LA ROCHELLE : UN BOL D’AIR RAFFRAICHISSANT. ET APRES ?
1 septembre 2010 par Vincent CARLOTTI
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J’ai adhéré au PS en 1976 et j’ai assisté  à nombre de congrès, ou se décide l’essentiel, et j’y ai appris entre autres que les décisions s’élaborent et se prennent plus souvent dans les coulisses que devant les délégués.
Je n’ai par contre jamais éprouvé le besoin d’assister aux journées de La Rochelle ou il se passe en réalité rarement quelque chose de décisif pas plus en 2010 qu’auparavant.
J’ai apprécié le discours offensif de Martine AUBRY à La Rochelle , même si j’ai regretté qu’elle n’ait pas déclaré sa candidature aux primaires, pratique nouvelle qui n’est en définitive due, il ne fut pas l’oublier, qu’à un défaut de leadership clair au PS après le congrès de Reims…
D’abord parce que je pense et j’ai toujours pensé que le (la) premier(e) secrétaire choisi(e) par les militants doit être leur candidat(e) naturel(le) aux responsabilités, comme c’est d’ailleurs le cas dans tous les partis socialistes ou socio-démocrates de l’union européenne. Cela n’exclut pas, naturellement, que d’autres candidatures puissent s’exprimer.
Ensuite parce que je n’ai jamais sous estimé les dérives consécutives à l’acceptation par mes camarades socialistes des institutions de la Vème République et partant de l’élection au suffrage universel, qui pollue la vie politique, rend fous les responsables politiques, et qui dote le  président élu de pouvoirs qui en font un quasi potentat comme Nicolas SARKOZY en  fait depuis trois ans la démonstration.
Je partage largement le jugement porté sur le PS par Gerassimos MOSCHONAS professeur de sciences politiques à   l’Université Panteion-Athènes: “Le PS est historiquement un parti inconstant électoralement (et pour une large part idéologiquement), marqué par la bataille des chefs (en raison de la logique présidentielle du système politique de la Ve République). Il est toujours capable du meilleur comme du pire, toujours prêt à s’effondrer et toujours prêt à rebondir. Cela fait partie de la spécificité du socialisme français alternant les moments de crise et les moments de renaissance“.
Nous sommes incontestablement au commencement de l’un de ces mouvements de renaissance: il reste à présent au PS à faire le choix de société qui s’impose et qui ne peut être pour moi, quel que soit le candidat issu des primaires, le social libéralisme auquel il a trop longtemps sacrifié au gouvernement.
Certes Nicolas SARKOZY est affaibli et  le gouvernement FILLON est aujourd’hui plus encore qu’hier  une véritable  pétaudière pendant que  l’UMP tangue dangereusement,  mais il n’est pas encore défait.
Rien de serait pire que de se laisser porter par la vague des mécontents qui gonfle de jour en jour, sans prendre la peine d’élaborer et présenter aux français une offre politique  sérieuse et réaliste, mais surtout crédible, ce qui ne veut pas dire soumise à la “pensée unique” qui inspire trop souvent nos techno-socialistes.
Alors que la crise économique et sociale menace de s’amplifier, rien ne serait pire que de faire l’impasse sur les réformes indispensables au retour de  la confiance des français dans la politique: mis à plat et refonte d’une fiscalité injuste et opaque, passage à la VIème République pour mettre un terme aux dérives monarchiques de la Vème et redonner aux jeunes le gout de la politique, relance de l’Europe politique et sociale, remise en ordre de marche de notre système éducatif à bout de souffle, lutte sans concession contre le chômage première des insécurités…
Chaque jour apporte son lot de sondages qui mettent en avant les candidats potentiels d’opposition à Nicolas SARKOZY. Dans moins de 20 mois il est possible que cette volonté sondagière se traduise dans les urnes: mieux vaut qu’elle soit alors manifeste une  adhésion à l’autre France invoquée par Martine AUBRY, et ne se résume pas à un rejet du président sortant.
Les difficultés qui attendent notre pays réclament que la politique qui sera proposée à nos concitoyens suscite la plus large adhésion possible, car le gouvernement qui héritera de la désastreuse gestion sarkozyste en aura le plus grand besoin pour redresser la France, au plan financier sans doute, mais plus encore au plan social et moral.


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