POUR LA GAUCHE CORSE UNE VICTOIRE AU GOUT AMER
22 mars 2010 par Vincent CARLOTTI
Appartient à A la Une, Introduction, Politique
Comme tout le monde s’y attendait, la droite a été sévèrement battue en Corse. Son chef de file, Camille de ROCCA SERRA, a été lui même étrillé dans son fief de Porto Vecchio ou Christophe ANGELINI l’a devancé de 220 voix.
Si la droite insulaire est le grand perdant , le grand gagnant est incontestablement la liste FEMU A CORSICA conduite par Gilles SIMEONI et Christophe ANGELINI, pendant que l’autre liste nationaliste atteint un score que personne n’aurait osé envisager il y a quelques semaines.
la gauche, qui visait la majorité absolue des suffrages, en surfant sur la vague rose qui a déferlé en France poussée par le vent anti-sarkosiste qui souffle sur notre pays, a échoué.
Elle se retrouve certes en tête des quatre listes présentes au deuxième tour, mais elle est minoritaire et ne dispose que de 24 sièges sur 51.
Plus inquiétant, les quatre listes de gauche totalisaient 40,20 % des voix au premier tour elle se retrouve au deuxième avec 36,60 % des voix.
Entre les deux tours la droite progresse de 12 000 voix, les deux listes nationalistes respectivement de 10000 et 2000 voix, quand la gauche n’en recueille que 600 de plus !
Échec donc, tout relatif qu’il soit , lourd de conséquences pour la gauche et pour la Corse. J’avais écrit dans Corse Matin qu’en partant divisée au premier tour la gauche se tirait une balle dans le pied: c’est hélas le Parti Socialiste qui, en renonçant à bâtir une liste d’union et en choisissant de partir seul avec Paul GIACOBBI a appuyé sur la gâchette…
Le 14 mars les électeurs ont confié aux diviseurs du premier tour la mission de rassembler au deuxième tour. Cela ne pouvait évidemment pas fonctionner, et cela a effectivement produit le résultat que l’on connait.
Les premiers responsables de ce terrible gâchis sont à présent en charge de la gestion de la CTC dans un contexte politique, économique et social particulièrement difficile. il leur faudra assumer les conséquences de la stratégie qu’ils ont choisie.
Les électrices et les électeurs de gauche ne s’y sont pas trompés. Alors que dans toutes les régions métropolitaines ils ont fêté toute la nuit la victoire de leur camp, en Corse ils ne sont pas descendus dans la rue et sont rentrés silencieusement chez eux, conscients que la gauche n’avait pas vraiment gagné, même si la droite avait quant à elle perdu.
Les vrais vainqueurs, les nationalistes, ont défilé dans les rues des villes et des villages en laissant éclater leur joie. Un spectacle qui en disait bien plus qu’une savante analyse de politologue.


bernard boccas on mar, 23rd mar 2010 15:15
Comment interpréter l’avancée, surprenante pour un continental, des listes nationalistes et indépendantistes ???
saveriu on ven, 26th mar 2010 22:01
Mr Carlotti,je ne suis pas socialiste ni meme de gauche (nationaliste pour etre exacte)mais je pense sincèrement que si il doit y avoir un avenir en Corse pour ces formations politiques elles passent plus surement par des gens comme Giacobbi et consort que par Zuccarelli,Alfonsi etc..
Ce qui je pense,a fait perdre des voix à la liste Giacobbi au 2eme tour c’est plutot la présence du fils a papa Zuccarelli (illustre inconnu)ou de certains doctrinaires communistes sur la dite liste.
Vincent CARLOTTI on sam, 27th mar 2010 8:53
Je voudrais dire à Saveriu que même si la présence de Jean Zuccarelli n’a pas dû plaire à certains électeurs de gauche, je ne pense pas qu’il faille lui imputer le recul de la gauche au deuxième tour.
Lorsque l’on perd près de 4% entre deux tours, cas unique en France pour ces élections régionales ou des fusions de listes se sont produites partout ailleurs qu’en Corse, ça n’est pas un problème de personnes, c’est une question politique.
