que personne d’autre à gauche ne peut battre le président sortant.
Je milite depuis assez longtemps au PS pour me souvenir que les mêmes, ou leurs prédécesseurs, expliquaient que ce ringard de MITTERRAND était bon pour la réforme et que seul Michel ROCARD etc..etc..On connait la suite.
Ensuite je ne pense pas qu’il soit l’homme de la situation et à tout le moins qu’il puisse incarner pour les femmes et les hommes de gauche le tournant que doivent, à mon sens prendre les socialistes, en France comme en Europe, pour tourner définitivement le dos au social-libéralisme qu’il représente, volens nolens aux yeux de beaucoup de nos concitoyens.
La potion amère que le FMI, dont il est directeur général, s’apprête à administrer au peuple grec, même si on peut considérer que celui ci l’a bien cherché en cautionnant trop longtemps une corruption ou chacun trouvait en définitive son compte, n’est certainement pas de nature à me faire changer d’opinion.
Ministre des finances du gouvernement de Lionel Jospin, c’est lui qui amis en place la baisse du taux supérieur de l’impôt sur le revenu au profit des très hauts revenus, la défiscalisation des stock-options et la  privatisation à marche forcée des services publics.  Je ne me souviens pas qu’il ait fait part un jour du moindre regret à cet égard.
Cela fait tout de même beaucoup pour un candidat à la candidature de la gauche unie en 2012 non ?

