Ma part de vérité - Edition du Mercredi 08/09/2010

GAUCHE : DES SURLENDEMAINS QUI NE CHANTENT PAS

Une droite défaite, un Président KO debout, des français dressés vent debout contre le sarkozisme ses mensonges et ses impostures, bref, pour la gauche des lendemains qui chantent…

Sans doute, mais en politique rien n’est plus grave que la myopie, cette infirmité qui ne vous laisse pas voir plus loin que la pointe de votre nez.

la déroute de la droite se produit en effet au moment précis ou l’extrême droite vit une double résurrection: une remontée importante et préoccupante dans la faveur de l’opinion, et le crépuscule de Jean Marie LE PEN auquel sa fille Marine s’apprète à succèder en fanfare après son remarquable résultat en Nord pas de Calais.

C’est dire que pour l’UMP la question des alliances avec le FN, qui avait empoisonné les dernières années du RPR va revenir rapidement sinon à l’ordre du jour, du moins dans l’esprit de chacun des députés menacés de perdre son siège en 2012.

Décidée depuis longtemps à “normaliser” le FN, la fille de LE PEN n’est marquée ni par la guerre d’Algérie, ni  par l’OAS,  ni par aucune des vielles lunes antisémites de l’extrême  droite française.

Populiste, elle est particulièrement à l’aise dans  le discours anti-capitaliste que MUSSOLINI a été le premier à entonner à la naissance du fascisme, sans que son discours ne soit mis à mal par les dérapages dont son père est coutumier.

C’est dire que, la crise aidant, elle va faire des ravages dans l’électorat de l’UMP lors des prochaines élections présidentielles et législatives si SARKOZY reste son candidat.

Certes, le dirigeants de la droite sont encore majoritairement hostiles à tout accord avec le FN, et la gauche gagnera probablement les prochaines élections.

Il lui appartiendra alors de gouverner, au cÅ“ur de la crise, et de solder les factures que le sarkozisme laissera à notre pays dans nombre de domaines, et pas seulement celui des déficits abyssaux  des comptes publics qu’il aura contribué à creuser.

Il y a fort à parier qu’elle sera par conséquent elle même défaite au tour suivant, et que la droite, mortifiée par la série de désastres que, véritable NERON, aura occasionné SARKOZY, se raccrochera à l’alliance avec les troupes de Marine, si j’ose m’exprimer ainsi, pour retrouver le pouvoir.

C’est dire combien la gauche doit se garder d’un optimisme béat au spectacle de la déroute du Président de la République. Elle devra, au contraire, avoir une conscience aigüe de ses responsabilités afin de ne pas, par une coupable légèreté se contenter de pratiquer “l’alternance” comme en rêvent certains à Solférino.

On peut bien sûr se contenter de surfer sur la vague de l’anti sarkozysme, mais attention à ne pas s’emplâtrer sur la vague de mécontentement qui suivrait inéxorablement si la gauche se contentait de se glisser dans les draps de soie  des palais de la République.

Elle  pourrait se retrouver alors , volens nollens,  responsable à brêve échéance de la présence de Ministres d’exrême droite dans un gouvernement français, pour la première fois depuis 1940.

POUR LA GAUCHE CORSE UNE VICTOIRE AU GOUT AMER

22 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Comme tout le monde s’y attendait, la droite a été sévèrement battue en Corse. Son chef de file, Camille de ROCCA SERRA, a été lui même étrillé dans son fief  de Porto Vecchio ou Christophe ANGELINI l’a devancé de 220 voix.

Si la droite insulaire est le grand perdant , le  grand gagnant est incontestablement la liste FEMU A CORSICA conduite par Gilles SIMEONI et Christophe ANGELINI, pendant que l’autre liste nationaliste atteint un score que personne n’aurait osé envisager il y a quelques semaines.

la gauche, qui visait la majorité absolue des suffrages, en surfant sur la vague rose qui a déferlé en France poussée par le vent anti-sarkosiste qui souffle sur notre pays, a échoué.

Elle  se retrouve certes en tête des quatre listes présentes au deuxième tour, mais elle est minoritaire et ne dispose que de 24 sièges sur 51.

Plus inquiétant, les quatre listes de gauche totalisaient 40,20 % des voix au premier tour elle se retrouve au deuxième avec 36,60 % des voix.

Entre  les deux tours la droite progresse de 12 000 voix, les deux listes nationalistes respectivement de 10000 et 2000 voix, quand la gauche n’en recueille que 600 de plus !