Il y avait surement sur la liste de FEMU a CORSICA des candidats qui ne plaisaient pas au PNC et d’autres à INSEME : en fusionnant au premier tour ces deux formations ont néanmoins bénéficié au deuxième tour de la dynamique que leur a conféré leur place de second juste après la droite au soir du 14 mars.
Imaginez que la gauche non communiste unie ait fait de même: elle serait arrivée en tête de toutes les listes, devant la droite comme devant FEMU A CORSICA et la dynamique de l’union, après fusion avec la seule liste du FRONT DE GAUCHE, l’aurait probablement servi de la même manière qu’elle a servi à FEMU A CORSICA.
Pour ce qui concerne Paul GIACOBBI, je ne conteste pas son ouverture à la résolution de la question Corse, qui attend toujours une réponse satisfaisante. Je ne peux cependant vous rejoindre lorsqu’il s’agit de lui attribuer des mérites qu’il ne possède pas.
Pour parler franchement je ne souhaite pas que la Corse soir gouvernée avec les méthodes qui sont appliquées au Conseil général de Haute Corse. On peut certes apparaitre comme un Chef de Clan éclairé, on n’en reste pas moins un Chef de Clan.
ce sont d’ailleurs les propos qu’a tenus Gilles Siméoni dans un entretien à Corse Matin le mercredi 23 mars dernier.
De ce point de vue, quitte à vous surprendre, je serais davantage porté à accorder davantage ma confiance à Gilles Simeoni et Jean Christophe Angelini.
Pour en terminer, si je n’ai pas accordé ma confiance à Paul Giacobbi au premier tour, et appelé à voter Emile Zuccarelli, ce n’est pas pour la ligne politique de ce dernier, que je ne partage pas pour ce qui concerne la Corse , que je me suis prononcé, mais sur le comportement de Paul Giacobbi sur un certain nombre de sujets qui ont pour moi une grande importance qui tiennent à l’éthique à la conduite des affaires publiques et à la morale.
saveriu on sam, 27th mar 2010 14:14
Ne connaissant pas les arcanes du Conseil Général ni les turpitudes qui peuvent si exercer,je ne pourrai donc pas vous répondre sur ce point précis,je pense aussi que si la morale ou l’éthique ne si applique pas (mais où s’appliquent telles vraiment,dans ce style de d’institution?);Mr Zuccarelli ne donne pas sa part aux chiens en ce qui concerne les entorses répétées
aux bonnes moeurs Républiquaine tant louées.
Pour en revenir aux élections,je pense réellement que plus que la politique des personnes présentent sur les listes nous votons
en Corse plus, pour (ou contre)l’homme, que pour ces idées.
En revanche je suis d’accord avec vous pour mettre en exergue les qualités de Siméoni (moins celles d’Angelini)pour porter un projet neuf pour la Corse ( il y a du travail) ou tous les gens de bonne volonté y aurons leur place(Giacobbi et vous par exemple).
J T GUIDONI on sam, 27th mar 2010 19:43
Salute,
je pense que la principale raison du vote des Corses est le rejet d’une société inégalitaire, une société violente, les racines profondes de ce vote sont avant tout sociales: l’emploi, le travail même s’il ne sont pas des domaines de compétences de la CTC ont pesé très fortement sur ce scrutin.
Il n’y a pas de plus grande urgence que de comprendre la partie sociale d’une société trop inégalitaire( 20% des ménages Corses vivent avec des revenus inférieur au seuil de pauvreté). Il y a une violence subie qui ne dit pas son nom: la mise à l’écart de la société, le droit du plus fort, les logiques administratives et institutionneles, la logique du guichet, le mépris; celle des promesses non tenus et des espoirs déçus; celle de celui qui ne vous écoute pas parce que vous ne comptez pas; celle de l’absence de réponse à vos questions,à vos incompréhensions.
C’est dire l’immense effort de rénovation des politiques,sociales et économiques, qu’il faut entreprendre.
Tel est le défi permanent des gouvernants d’aujourd’hui.Tel est le fondement toujours actuel: être porteurs d’égalité sociale.