Échec donc, tout relatif qu’il soit , lourd de conséquences pour la gauche et pour la Corse. J’avais écrit dans Corse Matin qu’en partant divisée au premier tour la gauche se tirait une balle dans le pied: c’est hélas  le Parti Socialiste qui, en renonçant à bâtir une liste d’union et en choisissant de partir seul avec Paul GIACOBBI a appuyé sur la gâchette…

Le 14 mars les électeurs ont confié  aux diviseurs du premier tour la mission de rassembler  au deuxième tour. Cela ne pouvait évidemment pas fonctionner, et cela a effectivement produit le résultat que l’on connait.

Les premiers responsables de ce terrible gâchis sont à présent en charge de la gestion de la CTC dans un contexte politique, économique et social particulièrement difficile. il leur faudra assumer les conséquences de la stratégie qu’ils ont choisie.

Les électrices et les électeurs de gauche ne s’y sont pas trompés. Alors que dans toutes les régions métropolitaines ils ont fêté toute la nuit la victoire de leur camp, en Corse ils ne sont pas descendus dans la rue et sont rentrés silencieusement chez eux, conscients que la gauche n’avait pas vraiment gagné, même  si la droite avait quant à elle perdu.

Les vrais vainqueurs, les nationalistes, ont défilé dans les rues des villes et des villages en laissant éclater leur joie. Un spectacle qui en disait bien plus qu’une savante analyse de politologue.

LA GAUCHE ET SES FORTERESSES

On n’a naturellement pas fini d’analyser le scrutin du 14 mars qui est riche d’enseignements pour l’avenir, et qui fait apparaitre pour une grande partie la gauche en particulier quelques signes qui, malgré la victoire hautement probable sont préoccupants pour l’avenir.

Le tableau ci dessus montre en effet que les listes GIACOBBI, ZUCCARELLI et RENUCCI ont obtenu des scores reflétant une représentation complètement déséquilibrée sur l’ensemble du territoire. Forts dans leurs fiefs, ils sont particulièrement faibles en dehors de ceux ci.

Par contre, les listes SIMEONI et TALAMONI sont remarquablement implantées sur l’ensemble du territoire insulaire, ce qui leur garantit, pour l’avenir, un ancrage permettant d’espérer un développement de plus en plus important compte tenu des relais d’opinion qu’ils ont su agréger ainsi.

Il leur faudra auparavant consolider cet électorat au fil du temps, mais ils ont fait l’éclatante démonstration qu’ils peuvent être plus rapidement que prévu en situation de se positionner en pôle position pour constituer autour d’eux une majorité à l’Assemblée de Corse.

On ne peut pas en dire autant de la gauche non communiste: sa représentation totalement déséquilibrée lui confère une fragilité extraordinaire. la perte de l’un ou l’autre de ses bastion et c’est la descente aux enfers pratiquement assurée..

Le Front de Gauche constitue à gauche  une exception très intéressante. Son résultat est parfaitement équilibré, il a fait une excellente campagne très politique et sa liste ne comportait aucun représentant de forteresse électorale.

Bref, d’un coté le résultat trop largement dépendant du  vote clanique, archaïque, clientèliste, de l’autre le résultat d’un vote politique attaché à un projet de société.

La victoire de dimanche prochain, favorisée par un contexte de rejet de SARKOZY et des Sarko-boys insulaires, ne doit pas dissimuler la réalité d’une situation dangereuse. C’est aujourd’hui la droite au pouvoir qui se trouve sur la sellette: ce pourrait être la gauche demain au pouvoir qui pourrait connaitre les mêmes déconvenues, d’autant qu’une droite décomplexée pourrait bien s’allier, alors, aux nationalistes…

Le PS de Corse est né des luttes anti-claniques des années 70 et 80, il y a forgé son identité. En se fondant dans un tel schéma il aura fait, incontestablement, et malgré les apparences, le choix de s’ y abimer à plus ou moins brève échéance.

POUR UN PLAT DE LENTILLES…

18 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Politique

La fusion des listes étant réalisée, la gauche est en situation de remporter les élections territoriales en Corse comme le laissaient prévoir les différents sondages depuis plus de six mois.

La seule question qui sera tranchée dimanche est l’ampleur de la victoire, en même temps que l’ampleur de la défaite pour la droite et Camille de ROCCA SERRA ainsi que de la percée des deux listes nationalistes.

J’avais  déclaré, lors d’un CUNFRONTI le 1er novembre dernier, qu’au cas ou la gauche partirait désunie, l’apport du PS serait décisif pour la liste à laquelle il choisirait de s’associer.

C’est effectivement ce qui s’est passé: l’appui du PS a conféré à Paul GIACOBBI un avantage important tout en le blanchissant du soupçon d’être sarko-compatible qui lui collait aux basques.

On pouvait penser que le renvoi d’ascenseur serait à la hauteur de la courte échelle que les socialistes ont ainsi fait au Député de Corte Balagne.

La lecture de la liste d’union de la gauche laisse apparaitre qu’en définitive seuls deux socialistes seront élus: Emmanuelle DE GENTILI qui se retrouvera à l’exécutif, et Jean Charles ORSUCCI qui, entre parenthèses se trouvait déjà sur la liste de Paul GIACOBBI en 2004 et non sur la liste officielle de son parti.

Deux élus sur vraisemblablement 35 si tout se déroule correctement, on ne peut pas dire que ce soit  un soutien cher payé.

CARTON ROUGE POUR SARKOZY A LA MI-TEMPS

15 mars 2010 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

Le scrutin du 14 Mars est d’abord et avant tout celui de l’inquiétante poussée de l’abstention  associée à une tout aussi inquiétante résurrection du Front National.

Cela ne m’empêche pas, cependant, de savourer mon plaisir devant la superbe claque que vient de prendre notre hyperprésident : malgré les contorsions des quelques dirigeants de l’UMP qui ont osé affronter la dure réalité des chiffres sur les plateaux de télévision, la défaite est consommée la descente aux enfers entamée.

SARKOZY aura en moins de trois ans fait plonger  la droite dans l’abime comme personne avant lui. Et dire que Bernadette CHIRAC avait surnommé NERON ce pauvre VILLEPIN lorqu’il avait provoqué la dissolution et la défaite d’Alain JUPE.

La gauche est donc aujourd’hui majoritaire dans notre pays. Encore faut il considérer qu’en recueillant 50% des 48% de suffrages exprimée, le capital de sympathie de la gauche dans le pays s’élève en réalité à 24% des électrices et des électeurs.

C’est dire le travail qui reste à accomplir pour qu’en 2012 la gauche présente au pays une offre politique alternative à la hauteur des défis qui nous attendent et s’attache à convaincre nos concitoyens qu’ils peuvent lui faire confiance pour sortir la France de la situation catastrophique ou l’a précipitée l’agitation désordonnée de Nicolas SARKOZY.

En Corse, comme je l’avais exprimé, la gauche est aujourd’hui arithmétiquement majoritaire, pendant que la droite insulaire est à la ramasse.

La victoire au soir du 21 Mars ne fait en conséquence aucun doute: reste qu’il appartiendra aux électrices et aux électeurs, singulièrement parmi les abstentionnistes du premier tour, d’en déterminer l’ampleur, car sur ce plan là au moins rien n’est encore joué.

Sur  le plan politique le grand vainqueur est incontestablement le camp nationaliste: avec près de 30% des suffrages on peut affirmer aujourd’hui qu’il vient de poser le pied sur la première marche de l’escalier qui pourrait le conduire à être un jour  en situation de gouverner la Corse avec les alliés qu’il choisira de se donner parmi les formations politiques traditionnelles.

Paul GIACOBBI, en s’imposant en tête des quatre listes de gauche a remporté une victoire électorale, même si sa liste est loin de ce qu’il espérait sans doute  compte tenu  des moyens dont il disposait. C’est donc à lui qu’il appartient de rassembler la gauche et de consolider sinon d’amplifier le résultat du premier tour.

Dominique BUCCHINI a remporté, quand à lui, une vraie victoire politique en obtenant un score à deux chiffres après une campagne remarquée: l’avenir nous dira si c’est le succès d’un homme au charisme incontestable ou si l’on peut y voir un vrai “besoin de gauche”.

Quand à Émile ZUCCARELLI, pour lequel j’ai appelé à voter pour les raisons que j’ai déjà évoqué et sur lesquelles je ne m’étendrai pas , est  le grand perdant à gauche, alors que Simon RENUCCI, s’il s’en tire moins bien est arrivé malgré tout à tirer son épingle du jeu.

Le maire de Bastia a subi un échec qui ne restera pas sans  conséquences pour la municipalité qu’il dirige en 2014: en refaisant la campagne de 2004 il s’est trompé d’époque et n’a pas pris la mesure des profonds changements qui affectent notre île en ce début du 21ème siècle.